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Bernard Desmars  |  mise en ligne : février 2022

Dameth, (Claude Marie, dit) Henri, ou Henry


Né le 26 septembre 1812 à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), décédé le 1er août 1884 à Troinex (canton de Genève, Suisse). Professeur d’histoire dans l’enseignement secondaire à Paris, puis journaliste et propagandiste fouriériste dans les années 1840 et sous la Deuxième République. Rédacteur de L’Avenir de Nice et professeur d’économique politique à Nice au début des années 1850. Enseignant à l’université de Genève à partir de 1853, désormais partisan du libéralisme économique.


Henri Dameth est le fils d’un instituteur exerçant à Paray-le-Monial ; il termine ses études secondaires au séminaire de Saint-Nicolas du Chardonneret, à Paris [1]. Dès 1833 – il a alors seulement 21 ans – il est professeur d’histoire au collège royal (nom du lycée de 1814 à 1848) Louis-le-Grand, fonction qu’il occupe jusqu’en 1837. Il est ensuite journaliste et collabore au National.

Henri Dameth (Bibliothèque de Genève)

Vers 1840, il étudie la théorie sociétaire ; dans Défense du fouriérisme, publié en 1841 sans nom d’auteur et disponible « chez les marchands de nouveautés » [2], il précise :

C’est en lisant et en réfléchissant seul que j’ai acquis, je ne dirai pas une conviction profonde, mes études n’ayant pas été assez complètes pour produire en moi ce résultat, et d’ailleurs l’expérimentation pouvant seule à mes yeux sanctionner définitivement la théorie de Fourier, mais du moins la sympathie la plus vive et le respect le plus profond pour cette doctrine, dont le but est si grand et si généreux, les moyens si merveilleux à la fois, si simples et si faciles.

Il déclare alors ne connaître « ni M. Considerant, ni aucun membre de l’École sociétaire » [3]. Cependant la seconde édition de Défense de fouriérisme est disponible au « bureau de La Phalange ». Il prend ensuite des actions de la Société fondée en 1843 pour publier La Démocratie pacifique [4]. Puis, en 1844, il fait paraître un ouvrage de 300 pages, Notions élémentaires de la science sociale de Fourier, une nouvelle fois sans nom d’auteur, mais publié à la Librairie de l’École sociétaire. Quand l’ouvrage est réédité en 1846, il est signé Henri Gorsse, du nom de sa mère, Marguerite Gorsse (ou Gorce) [5]. Des passages paraissent dans La Démocratie pacifique [6], et l’ouvrage figure désormais régulièrement dans les annonces et les extraits du catalogue de la librairie sociétaire qui paraissent dans le quotidien fouriériste.

Cependant, il mène son travail de propagande un peu en marge de l’École sociétaire [7] ; il ne fournit à La Démocratie pacifique que quelques articles pendant le second semestre 1847, consacrés principalement aux questions politiques et à la polémique entre journaux [8] ; il ne figure pas parmi les orateurs des banquets organisés chaque 7 avril pour célébrer la mémoire de Fourier.

Réunir les socialistes

Son activité s’intensifie sous la Deuxième République. Selon La Révolution démocratique et sociale, Dameth se voue à partir de « la révolution de Février à l’émancipation intellectuelle des masses. Clubs, cours publics, brochures, articles de journaux, tous les modes de propagande [sont] employés avec un infatigable dévouement par cet apôtre de la démocratie sociale » [9]. La Démocratie pacifique signale ses interventions au Club des républicains socialistes, où, en mai 1848, il dispense un cours sur l’organisation du travail [10], parfois en association avec Victor Hennequin [11].

Mais Henri Dameth œuvre d’abord à l’unité des différents courants socialistes. En juillet 1848, il publie un Appel aux socialistes, dans lequel il expose le projet d’une « Société populaire de propagation et de réalisation de la science sociale », qui aurait un double objectif : la propagation des idées socialistes et leur concrétisation sous la forme d’associations, tels que des commerces sociétaires – boulangeries, épiceries, etc. –, des comptoirs communaux, des organismes de crédit [12]. Pour diffuser ses idées, la Société disposerait d’un Bulletin qui présenterait ses activités et proposerait « des plans spéciaux d’association », par exemple entre « les patrons et ouvriers pour transformer tous les ateliers dont les chefs compteront parmi les membres de la Société et en faire disparaître le salariat » ; elle créerait aussi un « journal de propagande populaire de science sociale » et une « librairie composée des meilleurs travaux socialistes existants, mis à la portée du peuple » ; enfin, elle ouvrirait des « cours de science sociale » dans les quartiers populaires de Paris et en province. Dameth insiste sur le fait que le projet concerne à la fois les hommes et les femmes [13].

