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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : mars 2013

Collenot, Jean-Jacques


Né à Moux-en-Morvan (Nièvre) le 21 janvier 1814. Décédé le 23 septembre 1892 à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or). Notaire jusqu’en 1848 puis rentier. Sous-commissaire de la République pour l’arrondissement de Semur-en-Auxois en 1848. Membre de commissions municipales extraordinaires en 1848 et 1870. Correspondant de l’Ecole sociétaire pour le groupe phalanstérien semurois sous la monarchie de Juillet. Actionnaire de la Société civile et immobilière de la colonie de Condé en 1862. Actionnaire de la Société en commandite Noirot et Cie en 1867 puis de la Librairie des Sciences sociales en 1870. Adhérent de la Solidarité universelle en 1883. Membre de la Ligue du Progrès social en 1886. Vice-président du Cercle bourguignon de la Ligue de l’Enseignement à Semur-en-Auxois en 1872-1873. Fondateur en 1842 et membre dirigeant de la Société des Sciences naturelles et historiques de Semur-en-Auxois. Membre de la Société géologique de France. Officier de l’Instruction publique.


Une famille marquée par la Révolution française

Photographie de Jean-Jacques Collenot en 1864
Crédits : Photographic Dijon ; collection Musée de Semur-en-Auxois (Côte-d’Or).

Jean-Jacques Collenot est le fils, semble-t-il unique, de Joseph-Alexandre Collenot, notaire à Précy-sous-Thil (Côte-d’Or) et d’Elisabeth-Cécile Jacquin. Il naît au domicile de son grand-père, Jacques-Jean Collenot, également notaire résidant à Bize, hameau de Moux, témoin de sa naissance. En 1789, Jacques-Jean Collenot est le rédacteur du cahier de doléances de la paroisse. Il est élu conseiller général du district de Château-Chinon (Nièvre) et est membre titulaire du Directoire du département de la Nièvre en septembre 1791. Avec la Convention, en novembre 1792, il devient conseiller général du département et membre du Directoire comme ses beaux-frères Louis et Pierre-Claude-André Rasse. Le 6 décembre, il est élu Directeur. En juin 1793, les administrateurs du département dont Collenot s’opposent aux actions des représentants en mission, Collot d’Herbois et Laplanche, et s’adressent à la Convention. Forestier est député par la Convention à Nevers. Il réunit l’assemblée départementale et les corps constitués de la ville de Nevers. Parmi d’autres, Jacques-Jean Collenot est désavoué, destitué et emprisonné. Lui est reprochée une adresse de juillet 1791 s’opposant à tout coup de force pouvant mettre en danger l’autorité du Roi et des représentants du peuple. La Société populaire de la ville semble vouloir régler quelques comptes. En avril 1794, une assemblée est réunie au Temple de la Raison de Nevers et doit se prononcer sur le sort de cent cinquante-six détenus dont Collenot qui doit son salut au fait « qu’au commencement de la révolution, il s’étoit [sic] montré dans les bons principes » [1]. Il évite l’échafaud mais est maintenu en prison jusqu’à la réaction thermidorienne de juillet 1794. Il retrouve son siège au sein de l’administration départementale et est maire de Moux de 1795 à 1797. Jacques-Jean Collenot a épousé Antoinette Rasse, sœur de Pierre-Claude-André Rasse, curé de Voudenay (Côte-d’Or), démissionnaire en mars 1794, alors engagé comme gendarme à Arnay-le-Duc (Côte-d’Or) [2]. Ses nouvelles fonctions lui auraient permis, selon le témoignage qu’il laisse à Jean-François Baudiau [3], de sauver quelques familles victimes de la Terreur. Redevenu curé en l’an X (1802), il est affecté à la cure d’Alligny-en-Morvan (Nièvre) en 1805. En janvier 1814, puis lors des Cent-Jours, il n’hésite pas à reprendre les armes et est à la tête des maquisards qui s’activent face à l’occupant à la lisière de la Côte-d’Or, de la Nièvre et de la Saône-et-Loire. Mais l’abdication de Napoléon 1er le conduit devant le conseil de guerre. Il échappe à l’exécution grâce à l’intervention de l’évêque d’Autun. En 1817, il obtient la cure de Moux. Il est le parrain de Claude-Pierre Collenot, - l’un des frères de Jacques-Jean Collenot -, alors avocat résidant également à Bize, autre témoin de la naissance de Jean-Jacques Collenot.

Au sein de cette famille, le père de Jean-Jacques Collenot est en 1816, selon Hervé de Tocqueville, préfet de la Côte-d’Or, une des personnes exerçant une mauvaise influence sur la commune de Précy-sous-Thil, néanmoins cette influence ne lui semble pas dangereuse et ne peut conduire au soulèvement du peuple [4]. La famille s’installe à Semur-en-Auxois en 1824. Jean-Jacques Collenot reprend l’étude de son père en 1840. Le 5 octobre 1842 à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or), il épouse Claudine Julie Labouré, née en 1823 à Auxonne (Côte-d’Or). Celle-ci, mineure, est la fille d’un chef d’escadron à la retraite. Sa mère est décédée depuis 1824. De cette union naît Elisabeth-Cécile le 11 août 1843 à Semur-en-Auxois. En 1846, il est électeur censitaire départemental pour un cens de 319,36 francs dont plus de 200 francs au titre de la contribution foncière. Sa contribution municipale s’élève à 93,74 francs. Jean-Jacques Collenot appartient à cette « bonne bourgeoisie toujours bien pourvue en terres,[...] par là même fortement intégrée au milieu local » [5]. L’épouse de Jean-Jacques Collenot décède brutalement le 27 décembre 1847. Jean-Jacques Collenot vend son étude en juillet 1848 et vit alors de ses rentes. Collenot est pleinement investi dans la vie sociale et culturelle locale. Il participe à la fondation de la Société des sciences en février 1842 et en occupe diverses fonctions dont la vice-présidence en 1852, puis la présidence en particulier en 1884. Il s’illustre en 1873 en publiant une Description géologique de l’Auxois, qui confirme ses compétences de géologue. Avec son gendre Jean-Baptiste Emile Bochard et son ami Eugène Bréon, il fait don à la ville d’une collection géologique de renommée internationale conservée au Musée municipal.

