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Une Fronde dans un Ciel électrique. Jalons pour l’histoire de l’Anarchisme Passionnel Transatlantique (1840-1861, Paris-New York, aller-retour)

Patrick Samzun  |  2015 / n° 26 |  février 2016



Index

Lieux : Etats-Unis

Personnes : Clapp, Henry - Déjacque, Joseph

Pour citer ce document

SAMZUN Patrick , « Une Fronde dans un Ciel électrique. Jalons pour l’histoire de l’Anarchisme Passionnel Transatlantique (1840-1861, Paris-New York, aller-retour)  », Cahiers Charles Fourier , 2015 / n° 26 , en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1672 (consulté le 9 juillet 2020).

Texte intégral

C’est l’histoire du premier sinologue des Etats-Unis, auteur d’une remarquable méthode d’apprentissage du français [1] et traducteur en espagnol de la constitution du Texas [2] – il parlait, dit-on, trente-deux langues, sans compter celle qu’il inventa lui-même, précurseur scientifique de l’esperanto, fou littéraire à la J.-P. Brisset [3]. En plus d’être un intellectuel polymorphe et polyglotte, Stephen Pearl Andrews [4] (1812-1886), c’est son nom, fut d’abord un avocat abolitionniste, qui fit son droit dans la société créole esclavagiste de la Nouvelle-Orléans, avant de tenter à lui seul d’abolir l’esclavage au Texas. Il fut ensuite durant les années 1840 un expérimentateur socialiste proche des cercles fouriéristes de le côte Est avant de se tourner, sans oublier son fouriérisme, vers l’anarchisme individualiste de son ami imprimeur et musicien, l’autodidacte Josiah Warren (1798-1874). Il sera avec Warren le fondateur de la paradoxale communauté individualiste de Long Island appelée Modern Times [5] (1851-1864). Nul ne sait si Chaplin s’en inspira ; mais il est certain qu’elle fut beaucoup moquée. En avance sur son temps et le nôtre, elle accueillait, à l’ombre des pins de cette presqu’île sablonneuse, les femmes répudiées, avec leurs enfants, les premiers homéopathes, des nudistes, des spiritualistes et des disciples de Comte (Henry Edger, le premier) – mais aussi un groupement actif et pragmatique de travailleurs manuels (à l’époque on disait ouvriers en français), qui firent marcher Modern Times comme nos modernes SEL (systèmes d’échanges locaux), avec monnaie locale, échange de temps et cantine coopérative.

C’est le site, la plate-forme transatlantique (branchée sur la France et l’Angleterre), et de fait balayée par les vagues et les vents de l’Atlantique, d’un courant souterrain encore peu étudié que nous aimerions baptiser, faute de mieux pour l’instant, l’anarchisme passionnel transatlantique (APT).

Il surfe, dès la fin des années 1830, sur une vague d’échanges intellectuels, matériels et humains, portés par l’Atlantique et les nouvelles énergies du capitalisme, vapeur, électricité et presse à bon marché [6]. Les Américains, journalistes et intellectuels libéraux de la côte Est, débarquent à Paris, rencontrent Fourier et Proudhon à l’aller, pour infuser à leur retour les idées fouriéristes et mutualistes – dès 1840 [7] pour les premières, dès 1849 [8] pour les secondes – auprès des journalistes et réformateurs américains.

Plus tard, en 1854, au moment où le fouriérisme américain décline, Henry Clapp Jr (1814-1875) le relance par le bas, en créant à New York un milieu de vie libertaire, inspiré des Scènes de la Vie de Bohème, qu’il ne s’était pas contenté de lire lors de son séjour parisien entre 1849 et 1853. Devenu francophone, il traduit à son retour la Théorie des Quatre mouvements de Fourier (1857), composant lui-même une pièce satirique d’inspiration fouriériste [9].

