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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : février 2021

Buchlé (ou Buchelé), Jean-François


Pharmacien. Membre de la colonie phalanstérienne du Sahy (São Francisco do Sul, Santa Catarina, Brésil). Partisan de l’homéopathie.


Buchlé est l’un des seize colons de la colonie du Sahy encore présents en novembre 1843 lorsque Charles Leclerc à qui Benoît Mure a confié la direction de la colonie depuis août 1843 rédige son rapport au président de la province de Santa Catarina [1]. L’auteur de la lettre, témoignage sur le phalanstère du Sahy dirigé par Benoît Mure, publiée en 1842 et intitulée Phalanstère du Brésil. Voyage dans l’Amérique méridionale, indique qu’un chemin porte le nom de « Buchlé ». Ce chemin « a rendu de grands services pour l’exploitation des bois » [2].
Buchlé ne participe pas à la dernière tentative sociétaire, l’Union industrielle du Sahy, constituée le 15 août 1844, afin de regrouper les derniers colons du Sahy et du Palmital sous la direction de Michel Derrion sur une terre nommée « Les Lymbes ». Elle a été achetée à son arrivée par Benoît Mure. Elle est située au bord de la baie à proximité de la maison Picot, baptisée ainsi en l’honneur du directeur du Jornal do Commercio (Rio de Janeiro) soutien du projet de colonisation [3].
Jean-François Buchlé quitte la colonie pour Rio de Janeiro et s’investit comme d’autres phalanstériens du Brésil [4] avec Benoît Mure dans la propagation et la défense de la médecine homéopathique. En réponse à une critique anonyme de l’homéopathie, en mai 1846, il transmet au Jornal do Commercio de Rio de Janeiro [5] deux extraits qu’il remanie, - et qu’il prend la peine de traduire ou de faire traduire en portugais -, du feuilleton du 18 janvier 1846 de La Démocratie pacifique, « Bataille d’analogies » de Toussenel :

insulteur anonyme : scarabée bousier, vil insecte, à qui son nom est venu de l’habitude qu’il a de se couvrir d’infamies pour se dérober aux attaques des oiseaux du ciel.
Idem : scorpion, insecte venimeux, hideux et ennemi de la lumière. Le scorpion se complaît sous les pierres ou dans les détritus des vieux troncs vermoulus. La nature a placé l’appareil venimeux de cet insecte à l’extrémité de sa queue, pour caractériser la lâcheté de l’insulteur anonyme, qui frappe par derrière et se cache aussitôt. On a vu des scorpions se piquer eux-mêmes et se donner la mort dans un accès de rage [...] allopathique [6], conclut-il.

O Correio da Tarde du 29 janvier 1848 annonce le départ du port de Rio de Janeiro du navire français « Normandie » à destination de Marseille. En plus de sa cargaison, il transporte des passagers français : Pousseur et son épouse, Adrienne Bounyol et Joào Francisco Buchelé [sic].

Est-t-il en contact avec l’École sociétaire après son retour en France ? On retrouve un Buchlé, médecin, 5 boulevard Magenta à Paris, dans un répertoire d’adresses de la librairie des Sciences sociales, « répertoire Noirot » établi à partir des années 1850 [7]. Le 14 mai 1868, à Paris, ce médecin [8] né vers 1823 est avec Élie Reclus, témoin du mariage de Jules Marie Gustave Prat, avocat, 3 rue des Moines à Paris et Anne-Antoinette Marie de Sadous. Les noms de Reclus (Élie ou Élisée) et de Prat sont également inscrits dans le répertoire Noirot [9].
Ce médecin est homéopathe. Son nom apparaît parmi les médecins parisiens à partir de 1851. Il est d’abord établi 30 rue Bourbon-Villeneuve à Paris [10]. Il est actif dans le milieu protestant et est signalé comme médecin homéopathe offrant ses services aux Œuvres des familles ou Dizaines de l’Église réformée de Paris [11]. Il [12] décède le 11 octobre 1883 à Paris. Il est célibataire et né à Paris. La fiche du dossier de succession est établie au prénom de Jean-François. S’agit-il de Buchlé, colon du Sahy ?


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : février 2021

Notes

[1Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014, p. 253-257, d’après « Rapport de Charles Leclerc au président de la province, 7 novembre 1843 » (Archives historiques de Joinville – Coleçáo Carlos Ficker)

[2Louise Bachelet, Phalanstère du Brésil. Voyage dans l’Amérique méridionale, [Paris], Agence coloniale du Brésil, 1842, p. 11. Si Pierre-Luc Abramson, Mondes nouveaux et Nouveau Monde. Les utopies sociales en Amérique latine au XIXe siècle, Dijon, Les Presses du réel, 2014, étaye l’existence de Louise Bachelet, Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014 considère que Benoît Mure se cache derrière ce nom. Cet écrit ne serait qu’un outil de propagande pour attirer de nouveaux colons alors que les premiers arrivants se sont scindés en deux groupes rivaux, l’un dirigé par Michel Derrion, l’autre par Benoît Mure.

