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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Giot, Nicolas
Article mis en ligne le 1er mars 2025
dernière modification le 19 mars 2025

par Sosnowski, Jean-Claude

Né le 21 janvier 1777 à Étain (Meuse). Décédé le 29 novembre 1861 à Paris (Seine). Orfèvre et estampeur à Paris. Abonné au Phalanstère, à La Phalange, puis à La Démocratie pacifique. Souscripteur au crédit de Dix mille francs pour l’étude d’une fondation d’un phalanstère d’enfants.

Fils de Jean-Baptiste Giot, marchand orfèvre à Etain, et de Françoise Brinfort, il se marie le 26 brumaire An III (16 novembre 1794), à Mogeville (Meuse) avec Marie Jeanne Limousin (ou Limouzin). Le couple a neuf enfants nés à Étain dont l’aîné, Nicolas né en 1796, devenu estampeur à Paris [1], Marie Jeanne Françoise, née le 22 mai 1799, mariée à Paris le 6 juin 1821 à Auguste Mathurin Barbereau, violoniste et compositeur [2], et la benjamine Julie Adèle, née le 2 août 1809, compagne de Frédéric Charrassin. Les six autres enfants sont décédés nourrissons. Une autre fille, Antoinette Eléonore, naît à Paris vers 1811 [3].

En activité à Étain, et également à Paris à partir de 1809 [4], Nicolas Giot père est poursuivi en justice en 1815 puis 1821 [5] ; en 1821, il est alors « ci-devant bijoutier, actuellement estampeur » condamné en récidive pour n’avoir pas marqué et inscrit les ouvrages vendus sur ses registres [6]. Il est déclaré en faillite en juin 1824 [7]. Mais son nom apparaît de nouveau dans les annuaires et almanachs des années qui suivent. Il est installé bijoutier, estampeur « pour la bij[outerie] et l’orf[èvrerie] à la molette les objets pour ces deux parties » à Paris en 1826, 16 rue Sainte-Avoye [8], puis au 14 de la même rue en 1833 [9]. Il est probable que son fils Nicolas soit associé. En 1826, le Bazar parisien [10] décrit ainsi l’activité de Nicolas Giot :

[il] possède un assortiment des plus complets en matrices gravées pour les différentes parties de la bijouterie en tout genre, et l’orfèvrerie de table, etc., en argent ou plaqué ; la nombreuse collection de ses matrices permet aux bijoutiers et orfèvres de lui confier la matière pour lui donner telle empreinte qu’ils désirent. Les Modèles gravés de cette maison sont non-seulement en grand nombre, mais encore d’un excellent goût. Il en est beaucoup, principalement ceux destinés à l’orfèvrerie, qui peuvent être utilisés avantageusement, en les frappant en cuivre, pour les garnisseurs de cristaux et fabricans [sic] de nécessaires, et pour orner le cartonnage en appliques de divers sujets composés. Pour faciliter les désignations, Giot donne des collections d’empreintes numérotées. Il se charge aussi de la fonte et du laminage des métaux, moyennant un prix modique.

Le Mémorial catholique [11] signale la même année que

M. GIOT, Estampeur, rue Sainte-Avoye n°. 16, à Paris, vient de faire graver différents modèles de croix et médailles pour les cérémonies du Jubilé, qu’il fournit en coquilles ou toutes soudées, tant en or qu’en argent. Nous engageons nos abonnés à se procurer chez M. Giot les croix et les médailles qu’ils désirent avoir pour conserver le souvenir de l’ANNÉE SAINTE du Jubilé de 1826.

L’activité paraît variée et florissante sans qu’on puisse déterminer si elle est le fait du fils ou du père. En 1846, l’Almanach de la fabrique de Paris souligne que Giot est « estampeur pour la bijouterie d’or, l’orfèvrerie et tout ce qui concerne l’équipement de la garde nationale. Il a un fort balancier qu’il louera à l’heure ou à la journée » [12].
En juin 1850, une société est fondée avec seul gérant, Nicolas Giot fils. Il est associé à Mlle Antoinette Éléonore Giot [13], majeure, Marie-Jeanne-Françoise Giot, épouse Barbereau, Adèle Giot « épouse séparée de corps et de bien de M. Pierre François Laurent Miguet, rentier » [14]. Ce sont Charrassin et son fils qui succéderont à cette dernière dans l’association. Le 18 avril 1869, est dissoute la société « Giot fils et Cie » [15], ayant pour objet l’exploitation d’un fonds d’estampe, 36 rue du Temple à Paris, associant Nicolas Giot, Marie-Jeanne-Françoise Giot épouse Barbereau et Frédéric Charrassin, père et fils.

C’est au n°14 qu’en 1833, un abonnement au Phalanstère est servi au nom de Giot. Proche d’Henri Fugère, - ce dernier demande une entrevue à Fourier pour lui et Nicolas Giot en juillet 1835 [16] -, c’est bien Nicolas Giot père qui adresse un courrier à Charles Fourier le 7 mai 1836. Fourier s’est excusé pour n’avoir pu comme prévu participer à une réunion avec lui, Raymond Brucker et Henri Fugère, sans doute pour préparer le banquet ouvrier du 15 mai. En 1838, deux versements, l’un de cinquante, l’autre de vingt francs sont effectués au nom de Giot « pour la formation d’un crédit de dix mille francs » destinée à l’étude de la réalisation « d’une fondation en échelle réduite d’un phalanstère de 400 enfants ». Un abonnement est souscrit à La Phalange en 1841-1842 [17]. Un abonnement à la Démocratie pacifique est également pris au nom de Giot [18].

Lors de la déclaration de son décès effectuée par son fils Nicolas et Pierre Augustin Blondelet, tous deux estampeurs, il est veuf, rentier et réside, comme son fils, 36 rue du Temple.