Correspondant de l’Ecole sociétaire pour le groupe phalanstérien semurois

Collenot est abonné à La Phalange au moins depuis le 5 février 1841 [6]. Il est un des contacts de l’Ecole sociétaire en 1844. François Cantagrel lors d’une tournée en province fait halte à Semur-en-Auxois en novembre 1844 afin de présenter la politique éditoriale de La Démocratie pacifique et l’orientation de l’Ecole sociétaire. Il est accueilli à la diligence par « Collenot, fils » [7] écrit-il, ce qui laisse penser que Joseph-Alexandre est probablement également un partisan. Cantagrel est invité à dîner chez Collenot et y retrouve Hector Gamet et son épouse, Simon-Charles Rasse. Au passage, il note que l’épouse de Collenot est une « jeune femme charmante ». Les convives assurent leur fidélité au centre parisien. Ils « approuvent la pétition, notre marche, sont tout à nous, et prêts à souscrire pour aider l’acquisition d’un feuilleton. Mais ils conseillent de conserver le Bulletin, disant que lorsqu’au moyen du feuilleton, nous aurons eu beaucoup d’abonnés, le Bulletin en retiendra en partie ». Le groupe paraît se structurer, « c’est Collenot qu’il faut inscrire comme correspondant de Semur, il est plus sédentaire que Gamet » souligne Cantagrel. Au printemps 1846, le nom de Collenot est cité parmi les relais de la campagne de souscription en faveur de la Pologne insurgée, lancée par La Démocratie pacifique dès le 8 mars. Une souscription, ouverte « dans les études des quatre notaires de Semur » [8], doit conduire à une campagne publique d’affichage refusée par le maire de Semur-en-Auxois [9]. Des affiches sont néanmoins apposées « dans les cafés, restaurants, hôtels et autres lieux publics » mais c’est Gamet qui orchestre la campagne [10].

L’adhésion de Collenot aux principes phalanstériens est connue publiquement en avril 1846. Avec Hector Gamet, il accueille Jean Journet et un condisciple local Jean-Baptiste Chauvelot dit Barnabé pour trois réunions publiques d’exposition de la doctrine phalanstérienne du 27 au 30 avril 1846 [11]. Ces réunions se tiennent dans une des salles de l’ancien tribunal désaffecté mis à la disposition de la Société des sciences depuis 1844 par la municipalité [12]. Ces conférences rencontrent un succès relatif. Si près de quatre-vingt auditeurs participent à la première soirée selon les rapports des autorités, ce sont près de deux cent personnes qui assistent à la dernière conférence selon Victor Hennequin [13]. Mais l’événement a un retentissement pour d’autres raisons que celles espérées. Jean Journet insulte le représentant local des radicaux, Hippolyte Marlet, venu apporter la contradiction lors de la troisième séance. Marlet édite dans les jours qui suivent une brochure présentant la doctrine phalanstérienne comme « fausse [...], immorale et athée [...], subversive à l’ordre social » [14]. La polémique se développe alors que la colonie sociétaire de Cîteaux est en cours de liquidation et est présentée comme une invalidation des théories sociétaires [15]. L’Ecole sociétaire doit se désolidariser publiquement de « l’apôtre » Journet [16]. Jean-Jacques Collenot [17] puis Hector Gamet [18] publient une réponse aux critiques de Marlet. Collenot s’évertue à énoncer des fondements métaphysiques à la pensée de Fourier afin de répondre aux accusations de Marlet [19]. Il reprend scrupuleusement la théorie des passions, s’appuyant sur Hippolyte Renaud [20], et reprend textuellement Victor Considerant lors de ses conférences dijonnaises de 1841 pour développer le principe de l’Association, réponse sociale fouriériste aux maux de la civilisation. « Le scandale causé ici par Journet l’a vivement affecté » écrit Hennequin le 17 juin 1846 lors de sa halte semuroise prévue initialement pour donner des leçons publiques. « Il pousse la prudence un peu loin [...]. Le sous-préfet a déclaré qu’il n’autoriserait plus aucune exposition phalanstérienne. M. Collenot n’a osé faire aucun effort pour modifier cette décision ». Hennequin doit à regret se contenter de trois cours dans le salon de Collenot, affirmant que même si depuis le passage de Journet, les Semurois s’interrogent sur la doctrine, il aurait eu un public assuré sans ce scandale : « beaucoup d’habitants de Semur ont refusé de venir hier chez M. Collenot prétendant qu’ils en savaient assez long sur le compte des fouriéristes » [21]. Si le nombre d’auditeurs croît au fil des séances, il ne dépasse pas la quarantaine. Marlet, convié par Collenot, « a très pacifiquement assisté à [la] dernière leçon » [22].

Hennequin prend connaissance des réponses que Collenot et Gamet souhaitent publier. Ce dernier, à son goût, a montré « plus de zèle que de talent et de mesure, M. Collenot imprime sur le sujet une brochure excellente, je l’ai vue en manuscrit ». Il note une rivalité entre les deux propagateurs phalanstériens semurois. « Il existe entre M. Collenot et M. Gamet, ces deux colonnes [sic] de la propagande à Semur comme les appelait Barnabé, une cabaliste [23] tournée toute entière au bien de l’école ; c’est à qui des deux fera le plus et le mieux. Ces deux messieurs sont amis ». Ce séjour est l’occasion pour Hennequin de livrer les portraits de Fourier par Calamatta d’après Gigoux qui ravissent Collenot, « fort satisfait de l’expression de la tête » [24].

