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Thomas Bouchet  |  mise en ligne : mars 2009

Cartier, Eugène


Rédacteur de La Phalange, archiviste des manuscrits de Fourier (1844-1846)


En 1840 et dans les années suivantes, Eugène Cartier fait partie des rédacteurs de La Phalange. Dans des termes très proches de ceux qu’emploie au même moment l’abbé Châtel, il prône en mai 1840 la réconciliation de la chair et de l’esprit et l’unité de l’homme : « Ainsi donc : unité de l’homme avec lui-même, telle est la première condition du développement normal de son individualité. » En 1842, il s’occupe de la « Revue scientifique » du journal, qu’il nourrit par des comptes rendus rigoureux et précis. Il arrive que ses contributions aient une tonalité fouriériste. Le 23 février 1842, il dénonce l’impuissance de la philosophie, de la morale et de la politique qui toutes trois procèdent « sans criterium » et « sans boussole » ; alors qu’ils pourrait se fonder sur la « loi Sériaire » de Fourier, les membres de l’Académie des sciences morales et politiques se montrent indifférents à la Découverte : « Le vague, toujours le vague, voilà toute leur science » ; de sorte que seules progressent les « sciences positives », objet de la rubrique à laquelle collabore Cartier. Le 4 mars 1842, rendant compte d’une intervention de Geoffroy-Saint-Hilaire à l’Académie des Sciences à propos des « fréquentes répétitions des mêmes types pour les monstres », il note que « tout est lié dans la nature, c’est [à] dire qu’une Pensée unitaire a présidé à la Création » et qu’il existe des groupe intermédiaires entre groupes, « des transitions comme les appelle Fourier ». Quant à Examen et défense du système de Fourier, qu’il cosigne avec Amédée Paget en 1844 sous les auspices de la Société pour la propagation et la réalisation de la théorie de Fourier, c’est une réponse aux objections formulées contre ce système dans La Tribune de Genève par le professeur libéral Antoine-Elisée Cherbuliez. Il s’agit en particulier de réfuter trois critiques émises par Cherbuliez : le système de Fourier serait matérialiste ; il menacerait la propriété privée et héréditaire ; il entrerait en contradiction avec le développement et le maintien de la famille. Au vrai, le rôle de Cartier dans cette publication est relativement secondaire : il édite le texte de Paget, tout juste décédé, et il ajoute des éléments de son cru (« De la liberté » ; « De la morale » ; « Equilibre de la population »). Cartier signe aussi dans Examen et défense un court chapitre intitulé « Coup d’œil général sur le système de Fourier », pages enthousiastes à la gloire du « Christophe Colomb de l’Harmonie ». Désigné archiviste des manuscrits de Fourier, il remet un « état des pièces remises entre ses mains » le 7 octobre 1844. Il ne conserve cette responsabilité que deux ans puis il est remplacé par Emile Bourdon.


Thomas Bouchet

Dernière mise à jour de cette fiche : décembre 2013

Ressources

Œuvres

Eugène Cartier, « Conception scientifique de la liberté », La Phalange, 2 mai 1840.

Amédée Paget et Eugène Cartier, Examen et défense du système de Fourier, Paris, librairie sociétaire, 1844. (En ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle sur les Premiers socialismes, université de Poitiers).

Bibliographie

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français

Loïc Rignol , « La phrénologie et l’Ecole sociétaire », Cahiers Charles Fourier, 13, 2002.

Notes de Jean-Claude Dubos


Index

Notions : Edition - Presse - Sciences

Pour citer cette notice

BOUCHET Thomas, « Cartier, Eugène », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mars 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article644 (consultée le 25 septembre 2017).

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