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Bernard Desmars  |  mise en ligne : avril 2009

Couturier, (Jean-Baptiste-) Henri


Né le 18 juillet 1813 à Vienne (Isère), décédé le 16 août 1894, à Vienne. Médecin. Conseiller général, député, puis sénateur. Fondateur et président de la Société de Beauregard. Dirigeant de l’Union agricole d’Afrique (l’Union du Sig) et des Orphelinats agricoles d’Algérie.


Henri Couturier fait partie de ces fouriéristes, notables de province, qui ont consacré une grande partie de leur temps, de leur argent et de leur influence à la réalisation concrète des idéaux fouriéristes, ou d’une moins d’une partie d’entre eux.
Il est issu d’une famille aisée, installée à Vienne, en Isère. Son grand-père, médecin, appartient déjà à la bourgeoisie locale ; son père, Thomas Couturier, est avocat, maire de Vienne pendant 16 ans et député de l’Isère sous la monarchie de Juillet, membre de l’opposition dynastique, c’est-à-dire favorable à un régime monarchique libéral, mais critique envers la politique conservatrice de Guizot. Henri, après son baccalauréat, part à Paris où il suit d’abord simultanément des études de médecine et de droit, avant de se consacrer à la seule médecine ; il soutient en 1841 sa thèse et obtient le titre de docteur. Il revient dans sa région natale et y exerce alors son activité médicale.

L’adhésion au fouriérisme

C’est apparemment lors d’un voyage en Ecosse, en 1845, que Couturier, ayant emporté avec lui un ouvrage de Fourier, a été séduit par les idées phalanstériennes [1]. A Vienne, le fouriérisme est bien implanté, à côté du communisme icarien ; en 1846, on y compte 21 souscripteurs à la « rente sociétaire » [2]. Dans le cadre de la campagne contre la politique de Guizot, un banquet réformiste est organisé le 20 décembre 1847 à Vienne ; Henri Couturier y prononce un discours dans lequel il affirme que le problème du moment n’est pas seulement politique ou institutionnel, mais social, et que la solution réside dans l’association, « nœud vital des sociétés de l’avenir » [3].
La Seconde République établie, il se présente aux élections à l’assemblée constituante ; outre le suffrage universel et les libertés, sa profession de foi promet : « Education nationale et gratuite, seule voie qui nous conduise à la véritable égalité. Application du principe électif à toutes les fonctions publiques. Alliance et confédération des peuples. Garantie du droit de travail. Respect de la propriété » Il ajoute qu’il faut « substituer aux déchirements, aux révolutions, aux injustices du passé, l’accord et l’harmonie dans les relations sociales », grâce à « l’association libre et volontaire [4]. Non élu, il figure ensuite aux élections municipales sur une « liste des travailleurs » composée des républicains avancés ; il échoue une nouvelle fois.
Après ces échecs électoraux, et son mariage en octobre 1848 avec Emilie Delaigue (1829-1894), la fille d’un industriel drapier, Couturier participe en 1849 à la création de la Société des travailleurs unis de la ville de Vienne, qui semble avoir emprunté à une double inspiration, phalanstérienne et icarienne. Cette société repose sur un actionnariat populaire (l’action vaut un franc) ; elle a pour but de procurer aux sociétaires, mais aussi à des non-sociétaires, des produits de bonne qualité, à des prix peu élevés. Dans l’esprit de ses fondateurs, il s’agit d’organiser la production et les circuits de distribution afin de lutter contre l’exploitation et la spéculation. En mars 1851, la société possède trois magasins d’épicerie, une charcuterie et un commerce de charbon, avec une clientèle recrutée dans les différentes catégories sociales de la ville ; elle achète quelques mois plus tard un terrain dans la campagne viennoise (au lieu-dit Beauregard), afin d’accueillir les loisirs dominicaux des sociétaires et surtout d’y établir une « maison de santé » et une « maison d’éducation ». Mais après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, les autorités, qui se méfient des entreprises teintées de socialisme, prononcent la dissolution de la Société des travailleurs unis.

