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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : mai 2009

Blanc, Simon


Assureur. Membre de l’Institut phalanstérien. Vice-président du Comité de la « souscription universelle pour la fondation du premier phalanstère ». Membre du groupe parisien du Nouveau monde. Membre de l’Union harmonienne puis de l’Union phalanstérienne. Gérant du Premier phalanstère.


Simon Blanc est parmi les trente-trois signataires de l’appel « aux masses » (« Appel des disciples de Fourier ») lancé le 21 janvier 1840 par le comité parisien fondé par les membres de l’Union harmonienne. Cet appel est destiné à une « souscription universelle pour la fondation du premier phalanstère », ainsi qu’à l’organisation d’une centre de l’Union et d’un comité de souscription dans chaque ville de province et de l’étranger. « Mettons-nous à l’œuvre, et le phalanstère surgira », lit-on dans cet appel. Il signe également comme membre du comité de la souscription, l’appel du 20 mars 1840 paru dans Le Nouveau Monde et faisant état de l’avancée de l’organisation et de la propagande auprès des classes populaires [1]. Membre du comité de surveillance en janvier 1840, il devient vice-président de ce comité à la fin de l’année 1840 ; à ce titre il reçoit chaque jour les personnes intéressées aux bureaux du Nouveau Monde entre 12 heures et 13 heures (Le Nouveau Monde, 1er janvier 1841). Courant 1841, il quitte la vice-présidence pour devenir secrétaire. Il est nommément cité, bien que « personne [...] inconnue », par les rédacteurs de la Phalange craignant la confusion avec Julien Blanc, comme l’un des quatre instigateurs de la Pétition phalanstérienne aux Chambres de 1840, initiative désavouée de Derrion.

Assureur délégué de la Mutuelle-Parisienne, il semble avoir quelques moyens financiers puisqu’en 1839, il avance et offre le complément de la somme nécessaire à la publication de l’ouvrage de Guilbaud, Plan pour l’établissement comme germe d’harmonie sociétaire d’une maison rurale industrielle d’apprentissage pour 200 élèves de toutes classes, garçons et filles, de 5 à 13 ans... [2]. Simon Blanc réside d’abord au 6, puis au 49 rue de Seine-Saint-Germain à Paris, adresse même de la Librairie sociale. Il est signalé dans l’Almanach social pour l’année 1841, qui reprend l’appel du 20 mars 1840, comme travailleur appartenant à l’Ecole sociétaire. Il devient gérant de la revue Le Premier phalanstère fondée en janvier 1841 et dirigée par Jean Czynski puis en juillet 1841 par Eugène Stourm, revue mensuelle qui disparaît en décembre 1841. Il est remplacé à partir de la huitième livraison par Delarthe. L’objectif annoncé de la revue est « de converger toutes les bonnes volontés vers la réalisation d’un essai sociétaire. […], l’essai sur les enfants doit réunir les suffrages des vrais disciples de Charles Fourier. C’est le dernier mot que notre maître a légué au monde dans son dernier ouvrage » [3]. Dès ce premier numéro, elle déclare vouloir soutenir « le comité de souscription et de réalisation » qui s’est formé dans les bureaux du Nouveau Monde ainsi que « tous les projets de réalisation que les disciples de [l’]école voudront tenter, soit en France, soit dans tout autre pays [...] laissant aux autres organes de l’école sociétaire le développement de la théorie [...] ». Simon Blanc est également le premier des signataires du groupe du Nouveau Monde qui s’insurge contre les « rédacteurs de la Phalange [...] détenteurs des manuscrits de Fourier [qui n’ont fait] aucun effort sérieux [...] pour [en] entreprendre la publication », protestation renouvelée dans l’Almanach social de 1841 et qui a conduit en 1840, à la réédition du Nouveau monde industriel de Fourier en Belgique. En 1841, il est également correspondant de l’Union phalanstérienne de Boyron, Borivent et Aucaigne. Il réside alors au 11 rue des Vieilles étuves à Paris [4]. Le Nouveau monde du 1er août 1841 signale qu’« à dater du 15 juillet 1841, [il] est tout à fait étranger à la gérance de la Librairie sociale ». En 1846, il est inscrit dans l’Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris comme « membre de l’Institut phalanstérien, préposé à la vente des ouvrages de la science sociale, r. de l’Aiguillerie, 4 » [5].