Conformément au propos énoncé dans sa réponse, « nous n’aimons pas poser devant le public » [25], Collenot reste en retrait lors de la campagne législative de juillet 1846 à la différence de Gamet. En février 1847, Hennequin note que « Collenot déplore toujours le passage de Journet et sa malheureuse apostrophe à M. Marlet » [26]. Collenot apparaît avant tout comme un homme de lecture à l’image de la conclusion qu’il donne dans sa réponse aux attaques de Marlet :

nous conjurons donc les personnes qui s’intéressent au sort de l’humanité et qui sont effrayées des immenses problèmes que notre siècle est appelé à résoudre, d’étudier sans prévention les ouvrages de Fourier et de son école, et de [se] prononcer en conscience après avoir lu [27].

Son tempérament reconnu de modérateur le conduit à devenir un acteur de la Seconde République.

Une « influence conciliatrice » [28]

Dès le 29 février 1848, il est désigné, aux côtés de deux membres du conseil municipal semurois, Matry avocat et Rignault avoué, pour faire partie de la « Commission exécutive pour la Mairie » qui s’est constituée, lors d’une réunion de citoyens à l’hôtel de ville, « à l’occasion des évènemens [sic] du jour et de la révolution qui vient de proclamer la République à Paris » [29]. La première mesure proposée par la commission exécutive est alors de convoquer le conseil municipal et de demander l’adjonction de « deux citoyens ouvriers à l’effet de maintenir l’ordre dans la ville [...] et de prendre au besoin toutes les mesures nécessaires pour donner au gouvernement provisoire de Paris, la stabilité et la force dont peut avoir besoin un pouvoir succédant à un système désormais impossible en France ». Il est désigné par le Comité électoral républicain de Semur dont il est trésorier, avec huit autres « patriotes » [30] dont Hector Gamet et Hippolyte Marlet, pour être inscrit sur une première liste des candidats susceptibles de représenter l’arrondissement aux élections législatives d’avril 1848 [31]. Les divisions locales et les tractations départementales font qu’aucun des candidats n’est retenu. Collenot est également nommé délégué pour présider la commission destinée à mettre en place le conseil de la commune en mars 1848. Il est choisi par le sous-commissaire de la République, Antoine Maire, du fait de son « influence conciliatrice [qui] ramènera certainement le calme et la bonne intelligence dans la commune » où les démocrates « ne forment pas un corps bien homogène » [32]. Il continue à participer aux séances du nouveau conseil municipal [33]. Antoine Maire met en place une commission exécutive sous-préfectorale de cinq membres dont Collenot. « Attendu que ses affaires personnelles le rappellent à Dijon », il le désigne comme successeur [34]. Collenot est nommé sous-commissaire de la République pour l’arrondissement de Semur-en-Auxois par arrêté du 4 mai 1848 [35].

Partisan de la République démocratique et sociale

Quelques rapports établis lors de son exercice de sous-commissaire permettent d’éclairer sa position. Collenot préconise quelques mesures dont « la fondation d’une école où l’agriculture et les sciences accessoires seraient publiquement enseignées au chef-lieu d’arrondissement » [36], reprenant un élément du programme de l’Ecole sociétaire mais dépassant largement le cadre phalanstérien [37]. Il souhaite assurer la mise en place du régime, demande un droit de surveillance des « maisons d’éducation religieuse » et l’installation d’une brigade de gendarmerie à Flavigny, chef-lieu de canton marqué par son « esprit réactionnaire ». Il émet des réserves sur le mode de désignation des maires et sur les risques de l’élection qui se prépare. « L’administration deviendra fort difficile si le choix des maires n’appartient pas aux préfets dans l’avenir ; car l’esprit de coterie est poussé au dernier degré dans la campagne. Il serait même à désirer qu’en sus des membres du conseil municipal, les électeurs désignassent un nombre égal de citoyens, afin que l’administration put choisir le maire parmi ces deux catégories ». De cette manière, conclut-il, « il serait plus difficile aux cabales d’éliminer les hommes capables et honnêtes ». Bien qu’acquis à la Révolution de février 1848, Collenot n’est toujours pas persuadé des vertus immédiates du suffrage universel. Alors que les premiers résultats d’une élection complémentaire législative lui sont transmis, il s’inquiète des scores bonapartistes (283 voix sur 1270 votants à Semur-en-Auxois, 64 sur 1385 à Vitteaux). « Que le résultat soit l’effet d’un sentiment spontané ou d’intrigues secrètes, il n’en est pas moins vrai que pour beaucoup d’habitants des campagnes, la République est impossible, qu’il faudra nécessairement un maître et que ce maître s’appellera Napoléon ». Le bruit court, ajoute Collenot, que ce dernier « paierait la moitié de la dette publique ».

Lors des journées populaires de juin 1848, il lance un appel « à tous les hommes de bonne volonté » afin de prendre les armes pour défendre « la République démocratique en péril » [38]. Il ne s’agit pas pour autant d’écraser la révolte mais de « réunir des forces imposantes afin d’empêcher l’effusion de sang de nos frères égarés [par la] démagogie et la réaction ». Deux cents gardes nationaux suivis par des ruraux partent le jour même pour Paris afin de défendre les élus issus du suffrage universel. Reprenant l’esprit de clémence de La Démocratie pacifique [39], le 27 juin, il fait afficher dans toutes les communes des environs, un appel réclamant la pitié pour les vaincus. « Le sang a trop coulé. Pitié pour les vaincus ! Ce sont nos frères, ne les réduisez pas au désespoir. Toute représaille [sic] serait une lâcheté et une trahison aux intérêts de la démocratie » [40]. Collenot demande aux conseils municipaux de « voter tous les fonds nécessaires pour subvenir aux besoins des malheureux [...]. Pour les hommes valides, point d’aumône dégradante, mais du travail ; pour les blessés et les faibles, secours et assistance ».

