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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Lindsay, Lina
Article mis en ligne le 6 avril 2023

par Desmars, Bernard

Née à Saint-Pétersbourg (Russie) en 1851. Publiciste et traductrice. Féministe, membre de sociétés savantes et d’une association contre la vivisection. Fréquente le mouvement fouriériste à partir des années 1890 jusqu’au début des années 1920.

Le nom de Lina Lindsay [1] – ou de Mlle Lindsay » – apparaît dans les colonnes de la presse parisienne dans les années 1880.

Tout comme celle qui l’accompagne dans la plupart de ses combats, Olga Petti, elle est alors membre de la Société française contre la vivisection fondée en 1882 ; elle est nommée avec son amie au sein d’une commission chargée d’aller remercier Victor Hugo qui vient d’apporter son soutien à l’action menée contre la vivisection [2]. Elle est élue au conseil d’administration de l’association en 1884 et est nommée secrétaire générale adjointe à partir de 1894 ; elle conserve cette fonction au moins jusqu’en 1896 [3].

Activités savantes

Elle est également membre de la Société de topographie de France [4] et de la Société africaine de France – elle siège à son bureau en 1892 et dans les années suivantes ; elle y occupe les fonctions d’archiviste [5]. Elle traduit avec Eugène Verrier un ouvrage anglais sur « le développement de l’Afrique » [6]. Elle est aussi la traductrice des « mémoires d’une princesse arabe » publiés en allemand [7]. Elle est nommée officier d’académie en janvier 1892 [8].

Engagements féministes

Elle milite au sein de la Société pour l’amélioration du sort de la femme et la revendication de ses droits, dont elle devient la secrétaire en 1894 [9] ; elle occupe encore cette fonction en 1900 [10]. Elle fait partie du bureau du comité d’organisation du congrès des droits des femmes qui s’ouvre en juin 1889, aux côtés de Maria Deraismes, (présidente), de Virginie Griess-Traut (vice-présidente), d’Olga Petti (secrétaire générale), d’Anna Féresse-Deraismes et de Charles Beauquier [11]. Elle est chargée d’assurer le service d’ordre lors du congrès [12].

Après la mort de Maria Deraismes, elle participe à des cérémonies lui rendant hommage : en février 1895 au cimetière Montmartre, où elle lit un discours rédigé par Virginie Griess-Traut [13] ; elle participe à la souscription qui finance la statue de Marie Deraismes [14] et assiste à l’anniversaire de l’inauguration de la rue Maria-Deraismes, en compagnie d’Anna Féresse-Deraismes, d’Olga Petti, de divers députés, dont Charles Beauquier, et quelques conseiller municipaux [15].

Participation aux manifestations fouriéristes

Peut-être est-ce par l’intermédiaire de Virginie Griess-Traut, qu’elle côtoie lors des manifestations et dans les organisations féministes, ou d’Hippolyte Destrem qui est aussi membre de la Société française contre la vivisection [16], qu’elle rejoint le mouvement fouriériste.

Elle est membre du Comité de la Société de la Paix Perpétuelle par la Justice internationale, une association pacifiste fondée par Hippolyte Destrem [17].

Elle participe, généralement en compagnie d’Olga Petti, à certaines activités de l’École sociétaire : elle est membre d’un comité « représentant le groupe actif de notre École sociétaire », qui, au lendemain de la mort de Destrem, s’efforce de peser sur l’orientation du mouvement fouriériste [18]. Elle est abonnée à La Rénovation, du milieu des années 1890 jusqu’à la fin de la parution de l’organe, en 1922 ; elle ajoute parfois au montant de son abonnement un complément financier pour assurer la survie du périodique [19]. Certains abonnements et suppléments sont versés conjointement par Lina Lindsay et Olga Petti.

Elle assiste à plusieurs banquets organisés le 7 avril pour célébrer l’anniversaire de la naissance de Fourier. Quand est lancé le projet d’érection d’une statue de Fourier à Paris, elle participe au comité chargé de sa réalisation [20]. Elle contribue en 1907 à la souscription organisée pour financer la restauration de la tombe de Fourier [21].

Elle habite alors à Maisons-Laffitte ; puis, vers 1910, elle réside à Hyères (Var) avec Olga Petti ; elle a hérité, conjointement avec Émilie Lind Af Hageby, une militante féministe et antivivisectionniste anglo-suédoise, d’une partie des biens de la marquise de Noailles, dont la villa Saint-Vincent à Carqueiranne (Var) ; celle-ci devrait être convertie en un établissement de santé pour jeunes femmes, les médecins vivisectionnistes ne pouvant y être employés [22]. Lina Lindsay revend sa part à Émilie Lind Af Hageby.

Pendant la Première Guerre mondiale, elle demeure à Saint-Maur (sans doute avec Olga Petti). Elle continue à correspondre avec Adolphe Alhaiza, auquel, au début de 1915, elle écrit :

Mme Petti et moi formons le souhait pour l’année nouvelle de voir l’écrasement des bandits d’outre-Rhin et la légitime revanche de 1870, avec la victoire solide et définitive de la Civilisation sur la Barbarie [23].

Adolphe Alhaiza adresse en novembre 1918 ses condoléances à Lina Lindsay « notre excellente condisciple qui a recueilli [le] dernier soupir » d’Olga Petti [24].

Alors que La Rénovation est menacée de disparition, elle envoie à deux reprises la somme de 20 francs, soit bien plus que son abonnement, afin d’aider à la survie de l’organe.

Elle est recensée à Saint-Maur, avenue Charles Floquet, en 1921 et 1926. Elle est absente du recensement de 1931.


Aphorisme du jour :
Les sectes suffisent à elles seules à guider la politique humaine dans le labyrinthe des passions
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