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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Pétrement, (Pierre) Julien
Article mis en ligne le 21 avril 2025
dernière modification le 22 avril 2025

par Desmars, Bernard

Né le 9 janvier 1857 à Betpouey (Hautes-Pyrénées). Directeur d’une coopérative de production, président de la Chambre consultative des associations ouvrières de production. Participe à des manifestations fouriéristes au début du XXe siècle.

Julien Pétrement est né à Barèges, alors section de la commune de Betpouey, aujourd’hui commune indépendante. Son père est inconnu. Sa mère, âgée de 19 ans, est la fille du concierge de l’hôpital militaire de Barèges.

Un militant et responsable coopératif

Il présente en 1886, dans la catégorie « Sculpteurs » un médaillon en terre cuite au salon des Beaux-arts [1]. Dix ans plus tard, il est l’un des dix fondateurs [2], puis le directeur à partir de 1902, de la

L’Association ouvrière, 25 février 1913

Société coopérative des sculpteurs-décorateurs de Paris (parfois appelée Société coopérative des sculpteurs, décorateurs et ornemanistes). D’après L’Association ouvrière, cette société a eu « des débuts difficiles, pénibles » et de longs moments de chômage, avant de se constituer une réputation auprès des architectes et d’obtenir de nombreux travaux (par exemple les sculptures de la façade de l’hôtel de ville de Sens, dans l’Yonne) et des récompenses (une médaille d’or, à l’Exposition universelle de Paris, en 1900) [3]. L’Annuaire du bâtiment, des travaux publics et des arts industriels présente ainsi la société en 1903 : « Sculpture sur pierre, bois, marbre ; modelage, modèles pour le bronze – Décoration en tous genres ; staff, carton pierre, ciment métallique, etc. » [4].

Membre de sociétés d’éducation populaire, Julien Pétrement est fait officier d’Académie en 1896 [5], puis officier de l’Instruction publique en 1905 [6]. En 1906, le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts crée un Conseil supérieur de l’enseignement des arts décoratifs ; il y nomme Pétrement, qui y côtoie Louis Guébin, inspecteur de l’enseignement du dessin de la Ville de Paris et fouriériste, ainsi que des parlementaires, des critiques d’art, et des représentants des métiers d’arts [7].

Julien Pétrement entre au conseil d’administration de la Chambre consultative des associations en 1904, puis au bureau en 1906, avant d’accéder en 1913 à la présidence où il succède à Émile Ladousse, contraint d’abandonner ses fonctions en raison de son mauvais état de santé [8].

« Notre illustre maître Charles Fourier »

Avant d’exercer ces fonctions, Pétrement ne semble pas fréquenter les milieux fouriéristes. Mais quand il devient l’un des dirigeants de la Chambre consultative, il participe, avec d’autres coopérateurs (en particulier Edmond Briat, Raphaël Barré, Henry Buisson, Auguste Manoury et Émile Ladousse) à plusieurs manifestations rendant hommage à Charles Fourier et à certains de ses disciples. Il est présent lors d’une cérémonie organisée en mémoire de Faustin Moigneu, disciple de Fourier et auteur d’un don financier important au profit de la Banque coopérative ; en avril 1913, lors de l’anniversaire de la naissance de Fourier, il se recueille avec d’autres sur la tombe de Fourier ; il participe ensuite au banquet phalanstérien, aux côtés de Jenny Fumet, la doyenne de l’Union phalanstérienne [9] ; il prononce un discours où il célèbre le fondateur de la théorie sociétaire :

La Chambre consultative se fait un devoir d’apporter ici sa contribution de gratitude à la mémoire de l’illustre maître Charles Fourier, à l’occasion du 141e anniversaire de sa naissance. Fourier, par ses théories a fait comprendre aux individus la nécessité et l’intérêt qu’ils avaient à se grouper afin de fonder une Société nouvelle, d’où seraient exclues la misère et l’exploitation de l’homme par l’homme, par l’abolition du salariat, et de plus, il leur inculque le sentiment de leurs droits et de leurs devoirs. Fourier est l’homme de l’avenir, ses idées géniales sont mises en pratique de jour en jour sur la surface du globe par un nombre considérable d’associations, soit de production ou de consommation, passant ainsi du domaine de l’utopie dans le domaine de la réalité. Il entrevoyait dans l’avenir cette législation en faveur des travailleurs, élaborée depuis peu, réglementant les accidents du travail, les retraites ouvrières, l’assistance aux vieillards et la protection de l’enfance. Charles Fourier a droit à la reconnaissance des travailleurs, non seulement, parce qu’il a développé parmi eux, l’esprit d’association, la répartition des bénéfices selon la formule si heureuse, capital, travail et talent ; mais surtout parce qu’il leur a fait connaître ce sentiment si beau et si noble de solidarité. […] En terminant, Mesdames et Messieurs, j’exprimerai le vœu que la généralisation des associations de production et de consommation nous permettra de nous trouver de plus en plus nombreux tous les ans, pour glorifier la mémoire de notre illustre maître Charles Fourier [10].

L’année suivante, lors des obsèques de Jenny Fumet, Ladousse et Pétrement représentent la Chambre consultative et disent quelques mots pour rendre hommage à la disparue [11].

Quand quelques disciples fouriéristes, et en particulier Maurice Lansac, tentent en 1914 de relancer le mouvement phalanstérien en organisant une « Union sociétaire », Pétrement les accueille à la Chambre consultative et participe à leur réunion [12].

Des fonctions publiques

Ses activités à la Chambre consultative le conduisent à rejoindre différents organismes pendant et après la Première Guerre mondiale : il est nommé membre de la commission de répartition des encouragements aux sociétés ouvrières de production et de crédit constituée en 1916 (Pétrement en fait partie de 1916 au moins jusqu’en 1925) [13] ; en 1918-1919, il siège au Conseil supérieur de l’Office national des pupilles de la nation, où il retrouve Briat [14] ; il est administrateur à l’Orphelinat de la coopération dont son épouse est une « dame patronnesse » [15]. Il appartient enfin au Conseil supérieur de la coopération, créé en 1918 [16]. Ces différentes activités lui permettent, sur proposition du ministre du Travail, d’être nommé en 1919 chevalier, puis en 1923 officier de la Légion d’honneur [17]. Il rend visite au Familistère de Guise en 1922 en compagnie de parlementaires, de délégués du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine, et de membres de la Chambre consultative des associations ouvrières de production [18].

En 1924, il quitte la présidence de la Chambre consultative, dont il reste administrateur.

On ignore ce qu’il devient ensuite.