Mais, le gouvernement Cavaignac exclut tous les fonctionnaires suspects de complaisance envers les insurgés. A la mi-juillet, le préfet du département de la Côte-d’Or, Morel, ancien notaire radical de Haute-Saône, qui a alors le tort d’avoir été mis en place par le député, ancien commissaire du gouvernement provisoire, James Demontry, est démis de ses fonctions. Dans un rapport du 1er juillet 1848, le préfet Morel avait, quant à lui, recommandé Collenot. De ce fait, il se trouve à son tour remplacé par un combattant de juin, Hippolyte Lambert, directeur de société [41]. Néanmoins, à la suite de la proclamation des élections de juillet 1848, le premier acte du conseil municipal semurois, installé le 18 août 1848, est d’offrir des « remerciemens [sic] à M. Collenot sur la manière digne, probe et vraiment républicaine avec laquelle il a administré l’arrondissement. [Il] voit avec regret qu’il n’ait pas été continué dans sa fonction » [42].

Lors des élections de 1849, Collenot s’engage au sein du Comité électoral démocratique du département qui défend le programme de la Montagne [43]. Président [44] ou vice-président [45], selon les sources, du comité semurois, Collenot conduit la délégation de l’arrondissement de Semur-en-Auxois au Congrès électoral démocratique de la Côte-d’Or qui se tient à Dijon.

Fidèle à la doctrine phalanstérienne

Durant toute cette période, il reste en contact avec La Démocratie pacifique [46], s’inquiétant en mai 1848 de la durée de son abonnement, effectuant divers versements. En mars 1851, il est même attendu « avec grand plaisir » au siège de l’Ecole sociétaire. Néanmoins, il abandonne apparemment toute activité politique publique et se consacre à la géologie reprenant une activité au sein de la Société des Sciences. Cependant, son intérêt pour la cause phalanstérienne demeure. En 1854, il est destinataire d’Au Texas de Victor Considerant. Une note résumant une des ses correspondances est adressée à Victor Considerant. « A la lecture du livre, je me suis d’abord senti émerveillé » [47] écrit-il. Il indique clairement qu’il ne peut cependant « faire partie de l’immigration pour des raisons puissantes de famille ». S’il pense « faire en temps et lieu des provisions de graines et de noyaux » pour les semences des colons, souscrire « pour 1 000 f., payables par portions, à la société de colonisation si les statuts lui paraissent satisfaisants » et verse déjà vingt-cinq francs, auxquels il ajoute autant « pour les dettes de l’école », son enthousiasme initial tombe rapidement ; son nom n’apparaît pas parmi les actionnaires, « la réflexion arrivant, j’ai trouvé qu’il serait convenable avant tout de payer les dettes de l’Ecole. J’ai trouvé aussi qu’au temps où nous sommes, il y a une grande torpeur et un grand refroidissement dans les dévouements et aussi une grande gêne générale, par conséquent que vous couriez chance d’avorter faute de capitaux ». L’auteur de cette note ne manque pas de souligner les propos de Collenot et ajoute à son destinataire, « Canta te dira ce que Collenot a toujours été pour la cause. C’est un de ceux à qui tu feras bien d’écrire ». Malgré ses doutes, il n’abandonne pas ses condisciples ; « je n’ai pas cru devoir rester en arrière et j’ai voulu concourir pour ma part ».

Il devient actionnaire de la société civile immobilière qui possède les terrains et bâtiments de Condé en 1862 [48]. En 1867 et malgré sa gêne financière, en plus de s’abonner à La Science sociale, il est détenteur de deux actions de cent francs de la Société en commandite Noirot et Cie établie le 31 mai 1866. En février 1870, il possède trois actions de la Librairie des Sciences sociales pour un montant de cent cinquante francs. Il donne pouvoir à Pellarin en juillet 1872 pour le représenter à l’assemblée générale du 9 juillet de la Société et lui demande de voter pour le maintien de la Librairie. Il contribue également à l’appel exceptionnel de fonds lancé cette même année. En 1872, il s’engage pour une action quand est projetée la Société des Etudes sociales. Il est également abonné au Bulletin du mouvement social, probablement dès 1872. En 1880, il est encore souscripteur à la Librairie ; il déclare alors :

je suis vieux et malade et ne puis prendre des engagements pour l’avenir. D’un autre côté mes ressources sont bien atténuées [...]. J’ai concouru autant que je l’ai pu aux efforts de l’école ; mes forces physiques et pécuniaires sont à bout. [49]

Mais malgré tout, il adresse encore cent francs. En 1883, il figure sur une liste d’adhérents de la Solidarité universelle, association créée au début des années 1880, par Jouanne, le fondateur de la Maison rurale de Ry. Cette société philanthropique souhaite créer des colonies pour enfants placés par l’Assistance publique. En 1886, Collenot est parmi les cent-six membres de la Ligue du Progrès social [50] qui veulent relancer le militantisme phalanstérien et appellent « à la réalisation d’un domaine sociétaire » [51], association agricole et domestique, prélude à la future association intégrale.

