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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Briet, Henri (Joseph)
Article mis en ligne le 2 mars 2025

par Desmars, Bernard

Né le 2 mars 1843 à Croix (Nord), décédé le 18 août 1926 à Roubaix (Nord). Clerc de notaire, agent immobilier, propriétaire. Conseiller municipal de Roubaix de 1881 à 1884, vice-président de de la commission administrative du Mont-de-Piété et membre de la commission des hospices civils de Roubaix. Abonné à La Rénovation en 1900.

Henri Briet est issu d’une famille de cultivateurs [1]. En 1862,

L’Echo du Nord, 21 août 1926

il est clerc de notaire à Lannoy, une commune située à quelques kilomètres de Roubaix ; il entre en 1865 au conseil municipal de cette commune ; en mai 1870, alors que l’Empereur demande aux électeurs français d’approuver ses réformes par un plébiscite, il s’engage avec les républicains en faveur du « non » [2]. Il participe, après le déclenchement de la guerre de 1870-1871, à l’organisation de la Garde nationale [3] ; il contribue également à la création d’un « Comité de secours » destiné à compléter l’action du bureau de bienfaisance [4].

Il épouse en 1868 – il est alors principal clerc de notaire – Hélène Constance Frémaux, fille de marchands d’étoffes à Roubaix. Un premier enfant naît à Roubaix, chez les parents d’Hélène Constance Frémaux ; puis quatre enfants à Lannoy en 1870, 1872, 1874 et 1875. La famille s’établit en 1876 [5] à Roubaix où naissent cinq autres enfants (1877, 1882, 1884, 1888 et 1890). Dans cette nouvelle résidence, il tient une agence immobilière qui vend des terrains à bâtir ainsi que des immeubles [6]. En 1889, il fonde une société, la Brasserie de l’Union, qui produit et commercialise des boissons alcoolisées [7].

Conseiller municipal et administrateur d’établissements d’assistance

Il est élu au conseil municipal de Roubaix en 1881 ; il fait partie des républicains opportunistes qui dominent l’assemblée communale. Il est soutenu par Xavier Dorion, directeur de Roubaix-Républicain, qui appartient au même courant politique  ; mais les radicaux dénoncent son attitude au conseil municipal où il favoriserait l’immobilisme [8] ; ils le soupçonnent aussi de faire des affaires pour son profit personnel lors des opérations immobilières liées au développement de la ville [9]. Mais selon l’auteur de sa nécrologie,

il fit preuve d’une activité extraordinaire, étant tour à tour secrétaire de séance, rapporteur du budget, membre de nombreuses commissions communales et intercommunales, et témoignant d’un esprit d’initiative et d’une perspicacité remarquables.

Selon cet article, il aurait été particulièrement efficace lors des opérations d’expropriation nécessaires au percement de la rue de la Gare, faisant économiser d’importantes sommes à la commune et aux contribuables [10].

Parallèlement à ses affaires privées et à son activité au sein du conseil municipal, il participe à la gestion de plusieurs établissements d’assistance : il entre en 1881 au conseil d’administration des hospices de Roubaix par décision du préfet. En 1883, un autre arrêté préfectoral le nomme membre du conseil d’administration du Mont-de-Piété de Roubaix ; ces mandats sont régulièrement renouvelés pendant plus de trois décennies.

Il est à nouveau candidat aux élections municipales en 1884, mais les divisions entre les républicains entraînent la victoire d’une liste conservatrice rassemblant des monarchistes et des bonapartistes. Il se présente sur une « liste de concentration républicaine » lors des élections municipales de mai 1888 ; il est élu dès le premier tour [11]. En 1892, il figure sur une « liste de pacification et d’union républicaine », mais il n’obtient pas assez de voix pour siéger dans le conseil municipal [12].

Contre le socialisme révolutionnaire

En effet, ce sont alors les socialistes – collectivistes et révolutionnaires – qui, prêtant davantage d’attention aux enjeux locaux [13], s’emparent de la municipalité ; ils remportent aussi le canton de Roubaix-Est lors des élections cantonales, pour le conseil général et le conseil d’arrondissement ; et lors du scrutin législatif de 1893, c’est Jules Guesde qui est désigné par les électeurs de la circonscription comprenant Roubaix ; cette cité est surnommée « la ville sainte du socialisme » [14].

Les républicains modérés forment une Union sociale et patriotique, anti-collectiviste, qui présente une liste aux élections municipales de 1896 ; Briet y figure mais il n’est pas élu. Les socialistes collectivistes remportent le scrutin dès le premier tour [15]. Une nouvelle élection municipale est organisée en avril 1897 ; Briet est à nouveau sur la liste formée par l’Union sociale et patriotique ; mais ce sont encore les socialistes révolutionnaires qui sont victorieux [16]. Briet ne se présente plus lors des scrutins suivants. Mais il continue à participer à la vie politique locale, au sein de l’Union patriotique et sociale, puis de la Ligue d’union républicaine, également hostile au socialisme révolutionnaire ; il siège au sein de du comité directeur de Roubaix de cette organisation jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale [17]. Il est par ailleurs nommé juge de paix suppléant en 1894 [18]. Son épouse décède en juin 1898. Cette même année, il entre dans la Société des agriculteurs du Nord ; il est admis à la Chambre consultative d’agriculture de l’arrondissement de Lille en 1901 [19].

En 1900, soit à peu près en même temps que son ami Xavier Dorion, il s’abonne à La Rénovation, le périodique fouriériste hostile au socialisme révolutionnaire, « pour quatre années à suivre » [20]. Son engagement fouriériste ne semble pas avoir été plus loin.

Il développe ses activités au sein des institutions assistancielles : administrateur du Mont-de-Piété, et bientôt vice-président de son conseil d’administration, il favorise la reconstruction du bâtiment qui l’abrite, devenu trop étroit [21] ; au sein de la commission administrative des hospices, dont il prend la vice-présidence en 1911, il contribue au développement des équipements hospitaliers de Roubaix, avec la création de l’hospice Barbieux dans les années 1890, auquel il fait ajouter dans la décennie suivantes le bâtiment des « Vieux Ménages », pour des personnes âgées, avant de préparer le projet d’une maison de retraite [22]. Il est fait officier d’académie en 1907 [23]. Il est aussi chevalier de l’Ordre de la Couronne de Belgique [24].

Il démissionne de la commission administrative du Mont-de-Piété de Roubaix à l’automne 1919 [25]. Son nom est attribué après son décès à une voie de Roubaix [26].