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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : octobre 2009

Briau, René-Marie


Né au Louroux-Béconnais (Maine-et-Loire) le 23 novembre 1810. Décédé en août 1886 à Paris. Médecin et bibliothécaire de l’Académie de médecine.


Briau, docteur en médecine, domicilié 10 rue du Petit-Bourbon-Saint-Sulpice à Paris depuis 1839, est signalé parmi les principaux travailleurs appartenant à l’Ecole sociétaire en 1841. Il fréquente les réunions populaires du groupe du Nouveau monde [1]. Il exerce durant deux années aux Néothermes [2], institut d’hydrothérapie situé 48 rue de la Victoire [3] que possède Arthur de Bonnard. Il s’agit de René-Marie Briau, qui après avoir été élève au collège de Beaupréau (Maine-et-Loire) et à l’Ecole préparatoire de médecine d’Angers, achève ses études supérieures à la Faculté de médecine de Paris et est reçu docteur en médecine en 1836 [4], la mếme année qu’Emile Chevé, Charles Moreau, médecin à Saulieu (Côte-d’Or), disciple de Victor Considerant [5] et Edouard Ordinaire qui soutient alors sa thèse sur la phrénologie. Installé en 1838 au 31 rue des Fosses-Montmartre, puis en 1842, au 41 rue de la Victoire à proximité des Néothermes, il ne semble pas avoir de cabinet à Paris entre 1843 (il réside alors 52 rue Laffitte) et 1845. Il est à nouveau mentionné dans les annuaires dans cette même rue, à différents numéros, à partir de 1846 [6]. René-Marie Briau est fils de René-François Briau, sculpteur et de Marie-Anne Barrault. Il épouse en février- mars 1854, Mlle Bernier, résidant à Belleville [7].

Doté d’une solide culture classique, helléniste reconnu, René-Marie Briau devient bibliothécaire de l’Académie impériale de médecine en 1855. Il s’illustre par la publication d’ouvrages sur l’histoire de la médecine antique, dont un premier écrit sur la Chirurgie de Paul d’Egine, qui le place, selon les critiques, dans la mouvance d’Emile Littré, en tant que « libre collaborateur » [8] et mérite le patronage du chartiste et professeur de langues orientales Hase, auquel il dédie cet ouvrage et dont il déclare avoir été auditeur. Il est également spécialisé dans l’étude de la phtisie (tuberculose) [9], s’intéresse toujours à l’hydrothérapie, occupe des fonctions d’inspecteur des eaux de Cauterêts (Haute-Pyrénées) ou bien de médecin consultant de l’établissement des Eaux-Bonnes (Pyrénées Atlantique). Briau s’oppose à l’homéopathie à laquelle sont attachés certains fouriéristes [10], pratique qu’il considère comme « extra-médicale » [11]. S’opposant au « dynamisme vital » ou vitalisme, il se revendique comme tenant de l’animisme [12], doctrine héritée d’Aristote, de Thomas d’Aquin et renouvelée au début du 19e siècle par Stahl, expurgée des exagérations de ce dernier par la Revue médicale de Sales-Giron et les écrits de Francisque Bouillier [13] et Joseph Tissot [14], auteurs ayant été parmi les premiers, même de manière critique ou hostile à rendre justice aux idées sociétaires et à les présenter comme « des faits puissants dans le domaine intellectuel » [15]. En 1859, Briau, alors secrétaire général de la Société des médecins du 2e arrondissement de Paris, conserve à défaut d’une idée, au moins un vocabulaire hérité de l’Ecole sociétaire, « l’Association » [16], pour défendre les intérêts des médecins contre l’exercice illégal de la médecine. Néanmoins, Briau paraît n’avoir aucune implication dans la fondation de l’Association générale de prévoyance et de secours mutuels des médecins de France créée en septembre 1858 [17]. Chevalier de la Légion d’honneur le 16 juin ou 13 juillet 1856 [18], il est élevé au rang d’officier le 13 août 1866. Le 21 décembre 1858, il devient également chevalier de l’Ordre du Sauveur de Grèce.