Nul ne sait si Henry Clapp Jr et le prolétaire parisien Joseph Déjacque, inventeur du néologisme « libertaire », se sont rencontrés ; mais ils étaient à Paris en même temps, à la fin des années 1840, avant de se retrouver tous les deux, sans jamais se rencontrer, dans la même ville de New York, à la fin des années 1850. L’anarchisme passionnel transatlantique désigne ainsi une série de rencontres manquées, mais aussi d’étonnantes harmonies : tous les deux découvrent et lisent Fourier au même moment ; tous les deux défendent une vision similaire de l’amour libre.

Mais alors que Déjacque, le révolutionnaire de 1848, affronte « la prison, la misère et l’exil », Henry Clapp Jr, le « Roi de la Bohème », n’affronte semble-t-il que l’opinion puritaine de la bonne société new yorkaise. En réalité, les frontières de classe et de politisation ne sont pas si étanches. Déjacque était prolétaire ; mais Clapp n’a guère été plus qu’employé de commerce dans la librairie et journaliste à la pige. Déjacque a décrit les pontons de 1848 dans ses Lazaréennes [10] ; Clapp rédigé des sonnets de la prison de Salem en 1846 [11]. Ils consonnent et résonnent à travers l’Atlantique, non parce qu’ils s’identifient socialement l’un à l’autre, mais parce que leurs différences ne sont pas telles qu’elles les opposent : elles les distinguent et les engrènent, dirait Fourier.
Ainsi, comme nous le montrerons dans une série de portraits croisés, Henry Clapp Jr n’était pas seulement ce petit-bourgeois dilettante et bohème, que l’histoire catalogue aujourd’hui comme le « Roi de la Bohème ». C’était d’abord, avant d’arriver en Europe, un militant politique admiré et craint pour sa verve et son indépendance dans les milieux réformateurs et abolitionnistes de la côte Est. Abolitionniste de la première heure, il appartenait à la tendance la plus radicale de ces Chrétiens dissidents, opposés à toute forme d’autorité humaine, qu’on appelait « Come-Outers [12] ». Mais socialiste aussi de la première heure, il refusait de séparer le combat abolitionniste du combat économique contre le salariat et la propriété de la terre. Aux côtés du « Héraut de la Liberté [13] » Nathaniel Peabody Rogers (1794-1846), il combattait en même temps l’esclavage des femmes dans la société américaine.
À travers ce combat contre toutes les formes d’esclavage, qu’il soit racial, social, économique ou culturel, Clapp rejoint Déjacque et sa critique générale des formes d’autorité en régime « civilisé ». Par ce type de transversalité, et sa radicalité militante, il dépasse le cercle étroit du fouriérisme organisé (Brisbane et Considerant) qui, sur la question de l’esclavage notamment, était divisé et souvent très modéré (pour ne pas dire esclavagiste dans certains cas [14]). C’est en ce sens que pour nous, l’anarchisme passionnel transatlantique désigne à la fois le chevauchement fécond, Deleuze aurait dit « la zone d’indiscernabilité » entre anarchisme et fouriérisme, au croisement des luttes révolutionnaires de 1848 et du radicalisme anti-esclavagiste aux Etats-Unis. La quadruple association militante des esclaves, des salariés, des femmes et des enfants [15] dans le combat contre l’autorité ouvre, au milieu de l’Atlantique, le canal inédit d’une réorganisation passionnelle et transversale de la société, que les Américains comme les Français de l’époque (même Déjacque) appelaient harmonie. Nous nous efforcerons de faire revivre, avec son humour, sa verve mais aussi sa radicalité, la texture littéraire, philosophique et pratique de cette « utopie anarchique » transatlantique qui a connu sa plate-forme lyrique dans L’Humanisphère de Déjacque - écrite à la Nouvelle-Orléans, publiée à New York - et sa plate-forme communautaire à Modern Times.