Cet Appel ne cite aucun nom de théoricien socialiste ; il ne mentionne pas non plus l’École sociétaire, même si le vocabulaire utilisé – on y trouve par exemple « garantisme », « séries simples » et « séries composées » – et l’objectif assigné – « l’Association intégrale » – rappellent le projet fouriériste.

Quelques semaines plus tard, dans une seconde brochure intitulée Agitation socialiste, Dameth affirme :

Notre appel a été entendu ; de tous les points de la société, il nous est venu des adhésions chaleureuses, à l’heure qu’il est, nous touchons l’exécution [14].

Il s’agit donc maintenant de passer à l’action ; un comité est formé, afin de préparer la création d’« un vrai parti, compact, unanime dans le but et dans les moyens, et marchant au triomphe de ses principes, non plus par l’émeute, la confusion, la violence, mais par l’exercice intelligent et puissant de ses libertés politiques et par la pratique de la fraternité » [15]. Dans Agitation socialiste, Dameth apporte des précisions sur l’organisation de l’association et propose un « credo socialiste ou principes généraux d’organisation sociale et politique » [16].

Finalement, ces projets débouchent sur la création de la « Solidarité. Société populaire pour la propagation et la réalisation de la Science sociale », présentée vers la mi-octobre dans un bref imprimé de quatre pages, co-signé par Dameth (président de Solidarité), et par les vice-présidents Tournot et Jeanne Deroin, le secrétaire Jean Macé et le trésorier Bourreif. Il s’agit encore de conjuguer le travail de propagande et les réalisations concrètes (commerces sociétaires, associations diverses) ; ainsi,

le prolétaire arrivera enfin à réaliser, pour ses propres mains, l’œuvre de son émancipation, et à préparer légalement, sans effusion de sang, les matériaux de la vraie et définitive révolution, la REVOLUTION SOCIALE [17].

Un « bulletin intérieur » fait en février 1849 le bilan de « six mois d’étude » réalisées par plusieurs comités. Le projet le plus avancé est l’œuvre du « comité de l’organisation des échanges », qui, ayant présenté ses réflexions « devant des assemblées nombreuses et dans plusieurs quartiers de Paris », adopte le principe de « l’organisation de l’échange des travaux, services et produits de tout ordre entre eux, sans le secours de l’argent, et par le simple usage du bon d’échange » [18] ; les statuts d’une « société commerciale pour la réalisation de l’échange » sont rédigés, et, en février 1849, Dameth et ses amis annoncent l’ouverture prochaine de l’Office d’échange avec des succursales dans plusieurs quartiers de Paris [19]. Il est également prévu la constitution d’un comité d’épargne afin de fonder une « caisse d’épargne ». Enfin, un « comité du travail » réfléchit à l’organisation de séries industrielles, c’est-à-dire à la formation d’associations réunissant les membres d’une même profession ; ces associations disposeraient d’un bureau de placement et d’un fonds de retraite, organiseraient l’enseignement professionnel, apporteraient un secours en temps de chômage ou en cas de maladie. Enfin, « toutes les séries ou corporations industrielles se relieront entre elles par une solidarité supérieure qui assurera à chacune la protection de toutes ».

Cependant, à lire ce compte rendu, on comprend dès le début – « Nous avons à vous adresser des paroles graves et solennelles » – que Solidarité est dans une situation difficile ; certains adhérents se sont éloignés et les cotisations ne sont plus régulièrement versées, alors que l’organisation emploie deux salariés et doit payer un loyer [20]. Aussi faut-il « que tout membre de la Solidarité se prononce immédiatement sur le parti qu’il doit prendre » [21]. On n’entend plus parler ensuite de cette association, dont le programme, comme le souligne Michel Cordillot, « préfigur[e] l’ensemble des activités que les associations ouvrières et la gauche démocrate et socialiste s’attachèrent à mener jusqu’à la chute de la Deuxième République » [22] ; Solidarité annonce en particulier l’Union des associations, ou Association fraternelle et solidaire de toutes les associations, portée par Jeanne Deroin en 1849-1850, et la Propagande démocratique et sociale, animée par Jean Macé.

Le projet conduit par Dameth et ses amis n’est pas mentionné dans La Démocratie pacifique [23]. Il est possible que les dirigeants du mouvement fouriériste aient vu avec méfiance une entreprise qui, sur certains points, peut entrer en concurrence avec les travaux de l’École sociétaire.