La Société de Beauregard

Henri Couturier, dès le printemps 1852 est à l’initiative de la création d’une nouvelle entité, la « Société agricole et maison de santé et de sevrage de Beauregard », du nom du terrain acquis par la précédente société et conservé par la nouvelle ; la maison de santé et de sevrage accueille des enfants en bas âge et des enfants malades ; puis, au fil des années, le projet sanitaire et éducatif est complété par des activités commerciales (charbon, boulangerie, restaurant) et industrielles (meunerie, draperie) qui prennent de plus en plus d’importance. Rebaptisée en 1861 Société agricole et industrielle de Beauregard, l’entreprise se développe dans la décennie suivante, avec une menuiserie, de nouvelles productions textiles, des activités bancaires. S’y ajoutent également une bibliothèque, une école, un orphéon...
Couturier voit là les premiers éléments, encore disparates, d’une future commune associée, étape vers l’Association intégrale de Fourier. Les fouriéristes sont d’ailleurs très intéressés par la Société de Beauregard. On retrouve certains d’entre eux dans l’actionnariat, comme Baudet-Dulary, Boureulle, Bouchet-Doumenq ou les époux Jean et VIrginie Griess-Traut. Les publications d’inspiration sociétaire consacrent plusieurs articles à l’entreprise de Couturier : une première « Notice sur la Société de Beauregard » paraît dans le Bulletin du mouvement sociétaire dès 1860. Jules Duval, dans L’Economiste français (1862-1870), reproduit régulièrement les comptes rendus des assemblées générales de la société, qu’il visite lui-même ; La Science sociale, entre 1867 et 1870, vante les mérites de l’expérience viennoise ; la Société lyonnaise de capitalisation fondée à la fin des années 1850 par François Barrier, afin de collecter auprès de ses adhérents fouriéristes et de faire fructifier des capitaux qui pourrait ensuite servir à la formation d’un essai phalanstérien, place une partie de ses fonds dans l’entreprise de Beauregard. Couturier est lui-même membre de cette société de capitalisation et en relation amicale avec Barrier [5] ; Julien Blanc, Auguste Savardan et quelques autres correspondent avec Couturier.... Celui-ci présente Beauregard dans l’Annuaire de l’Association pour 1867, publié à la Librairie des sciences sociales.
Au-delà des milieux fouriéristes, les résultats de Beauregard sont appréciés par les promoteurs de la coopération, et bénéficient d’articles favorables dans la presse lyonnaise et dans des journaux parisiens comme le Journal des Débats et L’Opinion nationale (dans ce dernier cas, c’est Charles Sauvestre, fouriériste, qui écrit des articles très favorables à Beauregard).
La Société connaît sans doute son apogée à la fin des années 1860. Car à partir du début des années 1870, l’entreprise est confrontée à des difficultés financières croissantes qui l’obligent à renoncer aux activités trop coûteuses (l’école), puis à fermer les branches déficitaires. La fragilité de la société, au capital très limité, les dissensions entre ses actionnaires, la conjoncture économique, avec la Grande Dépression à partir de 1873, le contexte viennois, où les conflits sociaux opposent la bourgeoisie locale, dont fait partie Couturier, aux organisations ouvrières, expliquent sans doute en grande partie ce déclin de la Société, également affaiblie par l’impossibilité pour son fondateur de lui accorder la même attention à partir du milieu des années 1870, puisque ses mandats politiques l’éloignent de Vienne.