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : mars 2015

Notes

[1« Faits divers », Le Nouveau monde, 1er novembre 1843, p. 4.

[2L. Roux, « Considérations pratiques sur la goutte... par M. R. M. Briau, docteur-médecin de la Faculté de Paris, ex-médecin de la maison de santé des Néothermes », Journal des Débats, politiques et littéraires, 5 juillet 1843 ; Louis Charles-Edouard de Lapasse, Essai sur la conservation de la vie, Paris, Masson, 1860, p. 480

[3Almanach-Bottin du commerce de Paris..., Paris, Bureau de l’almanach du commerce, 1842, p. 11.

[4René-Marie Briau, De la nature et du traitement de la diathèse sérophuleuse, Paris, 18 février 1836, Thèse de médecine, 4°, pièce. [Les diverses biographies donnent la date erronée de 1846 pour son accession au doctorat de médecine] ; Tables (la Ière chronologique et les deux autres alphabétiques) des thèses soutenues à la Faculté de Médecine de Paris, dans le cours de 1836, rédigées par M. Veret..., Paris, Rignoux et Cie, 1837, p. 17.

[5Pierre Lévêque, Une société en crise : la Bourgogne au milieu du XIXe siècle (1846-1852), Paris, Ed. de l’EHESS, J. Touzot, 1983, note 7, p. 112 ; Gustave Lefrançais, Souvenirs d’un révolutionnaire, Bruxelles, Les Temps nouveaux, 1902, p. 140.

[6L’Almanach national et royal de 1846 comporte a priori une erreur de graphie : Briant au lieu de Briau au 25 bis rue de la Victoire.

[7« Publications de mariage », Journal des débats politiques et littéraires, 22 février 1854.

[8Revue contemporaine, tome 22, Paris, 1855, p. 561.

[9Journal de médecine de Bordeaux, 3e série, 3ème année, Bordeaux, Gounouilhou, 1868, p. 145.

[10L’Almanach social pour l’année 1840, Paris, Librairie sociale (1839), p. 125-132 ; La Phalange, journal de la science sociale, n° 52, 3e série, tome V, 1er mai 1842, col. 863.

[11Léon Simon fils, « Un mot à propos de deux travaux académiques », Journal de la Société gallicane de médecine homéopathique, Tome 7, Paris, J.-B. Baillière, 1956, p. 581.

[12René-Marie Briau, « Du principe de la vie et des travaux récents sur cette question : physiologie et psychologie », Revue contemporaine, 2e série, tome 32, Paris, Bureau de la revue contemporaine, 1863, pp. 292-321.

[13Francisque Bouillier, « Exposition de la doctrine de Fourier. Du cours de M. Victor Considerant », Revue du Lyonnais, série 1, n° 13, Lyon, Boitel, 1841 pp. 242-254.

[14Joseph Tissot, De la manie du suicide et de l’esprit de révolte, de leurs causes et de leurs remèdes, Paris, Ladrange, 1840.

[15Victor Considerant, « Variétés. Exposition de l’économie sociale de Fourier », La Phalange, journal de la science sociale, 3e série, tome 3, n° 20, 16 juin 1841, col. 323-328.

[16« Feuilleton : causeries », L’Union médicale, n° 54, 7 mai 1859, pp. 245-248 ; « Intérêts professionnels : poursuite de l’exercice illégal de la médecine », L’Union médicale, n° 59, 19 mai 1859, pp. 325-327.

[17Journal des connaissances médico-chirurgicales, n° 18, 15 septembre 1858, pp. 499-504.

[18L’Almanach national de 1850 le donne déjà chevalier de la Légion d’honneur, p. 1012.


