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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : janvier 2009

Bouquet, Auguste


Né à Abbeville (Somme), le 13 septembre 1810, décédé à Lucques (Italie), le 21 décembre 1846. Peintre, lithographe et caricaturiste


Il est le fils de Anne-Constance Duvalet et de Louis-Vulfranc Bouquet, serrurier de son état. Son père dont les affaires sont peu prospères à Abbeville se rend à Paris avec sa famille vers 1823, où il devient un entrepreneur aisé à qui le duc d’Orléans confie la construction de la galerie vitrée du Palais-Royal.

En 1829, Auguste Bouquet intègre l’Ecole des Beaux-Arts sur présentation de Louis Hersent, alors professeur [1] et dans l’atelier duquel il travaille. Cependant, son père décède et Auguste Bouquet se charge de la survie de sa mère et de ses deux soeurs [2]. Il effectue des copies au Louvre, qui lui sont achetées par Ary Scheffer, professeur de dessin de la princesse Marie d’Orléans, fille de Louis-Philippe. Scheffer le prend pour aide dans son atelier. En 1833, commande lui est faite d’une copie du portrait de Louise d’Orléans, reine des Belges, pour les Tuileries.

Il s’illustre avant tout comme dessinateur, caricaturiste et lithographe. Il tient sa célébrité de la représentation en Pierrot du mime Jean-Gaspard Deburau, gravée par Porret, parue dans la première édition du Théâtre à quatre sous de Jules Janin, en 1832, chez Gosselin.
C’est à cette période qu’il participe activement à la Caricature et au Charivari de Charles Philipon dont les journaux ridiculisent la monarchie de Juillet et deviennent les organes de l’opposition. A travers ses œuvres, Auguste Bouquet contribue à la campagne de métamorphose du Roi en poire ainsi qu’à la défense de la liberté de la presse dont Philipon est le fer de lance. François Sabatier souligne qu’il resta toujours « attaché à la Caricature ».

Cependant, malgré cette activité, il vit dans un certain dénuement. Un autoportrait [3], à l’âge d’environ 25 ans, le présente vêtu d’une « blouse serrée à la taille par une ceinture, la tête couverte d’une calotte à gland, le visage fin et éveillé, les yeux moqueurs et malicieux ». Il partage alors une maisonnette avec atelier, à « l’allée de l’Elysée des Beaux-Arts, au pied de Montmartre, près la barrière de Pigalle », avec Emile Lessore et François Sabatier. Paul Chenavard, penseur de la théorie de la mission humanitaire et civilisatrice de l’art, partage alors régulièrement leur table. Particulièrement attaché à la gravure, Auguste Bouquet s’associe à deux artistes pour créer un atelier de lithographie en couleur, les Frères Faber. C’est à cette époque, qu’il s’empoisonne de manière irrémédiable en mordant à l’eau-forte une planche de cuivre. Inventeur, il s’intéresse à toutes les nouvelles techniques : daguerréotypie, galvanoplastie.

En 1838, François Sabatier, parti en Italie pour un voyage d’étude avec quelques autres artistes dont Edmond Wagrez, le persuade de les rejoindre. C’est alors qu’il contribue, avec le musicien
Besozzi, selon la lettre de François Sabatier adressée à La Démocratie pacifique lors son décès, à diffuser les idées phalanstériennes en en propageant la littérature auprès de plusieurs artistes de Rome, dont Ottin, Farochon et « en partie » Papety, qu’il rejoint à Rome en 1842.

Si, comme Besozzi l’écrit également à La Démocratie Pacifique, « comme phalanstérien, Aug. Bouquet n’[est] guère connu, il n’[a] jamais agi ostensiblement pour l’idée », il est à l’initiative [4] avec Ottin, du décor « fouriériste » du palais Ungher de Florence que François Sabatier entreprend de restaurer pour sa jeune épouse, Carolina Ungher. Bouquet s’occupe de l’exécution des huit tableaux du salon. Souffrant continuellement des poumons, son travail s’en ressent. Seuls cinq des huit tableaux programmés sont alors réalisés dans l’atelier, lorsqu’il décède. L’annonce de son décès paraît dans La Démocratie pacifique sous la forme de deux lettres, l’une de M.S. [Sabatier ?], l’autre de Besozzi. L’amitié que François Sabatier et Carolina Ungher portent à Auguste Bouquet les conduit à recueillir sa fille Louise, future épouse du patriote sicilien Michele Amari, sénateur et ministre de l’Instruction publique du royaume d’Italie.

L’annonce de la mort de Bouquet
La Démocratie pacifique

Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : novembre 2016

Notes

[1Archives nationales AJ52 234, Dossiers individuels des élèves de la section de peinture, cité par F.-X. Amprimoz, Un décor « fouriériste » à Florence, Revue de l’Art, n° 48, 1980, note 41, p. 64

[2Voir la lettre de François Sabatier adressée à Champfleury transcrite par H. Macqueron, Le Peintre ordinaire de Gaspard Debureau par Champfleury, Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville, années 1897-1899, Abbeville, Paillart, 1900, pp. 489-491.

