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Astrid Léger  |  mise en ligne : mars 2009

Chomette, Jean-Jacques


Né à Saint-Rémy-sur-Durolle (près de Thiers), le 23 décembre 1820. Domicilié à Thiers et marié. Expert-géomètre et notaire, militant républicain avancé.


Fils d’un notaire de Saint-Rémy, il entre à Polytechnique mais donne bientôt sa démission pour s’occuper de politique. Avant 1848, il milite dans les rangs républicains les plus avancés notamment à Thiers. Il semble non seulement acquis au fouriérisme mais représentant de l’Ecole dans la région de Thiers. En 1848, il entre au Conseil municipal de Thiers où il parle en faveur de la liberté et de l’instruction. Homme fortuné de la commune de Saint-Rémy-sur-Durolle, il en devient maire la même année. Ce membre de la Société républicaine de Thiers est préoccupé de la propagation des doctrines socialistes et de l’instruction du peuple des campagnes.

Sa conviction républicaine est très profonde et se traduit parfois par des actes de désobéissance. Ainsi, après les législatives de mai 1849, Chomette, en tant que maire de Saint-Rémy, reçoit l’ordre de faire enlever l’arbre de liberté de sa ville, mais il refuse. Les gendarmes doivent se rendre sur place et réquisitionner deux ouvriers de Thiers pour abattre l’arbre. Le 3 janvier 1849, il a déjà été condamné à trois mois de prison pour coups et blessures, puis le 3 août 1850 à deux mois pour fabrication de poudre. Entre-temps, le 18 septembre 1849, il est nommé notaire à Saint-Rémy en remplacement de son père.

Chomette est l’une des grandes figures de la résistance au coup d’Etat dans la région thiernoise. Lors de la répression, il est condamné à « Algérie Plus », sous l’observation : « démagogue exalté. Il a réuni une bande de démagogues armés, qu’il a grossie par les menaces. Faisait partie de la bande insurrectionnelle qui a parcouru les montagnes. Ancien fruit de l’Ecole polytechnique. Envieux, jaloux et très dangereux. Pas d’antécédents judiciaires signalés ». Il s’exile alors à Genève jusqu’en 1861.

De retour en Auvergne, il aide à la création d’une section de l’Internationale à Clermont-Ferrand, puis reprend son rôle politique à Thiers jusqu’au 4 septembre 1870. Il joue alors un rôle moteur dans l’agitation ouvrière et dirige la prise de la préfecture le 30 septembre. Lors de la Commune, il se rend à Paris, et à son retour, encourage les Thiernois à lancer un mouvement général en faveur de la tentative révolutionnaire de la capitale.

Le 30 avril 1871, les élections municipales provoquent des violences à Thiers. Quinze personnes sont arrêtées dont Chomette, accusé de complot contre l’État. Il est finalement acquitté et devient conseiller municipal à Thiers le 15 octobre 1871. Réélu le 4 octobre 1874, il se retire en 1875. Jusqu’au milieu des années 1890, il est installé à Barrat, commune de Peschadoires (arrondissement de Thiers) comme expert-géomètre. Il perçoit une pension de 1200 francs en tant que victime du coup d’Etat, au motif qu’il a été exilé, persécuté, et n’a pas de fortune.


Astrid Léger

Dernière mise à jour de cette fiche : mars 2009

Ressources

Sources

AD du Puy-de-Dôme, Plan 1331, « Liste des victimes du coup d’État ».

Journal de l’arrondissement de Thiers, 25 mars 1848.

Bibliographie

BONNEFOY, Georges, Histoire de l’administration de la province d’Auvergne et du département du Puy-de-Dôme depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours : suivie d’une revue biographique illustrée des membres de l’Etat moderne (députés et sénateurs), Paris, Emile Lechevalier, 1895-1902, III.

LEGER, Astrid, « Le fouriérisme en Puy-de-Dôme de la monarchie de Juillet au coup d’Etat du 2 décembre 1851 », maîtrise d’histoire, Clermont-Ferrand, 2004.

MAITRON, Jean (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, première partie : 1789-1864, de la Révolution Française à la fondation de la Première Internationale, tome 1.

PERONNY, A.R., Les Origines du mouvement socialiste dans le Puy de Dôme de la Monarchie de Juillet au Second Empire, Mémoire de maîtrise, Clermont-Ferrand, 1969.

SCHNERB, Robert, « La Seconde République dans le Puy De Dôme », La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, CXIV, février 1926, p. 717.

VALENTIN, Jacques, « Quelques épisodes de l’histoire de Thiers sous la Seconde République », Revue d’Auvergne, 1948, p. 59.


Index

Lieux : Saint-Rémy-sur-Durolle, Puy-de-Dôme - Thiers, Puy-de-Dôme

Notions : Groupe local - Répression - République

Pour citer cette notice

LéGER Astrid, « Chomette, Jean-Jacques », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mars 2009 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article630 (consultée le 21 août 2017).

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