Couturier, militant républicain et homme politique

Après ses échecs électoraux sous la Seconde République, Couturier s’était écarté de l’action politique. A la fin de l’Empire, il parvient à se faire élire au conseil municipal de Vienne et au conseil d’arrondissement ; il est alors considéré par le sous-préfet de l’arrondissement de Vienne comme un « républicain démocrate enragé »
 [6]. Quand le Second Empire est renversé, en septembre 1870, il fait partie du comité qui se substitue au sous-préfet de Vienne, en attendant la mise en place des nouvelles autorités. Puis, la république installée, il est candidat lors des élections qui désignent l’assemblée nationale, en février 1871, mais ce sont les conservateurs qui l’emportent. En octobre 1871, il accède au conseil général de l’Isère, dont il est quelques temps le vice-président ; il reste dans cette assemblée départementale jusqu’à son décès en 1894. Couturier veut consolider l’installation de la République par l’instruction du peuple ; militant actif de l’éducation populaire, il est dès 1866 en relation épistolaire avec Jean Macé, qu’il invite à Vienne, et avec lequel il échange des brochures, sur Beauregard et sur les bibliothèques communales [7] ; en 1871, il participe à la création à Vienne du Cercle de la Ligue de l’enseignement, qu’il préside [8]. Il est également membre de la Ligue internationale de la paix et de la liberté, mouvement pacifiste créé à la fin du Second Empire et est élu en 1877 au comité central de l’organisation [9].
Couturier est élu député en 1876, puis réélu en 1877 et 1881. En janvier 1885, avant la fin de son mandat à la Chambre, il rejoint le Sénat auquel il appartient encore lors de son décès. Dans l’ensemble, l’activité parlementaire de Couturier est assez discrète et ses interventions à la tribune rares ; entre 1882 à 1884, toutefois, il est l’auteur de plusieurs rapports (sur les collèges communaux, le système coopératif, la création d’un chemin de fer, un emprunt de la ville de Grenoble) et d’un projet (sur la création d’une caisse de dotation en faveur des enfants abandonnés).

Portrait de Couturier
L’Illustration dauphinoise, 1887

Présenté comme un « républicain avancé » au début des années 1870, notamment au Conseil général, Couturier rejoint assez rapidement le camp des républicains modérés, c’est-à-dire des opportunistes. Il siège parmi les députés de l’Union républicaine, proches de Léon Gambetta, puis soutient la politique de Jules Ferry. Et lors de sa dernière élection cantonale, en 1889, c’est un républicain radical qu’il affronte.
Ses fonctions parlementaires l’obligent à résider à Paris une partie de l’année et à déléguer ses responsabilités à la tête de Beauregard. Cette situation a suscité une abondante correspondance entre Couturier et son épouse, complétée par les lettres entre les parents et les enfants. On y voit un père très attentif à l’éducation de ses enfants, puis au mariage de ses quatre filles ; il se renseigne sur les qualités et les défauts des éventuels époux et sur leur situation professionnelle. Elles se marient l’une avec un avocat, docteur en droit, une autre avec un professeur agrégé à la faculté de médecine de Lyon, une autre avec un ingénieur des ponts et chaussées ; quant à l’aînée, devenue très tôt veuve, elle se remarie - sans demander l’avis de ses parents, s’offusque Henri Couturier - avec Antonin Dubost, député, puis sénateur de l’Isère, ministre de la Justice pendant quelques mois (1893-1894) et président du Sénat (1906 à 1920) ; le fils, François, obtient un doctorat es sciences et devient ingénieur agronome. Cette correspondance montre aussi le soin apporté par Couturier à la gestion d’un patrimoine familial très étendu, constitué de biens immobiliers (terres, maisons), mais surtout d’actions et d’obligations, une part importante de sa fortune étant placée dans des valeurs étrangères (les emprunts russes par exemple) ; sa présence à Paris lui permet d’ailleurs d’être mieux informé sur les opportunités financières et de spéculer avec profit à la Bourse [10].