Banquets et répression

L’activité déployée par Dameth lui attire quelques ennuis. Après les journées de Juin 1848, le gouvernement impose des conditions plus restrictives aux activités des clubs, dont sont exclus les femmes et les enfants, tandis qu’il est désormais interdit de percevoir un droit d’entrée. Afin d’échapper à cette législation, Dameth organise ses séances de propagation, non plus sous la forme de réunions suivies de discussions, mais comme un enseignement pour lequel il obtient l’autorisation de la préfecture de police et du ministère de l’Instruction publique ; il ouvre en août 1848 « un cours populaire de sciences sociale », qui se déroule le mardi et le vendredi, salle des Capucins, boulevard du Temple [24].

Selon La Révolution démocratique et sociale,

Pendant trois mois, le citoyen Dameth développa les principes de la science nouvelle avec cette modération de forme, avec cette élévation et cette chaleur d’idées qui sont les caractères de son talent, devant une foule attentive et toujours plus nombreuse. Les commissaires de police qui surveillèrent assidûment des réunions, n’y trouvèrent jamais rien à reprendre [25].

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de décembre 1848, les « cours » sont remplacés par des réunions électorales qui, présidées par Dameth, accueillent les « orateurs les plus estimés du parti démocratique ». Après le scrutin du 10 décembre, les cours reprennent « leurs allures calmes et doctrinales » [26]. Mais selon les autorités, ils dissimulent les activités d’un club sans respecter la législation puisque des femmes et des enfants sont présents aux « conférences » et qu’un droit d’entrée de 10 centimes est perçu [27].

En décembre 1848 et janvier 1849, Dameth est poursuivi devant le tribunal correctionnel ; il a beau affirmer qu’il s’agit bien d’un enseignement et non d’un club, il est condamné à 200 francs d’amende et aux frais de justice pour avoir enfreint la législation sur les réunions publiques [28].
Les activités de Solidarité attirent aussi l’attention de la justice : le 5 février 1849, Dameth est arrêté par la police ; la cause serait « la confusion faite par l’autorité entre la Solidarité et la Solidarité républicaine » explique Dameth qui, après avoir souligné le caractère apolitique de son association, est libéré le lendemain ; mais il craint de nouvelles poursuites [29]. En effet, la police perquisitionne son domicile le 15 juin et le met en détention pendant au moins deux semaines [30].
Il n’en poursuit pas moins ses activités militantes. Il participe à de nombreuses réunions [31] ainsi qu’à des banquets socialistes lors desquels il prononce généralement des discours : le banquet des femmes socialistes [32], un banquet démocrate socialiste [33] ; un banquet socialiste [34] ; un banquet populaire phalanstérien [35] ; un banquet des prêtres socialistes [36] ; un banquet des blessés et combattants de février [37].

Le projet de cités industrielles

Fin 1849 ou début 1850, il publie une brochure sur les « cités industrielles » [38], devant réunir à la fois des prolétaires et les bourgeois. La « cité de l’Union », telle qu’il l’envisage, devrait offrir :

1° Le logement salubre, confortable et économique ; 2° Un certain degré facultatif d’association […] ; 3° Un centre de consommation et de production fonctionnant par voie d’échanges […] ; 4°Un comptoir communal organisant […] le crédit pour tous ; 5°Un institut complet d’éducation populaire embrassant : la crèche, la salle d’asile, l’école primaire de chaque sexe, les écoles professionnelles, les cours élémentaires de dessin et de musique, de sciences naturelles et de mathématiques. En un mot, un foyer supérieur de sociabilité et d’éducation, de confort et de luxe collectif, de culture des arts et de perfectionnement moral de tous les hommes par l’amélioration même des conditions de leur vie physique [39].

Dameth précise ensuite les conditions financières et matérielles de la première cité, prévue pour 600 familles, c’est-à-dire environ 2 400 habitants. Il en établit le plan et l’architecture, puis insiste sur les activités éducatives [40], mais aussi sur les « ateliers de chômage […] destinés à offrir du travail à tous les ateliers de la Cité lorsqu’ils en manqueront dans leurs professions respectives » [41].
La Démocratie pacifique recommande « vivement à l’attention publique le mémoire sur les Cités industrielles que vient de faire paraître M. Dameth » ; selon le périodique fouriériste, il s’agit du « travail le plus important et le plus complet qui ait été publié jusqu’à ce jour sur la conception des Cités » [42]. Parallèlement, Dameth commence un cours public « sur l’histoire de la civilisation » dans les locaux de l’Association polytechnique [43]. En avril 1850, il participe aux débats des démocrates-socialistes concernant la désignation d’un candidat pour une législative complémentaire à Paris ; il se prononce en faveur du fouriériste Villegardelle, auquel est finalement préféré Eugène Sue [44]. Il fait encore paraître un article en septembre 1850 dans La Démocratie pacifique [45]. Pendant le second semestre 1850 ou au plus tard début 1851, il quitte Paris, peut-être pour des raisons de santé, peut-être pour éviter d’être inquiété par la police française qui surveille les socialistes [46].

