remonter 
Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : octobre 2009

Brioux, Rose


Née au XIXe siècle. Décédée au XXe siècle. Peintre de paysages.


Peintre de paysages, domiciliée 68 rue de Grenelle Saint-Germain à Paris, elle est signalée parmi les principaux travailleurs et artistes appartenant à l’Ecole sociétaire en 1841.

C’est probablement Rose Brioux qui expose aux salons de 1840 à 1842, trois oeuvres de paysage : Entrée de bois à Ecouen ; Vue prise à Bellevue ; Souvenir des bords de la Seine. Elle réside alors en 1842 au 18 rue de Chabrol à Paris. Hermance Lesguillon lui consacre un de ses poèmes dans son recueil dédié à la cause phalanstérienne, Le Midi de l’âme. Hermance Lesguillon s’adresse à son amie et « soeur ». Elle fait alors référence à la lecture « d’un livre inexplicable, aux sublimes passages ! » dont elle dit « exprime[r] quelques pages » à travers son poème consacrée à la cause féminine :

A Madame Rose Brioux

La gloire, ce n’est pas ce vain bruit de la foule, / Fleuve qui se tarit aussitôt qu’il s’écoule : / Ce n’est pas ce renom que nous jette au hasard / Le monde, qui répond comme écho bavard ; / Ce n’est pas cet encens, vapeur vague qui fume, / Flambeau salarié que toute main allume ; / Ce n’est pas cette cloche ébranlée à tout vent, / Qui sonne plus au mal qu’au vrai talent levant. / Non, ce n’est rien d’impur, de léger, de frivole, / Ce n’est rien du parfum qui brûle et qui s’envole ; / La gloire, oh ! C’est bien plus ! C’est par d’autres échos / Qu’elle ne nous vient charmante au milieu de nos flots // Je le sens aujourd’hui par votre voix, madame, / [...] / La gloire ! C’est le coeur qui s’anime par nous ! / Dans votre émotion qui s’ouvre et s’abandonne, / Dans l’élan d’amitié qui s’appelle et se donne, / Je cueille un doux laurier dont je pare mon coeur : / Vous me rendez joyeuse en me nommant ma soeur ! / J’ai donc, pauvre poète, exprimé quelques pages, / D’un livre inexplicable, aux sublimes passages ! / J’ai donc, avec ma plume, ouvert quelques replis / De nos jours agités, par tant de pleurs remplis. // J’ai trouvé dans ma vie, où l’âme a tant de place, / Un miroir vrai, peut-être, où l’âme se retrace ; / J’ai, femme, ouvert ma vie où battent les douleurs, / Pour y peindre la femme en ses pures couleurs ; / [...] // Je veux apprendre à l’homme un peu de nos mystères ; / Leur raconter nos coeurs lorsqu’ils nous ont pour mères ! / Leur montrer, tout enfans, qu’allaités par nos pleurs, / Il ne faut pas qu’un jour ils s’en aillent moqueurs, / Riant de notre sort, qui seul nous fait esclaves, / En mettant dans nos flancs la douleur pour entraves. // Lorsque leurs pas suivant nos intimes détours, / Découvriront en nous tout ce qu’ils ont d’amours, / Lorsqu’ils auront pu lire en nos secrètes larmes, / Que jeune fille et mère ils sauront nos alarmes, / Ils deviendront meilleurs, et pour nous alléger, / Faisant la vie égale, ils voudront partager / Le fardeau des douleurs, source vive et profonde, / Que seule ici la femme en sa faiblesse sonde ! / Alors ils aimeront, non d’un banal amour, / [...] / Mais en dieu, mais en père, en souverain du monde, / En protecteur divin à largesse féconde, / Qui relève le faible avec force et bonté, / Et laisse l’autre sexe honneur, blancheur, fierté ! / [...] / Quand deux sexes amis, [...]/n’iront plus divisés, l’esprit armé d’orgueil,/ le monde entier sortira de son mortel linceuil [sic] [1].


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : janvier 2015

Notes

[1Avec mes chaleureux remerciements au service patrimonial de la Médiathèque Jacques Demy de Nantes


Ressources

Oeuvres

Entrée de bois à Ecouen, 1840.
Vue prise à Bellevue, 1841.
Souvenir des bords de la Seine, 1842.
Vue d’un viaduc dans la montagne.
(en ligne sur Artnet).
Paysage italien à l’aqueduc (en ligne sur Artnet).


Sources

Almanach social pour l’année 1841, Paris, Librairie sociale (1840), p. 172 (en ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle sur les Premiers socialismes, université de Poitiers).
H. W. Janson, Catalogues of the Paris salon : 1673 to 1881, tome 28, Paris, salon de 1842, New-York, London, Garland, 1977, p. 31.
Hermance Lesguillon, Le Midi de l’âme, Paris, Amyot, 1842, p. 221-227. Critiques dans « Bulletin littéraire », Le Semeur, journal religieux, politique, philosophique et littéraire, 6 juillet 1842, tome XI, n° 27, p. 216. (en ligne sur Google livres) ; « Littérature », Démocratie pacifique, n° 120, 29 avril 1844, p. 4, col. 3. [La Démocratie pacifique, très critique, ne fait aucune référence aux convictions phalanstériennes d’Hermance Lesguillon et aux oeuvres dédiées à Arthur Young et Victor Considerant].

Bibliographie

Emile Bellier de La Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de l’École française depuis l’origine des arts du dessin jusqu’à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, tome 1, Paris, Renouard, 1882, p. 168 (en ligne sur Gallica).
Emmanuel Bénézit, Jacques Busse, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays..., nouv. éd. entièrement refondue sous la dir. de Jacques Busse, Paris, Gründ, 1999, tome 2, p.817.
Graham Robb, La poésie de Baudelaire et la poésie française, 1838-1852, Paris, Aubier, 1993, note 26, chapitre 7.


Index

Lieux : Paris, Seine

Notions : Femmes - Peinture

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Brioux, Rose  », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en octobre 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article703 (consultée le 8 novembre 2017).

 . 

 . 

 .