Couturier et les fouriéristes

Tout en s’occupant de Beauregard et parallèlement à sa carrière politique, Couturier continue à s’intéresser à l’Ecole sociétaire et aux différentes initiatives prises par ses condisciples pour diffuser les idées de Fourier ou préparer l’essai phalanstérien.
Ainsi, quand, vers 1868-1869, Chasles-Brenezay, un fouriériste du Maine-et-Loire, propose le lancement d’une souscription destinée à acheter un terrain pour y constituer une « commune sociétaire », il accueille très favorablement la proposition et se déclare prêt à s’engager pour 10 000 francs, tout en soulignant que les promoteurs de l’idée doivent agir avec prudence et après avoir réalisé de nombreuses études préparatoires [11].
D’autre part, dès le milieu des années 1860, quand Barrier et quelques condisciples s’efforcent de ranimer le mouvement fouriériste, il souscrit pour 1000 francs au capital de la société chargée d’exploiter la Librairie des sciences sociales et d’organiser la propagande fouriériste [12] ; quand la société devient anonyme, en 1869-1870, il reste l’un de ses actionnaires [13] ; il continue à la soutenir de son argent dans les années 1870 [14]. Il préside le congrès phalanstérien de 1872, qui a pour but la réorganisation de l’Ecole sociétaire ; il y présente Beauregard, puis participe aux débats sur la réalisation sociétaire : « M. Couturier, pour répondre aux vœux de l’assemblée, nous a fait espérer une maison rurale d’enfants, greffée sur ce champ de manœuvre et permettant à l’enfant de ne pas se séparer de sa famille » [15]. Il est par ailleurs abonné au Bulletin du mouvement social [16]. Vers 1880, il fait partie d’une commission chargée de statuer sur l’avenir de la librairie, à l’existence menacée, et se prononce pour sa fusion avec une « librairie d’instruction laïque » qui accueillerait les fonds phalanstériens ; ce projet n’aboutit cependant pas, certains fouriéristes craignant que cette opération n’entraîne finalement la disparition de l’une des dernières manifestations du militantisme phalanstérien [17].
Sa présence à la Chambre des députés, à partir de 1876 lui a d’ailleurs permis de renforcer ses relations avec les milieux sociétaires de la capitale. La correspondance qu’il adresse à sa femme, restée à Vienne, le montre fréquentant des condisciples parisiens (Valérie de Boureulle, les époux Griess-Traut, Brisbane, Laverdant, Delbruck...), ou séjournant, ainsi que son fils, à la colonie de Condé-sur-Vesgre [18]. Il se rend en juin 1880 au Familistère de Guise [19].

L’Union du Sig et les Orphelinats agricoles d’Algérie

A la fin des années 1870, alors que Beauregard réduit peu à ses activités, Couturier prend des responsabilités croissantes dans l’Union du Sig ; cette société, fondée en Algérie en 1845-1846, qui s’était éloignée des ambitions fouriéristes de ses fondateurs dans les années 1850, a tenté d’y revenir à la fin des années 1860 et au début des années 1870 ; mais ses mauvais résultats économiques compromettent son existence à partir de 1875-1880. Couturier entre au conseil d’administration de la société en 1879, puis en devient le secrétaire en 1881. Alors que les actionnaires se divisent entre ceux qui veulent garder l’unité du domaine et sa finalité phalanstérienne, ceux qui préconisent la location des terres à des particuliers pour, grâce au produit des fermages, recevoir des dividendes, et ceux qui ne voient qu’une seule issue, la liquidation et la vente de la propriété, Henri Couturier propose une autre solution : la location du domaine à la Société des Orphelinats agricoles d’Algérie, œuvre philanthropique dont il est le fondateur et président. Certains administrateurs soulignent l’ambiguïté de la position de Couturier, qui, secrétaire de l’Union du Sig, favorise les intérêts des Orphelinats et leur fait obtenir des conditions très avantageuses. Cependant, malgré quelques oppositions et démissions, le domaine est loué aux Orphelinats à partir de 1881.
Couturier attire dans cette association des personnalités (Victor Hugo et Victor Schoelcher en sont présidents d’honneur), quelques parlementaires ainsi que des fouriéristes et des Isérois. Les Orphelinats ont pour objectif d’accueillir des enfants placés par l’assistance publique, afin de les préparer à vivre et à travailler sur le sol algérien ; ils se présentent donc comme une œuvre de bienfaisance et un outil de colonisation. Les enfants y reçoivent une formation agricole adaptée aux conditions pédologiques et climatiques de l’Afrique du Nord, afin que devenus adultes, ils continuent à cultiver le sol algérien.
Henri Couturier accorde une grande importance à cette œuvre des Orphelinats, qui s’inscrit d’ailleurs dans une attention plus générale portée à l’enfance abandonnée. Il fait dans les années 1880 plusieurs voyages en Algérie, pour observer le fonctionnement de l’établissement, mais aussi pour rencontrer les autorités et obtenir des appuis et des aides financières. D’autre part, quand la Société lyonnaise de capitalisation - dont il est devenu le « caissier dépositaire » - prononce sa dissolution, en 1887, il obtient que le capital soit abandonné aux Orphelinats agricoles [20].
Des accidents (la rupture d’un barrage), de mauvaises récoltes pendant plusieurs années, et des inspections défavorables, qui dénoncent les mauvaises conditions d’accueil des enfants, provoquent le retrait des orphelins à la fin des années 1880, puis la dissolution de la Société des orphelinats ; Couturier démissionne du conseil d’administration de l’Union du Sig, où il est de plus en plus contesté en raison des avantages concédés aux Orphelinats, non seulement en 1881 lors de la signature du bail, mais aussi dans les années suivantes, quand le montant du loyer est abaissé, puis vers 1890, quand le bail est rompu à des conditions peu favorables à l’Union.