[3Laurent Vidal, opus cité, p. 263.

[5Jornal do Commercio (RJ), 8 mai 1846, p. 2.

[6« Insultador anonymo. - Escaravelha esterquilineo, insecto vil, a quem se dà tal nome pelo habito que tem de cobrir-se de infamias para escapar-se aos assalitos dos passaros do céo » « Idem – Escorpláo, insecto venenoso, disforme e inimigo de lux. O escorpiáo se acommoda a morar debaixo de pedras ou em veihos carcomidos troncos podres. A natureza collocou o appare-iho venènoso deste insecto na extremidade da cauda para caracterisar a covardia do insultador anonymo, que fere por detras, e bem de pressa se occulta. Tem-se visto escorpiões ferirem-se a si propriose matarem-se u um accesso de raiva. […] allopathico ».

[7École Normale Supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier VIII, « Correspondance - Répertoire - M. Noirot - 13, rue des Saints-Pères ».

[8C’est le prénom Francis qui est inscrit sur l’acte de mariage.

[9L’adresse de Prat est alors 283 rue des Moines Batignolles à Paris.

[10Annuaire général du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, Paris, Firmin-Didot, 1851, p. 704.

[11Auguste Decoppet, Paris protestant, ses églises, ses pasteurs, ses corps constitués, ses lieux de culte, ses diaconats, ses écoles, ses institutions de charité, ses sociétés religieuses, ses journaux. Renseignements historiques et statistiques complets, Paris, J. Bonhoure, 1876, p. 78.

[12C’est le prénom François Louis qui est inscrit sur l’acte de décès.


Ressources

Sources

Archives de Paris, état civil, V4E 6413 registre des décès, 10e arrondissement, acte n° 4299 du 11 octobre 1883 (décès de François Louis Buchlé) (en ligne sur le site des Archives de Paris).

Archives de Paris, Successions, DQ7 12943 Fichiers des successions déclarées (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 14).

Archives de Paris, état civil, V4E 2057 registre des mariages, 17e arrondissement, acte n° 316 du 14 mai 1868 (mariage de Jules Marie Gustave Prat et Anne-Antoinette Marie de Sadous) (en ligne sur le site des Archives de Paris).

École Normale Supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier VIII, « Correspondance - Répertoire - M. Noirot - 13, rue des Saints-Pères ».

Louise Bachelet, Phalanstère du Brésil. Voyage dans l’Amérique méridionale, [Paris], Agence coloniale du Brésil, 1842, p. 10 (en ligne sur Biblioteca Brasiliana Guita e José Mindlin).

« Bataille d’analogies », La Démocratie pacifique, 18 janvier 1846 (en ligne sur Gallica).

Jornal do Commercio (RJ), 8 mai 1846, p. 2 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).

« Movimento do porto », O Correio da Tarde, 29 janvier 1848, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).

« Movimento do porto », Diário do Rio de Janeiro, 31 janvier 1848, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).

Auguste Decoppet, Paris protestant, ses églises, ses pasteurs, ses corps constitués, ses lieux de culte, ses diaconats, ses écoles, ses institutions de charité, ses sociétés religieuses, ses journaux. Renseignements historiques et statistiques complets, Paris, J. Bonhoure, 1876, p. 78 (en ligne sur Google livres).

Annuaire général du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, Paris, Firmin-Didot, 1851, p. 704 (en ligne sur Gallica).

Paris médical, vade-mecum des médecins étrangers, renseignements... sur les hôpitaux... l’enseignement de la médecine, les académies... précédés d’une topographie médicale de Paris... par le Dr Henri Meding, tome 2, Paris, Baillière, 1853, p. 521 (en ligne sur Gallica).

Bibliographie

Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014, p. 241, p. 254.

Pierre-Luc Abramson, Mondes nouveaux et Nouveau Monde. Les utopies sociales en Amérique latine au XIXe siècle, Dijon, Les Presses du réel, 2014.

Sitographie

« François Buchlé », Généalogie de Michel Barthelemy (en ligne sur Geneanet)


Index

Lieux : Brésil - Sahy ou Sai (São Francisco do Sul, Santa Catarina), Brésil

Notions : Essai sociétaire - Homéopathie - Réalisateurs

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Buchlé (ou Buchelé), Jean-François », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en février 2021 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2321 (consultée le 20 février 2021).

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