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Bernard Desmars  |  mise en ligne : juin 2007

Achard, Félix


Né le 18 octobre 1810 à Saconex, près de Genève (Suisse), mort en 1880 ou 1881. Médecin à Saint-Marcellin (Isère).


Après l’obtention de ses deux baccalauréats (de lettres dans l’académie de Grenoble, puis de sciences dans l’académie de Montpellier), Félix Achard suit des études de médecine d’abord à Montpellier, puis à la faculté de Paris ; il y obtient son doctorat en 1835 avec une thèse où il souligne la dimension sociale du choléra : la misère, écrit-il, est la vraie responsable des dommages provoqués par l’épidémie ; il appelle à la constitution de statistiques médicales ; « un travail qui constaterait le nombre et les espèces des maladies qui ont leur origine ou leur développement dans cette plaie des sociétés modernes, serait, certainement, la satire la plus sanglante de cette civilisation à laquelle on a prodigué tant d’éloges » [1]. La tonalité de ce propos suggère qu’il déjà membre de l’Ecole ou en tout cas proche des idées.

Extrait d’un écrit d’Achard
Félix Achard, Coup d’oeil rétrospectif (...), 1835.

Deux années plus tard, en 1837, il promet à Victor Considerant 60 francs pour le « projet de réalisation » et « la grande œuvre que vous poursuivez avec tant de persévérance », tout en regrettant de ne pouvoir faire plus [2].

Il s’installe à Saint-Marcellin (Isère) et y exerce sa profession de médecin. Au printemps 1848, après l’établissement de la Seconde République, il est le vice-président du Cercle des travailleurs de Saint-Marcellin [3]. Dans les années suivantes, il est en relation avec la Société de Beauregard constituée par le fouriériste Couturier à Vienne, et regroupant des coopératives de production et de consommation [4]. En 1868, l’organe fouriériste La Science sociale accueille un débat entre ceux qui veulent passer à la réalisation phalanstérienne et ceux qui considèrent que ces expériences [5] sociétaires sont voués à l’échec et qu’il vaut mieux suivre la voie garantiste, c’est-à-dire constituer des coopératives et des mutuelles pour accéder, certes plus lentement, à l’Association intégrale ; Achard se déclare alors partisan des seconds.

Dans les années 1870, il semble s’être éloigné d’une Ecole sociétaire sur le déclin. Lors du banquet annuel commémorant la naissance de Fourier, le 7 avril 1881, il figure sur de la liste dressée par Pellarin des condisciples morts depuis le 7 avril de l’année précédente.


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : janvier 2014

Notes

[1Coup d’œil rétrospectif sur le choléra-morbus observé à l’Hôtel-Dieu de Paris en 1832. Propositions de médecine et de chirurgie. Thèse présentée et soutenue à la faculté de médecine de Paris le 25 août 1835, Paris, Imp. Didot, 1835, p. 15.

[2AN 10 AS 36, lettre de Félix Achard à Victor Considerant, 29 juillet 1837

[3Fernand Rude, « La préparation des élections à l’Assemblée constituante (mars-avril 1848) », dans Ed. Esmonin et al., La Révolution de 1848 dans le département de l’Isère, Grenoble, Imp. Allier, 1949, p. 78.

[4BM Lyon (Part-Dieu), Fonds Rude, Carton 195, Liste des destinataires du compte-rendu de l’assemblée générale des actionnaires, 1864.

[5La Science sociale, 16 août 1868.


Ressources

Oeuvre

Coup d’œil rétrospectif sur le choléra-morbus observé à l’Hôtel-Dieu de Paris en 1832. Propositions de médecine et de chirurgie. Thèse présentée et soutenue à la faculté de médecine de Paris le 25 août 1835, Paris, Imp. Didot, 1835, 18 p.

Sources

AN, AJ 16 6775, Dossier d’étudiant en médecine.
Revue du mouvement social, mai 1881, « Nécrologie ».


Index

Lieux : Saint Marcellin, Isère - Suisse

Notions : Coopératives - Hygiène - Médecine

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Achard, Félix », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en juin 2007 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article431 (consultée le 8 octobre 2017).

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