Ressources

Oeuvres

De la nature et du traitement de la diathèse sérophuleuse, Paris, 18 février 1836, Thèse de médecine, 4°, pièce.
Considérations pratiques sur la goutte, indications d’un traitement rationnel pour guérir cette maladie, suivies de faits et observations à l’appui, par R.-M. Briau, docteur en médecine de la faculté de Paris..., Paris, J.-B. Baillière, 1843, 8°.
Chirurgie de Paul d’Egine..., Paris, Victor Masson, 1855, 8° (en ligne sur Gallica).
Note sur une médaille ancienne frappée au Louroux-Béconnais, Angers, impr. de Cosnier et Lachèse, (s. d.), 8°. (Extrait de la Revue de l’Anjou et du Maine, tome 1, p. 240, 1857).
Coup d’oeil sur la médecine des anciens Indiens, mémoire lu à l’Académie impériale de médecine dans la séance du 26 octobre 1858, Paris, V. Masson, 1858, 8°.
Compte rendu de la société médicale du 2e arrondissement (Signé : le secrétaire général, Dr René Briau.), Paris, F. Maleteste, 1859, 8°.
Sur quelques difficultés de diagnostic dans les maladies chroniques des organes pulmonaires, mémoire lu à la Société d’hydrologie médicale de Paris, dans la séance du 7 mars 1859, Paris, Victor Masson, 1859, 8° (en ligne sur Gallica).
Du service de santé militaire chez les Romains, Paris, V. Masson et fils, 1866, 8°.
L’Assistance médicale chez les Romains, Paris, V. Masson et fils, 1869, 8°.
« Du principe de la vie et des travaux récents sur cette question : physiologie et psychologie », Revue contemporaine, 2e série, tome 32, Paris, Bureau de la Revue contemporaine, 1863, pp. 292-321 (en ligne sur Gallica).
Le Serment d’Hippocrate et la lithotomie, Paris, Masson, 1873, 8°.
L’Archiatrie romaine ou la médecine officielle dans l’Empire romain. Suite de l’histoire de la profession médicale, Paris, G. Masson, 1877.
Hippocrate et la lithotomie, histoire sommaire des opérations tentées pour guérir les calculeux, par le Dr René Briau,... 2e édition revue et augmentée, Paris, G. Masson, 1879, 8°.
Chirurgia, Paris, Hachette, 1880, 4°. (Extrait du Dictionnaire des antiquités grecques et romaines)
Un Médecin de l’empereur Claude, Paris, Didier, 1882, 8°. (Extrait de la Revue archéologique, avril 1882).

