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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Sorrel, François
Article mis en ligne le 7 juillet 2026

par Desmars, Bernard

Né le 9 juin 1821 à Saint-Uze (Drôme). Tanneur à Moulins (Allier), puis propriétaire-agriculteur à Couleuvre (Allier) des environs de 1850 jusqu’en 1876. Abonné à La Science sociale, puis au Bulletin du mouvement social  ; souscripteur de la Librairie des sciences sociales et de la Maison rurale d’expérimentation sociétaire de Ry (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime).

François Sorrel est le fils d’un cultivateur. Il est tanneur à Moulins (Allier) quand il se marie en janvier 1844, puis quand naissent ses deux premiers enfants, en mai 1844 et en août 1848. On ignore s’il est déjà fouriériste et s’il participe aux travaux du groupe phalanstérien de Moulins, animé par Marius Clairefond, qui assure la correspondance avec la direction parisienne de l’École sociétaire.

Réaliser la commune associée

En 1851, il est domicilié à Couleuvre (Allier) où il est recensé en tant que propriétaire ; dans les recensements suivants (1856, 1861, 1866 et 1872) ou dans les actes de naissance de ses enfants qui naissent dans cette localité (en 1852, 1854, 1856, 1858 et 1861), il est encore qualifié de propriétaire, même si la présence dans son entourage de plusieurs domestiques masculins suggère qu’il a des salariés agricoles et qu’il est donc également cultivateur.

Quand François Barrier et Jean-Baptiste Noirot réorganisent le mouvement fouriériste, au milieu des années 1860, ils demandent à Marius Clairefond de contacter ses condisciples de l’Allier afin de les encourager à soutenir leurs initiatives. Seul Sorrel répond de façon positive ; il se déclare prêt à aider financièrement la société exploitant la Librairie des sciences sociales ; et il commande la Théorie de l’unité universelle, de Charles Fourier [1]. En 1867, il s’abonne à La Science sociale, le nouveau périodique fouriériste, par l’intermédiaire de Marius Clairefond. Il se réabonne en 1868 et en 1869 [2].

En cette fin des années 1860, plusieurs fouriéristes proposent des projets de réalisation sociétaire. Sorrel signale qu’il est « propriétaire de 68 hectares qu’il cultive, avec bâtiments, cheptel, matériel, le tout évalué à 150 000 francs » ; il déclare être prêt à faire l’apport de ce domaine à une société qui aurait pour but l’application de la théorie sociétaire ; il ajoute avoir dans le voisinage « deux parents, propriétaires de 150 hectares, qui sont dans les mêmes dispositions et suivraient son exemple » [3]. Ces différentes propositions, dont celle de Sorrel, suscitent la création d’un « comité formé pour l’examen de la proposition d’un essai » et le lancement dans La Science sociale d’une « Enquête sur la proposition d’un essai sociétaire » [4] ; mais ces démarches n’ont pas de suite.

La Maison rurale d’expérimentation sociétaire

Alors que la guerre de 1870-1871 a entraîné l’arrêt de la parution de La Science sociale, Adolphe Jouanne, crée un organe pour établir des relations entre les fouriéristes et promouvoir son projet de Maison rurale d’expérimentation sociétaire de Ry (Seine-Inférieure, auj. Seine-Maritime), un établissement éducatif appliquant certains principes fouriéristes. François Sorrel lui écrit, « offrant pour un essai de la théorie sociétaire ou du libre essor des facultés un domaine bien bâti, d’une contenance de 70 hectares d’un seul tenant, et meublé d’une cinquantaine de têtes de bétail, espèce bovine et chevaline, etc. » [5]. Il adresse 20 francs pour aider au développement de la Maison rurale [6].

Quelques mois plus tard, il suggère à Jouanne de transférer son établissement à Couleuvre afin d’y réaliser « un essai sociétaire sur les enfants » ; si un autre lieu paraît plus favorable, il est prêt à vendre sa propriété et à se joindre à Jouanne « pour accélérer cette grande entreprise ». Mais l’intéressé refuse de transférer la Maison rurale dans un autre lieu que Ry ; « il faut que cette institution soit mise en état de produire les résultats que l’on est en droit d’en attendre » [7].

En 1872, des fouriéristes veulent réorganiser le mouvement sociétaire autour d’une nouvelle association, la Société des études sociales. Ils interrogent leurs condisciples pour savoir quel soutien ils peuvent en attendre ; Sorrel se déclare prêt à prendre une action [8]. Finalement, cette Société des études sociales ne voit pas le jour.

On ne dispose plus ensuite d’informations attestant des relations entre François Sorrel et le mouvement fouriériste. La famille Sorrel est encore à Couleuvre en janvier 1876, quand meurt l’un des enfants ; mais elle n’y est plus quelques mois plus tard lors des opérations de recensement [9]. On ignore où et quand François Sorrel décède.