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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : novembre 2016

Magne (ou Maghne), Jean-Henry (ou Jean-Henri dit Jean-Fleury)


Né à Sauveterre (Aveyron) le 26 messidor an XII (15 juillet 1804). Décédé le 27 août 1885 à Corbeil (auj. Corbeil-Essonnes, Essonne). Professeur à l’École royale vétérinaire de Lyon (Rhône), puis directeur de celle de Maisons-Alfort (auj. Val de Marne). Souscripteur au « Crédit de dix mille francs » demandé pour les études d’un phalanstère d’enfants en 1838. Correspondant de l’Union harmonienne à Lyon pour l’année 1840.


Jean-Henry Magnhe (d’après son acte de naissance) est fils d’un marchand de Sauveterre, Jean Magnhe et de Marguerite Calmettes. Après de brillantes études à l’École vétérinaire de Lyon de 1824 à 1828, il intègre un régiment de dragons. En 1829 il obtient par concours la place de chef de service à l’École vétérinaire de Lyon, et en 1832, celle de professeur adjoint au cours de physique et de matière médicale. Il devient professeur titulaire d’agriculture, d’hygiène vétérinaire et de botanique en 1838. En 1843, il occupe les mêmes fonctions à l’École d’Alfort dont il devient directeur en 1861. Il continue à donner des cours d’hygiène et de zoologie appliquée jusqu’à sa retraite en 1871 : « homme de grande valeur scientifique, il a [néanmoins] une grande faiblesse de caractère qui le rend impropre à gouverner un personnel nombreux. C’est pourquoi la surveillance s’est affaiblie, des conflits d’attribution se sont élevés, des troubles se sont produits » affirme le secrétaire général du bureau du personnel du ministère de l’Agriculture et du Commerce [1]. L’administration reconnaît cependant « son zèle et son dévouement ». Il se retire à Corbeil jusqu’à son décès en 1885. Il est marié à Anne Sujet, sœur d’un archiprêtre et curé de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Le couple a au moins fils, Pierre, Constant, Léon Magne, agent voyer d’arrondissement demeurant à Corbeil, témoin du décès de son père.
Le 19 août 1856, Jean-Henry Magne est promu chevalier de la Légion d’honneur. En 1862, il est membre de la Société (impériale et centrale) d’Agriculture de France. En 1863, il entre à l’Académie de médecine. Il est également membre fondateur de la Société (impériale et centrale) de médecine vétérinaire, correspondant de la Société royale d’agriculture de Turin et officier de l’Instruction publique.

Ancien saint-simonien [2], il appartient au groupe lyonnais de Michel Derrion [3]. En 1837, un souscripteur du nom de Magne est recensé parmi les contributeurs au « Crédit de dix mille francs » demandé pour les études d’un phalanstère d’enfants initiées par le centre parisien de l’École sociétaire. C’est probablement Jean-Henri Magne. Au 27 juillet 1838, il a déjà versé 10 francs. Il est inscrit comme correspondant de l’Union harmonienne sous le nom de Mayne dans l’Almanach social pour l’année 1840, avec pour adresse l’École vétérinaire de Lyon.
Cette même année, il publie un long mémoire dans lequel il prône l’association des « exploitants du lait » [4] rappelant l’intérêt pour les fouriéristes du modèle fourni par les associations fruitières de la Franche-Comté [5]. En 1848, il se préoccupe des questions relatives au crédit foncier et aux bons hypothécaires. En 1850, il adresse une série de numéros du Moniteur agricole, dont il est le rédacteur en chef à l’Union agricole du Sig, exploitation fondée en 1845-1846 à Saint-Denis-du-Sig (près d’Oran) par des fouriéristes lyonnais afin d’y mettre en pratique certains principes sociétaires. En 1853, il est admis membre de la Société d’économie politique. En 1854, lors d’une réunion, alors qu’un débat est ouvert pour savoir « comment peut-on connaître l’utilité des intermédiaires en industrie » et que l’un des fondateurs de la société, professeur d’économie politique à l’École des Ponts et Chaussées, Joseph Garnier souhaite « établir l’utilité des intermédiaires, niée très-positivement par l’école fouriériste, et par beaucoup d’autres personnes qui n’ont pas réfléchi sur l’organisation de la société [...] » [6], Jean-Henri Magne prend la défense de l’école fouriériste. Il « pense que les fouriéristes, […], ne se proposent pas tant de supprimer les intermédiaires que de simplifier, avec l’aide de leur procédé sociétaire, le mécanisme social, de manière à de diminuer le rôle de ces agents » [7].
On retrouve son nom parmi les contacts possibles de l’École sociétaire vers 1860 sans qu’on puisse savoir s’il entretient une quelconque relation avec les membres de celle-ci [8]. Il est également inscrit sur la « liste des principaux collaborateurs et correspondants » de L’Économiste français, de Jules Duval, du premier tome (1861-1862) jusqu’au tome 6 (1867) [9].


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : novembre 2016

Notes

[1Cité par Ronald Hubscher, Les Maîtres des bêtes, les vétérinaires dans la société française, XVIIIe-XXe siècle, Paris, Odile Jacob, 1999, p. 302.

