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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Ladousse, Émile
Article mis en ligne le 21 avril 2025
dernière modification le 22 avril 2025

par Desmars, Bernard

Né le 8 décembre 1841 à Toulouse (Haute-Garonne), décédé le 23 octobre 1923 à Paris (Seine). Tapissier. Directeur de la Société coopérative des ouvriers tapissiers ; membre du conseil d’administration, puis président de la Chambre consultative des associations ouvrières de production. Participe à plusieurs manifestations fouriéristes.

Fils d’un passementier, Émile Ladousse embrasse la profession de tapissier et quitte Toulouse pour Paris. Il revient à Toulouse en 1867 pour se marier avec Julie Marie Louise Caminade, fille d’un fabricant de cierges. Le couple s’établit à Paris. Émile Ladousse aurait participé à la Commune du printemps 1871 [1].

Fondateur et directeur d’une coopérative

Après une grève dans les métiers de l’ameublement, une Association coopérative des ouvriers

L’Association ouvrière, 25 janvier 1909

tapissiers de Paris est fondée en 1884 [2] ; elle est placée sous la direction d’Émile Ladousse. L’entreprise est d’abord très modeste et occupe un grenier situé au 9, rue Saint-Ambroise (9e arrondissement) [3]. Puis la société se développe [4] avec des réalisations à l’Hôtel de Ville et à la mairie du 16e arrondissement [5] ; mais en 1887, des désaccords provoquent le départ de certains membres de l’association [6]. Grâce à l’aide de conseillers municipaux de Paris, la coopérative reçoit des commandes de l’Hôtel de Ville ; au cours de la seule année 1892, elle effectue des travaux de décoration dans les locaux de la Nouvelle Sorbonne, des mairies du 12e et du 14e arrondissement, du tribunal du commerce, du palais de justice, de l’Hôtel de Ville de Paris et du théâtre de la Gaîté [7].

Le développement de l’entreprise – elle compte 92 sociétaires en 1893 ; son capital passe de 6850 francs en 1884 à environ 25 000 dix ans plus tard [8] – entraîne au milieu des années 1890 la construction d’un nouveau local, placé rue de Maistre, dans le 18e arrondissement [9]. La société obtient une médaille d’or lors de l’Exposition universelle qui se tient à Paris en 1900 [10].

Un responsable du mouvement coopératif

Ladousse entre en 1889 dans le conseil d’administration de la Chambre consultative des associations ouvrières de production, dont il est le trésorier [11]. Il est membre du Comité central de l’Union coopérative des sociétés françaises de consommation [12] ; il représente avec Henry Buisson la Chambre consultative des associations ouvrières de production au congrès des sociétés coopératives de consommation organisé en août 1894 à Lyon [13]. En 1893, il est l’un des membres fondateurs de la Banque coopérative ; il fait ensuite partie de ses administrateurs [14], avant d’en être nommé directeur en 1896, puis d’être remplacé à ce poste par Raphaël Barré [15].

Il participe en décembre 1898 à une réunion organisée au Palais-Bourbon par le président de la Chambre des députés ; Paul Deschanel, favorable au développement de la coopération, accueille cinquante directeurs d’associations ouvrières, ainsi que des personnalités politiques et artistiques ; Ladousse y porte un toast dans lequel, selon le Journal des débats, il exprime « la confiance des sociétaires dans le progrès et les améliorations sociales, qui peuvent être cherchés et réalisés, non dans les utopies des systèmes ambitieux, mais dans la voie simple et droite tracée par l’idée coopérative » [16] ; il ajoute : « nous ne sommes […] ni des politiciens, ni des utopistes, mais des hommes simples, des travailleurs. Nous cherchons à réaliser pratiquement, dans l’ordre social, les théories émises par de profonds penseurs » [17].

Mais dans le rapport qu’il présente au congrès des associations ouvrières de production qui se tient à Paris en 1900, il déclare :

Les associations ouvrières de production sont une des formes pratiques du socialisme, elles procèdent et s’inspirent des idées émises par le grand penseur que fut Charles Fourier [18].

Il est membre de la commission exécutive du congrès des associations ouvrières de production, organisé à Lyon en 1901 ; il est réélu au conseil d’administration de la Chambre consultative ; il en est nommé vice-président en 1902 [19], retrouve la fonction de trésorier de 1903 à 1906 [20], avant d’accéder à la présidence en 1907 [21]. Il fait aussi partie du comité central de l’Alliance coopérative internationale [22]. Ces fonctions le mettent en relation avec des personnalités politiques, en particulier avec Paul Deschanel, Charles Floquet [23] et René Viviani [24].

En 1913, il doit abandonner la présidence de la Chambre consultative des associations ouvrières de production à Julien Pétrement en raison de son état de santé ; il en est nommé président honoraire [25]. En 1918, il est élu au conseil supérieur de la coopération [26].

Coopération et fouriérisme

Dans les années 1890, une partie des responsables de la Chambre consultative des associations ouvrières de production – Henry Buisson, Raphaël Barré, Alexandre Villa et Auguste Manoury – manifestent leur intérêt pour le fouriérisme ; ils se rapprochent de l’École sociétaire et participent à des manifestations phalanstériennes ; c’est aussi le cas d’Émile Ladousse qui représente la Chambre consultative lors de l’inauguration de la statue de Fourier en juin 1899, aux côtés d’élus locaux et des principaux responsables fouriéristes, Adolphe Alhaiza et Eugène Ledrain ; il prononce un discours lors du banquet qui suit [27].

Dans les années suivantes, il participe à plusieurs reprises à la fête organisée le 7 avril pour l’anniversaire de la naissance de Fourier ; en 1907, il prend la parole lors du banquet [28] ; en 1913, il prononce encore un discours dans lequel il rappelle « l’œuvre de Charles Fourier, qui le premier a tracé avec une précision remarquable l’organisation du travail et l’application de la solidarité. Ce sont des préceptes que les travailleurs essayent de mettre en pratique dans les associations ouvrières de production » [29].

Lors des obsèques de la fouriériste Jeanne Fumet en mars 1914, il prononce quelques mots pour rentre hommage à l’une des figures du mouvement sociétaire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle [30]. Il préside peu après une réunion de l’Union sociétaire, un nouveau groupuscule fouriériste [31].

Il envoie 10 francs au dernier organe fouriériste, La Rénovation, en 1918 [32].