En ce début des années 1890, Beauregard se réduit à quelques éléments : une minoterie, des activités financières. Couturier, dont la santé s’altère peu à peu, fréquente de moins en moins souvent le Sénat. Il décède dans sa propriété de Grange Haute, près de Vienne, le 16 août 1894, peu de temps avant son épouse (le 29 août suivant).

Portrait de Couturier
Les Alpes illustrées, 1894

Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : décembre 2013

Notes

[1Fernand Rude, « L’arrondissement de Vienne en 1848 », dans La Révolution de 1848 dans le département de l’Isère, Grenoble, Imp. Allier, 1949, p. 242 ; information transmise à F. Rude par le fils d’Henri Couturier

[2Ibid., pp. 241-242

[3Ibid, p. 252

[4Cité par Didier du Castel, Henri Couturier (1813-1894). Fouriériste et sénateur, Mémoire de maîtrise, sous la direction de Maurice Agulhon, université de Paris I, 1983, f. 32

[5Archives nationales, fonds Fourier, 10 AS 30, souscription de 200 f. à la société de capitalisation en 1859 ; Ecole normale supérieure, Carton 1, Dossier 1, dissolution de la société de capitalisation en 1887

[6AD Isère, 12 M 5, Lettre du sous-préfet de Vienne, 12 décembre 1868

[7Archives départementales de l’Isère, Fonds Couturier (en cours de classement), Lettres de Couturier à Macé (12 janvier1866) et de Macé à Couturier (14 et 30 janvier 1866)

[8Archives départementales de l’Isère, 55 M 1, Police générale, Cercle de la Ligue de l’enseignement

[9Revue du mouvement social, octobre 1880 ; nécrologie parue dans Les Etats-Unis d’Europe (organe de la Ligue internationale de la paix et de la liberté) et reproduite dans Le Journal de Vienne, 7 novembre 1894.

[10D’après Didier du Castel, op. cit., ff. 70-75

[11La Science sociale, 1er mars 1869, « Proposition d’un essai sociétaire », reproduction d’une lettre de Couturier

[12Ecole normale supérieure, Carton 3, Dossier 3, Chemise 1, Acte de la Société en commandite, 1866

[13La Science sociale, 16 février 1870

[14Archives nationales, Fonds Fourier, 10 AS 32, assemblées générales et versements de subventions.

[15Archives nationales, Fonds de l’Institut d’histoire sociale, 14 AS 6, Centième anniversaire de la naissance de Charles Fourier, Paris, Librairie des sciences sociales, s. d. [1872], 8 p.

[16Ecole normale supérieure, Carton 4, Dossier 3, Chemise 2

[17Ecole normale supérieure, Carton 3, Dossier 3, délibérations sur un projet d’accord avec une librairie d’instruction laïque

[18Archives départementales de l’Isère, Fonds Couturier (en cours de classement), Lettres de Couturier à son épouse

[19Archives du Familistère de Guise, « Livre des visiteurs »

[20Ecole normale supérieure, Carton 1, Dossier 1, dissolution de la société de capitalisation en 1887