Nous voudrions ainsi faire diverger le récit des sources de l’anarchisme qui traditionnellement remonte à Proudhon en France et à Josiah Warren aux Etats-Unis. Certes, leur influence est indubitable. Certes aussi, le fouriérisme, de son côté, s’est-il le plus souvent accommodé, par son pacifisme et son gradualisme, des institutions existantes, cherchant seulement à les contourner par des expérimentations locales faisant appel aux « capitalistes ». Mais certains militants « sauvages », désaffiliés, ont aussi spontanément piétiné les frontières des écoles en franchissant celles des nations, lançant des pavés-des poèmes-des pamphlets depuis le cœur ensanglanté des barricades de Paris jusqu’à celui, fangeux, des taudis londoniens. La voix « stridente [16] » de Déjacque répond, entre Bruxelles, Londres et Jersey [17], aux accents cataclysmiques d’Ernest Cœurderoy (1825-1862 [18]), pour former le duo insurrectionnel de l’anarcho-fouriérisme.
Outre-Atlantique, Warren paniquait à l’idée que son nom soit associé aux militants de l’amour libre. Surgit alors du fond de sa prison du Maine, armé de la « Fronde de David [19] » et guidé par « l’Étoile de l’Est [20] », un chrétien primitif, James Arrington Clay (1814-1880). Dissident abolitionniste et communiste, vendeur de whiskey tempérant mais pas prude, qui avait invité son amante à partager la couche de son épouse : sa « Voix » libertaire, aux accents warréniens (pour le principe de souveraineté individuelle), chante l’amour libre que Stephen Pearl Andrews défendait abstraitement dans les journaux. Ainsi, s’effectue pour nous, à la faveur d’un livre écrit en prison [21], livre sauvage, « illitéré » (Clay avait quitté l’école à 14 ans), le modèle de la rencontre à la fois littéraire et pratique entre anarchisme et fouriérisme aux Etats-Unis.
On sera peut-être étonné de le voir figurer côte à côte avec Déjacque dans notre histoire de l’APT. Mais n’oublions pas que Déjacque s’est formé dans les cercles socialistes chrétiens du journal L’Atelier (1840-1850) et qu’il citait souvent Jésus comme modèle de militantisme révolutionnaire. Mais il y a plus surprenant, si le lecteur veut bien jeter un coup d’œil indiscret sur notre autobiographie intellectuelle. Nous avons découvert Déjacque aux Etats-Unis, lors d’un séjour de recherches, et ce n’est pas totalement par hasard : ses traces restent vivantes là-bas dans les anthologies de la littérature de Louisiane et bien sûr celles de l’anarchisme.
Un jour, désobéissant aux oukases des pontifes de l’académie, qui avaient promulgué une critique féroce et odieusement hautaine de l’ouvrage, j’ouvris par acquis de conscience une histoire de l’anarchisme américain procurée par « les Presses Populaires » d’une obscure université de l’Ohio (Bowling Green University [22]). Je commence par consulter l’index, et me voilà content de trouver le nom de Déjacque. Pour une histoire de l’anarchisme américain, ce n’était pas inédit mais tout de même remarquable : l’internationalisme ne franchit pas toujours les bornes de l’université. À tout hasard, je cherche aussi le nom de James Arrington Clay que je venais de découvrir. Heureuse surprise : son nom y figure aussi. Ce n’est pas non plus totalement inédit, mais extrêmement original et le signe d’une recherche fouillée. La phase suivante illumine mon projet : William O. Reichert [23] avait osé placer côte à côte l’anarchiste français et l’anarchiste américain, l’athée et le baptiste, confirmant l’intuition qu’un courant souterrain reliait par-dessous l’Atlantique et électrisait l’un par l’autre l’anarchisme et le fouriérisme.
Pour Reichert, Clay et Déjacque impulsent le courant « esthétique » et féministe de l’anarchisme – et les 2 prolétaires, écrivains puissants, admirables, parmi les plus grands, jusqu’à en mourir ou disparaître, amants de l’absolue liberté des femmes, créent assurément ce courant, en autodidactes consonants. Pour nous, aux côtés de l’infatigable réformateur S.P. Andrews, du bohème pas si bohème Clapp, de très considérables femmes militantes [24], ainsi que d’obscurs militants libertaires à la lisière de l’owénisme, du fouriérisme et surtout du spiritualisme [25], Clay et Déjacque animent le courant souterrain de cet anarchisme transversal et transatlantique que nous voudrions faire émerger à travers une série de portraits passionnels.