Localement, très brièvement en 1870, il participe à une commission que le conseil municipal de Semur-en-Auxois, alors démissionnaire et contraint de revenir sur sa décision, doit s’adjoindre « à titre provisoire et en raison des circonstances actuelles » [52]. Après 1870, il est membre du Cercle bourguignon de la Ligue de l’Enseignement à Semur-en-Auxois fondé durant l’hiver 1870-1871. Il en est l’un des vice-présidents en 1872 mais démissionne l’année suivante avec d’autres membres sans que le président puisse le faire revenir sur sa décision dont la motivation reste inconnue [53]. La ville de Semur-en-Auxois garde encore le souvenir de Jean-Jacques Collenot. Mais en donnant son nom à la rue de la Bibliothèque de son vivant même, le conseil municipal de Semur-en-Auxois tenu le 6 juin 1891 ne considère alors que sa « valeur scientifique [...] indiscutable », pour le porter au rang des « bienfaiteurs de la ville » [54]. Collenot est par ailleurs membre de la Société géologique de France, officier de l’Instruction publique. Son décès est déclaré par son gendre le docteur Bochard et son ami Eugène Bréon. Des obsèques religieuses ont lieu à l’église Notre-Dame de la ville le 25 septembre 1892. Aux côtés de sa fille et de son gendre, « M. et Mme Victor Locquin et leurs enfants » annoncent le décès de « leur oncle » [55]. Victor Locquin est l’un des fondateurs du socialisme nivernais. Venu du radicalisme au Parti socialiste français en 1902, il a tenté « d’appliquer les thèses de Fourier et Proudhon dont il était nourri » [56]. L’un de ses fils, l’ancien député socialiste Jean Locquin revendique encore sa parenté avec Collenot lors la campagne sénatoriale de 1932 dans la Nièvre [57], sans pour autant faire référence à son engagement phalanstérien.


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : juin 2015

Notes

[1Noël Pointe, L’Hypocrisie, démasqué par la vérité, l’intrigue, déjouée par la loyauté, et confondue par la franchise, Nevers, [1794], p. 39.

[2Archives départementales de la Côte-d’Or, L 317, « registre des prêtres démissionnaires », cité par Pierre Collenot, « Pierre-Claude-André Rasse », L’histoire de St Martin de la Mer, village en Morvan, rubrique Généalogie familiale, http://pierre.collenot.pagesperso-o....

[3Jean-François Baudiau, Le Morvand ou Essai géographique, topographique et historique sur cette contrée, 3e éd., augm. d’une préf. de J. Drouillet, Paris, Guénégaud, 1965, 3 vol., (1ère éd., 1865).

[4Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M223, « journal d’enquête du préfet de la Côte-d’Or, Hervé de Tocqueville », 24 avril-31 octobre 1816.

[5Pierre Lévêque, « Petites villes bourguignonnes sous Louis-Philippe », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, tome 121, 1970-1972, p. 232. Repris dans le recueil de ses articles aux EUD (La Bourgogne de Lamartine à nos jours, 2006, pp. 63-98).

[6Ecole normale supérieure, fonds Considerant, carton 3, dossier 2, chemise 1, cahier n°2, 1er décembre 1840 au 15 mars 1841, cahier n°4, 14 juillet 1841 au 28 février 1842 (abonnements à La Phalange).

[7Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS37(2) (681Mi37), rapport de Cantagrel à Allyre Bureau, 5 novembre 1844.

[8Archives départementales de la Côte-d’Or, 20M869, souscription en faveur de la Pologne, 12-17 mars 1846.

[9Archives municipales de Semur-en-Auxois, 2I8, mesures de sûreté générale, correspondance du 14 mars 1846.

[10Le Courrier de la Côte-d’Or, 14 mars 1846.

[11Pour le détail de ces réunions, se reporter à Jean-Claude Sosnowski, « Du phalanstère à la République. Jean-Jacques Collenot (1814-1892) ou la diffusion des théories de l’Ecole sociétaire dans une petite ville bourguignonne, Semur-en-Auxois », charlesfourier.fr, rubrique : “Etudes, articles inédits”, mars 2011, URL :http://www.charlesfourier.fr/spip.p....

[12« Compte rendu des travaux de la société des sciences historiques et naturelles de Semur, depuis le 10 février 1842, époque de sa fondation, jusqu’à l’année 1864 », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois, 1864, p. 17-31.

[13Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires,10AS39 (2) (681Mi65), lettres de Victor Hennequin du 17 juin 1846.

[14Hippolyte Marlet, Les Fourriéristes [sic] à Semur, exposition et réfutation de leur doctrine, Semur, impr. de P. Coquillon, 1846, p. 11.

[15La Démocratie pacifique, 24 janvier 1846.

[16La Démocratie pacifique, 6 mai 1846.

[17Jean-Jacques Collenot, Réponse à la brochure de M. Marlet intitulée les Fouriéristes à Semur par un phalanstérien, Dijon, impr. de Loireau-Feuchot, 1846.

[18Hector Gamet, Réponse à la brochure de M. Hippolyte Marlet intitulée les fouriéristes à Semur, Dijon, impr. de madame Ve Noellat, 1846.

[19Jean-Claude Sosnowski, « Une métaphysique fouriériste. Aperçu de la réception de la pensée de Charles Fourier par un phalanstérien côte-d’orien, Jean-Jacques Collenot », Cahiers Charles Fourier, n° 18, décembre 2007, pp. 91-96, [disponible en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.p....

[20Hippolyte Renaud, Solidarité, ou Vue synthétique de la doctrine de Charles Fourier, Paris, Librairie sociétaire, 1842.

[21Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires,10AS39(2) (681Mi65), lettre de Victor Hennequin du 17 juin 1846.

[22Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires,10AS39(2) (681Mi65), lettre de Victor Hennequin du 23 juin 1846.

[23« Une fougue réfléchie » selon Fourier. « La propriété principale de la Cabaliste, en mécanique de série, c’est d’exciter les discords ou rivalités émulatives entre les groupes d’espèce assez rapprochée pour se disputer la palme et balancer les suffrage ». Charles Fourier, Le Nouveau monde industriel et sociétaire ou invention du procédé d’industrie attrayante et naturelle distribuée en séries passionnées, Paris, Bossange père, P ; Mongie, 1829, p. 83 et p. 84.

[24La Démocratie pacifique du 14 juin 1846 propose à la vente différentes épreuves d’« un portrait en pied de Fourier, gravé par Calamatta d’après le tableau de Gigoux ».

