Bandeau
charlesfourier.fr
Slogan du site

Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Pasnon (Pasquier) Pierre Denis
Article mis en ligne le 1er mars 2025

par Desmars, Bernard

Né le 14 mars 1811 à Villebarou (Loir-et-Cher), décédé le 1er août à Villebarou. Vigneron. Libre penseur. Abonné à La Science sociale et au Bulletin du mouvement social.

Pierre Denis Pasnon est le fils d’un vigneron, demeurant à Villebarou, une localité située à quelques kilomètres de Blois. Il exerce lui-même cette profession quand, en 1838, il épouse Marie Anne Pasquier, fille d’un autre vigneron de Villebarou ; il prend le nom de « Pasnon Pasquier ». Le couple a trois enfants nés en 1841, 1844 et 1854.

Au milieu des années 1860, François Barrier et Jean-Baptiste Noirot s’efforcent de réorganiser l’École sociétaire ; en 1866, ils s’adressent aux disciples de Fourier et aux sympathisants de la cause phalanstérienne afin de savoir s’ils peuvent compter sur leur aide soit financière, soit rédactionnelle ; Pasnon Pasquier se déclare heureux de voir que va être reprise « la publication des principes sociétaires ».

Je voudrais y contribuer beaucoup ; mais ma position ne me le permet pas. Je prendrai un abonnement, c’est tout ce que je peux faire [1].

En 1867, un nouveau périodique est créé, La Science sociale, auquel Pasnon Pasquier s’abonne ; il commande en outre l’Annuaire de la coopération [2]. Il renouvelle son abonnement en 1868 [3]. La Science sociale disparaît avec la guerre de 1870-1871. Mais fin 1872, un nouvel organe fouriériste est créé : le Bulletin du mouvement social  ; Pasnon Pasquier s’y abonne par l’intermédiaire de Pascal Cros, de Blois [4].

L’un de ses fils meurt en 1874 à l’âge de 32 ans ; Pasnon Pasquier organise pour lui des obsèques civiles ; selon Le Pays un organe conservateur, « ce fut un scandale dans le village et ses environs » [5].

En 1876, « le voilà mort à son tour, ce fier-à-bras de l’athéisme », annonce Le Pays, selon lequel le défunt est un

cultivateur républicain, un fanatique, un intransigeant, un de ces purs que le peuple appelle « les bons » et le Siècle « un citoyen dévoué à la démocratie » ! […] Le sieur Pasnon Pasquet [sic] était un propriétaire aisé, assez bon homme au fond, mais possédé d’une manie déplorablement accentuée : une haine féroce contre le clergé.

Comment ? Pourquoi ? Quel horrible mal les curés ont-ils pu faire à ce rempart de la démocratie ? Personne n’en sait rien, mais il était ainsi, et c’était sa raison d’être ; il haïssait les robes noires [6].

Là encore, les funérailles se font sans cérémonie religieuse. Pascal Cros « représente la démocratie de Blois » et prononce un discours au cimetière sur la tombe du libre penseur Pasnon.