Patrick Samzun

Patrick Samzun enseigne la philosophie au Lycée Marcel Sembat de Vénissieux. Il a soutenu en 2013, sous la direction d’Yves Citton, une thèse intitulée "Sexe, cosmos et société. Enquête littéraire et philosophique sur la formation d’une utopie sexuelle libérale chez Diderot, Rétif de la Bretonne, Fourier". Il a publié en 2015 "12+1 recettes pour innover en amour" (Critique). Il est membre du secrétariat de rédaction des Cahiers Charles Fourier. Il préside depuis 2017 l’Association d’études fouriéristes.


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Notes

[1Avec G. Batchelor, il rédige A New and Comprehensive French Instructor (New York, D. Appleton and Company, 1855).

[2« Abogado de los Tribunales de dicha Repùblica » (le Texas), il fait publier à Houston en 1841 la Constitucion, Leyes Jenerales, etc. de la Repùblica de Tejas.

[3Il s’agit de « l’Alwato », un « langage scientifique universel nouvellement découvert, résultant des principes de l’universologie », que Stephen Pearl Andrews présente dans The Basic Outline of Universology (New York, Dion Thomas, 1872).

[4Pour une première approche en français, on lira les pages que lui consacre Ronald Creagh dans ses Utopies américaines, Expériences libertaires au XIXe siècle à nos jours (Marseille, Agone, 2009, p. 330-331). Ce livre contient une mine d’informations précieuses sur les expériences communautaires anarcho-fouriéristes que nous nous proposons d’explorer.

[5Sur le mouvement de l’amour libre qui se cristallise autour de Modern Times, mais pas seulement, on lira le remarquable ouvrage de l’historien anarchiste Taylor Stoehr, Free Love in America, A Documentary History, New York, AMS Press, Inc., 1979.

[6Il est remarquable que les précurseurs du mouvement anarchiste aux Etats-Unis, comme en France Proudhon, avaient tous un lien avec les métiers de l’imprimerie et les nouveaux procédés d’impression. Josiah Warren a inventé en 1846 de nouveaux procédés de stéréotypie qui ont été utilisés par la prestigieuse Smithsonian Institution de Washington D.C. pour son premier catalogue de livres en 1851. William Lloyd Garrison (1805-1879), le célèbre militant abolitionniste américain, connu pour sa défiance à l’égard du gouvernement, a commencé à travailler à l’âge de 13 ans comme apprenti compositeur pour le Newburyport Herald (1818). Stephen Pearl Andrews a importé d’Angleterre la méthode de sténographie d’Isaac Pitman, qu’il propose au Congrès en 1850… et à Garrison en 1865.

[7La publication en 1840 d’une anthologie de textes de Fourier traduits et commentés par Albert Brisbane explique le choix de cette année comme point de départ de l’Anarchisme Passionnel Transatlantique. Voir A. Brisbane, Social Destiny of Man ; or Association and Reorganization of Industry, Philadelphia, C.F. Stollmeyer, 1840.

[8Charles Anderson Dana (1819-1897) raconte la révolution de 1848 et évoque les discours de Proudhon dans ses articles pour The Spirit of the Age, New York, 1849.

[9Il s’agit de Husband vs Wife, New York, Rudd & Carleton, 1858. Le titre fait référence à Love vs Marriage, le manifeste de l’amour libre publié par le médecin fouriériste Marx Edgeworth Lazarus en 1852 (Love vs Marriage, New York, Fowler and Wells, 1852).

[10Les Lazaréennes, fables et poésies sociales, Paris, chez l’Auteur, 37 rue Descartes, In-8. 47 p., 1851.

[11« Prison Sonnets », Harbinger, 13 juin 1846. Il s’agit de la grande revue de propagande fouriériste ou « associationniste » dans laquelle Stephen Pearl Andrews a aussi écrit un article.

[12La meilleure caractérisation de ce mouvement politico-religieux, de tendance anarchisante, a été fournie par Lewis Perry, Radical Abolitionism, Anarchy and the Government of God in Antislavery Thought, Knoxville, The University of Tennessee Press, 1995.