Ressources

Œuvres

Affections phlegmoneuses des annexes de la matrice, thèse de médecine, Paris, 1841
Note sur l’établissement d’un hôpital de convalescence et des maladies chroniques, Lyon, Imp. Perrin, 1843, 16 p.
Projet d’un hôpital de convalescence. Note adressée à MM. les membres du Conseil d’administration des hospices civils de Lyon, Lyon, Imp. Vingtrinier, 1866, 8 p. (extrait de la Gazette médicale de Lyon)
« Société agricole industrielle de Beauregard », dans Annuaire de l’Association pour 1867, Paris, Librairie des sciences sociales, Noirot et Cie éditeurs, 1867, pp. 251-262.
Un dernier mot aux actionnaires de l’Union agricole d’Afrique, Paris, Imp. de Tolmer, 1880, 4 p.
Lettre aux actionnaires de l’Union agricole d’Afrique, Paris, Imp. de Tolmer, 1880, 14 p.
Proposition de loi ayant pour objet : 1 ° la création d’une caisse de dotation pour les enfants abandonnés, délaissés ou maltraités ; 2 ° une modification de l’article 755 et l’abrogation de l’article 768 du code civil, présentée par MM. Couturier, Buyat, Antonin Dubost, Louis Guillot (Isère)

A cela, on peut rajouter ses discours et rapports moraux lors des assemblées générales de la Société de Beauregard, de l’Union agricole du Sig et de la Société des Orphelinats.

Sources

Fonds d’archives :

Archives nationales, Fonds Fourier, 10 AS 30, Société de capitalisation ; 10 AS 32, Librairie des sciences sociales ; 10 AS 37, abonnements au Bulletin du mouvement social.

Archives nationales, Fonds de l’Institut d’histoire sociale, 14 AS 6, Congrès phalanstérien de 1872

Ecole Normale Supérieure, Fonds Considerant, Carton 1, Dossier 1, Société lyonnaise de capitalisation ; Carton 2, Dossiers 1, 2 et 12, Librairie des sciences sociales ; Carton 3, Dossier 3, Société en commandite, 1866 ; Carton 4, Dossier 3, abonnements au Bulletin du mouvement social ; Carton 10, Dossier 3, congrès phalanstérien d’avril 1872 ; Carton 13, Dossiers 1 et 13, Société anonyme de la Librairie des sciences sociales

Archives de la préfecture de police de Paris, Ba 1022, Dossier Couturier.

Bibliothèque municipale de Lyon (Part-Dieu), Fonds Rude, Carton 193 à 195 (ce fonds contient des documents sur Beauregard, sur l’Union du Sig, et des lettres de fouriéristes adressées à Couturier)

Archives départementales de l’Isère, 8 M 18, 19, 21, Elections législatives (1876, 1877, 1881) ; 10 M 11, 13, 16, 19, Elections au conseil général (1871, 1877, 1883 et 1889) ; 12 M 5, Elections au conseil d’arrondissement (1869) ; 16 M 92, Situation à Vienne en 1871 ; 55 M 1, Police générale ; 160 M 4, Dossier sur les coopératives.
Archives départementales de l’Isère, Fonds Couturier (en cours de classement) (on y trouve notamment, outre des lettres de fouriéristes à Couturier et des documents sur Beauregard, une abondante correspondance familiale entre Couturier, sa femme et leurs enfants, apportant des informations sur la vie parlementaire et mondaine d’un député puis sénateur de province à Paris, et aussi sur la relations entre les membres d’une famille bourgeoise) (mes remerciements à la famille Couturier - du Castel, qui m’a largement ouvert ces archives avant leur dépôt aux archives départementales de l’Isère).

Sources imprimées :

Société de Beauregard créée le 19 mai 1852 à Vienne (Isère) - Statuts modifiés, Vienne, Imp. et lith. Timon, 1862, 10 p.

Société agricole industrielle de Beauregard. Vienne (Isère). Assemblée générale, années 1860 aux années 1880, divers exemplaires disponibles à la Bibliothèque nationale de France, à la Bibliothèque municipale de Vienne, à la Bibliothèque municipale de Grenoble, à la Bibliothèque municipale de Lyon (Fonds Rude).

Bulletin de l’Union agricole d’Afrique (au Sig), de 1879 à 1894.

Les Orphelinats agricoles d’Algérie fondés en 1881, 1er établissement, à Saint-Denis du Sig - Bulletin, 1882 à 1892 (10 numéros)

Charles de Comberousse, La Coopération - La Société de Beauregard et les Equitables pionniers de Rochdale, Paris, Hachette (Conférences populaires faites à l’asile impérial de Vincennes sous le patronage de S. M. l’Impératrice), 1869, 72 p.