[2D’après Jean Gaumont selon « Magne, Jean, Fleury », Le Maitron, Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social (en ligne sur Le Maitron).

[3André Henry, Serviteurs d’idéal : Histoire de la longue marche des associations, des coopératives, des mutuelles et des syndicats, Paris, FEN, 1987, tome 1, p. 58.

[4« Recherches sur les fromageries de société et sur les bénéfices qu’on retire des vaches à lait, comparés aux bénéfices produits par l’engraissement et par l’élève des bestiaux », Mémoires d’agriculture, d’économie rurale et domestique publiés par la Société royale d’agriculture de Paris, année 1840, Paris, L. Bouchard-Huzard, 1840, p. 269.

[5Michel Vernus, « Les fouriéristes et les fruitières comtoises », Cahiers Charles Fourier, 1991 / n° 2, en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article16 (consulté le 16 octobre 2016).

[6« Société d’économie politique. Réunion du 7 juillet », Journal des économistes, revue de la science économique et de la statistique, 2e série, tome 3, 13e année, (août à septembre 1854), Paris, Guillaumin, 1854, p. 144.

[7Ibidem.

[8École Normale Supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier VIII, « correspondance - répertoire - M. Noirot - 13, rue des Saints-Pères », [post 1860].

[9Notes de Bernard Desmars


Ressources

Œuvres
(bibliographie non exhaustive)

Notice historique sur L.-F. Grognier, professeur à l’École vétérinaire de Lyon, Lyon, impr. de L. Boitel, 1838 (Extrait de la Revue du Lyonnais).
« Recherches sur les fromageries de société et sur les bénéfices qu’on retire des vaches à lait, comparés aux bénéfices produits par l’engraissement et par l’élève des bestiaux », Mémoires d’agriculture, d’économie rurale et domestique publiés par la Société royale d’agriculture de Paris, année 1840, Paris, L. Bouchard-Huzard, 1840, pp. 269-369 (en ligne sur Gallica).
Grognier, Louis-Furcy, Cours de multiplication et de perfectionnement des principaux animaux domestiques,… 3e édition, revue et augmentée de considérations générales sur l’amélioration des races et d’un traité sur les porcs, par H. Magne…, Paris, Bouchard-Huzard, 1841.
Multiplication, élève, entretien et engraissement du porc, Paris, Bouchard-Huzard, 1841.
Principes d’hygiène vétérinaire, ou Règles d’après lesquelles on doit entretenir et gouverner les animaux domestiques…, Paris, Labé ; Lyon, C. Savy jeune, 1842 (2e éd, 1845).
Traité d’hygiène vétérinaire appliquée : étude des règles d’après lesquelles il faut rédiger le choix, le perfectionnement, la multiplication, l’élevage, l’éducation, du cheval, de l’âne, du mulet, du bœuf, du mouton…, Paris, Labé ; Lyon, C. Savy jeune ; Toulouse, Gimet, 1844.
Choix des vaches laitières, ou Description de tous les signes à l’aide desquels on peut apprécier les qualités lactifères des vaches, Paris, Comon, 1850 (2e éd., 1853 en ligne sur Gallica) (la BNF recense 9 éditions).
Choix du cheval ou appréciation de tous les caractères à l’aide desquels on peut reconnaître l’aptitude des chevaux aux divers services, Paris, Vve Comon, 1853 (Garnier, 1864 en ligne sur Gallica).
Le porc, sa multiplication, son élevage et son engraissement : des races porcines étrangères…, 2e édition revue, corrigée…, Paris, Labé, 1857.
Étude de nos races d’animaux domestiques et des moyens de les améliorer, 2e éd., Paris, Labé, 1857.
Étude des races ovines et porcines françaises et des moyens de les améliorer : suivie des règles relatives à l’entretien, à la multiplication, à l’élevage, à l’engraissement du mouton, de la chèvre et du porc, 2e éd. revue…, Paris, Labé, 1857.
Étude des races bovines françaises et des moyens de les améliorer : suivie des règles relatives à l’entretien, à la multiplication, à l’élevage, à l’engraissement du bœuf, 2e éd. revue…, Paris, Labé, 1857.
Traité d’agriculture pratique et d’hygiène vétérinaire générale, 3e éd., Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 1859 (4e éd., 1873-1883).
Note sur les titres et les travaux de J.-H. Magne,... candidat à la Société impériale et centrale d’agriculture de France…, Paris, impr. de Vve Bouchard-Huzard, 1862.
Nouvelle flore française... par M. Gillet, ... M. J.-H. Magne, …, Paris, Garnier frères, 1862 (2e éd., 1868, 3e éd., 1873).
Exposé des titres de J.-H. Magne, directeur de l’École impériale vétérinaire d’Alfort... candidat à la place vacante à l’Académie impériale de médecine…, Paris, impr. de Vve Bouchard-Huzard, 1863.
Le Croisement peut former des races, communication faite à la Société impériale et centrale de médecine vétérinaire dans sa séance du 9 juin 1864, Paris, impr. de Renou et Maulde, 1864.
Rapport sur les progrès de la médecine vétérinaire depuis vingt-cinq ans, Paris, impr. Impériale, 1867.
Choix et nourriture du cheval, 4e édition revue corrigée et considérablement augmentée, Paris, Garnier frères, 1875 (en ligne sur Gallica).
Organisation de l’enseignement professionnel, Paris, Garnier frères, 1875.
Substitution du maïs à l’avoine dans la nourriture des chevaux, Paris, impr. de J. Tremblay (1876).
Sur les causes premières des maladies charbonneuses, Paris, J. Tremblay, 1881.
Races chevalines, leur amélioration..., 4e éd., Paris, Garnier frères, 1883.
De la production chevaline et des remontées de l’armée pour faire suite à la note relative à l’influence des sexes sur les produits de la conception dans les animaux domestiques, Paris, Vve Bouchard-Huzard (s.d.).
Dirige Le Moniteur agricole.