[13Herald of Freedom était le titre de son journal, qu’il dirigea à partir de 1838. C’était l’organe officiel de la Société anti-esclavagiste du New Hampshire. Mais les tendances anti-institutionnelles de Rogers (qualifiées de « non organizationists ») en feront plutôt un brûlot libertaire, au style direct et poétique – dont Déjacque aurait certainement apprécié la traduction par Henry Clapp Jr.

[14Nous pensons en particulier à Marx Edgeworth Lazarus, ce médecin fouriériste, homéopathe et spiritualiste, qui lance en 1852 la polémique sur l’amour libre qui fera rage dans les pages de la New York Tribune. Voir la note 9 ci-dessus. Il écrira plus tard dans les pages du journal anarchiste individualiste de Benjamin Tucker, Liberty.

[15La place des enfants est essentielle dans la pensée utopique fouriériste. On en retrouve la trace dans les pages que Déjacque consacre aux dortoirs des enfants dans L’Humanisphère, qui s’inspirent des salons luxueux des steamboats transatlantiques. À cet égard précis, il nous semble nécessaire d’inclure dans la constellation APT la figure du militant abolitionniste, pacifiste et féministe Henry Clarke Wright (1797-1870) qui, sans s’affilier au courant fouriériste, consonne avec lui par sa critique de la domination masculine dans Marriage and Parentage ; Or, The Reproductive Element in Man, as a Means to His Elevation and Happiness (1854) et sa critique de l’éducation autoritaire dans son autobiographie Human Life : Illustrated in my individual experience as a Child, a Youth and a Man (Boston, Bela Marsh, 1849).

[16Voir le récit de Gustave Lefrançais dans ses Souvenirs d’un révolutionnaire, Paris, Société Encyclopédique Française et Editions de la Tête de Feuilles, 1972, p. 162-185.

[17Les deux Quarante-huitards se retrouvent en effet à Londres en 1852, après être passés par Bruxelles. Leur rencontre est probable, sans pouvoir être pour l’instant attestée.

[18Sur ce médecin révolutionnaire, partisan de l’invasion de l’Europe par les Cosaques, un des plus grands pamphlétaires de l’histoire de la littérature (aux dires de Max Nettlau), on lira le livre dirigé par Alain Brossat, Ernest Cœurderoy, Paris, L’Harmattan, coll. Forum de L’IRTS, 2005.

[19C’est la traduction du titre de son premier journal éphémère et auto-édité, David’s Sling. (Gardiner, Maine, 1845-1846).

[20Le titre de son deuxième journal, Eastern Light (Gardiner, Maine, 1852-1853) évoque The North Star (1847-1851) du militant abolitionniste afro-américain Frederick Douglass.

[21Il s’agit de A Voice from the Prison, Boston, Bela Marsh, 1856.

[22L’histoire matérielle de l’APT aux Etats-Unis est indissociable des techniques de son impression et de ses modes de publication. Deux éditeurs, qui ont en commun un important catalogue spiritualiste, se signalent d’emblée : Fowler and Wells à New York et Bela Marsh à Boston, qui était très proche des réseaux d’aide aux esclaves fugitifs dans cette ville.

[23Son génial livre s’intitule Partisans of Freedom, A Study in American Anarchism, Bowling Green, Bowling Green University Popular Press, 1976.

[24La féministe fouriériste Mary Gove Nichols (1810-1884), qui a vécu dans la même ville que Henry Clapp Jr (Lynn, Massachusetts), a participé activement à l’aventure de Modern Times. Son autobiographie a fait l’admiration d’Edgar Poe pour ses qualités littéraires (Mary Lyndon ; or, Revelations of a Life. An Autobiography, New York, Stringer and Townsend, 1855).

[25Nous pensons en particulier à John O. Wattles (1809-1859) et à John Murray Spear (1804-1887). Il est possible que cette inspiration spiritualiste, qui se diffuse aussi discrètement dans les pages mystiques et animistes de L’Humanisphère et dans la poésie de Déjacque, soit une raison de l’éclipse académique et politique de l’APT.



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