[25Jean-Jacques Collenot, Réponse à la brochure de M. Marlet intitulée les Fouriéristes à Semur par un phalanstérien, Dijon, impr. de Loireau-Feuchot, 1846, p. 19.

[26Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires,10AS39 (2) (681Mi65), lettre de Victor Hennequin du 1er février 1847.

[27Jean-Jacques Collenot, op. cit., p. 19.

[28Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M231, esprit public, correspondances relatives à l’esprit public (An X-1917), rapport d’Antoine Maire, commissaire extraordinaire du gouvernement près l’arrondissement de Semur-en-Auxois, 17 mars 1848.

[29Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D7, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 29 février 1848.

[30Archives départementales de la Côte-d’Or, J4919, Comité électoral républicain de Semur, registre des procès verbaux des réunions et de la correspondance (13 mars-21 avril 1848), séance du 15 mars 1848.

[31Archives départementales de la Côte-d’Or, J4919, Comité électoral républicain de Semur, registre des procès verbaux des réunions et de la correspondance (13 mars-21 avril 1848), séance du 20 mars 1848.

[32Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M231, esprit public, correspondances relatives à l’esprit public (An X-1917), rapport d’Antoine Maire, commissaire extraordinaire du gouvernement près l’arrondissement de Semur-en-Auxois, 17 mars 1848.

[33Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D7, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 16 mars 1848.

[34Archives départementales de la Côte-d’Or, 2M35, dossiers individuels des sous-préfets, dossier Collenot, 1848.

[35Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M268, administration provisoire de l’arrondissement de Semur-en-Auxois (février-mars 1848), arrêté de nomination du sous-commissaire de la République du 4 mai 1848.

[36Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M231, esprit public, correspondances relatives à l’esprit public (An X-1917), rapport du sous-commissaire Collenot au commissaire de la République, 5 juin 1848.

[37La Démocratie pacifique, 22 juin 1848.

[38Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M267, événements politiques, Révolution de 1848 et Seconde République, proclamation du commissaire de la République Collenot, 25 juin 1848.

[39La Démocratie pacifique, 24, 25 et 26 juin 1848.

[40Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M267, événements politiques, Révolution de 1848 et Seconde République, proclamation du commissaire de la République Collenot, 27 juin 1848.

[41Pierre Lévêque, Une société en crise, la Bourgogne au milieu du XIXe siècle (1846-1852), Paris, Ed. de l’EHESS, J. Touzot, 1983, p. 205.

[42Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D7, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 18 août 1848.

[43Le Citoyen, journal républicain-démocratique de la Côte-d’Or, 22 avril 1849.

[44Le Citoyen, journal républicain-démocratique de la Côte-d’Or, 25 avril 1849.

[45Le Citoyen, journal républicain-démocratique de la Côte-d’Or, 4 mai 1849.

[46La Démocratie pacifique, 2 mars, 15 mai et 29 septembre 1848, 11 janvier et 25 décembre 1849, 10 novembre et 22 décembre 1850, 2 mars, 8 juin et 29 juin 1851.

[47Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS37(4) (681Mi59), note résumé d’une correspondance de Collenot [1854].

[48Archives de la Colonie de Condé, registre des actionnaires, 2e émission, actions n° 181 à 327, souscrites de 1862 à 1867. Cité par Bernard Desmars, Militants de l’utopie ? Les fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle, Dijon, Les Presses du réel, 2010, note 525, p. 189.

[49Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires,10AS37(4), lettre de Collenot du 29 juin 1880.

[50Bulletin de la Ligue du Progrès social, n° 2, été 1886.

[51Bernard Desmars, « Une statue pour Fourier (4 juin 1899). Au crépuscule du militantisme phalanstérien », Cahiers Charles Fourier, n° 11, décembre 2000, pp. 81-102. [Disponible en ligne : http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=43].

[52Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D9, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 9 août 1870. Voir la notice Guérin, Gustave.

[53Bibliothèque municipale de Semur-en-Auxois, Ms 135/5, archives du Cercle bourguignon de la Ligue de l’enseignement, registre des procès -verbaux de séances du conseil d’administration du 6 janvier 1872 au 9 mai 1897.

[54Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D12, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 6 juin 1891.

[55Archives départementales de la Côte-d’Or, 1JO art. 70, Montbard et Semur-en-Auxois, collection de faire-part de décès, faire-part du décès de Jean-Jacques Collenot. Le père de Victor Locquin a épousé l’une des filles de Claude-Pierre Collenot, oncle et témoin de la naissance de Jean-Jacques Collenot. Il s’agit d’une filiation à la mode de Bourgogne.

[56Jean Locquin, La Peinture d’histoire en France de 1747 à 1785, étude sur l’évolution des idées artistiques dans la seconde moitié du 18e siècle [Biographie et bibliographie de Jean Locquin par Jacqueline Viaux], Paris, Arthena, 1978, p. VIII.

[57La Tribune du Centre, 12 octobre 1932. Renseignement fourni par M. Michaël Boudard. Avec mes chaleureux remerciements.


Ressources

Œuvres

Réponse à la brochure de M. Marlet intitulée les Fouriéristes à Semur par un phalanstérien, Dijon, impr. de Loireau-Feuchot, 1846.
Description géologique de l’Auxois, Semur-en-Auxois, Verdot, 1873-1876, XX-660 p.-15 p.
Articles et comptes rendus dans le Bulletin de la Société des Sciences naturelles et historiques de Semur (Côte-d’Or) à partir de 1864 (en ligne sur Gallica).