Sources

Registre de l’Etat-civil de la commune du Louroux-Béconnais, acte de naissance n° 80 du 23 novembre 1810 (Vues 91-92) (en ligne sur le site des Archives départementales du Maine-et-Loire).
« Publications de mariage » Journal des Débats, politiques et littéraires, 22 février 1854 (en ligne sur Gallica).
« Inhumations du 25 août », Journal des Débats, politiques et littéraires, 29 août 1886 (en ligne sur Gallica).
« Séance du 24 août 1886 », Bulletin de l’Académie de médecine, 50ème année, n° 34, 2e série, tome XVI, Paris, Masson, 1886, p. 171 (en ligne sur Gallica).
Almanach social pour l’année 1841, Paris, Librairie sociale (1840), p. 170 (en ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle sur les Premiers socialismes, université de Poitiers).
« Faits divers », Le Nouveau monde, 1er novembre 1843, p. 4.
Tables (la Ière chronologique et les deux autres alphabétiques) des thèses soutenues à la Faculté de Médecine de Paris, dans le cours de 1836, rédigées par M. Veret..., Paris, Rignoux et Cie, 1837 (en ligne sur Medic@, Bibliothèque numérique de Bibliothèque interuniversitaire de médecine).
Almanach royal et national pour l’an pour l’an 1838..., Paris, A. Guyot et Scribe, 1838, p. 970 (en ligne sur Gallica).
Almanach royal et national pour l’an 1841..., Paris, A. Guyot et Scribe, 1841, p. 987 (en ligne sur Gallica).
Sébastien Bottin, Almanach-Bottin du commerce de Paris, des départemens de la France..., Paris, Bureau de l’Almanach du commerce, 1842, vol. 1, pp. LXIX et 224 (en ligne sur Gallica).
Almanach royal et national pour l’an 1847..., Paris, A. Guyot et Scribe, 1847, p. 1074 (en ligne sur Gallica).
Almanach national, annuaire de la République française... pour 1848, 1849, 1850, Paris, A. Guyot et Scribe, 1850, p. 1012 (en ligne sur Gallica).
Annuaire-Almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration..., vol. 1, Paris, Firmin Didot frères, 1862, pp. 152 et 927. (en ligne sur Internet Archive.org).
L. Roux, « Considérations pratiques sur la goutte... par M. R. M. Briau, docteur-médecin de la Faculté de Paris, ex-médecin de la maison de santé des Néothermes », Journal des Débats, politiques et littéraires, 5 juillet 1843 (en ligne sur Gallica).
Emile Egger, « Bulletin littéraire », Revue contemporaine, 4ème année, tome 22ème, Paris, Bureau de la revue, 1855, pp. 558-561.
« Bibliographie », La Revue médicale française et étrangère, nouvelle série, tome 1, 31 mars 1855, Paris, Bureau de la revue, 1855, pp. 380-384 (en ligne sur Internet Archive.org).
Léon Simon fils, « Un mot à propos de deux travaux académiques », Journal de la société gallicane de médecine homéopathique, tome 7, Paris, J.-B. Baillière, 1856, pp. 577-588 (en ligne sur Google livreslivres).
« Feuilleton : causeries », L’Union médicale, n° 54, 7 mai 1859, pp. 245-248 (en ligne sur Google livres).
« Intérêts professionnels : poursuite de l’exercice illégal de la médecine », L’Union médicale, n° 59, 19 mai 1859, pp. 325-327 (en ligne sur Google livres).
Louis Charles-Édouard de Lapasse, Essai sur la conservation de la vie, Paris, Victor Masson, 1860, p. 480 (en ligne sur Internet Archive.org).
Charles-Julien Jeannel, « Bibliographie », Journal de médecine de Bordeaux, 3e série, 3ème année, Bordeaux, Gounouilhou, 1868, p. 144-147 (en ligne sur Google livres).

Bibliographie

Théophile de Lamathière, Panthéon de la Légion d’honneur, tome 2, Paris, 1903., p. 432 (en ligne sur Gallica, vue 443).
Dictionnaire de biographie française, tome 7, Paris, Letouzey, 1956. (La date de naissance est erronée et correspond à celle du frère de René-Marie Briau, René-François).
Bernard Desmars, « Médecine et fouriérisme. Les expériences d’Arthur de Bonnard », Cahiers Charles Fourier, n°8, 1997, p. 19-40 (en ligne sur charlesfourier.fr)
Bernard Desmars, « Bonnard (de), Arthur (Charles) dit Gallus », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en juillet 2009).

Sitographie

Bibliothèque interuniversitaire de médecine et d’odontologie, Biographie, base de données.
Base de données des dossiers des titulaires de l’Ordre de la Légion d’Honneur, depuis la création de l’Ordre et décédés avant 1977, conservés aux Archives Nationales, Ministère de la Culture, Base Léonore.

Iconographie

« Briau René (1810-1886) », photogravure, Bibliothèque interuniversitaire de médecine et d’odontologie, Banque d’images, coll. Académie nationale de médecine (en ligne sur BIUM, Histoire de la médecine, banque d’images).


Index

Lieux : Paris, Seine

Notions : Animisme - Association - Homéopathie - Hydrothérapie - Médecine

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Briau, René-Marie », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en octobre 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article702 (consultée le 1er octobre 2017).

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