Eugène Flottard, Le mouvement coopératif - Société agricole et industrielle de Beauregard. Vienne (Isère), Paris, Librairie des sciences sociales, 1866, 72 p.
Les Alpes illustrées, 23 août 1894.

Journal de Vienne, 18 août (nécrologie) et 22 août 1894 (récit des obsèques, reproduction des discours) ; 27 octobre 1894 (reproduction de l’éloge funèbre prononcé par Challemel-Lacour, président du Sénat).

Bulletin du mouvement sociétaire, octobre-novembre 1860, n°32, « Notice sur la Société de Beauregard », par Donnedieu de Saint-André.

La Science sociale, 1er juillet 1868, « Beauregard », par Achille Mercier.

La Science sociale, 19 août 1870, « Société agricole-industrielle de Beauregard (Isère) », par Valère Faneau.

L’Economiste français, de 1862 à 1870.

Bibliographie

Dictionnaire biographique et album de l’Isère, Paris, Lib. Flammarion, s.d. [vers 1907-1910], 1094 p.

Dictionnaire des parlementaires français [...] depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, Paris, Bourloton, 1889-1891.

Dictionnaire des parlementaires français [...] de 1889 à 1940, Paris, PUF, 1960.

Alain Azam, La Vie politique à Vienne, 1870-1889, mémoire de maîtrise sous la direction de Xavier de Montclos, Lyon II, 1989, 139 f.

Nathalie Bremand, Les Socialismes et l’enfance. Expérimentation et utopie (1830-1870), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, 365 p., et en particulier, « La Maison de santé et de sevrage de Beauregard (1852-1868) », pp. 135-142.

Didier du Castel, Henri Couturier (1813-1894), fouriériste et sénateur, mémoire de maîtrise, sous la direction de Maurice Agulhon, Paris I, 1983, 93 f.

Jean Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, Paris, Fédération nationale des coopératives de consommation, 1924, tome I.

Jean Gaumont, « Une œuvre coopérative à caractère fouriériste à Vienne (Isère) sous le Second Empire », Revue des études coopératives, n°13, octobre-décembre 1924, pp.65-75.

Jean Lacroix, La Société alimentaire de Vienne (1850-1870), document dactylographié déposé aux Archives municipales de Vienne, juillet 1948, 14 f.

Jean Lacroix, La Deuxième République à Vienne, Vienne, Imp. Ternet-Martin, 1949, 75 p.

Jean Lacroix, « Une expérience fouriériste : ‘’La Société agricole et industrielle de Beauregard’’ 1852-1903 », Revue des études coopératives, n°93, juillet-septembre 1953, pp. 192-201.

Christine Lambert, Le socialisme à Vienne 1876-1914, mémoire de maîtrise sous la direction d’Yves Lequin, s. d. [1982], université de Lyon, 100 p.

Fernand Rude, « L’arrondissement de Vienne en 1848 », dans La Révolution de 1848 dans le département de l’Isère, Grenoble, Imp. Allier, 1949, pp. 213-436.

E.-J. Savigné, Histoire de la ville de Vienne pendant la guerre 1870-1871, Vienne, Ogeret et Martin, Imprimeur éditeurs, 1904, XXIV-184 p.

Iconographie

Le Journal de Vienne, 22 août 1894 (portrait de Couturier)

L’Illustration dauphinoise, 25 décembre 1887 (article sur Couturier, avec un portrait)

Archives départementales de l’Isère, Fonds Couturier, photo de Couturier (et aussi d’autres membres de sa famille)


et sur ce site...

Bernard Desmars L’Union agricole d’Afrique
Projet phalanstérien, oeuvre philanthropique ou entreprise capitaliste ?
Cahiers - 2005 / n° 16 - décembre 2005
résumé | article en texte intégral


Index

Lieux : Beauregard, Isère - Condé-sur-Vesgre, Seine-et-Oise, aujourd’hui Yvelines - Saint-Denis-du-Sig, Algérie - Vienne, Isère

Notions : Assistance - Colonisation - Coopération - Education - Education populaire - Election - Essai - Famille - Orphelinat - Politique - Réalisateurs

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Couturier, (Jean-Baptiste-) Henri », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en avril 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article653 (consultée le 13 décembre 2017).

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