Sources

Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS31 (1) (681Mi51), Colonie de Condé, liste non datée de souscripteurs ; 10AS32 (1-2) (681Mi53), état des souscripteurs à l’appel de fonds du 24 octobre 1872 ; état des actionnaires de la Société des Etudes sociales, 1872 ; état des actionnaires de la Librairie des Sciences sociales, abonnements, pouvoirs, comptes de créditeurs, 1866-1880 ; 10AS37(2) (681Mi37), rapport de Cantagrel à Allyre Bureau, 5 novembre 1844 ; 10AS37(4) (681Mi59), correspondances de Collenot [1854], 2 juin et 8 juin 1867, 9 décembre 1874, 2 mars et 10 décembre 1876, 2 janvier 1879, 29 juin 1880 ; 10AS39 (2) (681Mi65), lettres de Victor Hennequin des 17, 23 et 26 juin 1846, 1er février 1847.
Ecole Normale Supérieur, Fonds Considerant, carton 3, dossier 3, chemise 1, acte de la Société en commandite Noirot et Cie du 31 mai 1866 ; carton 13, dossier 1, lettre de Collenot du 7 août 1866 ; carton 2, dossier 8, chemise 1, liste des souscripteurs à la Librairie des sciences sociales vers 1880.
Ecole normale supérieure, fonds Considerant, carton 3, dossier 2, chemise 1, cahier n°2, 1er décembre 1840 au 15 mars 1841, cahier n°4, 14 juillet 1841 au 28 février 1842 (abonnements à La Phalange).
Archives départementales de la Nièvre, 5Mi12 547, registre de l’état civil de Moux, acte de naissance n° 6 du 21 janvier 1814 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Nièvre, vues 671-672].
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_279, 5MI36R040, registre de l’état civil de Flavigny-sur-Ozerain, acte de mariage n° 46 du 25 octobre 1842 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vues 768-769).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_603, 5MI33R019, registre de l’état civil de Semur-en-Auxois, acte de naissance n° 41 du 11 août 1843 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vues 889-890).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_603, 5MI33R020, registre de l’état civil de Semur-en-Auxois, acte de décès n° 89 du 27 décembre 1847 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vue 96).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_603, 2E603ART036, registre de l’état civil de Semur-en-Auxois, acte de décès n° 79 du 24 septembre 1892 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or,vue 329).
Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M223, « journal d’enquête du préfet de la Côte-d’Or, Hervé de Tocqueville », 24 avril-31 octobre 1816.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 3M83, liste imprimée générale des électeurs et jury pour 1846-1847.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 4E 109/200, répertoire et minutes notariales de l’étude Collenot, 19 mai 1840-12 juillet 1848.
Archives départementales de la Côte-d’Or, J4919, Comité électoral républicain de Semur, registre des procès verbaux des réunions et de la correspondance (13 mars-21 avril 1848).
Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M231, esprit public, correspondances relatives à l’esprit public (An X-1917), rapport d’Antoine Maire, commissaire extraordinaire du gouvernement près l’arrondissement de Semur-en-Auxois, 17 mars 1848 ; rapport du sous-commissaire Collenot au commissaire de la République, 5 juin 1848.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 2M35, dossiers individuels des sous-préfets, dossier Collenot, 1848.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M267, événements politiques, Révolution de 1848 et Seconde République, proclamations du sous-commissaire de la République Collenot, 25 et 27 juin 1848.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M268, administration provisoire de l’arrondissement de Semur-en-Auxois (février-mars 1848), arrêté de nomination du sous-commissaire de la République du 4 mai 1848.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 20M869, souscription en faveur de la Pologne, 12-17 mars 1846.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 8M33, rapports périodiques de police et de gendarmerie 1844-1848, n° 190, rapport du commandant de la 20e légion de gendarmerie au préfet de la Côte-d’Or (1er mai 1846).
Archives départementales de la Côte-d’Or, 20M700, troubles à l’ordre public survenus à Semur-en-Auxois 1836-15 février 1848 , rapports du commissaire de police de la Ville de Semur au sous-préfet, 28 et 30 avril 1846 ; brouillon du rapport du sous-préfet de Semur au préfet, 30 avril 1846.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 1JO art. 70, Montbard et Semur-en-Auxois, collection de faire-part de décès, faire-part du décès de Jean-Jacques Collenot.
Archives municipale de Semur-en-Auxois, 2I8, mesures de sûreté générale, correspondance du 14 mars 1846.
Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D7, registre des délibérations du conseil municipal, séances des 29 février 1848 et 18 août 1848.
Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D9, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 9 août 1870.
Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1D12, registre des délibérations du conseil municipal, séance du 6 juin 1891.
Archives municipales de Semur-en-Auxois, 1K1, liste des électeurs municipaux au 31 mars 1846.
Bibliothèque municipale de Semur-en-Auxois, Ms 135/5, archives du Cercle bourguignon de la Ligue de l’Enseignement, registre des procès-verbaux de séances du conseil d’administration du 6 janvier 1872 au 9 mai 1897.
Archives de la Colonie de Condé, registre des actionnaires, 2e émission, actions n° 181 à 327, souscrites de 1862 à 1867. Cité par Bernard Desmars, Militants de l’utopie ? Les fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle, Dijon, Les Presses du réel, 2010, note 525, p. 189.
Noël Pointe, L’Hypocrisie, démasqué par la vérité, l’intrigue, déjouée par la loyauté, et confondue par la franchise, Nevers, [1794], pp. 38-39 (en ligne sur Gallica, vues 38-39).
La Démocratie pacifique, 24 janvier 1846 ; 2 mars, 15 mai, 22, 24, 25, 26 juin et 29 septembre 1848 ; 11 janvier et 25 décembre 1849 ; 10 novembre et 22 décembre 1850 ; 2 mars, 8 juin et 29 juin 1851.
Le Courrier de la Côte-d’Or, 14 mars 1846.
Le Citoyen, journal républicain-démocratique de la Côte-d’Or, 22 et 25 avril, 4 mai 1849.
La Science sociale, n° 20, 1er janvier 1868 ; n° 4, 16 février 1870.
Bulletin de la Ligue du Progrès social, n° 2, été 1886. (Notes de Bernard Desmars).
Hippolyte Marlet, Les Fourriéristes [sic] à Semur, exposition et réfutation de leur doctrine, Semur, impr. de P. Coquillon, 1846.
Hector Gamet, Réponse à la brochure de M. Hippolyte Marlet intitulée les fouriéristes à Semur, Dijon, impr. de madame Ve Noellat, 1846.
La Tribune du Centre, 12 octobre 1932. (Avec mes chaleureux remerciements à M. Michaël Boudard).
Notice [sur la Solidarité universelle], Paris, imp. George, 1883, 8 p. (Notes de Bernard Desmars).