Sources

Archives nationales, LH/1686/7 dossier de Légion d’honneur (en ligne sur la base Léonore->http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr?ACTION=RETOUR]).
Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS31 (1) (681Mi51, vues 23-25), « Liste de souscripteurs au "Crédit de dix mille francs" demandé pour les études d’un phalanstère d’enfants, 27 juillet 1838 ».
Archives départementales de l’Aveyron, 4E269-8 (an XI-an XII) état civil de Sauveterre-de-Rouergue, acte de naissance du 26 messidor an XII (en ligne sur le site des Archives départementales de l’Aveyron, vue 23).
Archives départementales de l’Essonne, 4E3218 état civil de Corbeil, acte de décès n° 135 du 29 août 1885 (en ligne sur le site des Archives départementales de l’Essonne, vue 43).
« Adresses des correspondants membres de l’Union harmonienne », Almanach social pour l’année 1840, Paris, Librairie sociale (1839), p. 182 (en ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle de l’Université de Poitiers, Premiers socialismes).
École Normale Supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier VIII, « correspondance - répertoire - M. Noirot - 13, rue des Saints-Pères », [post 1860].
Bulletin de l’Union agricole du Sig. Province d’Oran, publié par M. Garnier, capitaine d’artillerie, directeur de l’Union, et M. Jules Duval, ancien magistrat, administrateur, 5e livraison, janvier 1850, p.156-159, rubrique « Dons ».
« Séance du 6 décembre 1853. L’échelle mobile et les droits sur les subsistances », Annales de la Société d’économie politique, tome 1, 1846-1853, Paris, Guillaumin, 1889, p. 447 (en ligne sur Gallica).
« Société d’économie politique. Séance du 7 juillet 1854 », Annales de la Société d’économie politique, tome 2, 1854-1857, Paris, Guillaumin, 1889, pp. 63-64 (en ligne sur Gallica).
« Sur les assurances contre la mortalité des bestiaux », Bulletin des séances de la Société centrale d’agriculture de France : compte rendu mensuel , 1872-1873, tome 8, pp. 742-750 (en ligne sur Gallica).

Bibliographie

Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains…, troisième édition entièrement refondue et considérablement augmentée, Paris, L. Hachette, 1865, p. 1171 (en ligne sur Gallica).
« Magne, Jean, Fleury », Le Maitron, Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social (en ligne sur Le Maitron).
André Henry, Serviteurs d’idéal : Histoire de la longue marche des associations, des coopératives, des mutuelles et des syndicats, Paris, FEN, 1987, tome 1, p. 58.
Ronald Hubscher, Les Maîtres des bêtes, les vétérinaires dans la société française, XVIIIe-XXe siècle, Paris, Odile Jacob, 1999, p. 302.
Béatrice Lijour et Jean Blancou, « Rapport de Jean-Henry Magne sur les progrès de la médecine vétérinaire de 1842 à 1867 », Bulletin de la Société française d’histoire de la médecine et des sciences vétérinaires, 2006, pp. 64-78 (en ligne : http://sfhmsv.free.fr/SFHMSV_files/Textes/Activites/Bulletin/Bulletins.htm).

Sitographie

Jean-Claude Sosnowski, « Liste de souscripteurs au "Crédit de dix mille francs" demandé pour les études d’un phalanstère d’enfants, 27 juillet 1838 », charlesfourier.fr, rubrique « Réalisations et propagation » , mars 2014, en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1301.

Iconographie

Archives du Val-de-Marne, fonds École nationale vétérinaire d’Alfort, 1ETP 1369 Photographie, portrait en buste « Le professeur Jean-Henri Magne (1804-1883) », 1870 (en ligne sur le site des Archives départementales du Val-de-Marne->http://archives.valdemarne.fr/archives-en-ligne/ead.html?id=FRAD094_000172&c=FRAD094_000172_e0005629]).


Index

Lieux : Lyon, Rhône

Notions : Agriculture - Enfance - Groupe local - Souscription - Union harmonienne

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Magne (ou Maghne), Jean-Henry (ou Jean-Henri dit Jean-Fleury) », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en novembre 2016 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1796 (consultée le 16 juillet 2017).

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