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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : juin 2022

Fontaine, Olympe Élisa


Née le 4 décembre 1823 à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne). Membre de la colonie du Sahy ou Saí (São Francisco do Sul, Santa Catarina, Brésil).


Elle est la fille de Pierre-Gabriel Fontaine et de Marie-Gabrielle Mousseau, résidant à Brie.
Recrutée à Paris par l’Union industrielle pour participer au projet de colonie phalanstérienne au Brésil, elle embarque le 21 octobre 1841 au Havre sur La Caroline. Elle célèbre ses dix-huit ans au milieu de l’Atlantique. Le 14 décembre, le navire entre en baie de Rio de Janeiro. Mais les colons à peine débarqués et reçus par l’empereur du Brésil, la désunion couve. Le 29 décembre alors que La Caroline est déclarée « sur le départ » depuis la veille et que son capitaine fait valider la modification de parcours qui le conduit à convoyer les colons jusqu’à la péninsule de Sahy, Benoît Mure préside un banquet d’adieu. Si Mure ne peut accepter le contrat de l’Union industrielle qui occulte son rôle, celui qui a été octroyé au nom de Mure par la chambre des députés brésiliens, le 11 décembre et portant création officielle de la colonie industrielle dans la province de Santa Catarina ne peut satisfaire Michel Derrion, Antoine Jamain et cie. Mure et ses soutiens, en particulier l’artiste peintre Antoine Jolly, membre de l’Union industrielle, et le médecin Édouard Deyrolle font appareiller La Caroline, abandonnant cinquante-quatre phalanstériens dont Derrion et Jamain à Rio de Janeiro. Le 3 janvier 1842, la Caroline jette l’ancre dans la baie de Babitonga, face à la ville de São Francisco do Sul. Le débarquement effectué, un groupe fidèle à Derrion et Jamain, composé de trois ou quatre hommes, un enfant et trois femmes épouses de colons abandonnés à Rio de Janeiro, subtilisent diverses provisions et biens que seule la force de la Garde nationale permet à Mure de récupérer. Mure conduit le groupe vers la péninsule du Sahy. Les opposants éloignés, Mure tente de faire signer « un contrat social ou règlement intérieur de la colonie sociétaire » [1] aux colons qui le suivent, essayant ainsi de leur faire avaliser son rôle de directeur.
Olympe Élisa Fontaine, après avoir probablement participé aux premiers travaux d’installation, refusant probablement de signer ce contrat, quitte alors la colonie en déjouant la surveillance de Mure. Elle rejoint La Caroline encore au mouillage en rade de São Francisco do Sul. Le commandant Fautrel relate l’évènement par un procès-verbal. Olympe Élisa Fontaine « nous a demandé un passage à bord pour Bourbon, son séjour au Brésil n’étant pas possible par suite de la chute de l’établissement dont elle devait faire partie » [2]. La jeune « demoiselle » semble-t-il a une certaine aisance. Elle maîtrise parfaitement l’écriture d’après sa signature et la graphie de ses nom et prénom inscrit au procès-verbal. Elle a également la capacité de payer son passage.


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : juin 2022

Notes

[1Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014, p. 202 d’après Archives historiques de Joinville (Santa Catarina, Brésil), Coleção Carlos Ficker, « Lettre de Benoît Mure au président de la province », 2 février 1842.

[2Laurent Vidal, opus cité, p. 203 d’après Archives départementales de Seine-Maritime, 6P6/113/104, « Rôle d’équipage de La Caroline ».


Ressources

Sources

Archives départementales de Seine-et-Marne, 5MI7388 registre de l’état civil de Brie-Comte-Robert, acte de naissance n° 218 du 6 décembre 1823 (en ligne sur le site des Archives départementales de Seine-et-Marne, vue 410/534).

Bibliographie

Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014, p. 183-203.


Index

Lieux : Brésil - Sahy ou Saí (São Francisco do Sul, Santa Catarina), Brésil - São Francisco do Sul (Santa Catarina), Brésil

Notions : Essai sociétaire - Femmes (genre) - Réalisateurs

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Fontaine, Olympe Élisa », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en juin 2022 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2435 (consultée le 9 août 2022).

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