Bibliographie

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Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, première partie, 1789-1864, de la Révolution française à la fondation de la Première internationale, tome 1, Paris, Ed. Ouvrières, 1964, notice Collenot.
« Compte rendu des travaux de la société des sciences historiques et naturelles de Semur, depuis le 10 février 1842, époque de sa fondation, jusqu’à l’année 1864 », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois, 1864, p. 17-31.
F.-X. Gillot, « Notices biographiques, Jean-Jacques Collenot, 21 janvier 1814-23 septembre 1892 », Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois, tome 34, 1905 (en ligne sur Gallica).
Jean-François Baudiau, Le Morvand ou Essai géographique, topographique et historique sur cette contrée, 3e éd., augm. d’une préf. de J. Drouillet, Paris, Guénégaud, 1965, 3 vol., (1e éd., 1865).
Jean Bruneau, Monographie d’Alligny-en-Morvan (Nièvre), Alligny-en-Morvan, 1905.
Michaël Boudard, « Victor et Jean Locquin, ou l’histoire nivernaise des gauches personnifiées », conférence donnée à la Médiathèque Jean Jaurès de Nevers, 21 mai 2011. (Avec nos remerciements à Monsieur Boudard pour nous avoir transmis le texte de sa conférence).
« Compte-rendu des travaux de la société des sciences historiques et naturelles de Semur, depuis le 10 février 1842, époque de sa fondation, jusqu’à l’année 1864 », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois, 1864, p. 17-31.
Bernard Desmars, « Une statue pour Fourier (4 juin 1899). Au crépuscule du militantisme phalanstérien », Cahiers Charles Fourier, n° 11, décembre 2000, pp. 81-102. [Disponible en ligne : http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=43].
Bernard Desmars, Militants de l’utopie ? Les fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle, Dijon, Les Presses du réel, 2010.
Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, Tome VI, pp. 2289,-2290, notice Jean Locquin (en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, Base de données des députés français depuis 1789.
Pierre Lévêque, Une société en crise, la Bourgogne au milieu du XIXe siècle (1846-1852), Paris, Ed. de l’E.H.E.S.S., J. Touzot, 1983.
Pierre Lévêque, « Petites villes bourguignonnes sous Louis-Philippe », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, tome 121, 1970-1972, pp. 203-246. Repris dans le recueil de ses articles aux EUD (La Bourgogne de Lamartine à nos jours, 2006, pp. 63-98).
Jean Locquin, La Peinture d’histoire en France de 1747 à 1785, étude sur l’évolution des idées artistiques dans la seconde moitié du 18e siècle, [Biographie et bibliographie de Jean Locquin par Jacqueline Viaux], Paris, Arthena, 1978. (Réimpression de l’édition Paris : H. Laurens, 1912).
Jean-Claude Sosnowski, « Du phalanstère à la République. Jean-Jacques Collenot (1814-1892) ou la diffusion des théories de l’Ecole sociétaire dans une petite ville bourguignonne, Semur-en-Auxois », charlesfourier.fr, rubrique : “Etudes, articles inédits”, mars 2011, URL :http://www.charlesfourier.fr/spip.p....
Jean-Claude Sosnowski, « Une métaphysique fouriériste. Aperçu de la réception de la pensée de Charles Fourier par un phalanstérien côte-d’orien, Jean-Jacques Collenot », Cahiers Charles Fourier, n° 18, décembre 2007, pp. 91-96 [disponible en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.p....
Paul Meunier, La Révolution dans la Nièvre, Le Côteau, Horvath, 1988, (reprod. en fac.-sim. de l’éd. de Nevers, Impr. G. Vallière, 1895).

Iconographie

Portrait photographique de Jean Jacques Collenot, Musée municipal, Semur-en-Auxois, inv. 2004.0.1. Ce portrait est aussi conservé aux Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS35 (681Mi56), dessins et photographies, vues 131-132, photographie de Jean-Jacques Collenot "en 1864", avec autographe, par A. Ken, 10 Boulevard Montmartre à Paris.

Sitographie

Pierre Collenot, « Les Collenot à travers l’histoire », L’histoire de St Martin de la Mer,
village en Morvan
, rubrique Généalogie familiale : http://pierre.collenot.pagesperso-o....


et sur ce site...

Jean-Claude Sosnowski Du phalanstère à la République
Jean-Jacques Collenot (1814-1892) ou la diffusion des théories de l’Ecole sociétaire dans une petite ville bourguignonne, Semur-en-Auxois
Etudes - Articles inédits - mai 2007
article en texte intégral

Jean-Claude Sosnowski Une métaphysique fouriériste
Aperçu de la réception de la pensée de Charles Fourier par un phalanstérien côte-d’orien, Jean-Jacques Collenot
Cahiers - 2007 / n° 18 - décembre 2007
résumé | abstract | article en texte intégral


Index

Lieux : Semur-en-Auxois, Côte-d’Or

Notions : Actionnariat - Colonie agricole - Conférences - Education populaire - Géologie - Groupe local - Librairie - Ligue de l’enseignement - Ligue du progrès social - Réalisateurs - République - Révolution - Sociétés savantes - Suffrage universel

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Collenot, Jean-Jacques », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mars 2013 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1147 (consultée le 19 juillet 2017).

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