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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Couturier, Philibert-Léon
Article mis en ligne le 12 novembre 2025
dernière modification le 13 novembre 2025

par Desmars, Bernard

Né le 26 mai 1823 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), décédé à Saint-Quentin le 26 novembre 1901 (Aisne). Peintre. Auteur d’une lithographie représentant Fourier.

Philibert Léon Couturier est le fils d’un vinaigrier [1]. Il commence sa formation artistique à l’école municipale de

P. L. Couturier (Jules Martin, Nos peintres [...])

dessin de Chalon-sur-Saône, puis, en 1844, entre à l’École des Beaux-Arts de Paris.
En 1847, il dessine une lithographie représentant Fourier, à partir de la gravure de Luigi Calamatta, elle-même réalisée à partir du tableau de Jean Gigoux [2]. Au bas de cette œuvre (47,5 cm sur 32,8 cm), on lit les formules fouriéristes : à gauche, « Les attractions sont proportionnelles aux destinées », et à droite « La série distribue les harmonies ». La publication de cette œuvre est signalée dans La Démocratie pacifique en octobre 1847, en même temps que la mise en vente par l’École sociétaire d’un portrait lithographié de Fourier par Francesco Cisneros, également réalisé d’après le portrait peint par Gigoux, et de la Vue générale d’un phalanstère, due à Jules Arnout [3] ; elle est aussi mentionnée dans l’Almanach phalanstérien pour 1848 [4]. Cependant, à la différence des œuvres de Calamatta et d’Arnout, ou du buste de Fourier par Auguste Ottin, la lithographie de Couturier ne fait pas partie du catalogue de la Librairie sociétaire ; elle reste une production personnelle indépendante de l’École.

Philibert-Léon Couturier ne semble pas avoir de lien avec le mouvement fouriériste, avant ou après cette œuvre. Ses tableaux, régulièrement présentés au Salon de 1845 à 1901 et dans plusieurs expositions universelles – il obtient une médaille lors de celle de 1855 à Paris –, représentent le plus souvent des animaux de basse-cour et des rongeurs ; il est aussi l’auteur de plusieurs portraits [5]. Il publie deux ouvrages, l’un sur les peintres Millet et Corot, l’autre se présentant comme le journal personnel d’un jeune curé de campagne, dont les croyances religieuses sont bientôt ébranlées puis renversées [6].

Il se marie en 1853 avec Louise Gasparine Raulin de Cajoc, également peintre [7] et fille d’un ancien officier de cavalerie. Le couple vit aux Batignolles, une commune proche de Paris avant de lui être rattachée en 1860. Un fils naît en 1858. Philibert-Léon Couturier quitte son épouse quelques années plus tard et s’établit à Saint-Quentin (Aisne) avec Clotilde Malézieux, avec laquelle il finit par se marier en 1901, quelques semaines après la mort de sa première épouse, et quelques mois avant son propre décès [8].

Ses obsèques dans le cimetière Saint-Jean de Saint-Quentin sont civiles ; puis, conformément à ses dernières volontés, ses restes sont transférées au cimetière de l’Est à Chalon-sur-Saône, la municipalité ayant décidé de lui attribuer une concession perpétuelle gratuite. Sa veuve donne plusieurs des toiles du défunt au musée de Chalon [9]. Une rue de cette ville prend le nom de Philibert Léon Couturier en 1905 [10].

En 1906, la Société des amis des arts de Chalon-sur-Saône organise une « exposition consacrée aux œuvres du peintre chalonnais Couturier » [11].