Bandeau
charlesfourier.fr
Slogan du site

Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Arnout, (Louis) Jules
Article mis en ligne le 12 novembre 2025
dernière modification le 13 novembre 2025

par Desmars, Bernard

Né le 1er juin 1814 à Paris (Seine), décédé le 26 septembre 1882 à Toulouse (Haute-Garonne). Dessinateur-lithographe. Auteur d’une « vue d’un phalanstère » en 1847.

Jules Arnout est le fils de Jean-Baptiste Arnout, un peintre, dessinateur et lithographe, et de Joséphine Vié. Il exerce les mêmes activités que son père ; il est l’auteur de nombreux dessins et estampes. Il se marie en 1842 avec Uranie Marcel, et un garçon naît l’année suivante. Sa femme décède en 1845.

Il réalise en 1847 une lithographie, représentant un phalanstère [1], « d’après les plans de M. [Morize sic Maurize ».

Vue générale à vol d’oiseau d’un phalanstère

Cette lithographie est mise en vente par la librairie sociétaire. Charles Brunier, l’un des rédacteurs de La Démocratie pacifique décrit l’œuvre, dans un feuilleton consacré aux « Beaux-Arts » :

L’École sociétaire a fait paraître dernièrement une Vue du Phalanstère à vol d’oiseau, charmante lithographie de M. J. Arnoux [sic]. Cet artiste, dont le crayon fin et délicat a su tirer un excellent parti des plans de Morize, s’est passionné pour son œuvre en étudiant les détails harmonieux, logiques et splendides de l’édifice unitaire ; aussi est-ce avec un véritable plaisir qu’il l’entourait de jardins et de campagnes riantes, rafraîchies et fertilisées par des cours d’eau, des fontaines et des bassins, égayées par des kiosques, des castels et les gracieuses sinuosités de chemins ombreux. Cette lithographie réunit les avantages d’un plan aux charmes d’un paysage pittoresque, et elle accompagnera parfaitement le nouvel ouvrage de M. Briancourt. Et maintenant, à ceux qui nous parlent de casernes, de couvents, de je ne sais quelle vie stupide, numérotée et chiffrée, nous disons : « Donnez-vous la peine de regarder et de lire... » A ceux qui prétendent que c’est une folie de vouloir, pour les travailleurs de l’air et du soleil, des logements salubres, propres et commodes, des occupations variées, des plaisirs décents, des jouissances artistiques... une folie de vouloir, pour les enfants et les jeunes filles, une éducation attrayante, des jardins, des fleurs et des fêtes... à ceux-là nous disons : « Ce n’est pas tout ; nous voulons encore que les sympathies, l’union des cœurs soient possibles et respectées ; nous voulons encore que le mariage ne soit pas un marché, une immoralité légale ; que les affections de famille ne soient pas souillées, brisées par les intérêts d’argent ; nous voulons enfin parmi les enfants de Dieu le règne de la justice, de la fraternité, de l’amour. »

Et, si c’est une folie de vouloir tout cela, oui, nous sommes des fous ; mais alors, de quel nom faut-il appeler les hommes sérieux ? [2]

Cette œuvre, sortie des presses de l’atelier de Rose-Joseph Lemercier, caissier général du comité de la « souscription universelle » pour la fondation du premier phalanstère, figure ensuite dans les extraits du catalogue de la Librairie sociétaire, insérés dans La Démocratie pacifique ou placés à la fin d’ouvrages publiés par l’École phalanstérienne. Elle est en particulier proposée pour les « Étrennes phalanstériennes » en décembre 1847 ; elle est classée dans la partie « Objets d’art », à côté du portrait de Fourier par Calamatta et du buste de Fourier par Auguste Ottin, etc. ; elle est vendue en plusieurs dimensions, avec plusieurs coloris et à des prix divers. Un commentaire lui est associé :

Ce beau dessin […] fait comprendre tout d’abord le caractère général et les dispositions matérielles du régime harmonien. La meilleure, la plus irrésistible des propagations est toujours celle qui parle aux yeux, car elle s’adresse au grand nombre. Aussi avons-nous réservé pour la fin de cet article, et, comme on dit, pour le bouquet, le charmant dessin de M. Arnoux [sic]. Quiconque l’aura vu ne sera plus admis à dire que le Phalanstère n’est autre chose qu’un couvent ou une caserne [3].

Jules Arnout ne semble pas ensuite entretenir de relations avec l’École sociétaire. Il réalise en 1848 plusieurs lithographies sur les événements politiques.

Il se remarie en 1851 avec Sophie Élisa Capron, fille d’un employé. Un fils naît en 1853. Vers la fin des années 1860 ou au tout début des années 1870, la famille s’installe à Toulouse [4].