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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Le Barillier, (Louis) Constant
Article mis en ligne le 12 février 2025

par Desmars, Bernard

Né le 2 octobre 1805 à Caen (Calvados), décédé le 2 janvier 1880 à Genillé (Indre-et-Loire). Membre de l’Assemblée constituante en 1848. Propriétaire et cultivateur dans le Calvados puis en Indre-et-Loire. Se dit « phalanstérien ».

Constant Le Barillier est le fils d’un rentier « vivant de ses biens ». Dans les années 1840, riche propriétaire à Lebisey près de Caen, il s’occupe d’agriculture et en particulier de l’élevage des chevaux : il est membre du conseil d’administration de la société fondée en 1837 pour l’établissement de courses dans le Calvados [1] ; et en 1845, il est nommé par le préfet du Calvados au sein d’une commission sur l’industrie chevaline [2]. Il est dans l’opposition à la monarchie de Juillet et au gouvernement de Guizot. Après la révolution de février 1848, il est nommé le 5 mars commissaire du gouvernement du Calvados. En avril suivant, il est élu à l’Assemblée constituante, où il siège à gauche ; il vote contre les poursuites lancées contre Louis Blanc et contre l’interdiction des clubs. Il n’est pas réélu en mai 1849 [3].

Il retourne dans le Calvados et se consacre au développement agricole ; il s’intéresse en particulier aux engrais : il est actionnaire et membre du conseil d’administration de La Fertilisante, une société anonyme fondée en 1849 pour la fabrication et la vente d’engrais [4] ; il fait partie de la commission des engrais de la Société d’agriculture et de commerce de Caen [5]. La Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de Bayeux lui décerne en 1850 une médaille d’argent pour les améliorations apportées à la ferme de Fontenailles dont il est propriétaire [6].

Puis, en 1854-1855, il quitte la Normandie ; il acquiert le château et le domaine de Rassay, sur la commune de Genillé (Indre-et-Loire). Sa propriété, d’une superficie de 420 hectares, est portée à 490 hectares par des achats supplémentaires. Ce domaine, à son arrivée, est couvert de bruyères et de landes et ne produit que des récoltes très médiocres ; il le met en valeur et en fait en quelques années une terre très productive [7]. Il continue à étudier l’utilisation des engrais [8]. Il fait faire des progrès à la viticulture locale, son vignoble faisant partie des « remarquables exploitations » lors du concours départemental de viticulture [9].

Il vit au château de Rassay, où il est recensé en 1856 et en 1861 en compagnie de Louise Turquetil, une femme mariée originaire de Caen [10], dont l’époux meurt en 1862 à Honfleur ; elle se marie avec Constant Le Barillier l’année suivante. En 1869, il est admis au sein de la Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d’Indre-et-Loire, qui souhaite accroître parmi ses membres la part de « grands propriétaires, dont la mission naturelle est de promouvoir autour d’eux les améliorations agricoles, de faire des tentatives sérieuses de culture intelligente, et de s’associer à tout ce qui peut amener un progrès. Telle est la pensée qui a appelé parmi nous […] [M.] Lebarillier, de Genillé » [11]. Il est également membre correspondant de l’Association normande [12].

Son épouse meurt en septembre 1870. En juillet de l’année suivante, à l’occasion d’une élection législative partielle, Constant Le Barillier participe à l’organisation de la campagne d’un candidat républicain en présidant le comité électoral de Loches, contre le candidat monarchiste. Il se remarie en 1874 – il a 68 ans – avec Florence Marnay, née à Genillé, âgée de 28 ans et dont la famille vient vivre au château de Rassay [13].

Fouriériste  ?

En 1872, les fouriéristes essaient de réorganiser l’École sociétaire, dont les activités se sont interrompues à cause de la guerre de 1870. Ils sollicitent les partisans de Fourier afin qu’ils indiquent quel soutien ils pourraient apporter au mouvement fouriériste. Un fouriériste de Montrésor (Indre-et-Loire), le médecin Victor Prévault dit ne pouvoir apporter une importante contribution financière en raison de la modestie de ses moyens personnels ; mais il dit connaître « des phalanstériens aisés » :

Voyez donc si mon voisin de canton, M. Lebarrillier [sic], propriétaire, très gros propriétaire à Genillé, Indre-et-Loire, ancien représentant du peuple en 48, et qui, l’autre jour, me disait à l’oreille, tout bas, dans une réunion : mon dernier mot, c’est qu’avant tout, je suis phalanstérien.

Voyez, dis-je, s’il est sur votre liste, et sinon secouez-moi cette apathie d’un homme d’intelligence et de cœur [14].

On ne trouve plus ensuite de traces de Le Barillier dans la documentation fouriériste.