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : février 2016

Notes

[1J. Journet, Cris et soupirs..., Bruxelles, Librairie Belge-française, 1840, p. 21.

[2P. A. Guilbaud, Plan pour l’établissement comme germe d’harmonie sociétaire d’une maison rurale industrielle d’apprentissage pour 200 élèves de toutes classes, garçons et filles, de 5 à 13 ans..., Paris, Lacour, 1840, [p. 27].

[3« Science sociale. Réalisation. Notre but », Le Premier phalanstère, 15 janvier 1841, p. [1].

[4Accord des prophéties de l’ancien et du nouveau testament avec la théorie sociétaire de Ch. Fourier, par un prêtre catholique-romain, Cluny, au Centre de l’Union phalanstérienne ; Lyon, place des Terreaux, 1841, p. 124.

[5Corby aîné, Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris, année 1846..., Paris, Bureau de l’Almanach, 1846, p. 60.


Ressources

Sources

P. A. Guilbaud, Plan pour l’établissement comme germe d’harmonie sociétaire d’une maison rurale industrielle d’apprentissage pour 200 élèves de toutes classes, garçons et filles, de 5 à 13 ans..., Paris, Lacour, 1840, [p. 27] (en ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle de l’Université de Poitiers, Premiers socialismes).
« Règlement du comité de la souscription universelle pour la fondation du premier phalanstère », Le Nouveau monde, 21 janvier 1840, p. 3.
Almanach social pour l’année 1841, Paris, Librairie sociale (1840), p. 144-145, 168-169 (en ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle sur les Premiers socialismes, université de Poitiers).
« Faits divers », Le Nouveau monde, 1er mars 1840, p. 4.
Le Nouveau Monde, 21 janvier 1840, 1er novembre 1840, 1er janvier 1841, 1er mars 1841.
« Faits divers », Le Nouveau monde, 1er août 1841, p. 4.
Jean Journet, Cris et soupirs par Jean Journet, disciple de Fourier, précédé d’un résumé de sa théorie, 1ère série, Bruxelles, Librairie Belge-française, 1840, p. 21 (en ligne sur Google Livres).
Accord des prophéties de l’ancien et du nouveau testament avec la théorie sociétaire de Ch. Fourier, par un prêtre catholique-romain, Cluny, au Centre de l’Union phalanstérienne ; Lyon, place des Terreaux, 1841, p. 124 (en ligne sur Google Livres).
« Avis à nos amis sur une pétition adressée aux Chambres de 1840 », La Phalange, journal de la science sociale, 15 février 1840, Tome 3, n° 4, col. 67 (en ligne sur Gallica).
« Science sociale. Réalisation. Notre but », Le Premier phalanstère, 15 janvier 1841, p. [1].
Au public. Protestations contre le journal La Phalange, (1839 ?), 4 p. [cité par Emile Poulat, Les Cahiers manuscrits de Fourier, étude historique et inventaire raisonné, Ed. de Minuit, 1957, Bibliothèque internationale de sociologie de la coopération, n° 8, p. 51, note 23].
Corby aîné, Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris, année 1846..., 32e année, Paris, Bureau de l’Almanach, 1846, p. 60 (en ligne sur Internet Archive.org).

Bibliographie

Giuseppe Del Bo, Il Socialismo utopistico, Charles Fourier e la Scuola societaria (1801-1922), Milano, Feltrinelli, 1957, 111 p.
Emile Poulat, Les Cahiers manuscrits de Fourier, étude historique et inventaire raisonné, Ed. de Minuit, 1957, Bibliothèque internationale de sociologie de la coopération, n° 8, 222 p.


Index

Lieux : Paris, Seine

Notions : Dissidents - Mutualisme - Presse - Réalisateurs

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Blanc, Simon », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mai 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article655 (consultée le 6 novembre 2017).

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