[3E. Delignières, Notice sur Auguste Bouquet, peintre et graveur abbevillois, lecture faite... à la séance du 7 décembre 1893, Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville, 1894, n° 2, p.36-37.

[4Lettre d’Ottin à François Sabatier en date du 17 décembre 1840 citée par F.-X. Amprimoz, Un décor « fouriériste » à Florence, Revue de l’Art, n° 48, 1980, p. 58, col. 3.


Ressources

Oeuvres

Champfleury (voir bibliographie, ci-dessous) donne le catalogue des oeuvres de Bouquet, à actualiser à partir des différents dictionnaires spécialisés.

On peut trouver à ce jour en ligne :
Père scie, planche 170, La Caricature, volume 4, , n° 85, 14 juin 1832 (en ligne sur la base Joconde, coll. Maison de Balzac, Paris).
La Poire et ses pépins, planche 289, La Caricature, volume 6, n° 139, 4 juillet 1833 (en ligne sur la base Joconde, coll. Maison de Balzac, Paris, et sur Gallica, vue 65).
M. Thiers sur la colonne, dessin colorié, planche n° 301, La Caricature, 8 août 1833, volume 6, n° 144 (en ligne sur Gallica, et Gallica).
Grrrand bouquet à bombes lumineuses, etc, planche 302, La Caricature, 8 août 1833, volume 6, n° 144 (en ligne sur Gallica, et Gallica).
Les Cinq horizons du stupide constitutionnel, planche 317, La Caricature, 26 septembre 1833, volume 6, n° 151 (en ligne sur Gallica, et Gallica). Dans l’explication qui accompagne la caricature, la rédaction donne la liste des précédentes réalisations de Bouquet pour La Caricature et Le Charivari [prochainement accessibles sur Gallica].
Le Peuple faisant danser les rois, planche 318, La Caricature, 3 octobre 1833, volume 6, n° 152 (en ligne sur Gallica, et Gallica).

Sur le site du Domaine des descendants de François Sabatier, Le salon de la villa Ungher. Les tableaux, oeuvres d’Auguste Bouquet sont : Michel-Ange, Molière, Goethe entre Méphistophélès et Faust embrassant Marguerite, La Gloire couronnant Raphaël.

Sources

Emile Delignières, Notice sur Auguste Bouquet, peintre et graveur abbevillois, lecture faite... à la séance du 7 décembre 1893, Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville, Abbeville, Paillart, 1894, n° 1, pp. 15-24, n° 2, pp. 36-46.
H. Macqueron, Le Peintre ordinaire de Gaspard Debureau [sic] par Champfleury, lecture faite à la séance du 3 novembre 1898, Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville, années 1897-1899, Abbeville, Paillart, 1900, tome IV, pp. 484-492.
Jules Troubat, Une Amitié à la d’Arthez : Champfleury, Courbet, Max Buchon ; suivi d’une conférence sur Sainte-Beuve, Paris, Lucien Duc, 1900, pp. 240-243 (en ligne sur Gallica)

Nécrologie Auguste Bouquet, La Démocratie pacifique, 31 janvier 1847, p. 7. Lettres envoyées d’Italie par S. [sans doute François Sabatier, un fouriériste installé à Florence] et par Besozzi.

Bibliographie

Marcus Osterwalder, Dictionnaire des illustrateurs, 1800-1914, illustrateurs, caricaturistes et affichistes, tome 2, Paris, Hubschmid et Bouret, 1983, 1221 p.
Günter Meisner, Allgemeines Künstler-Lexicon, die bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, Band 13, München, Leipzig, K.G. Saur, 1996.
Jean Husson dit Champfleury, Le Peintre ordinaire de Gaspard Deburau, Paris, imprimerie de l’Art, 1889, 47 p., portraits. [Non consulté à ce jour. Ne semble conservé qu’à la BNF et à l’INHA].
François-Xavier Amprimoz, Un décor « fouriériste » à Florence, Revue de l’Art, n° 48, 1980, pp. 57-67.
Louis Ucciani, « Ruggiero Alessandro, Amprimoz François-Xavier, Volpi Alessandro : Un cicle decorative fourierista, nella sede del Consiglio Notarile di Firenze (2004), Florence, Edizioni Polistampa, 2004, 104 p., (Article des Cahiers Charles Fourier, 18, 2007, en ligne sur le site de l’Association d’études fouriéristes)
Notes de Bernard Desmars

Iconographie

Auguste Bouquet à l’âge de 25 ans, dans E. Delignières, Notice sur Auguste Bouquet, peintre et graveur abbevillois, lecture faite... à la séance du 7 décembre 1893, Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville, 1894, n° 2, p.36-37 (en ligne sur le site Fine Arts Museum of San Francisco)
Sur le site du Domaine des descendants de François Sabatier). Dans La Cambuse par Emile Lessore, vers 1835, Auguste Bouquet est le personnage assis à droite.

Sitographie

Notice Auguste Bouquet sur Wikipedia.org


Index

Lieux : Florence (Italie) - Paris, Seine

Notions : Art - Caricature - Peinture

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Bouquet, Auguste », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en janvier 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article605 (consultée le 14 octobre 2017).

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