Journaliste et professeur à Nice

Il s’établit à Nice, qui fait alors partie du royaume de Piémont-Sardaigne. Il participe à la rédaction de L’Avenir de Nice, dont la publication commence en août 1850 et dont le propriétaire, Auguste Carlone, est l’une de ses relations [47]. Ce journal est d’orientation libérale et francophile. Dameth y rédige l’article qui paraît en première page ; il y traite généralement de la situation politique en Europe – le plus souvent en s’appuyant sur la situation française – et promeut les valeurs démocratiques et libérales, avec de nombreux articles consacrés aux institutions, aux systèmes électoraux, aux libertés et aux rapports entre l’État et l’Église catholique.

Les problèmes sociaux sont beaucoup moins présents que les questions politiques dans L’Avenir de Nice ; toutefois, en février 1851, Dameth analyse les débats de l’Assemblée législative française concernant « l’enquête sur le travail » ; cette question, écrit-il, « dépasse par son importance l’enceinte de cette assemblée et celle de la France elle-même ; c’est une question sociale et universelle […] Partout, en Angleterre comme en France, en Italie comme en Allemagne, en Amérique en Europe, les souffrances des classes laborieuses sont aiguës et profondes ; partout elles appellent des remèdes énergiques sous peine de commotions et de bouleversements désastreux » ; cependant, Dameth ne fait aucune allusion aux solutions socialistes et en particulier fouriéristes [48]. En janvier 1852, à l’occasion d’un conflit social, il insiste sur l’importance de « la question redoutable des rapports du capital et du travail, question qui bientôt prendra la place dans toute de l’Europe de la question politique et qui est destinée à donner aux gouvernements et aux classes régnantes encore plus de soucis que celle-là » ; il souligne la force des associations de travailleurs en Angleterre ainsi que « l’intime solidarité qui relie les intérêts du capital et ceux du travail et doit amener une fusion harmonique entre ces deux principes nécessaires de toute production » [49]. Par ailleurs, Dameth signe à plusieurs reprises des articles sur le théâtre et sur l’opéra dans la rubrique « Revue théâtrale » [50].

Selon un article paru quelques décennies plus tard dans L’Économiste français, c’est lors de ce séjour à Nice qu’il aurait approfondi ses connaissances dans le domaine de l’économie politique ; « ses yeux alors se dessillèrent ; il abjura ses erreurs socialistes et s’éprit, pour la science qui venait de lui être révélée, d’une passion réfléchie à laquelle il devait rester fidèle jusqu’à la fin de sa vie » [51].

En effet, à côté de ses activités journalistiques, Dameth enseigne à l’École de commerce de Nice ; il commence aussi en janvier 1851 un « cours d’économie politique » au Cercle du commerce ; ce cours a d’abord lieu le dimanche après-midi et accueille un large auditoire. Selon L’Avenir de Nice,

le public était aussi nombreux que pouvait le permettre la grandeur des salons affectés à cet usage. […] L’impression générale a été on ne peut plus satisfaisante. Dans une improvisation facile et brillante, le professeur a fait ressortir l’urgence et la grandeur des études économiques. Il a montré cette science nouvelle sortant, pour ainsi dire, des entrailles de la société actuelle pour raffermir ses bases ébranlées, pour constituer un terrain de conciliation sur lequel les représentants de la tradition et les hommes d’avenir pussent se rencontrer et travailler de concert au bonheur public. Il a fait ressortir avec beaucoup d’éclat l’intime solidarité qui liait les destinées de la démocratie à celles de l’industrie ; et de ce haut point de vue, il a pu, avec l’autorité de la science, qui réalise déjà tant de merveilles, prophétiser les splendeurs de l’avenir [52].

Le programme de ce « Cours d’économie politique » prévoit dans sa troisième et dernière partie une « Histoire de l’économie politique », qui, après l’examen des travaux de Quesnay, Smith, Malthus, Ricardo, Say, Bastiat et autres, doit comprendre une présentation les « écoles socialistes : Saint-Simon, Fourier, Louis Blanc, Cabet, P. Leroux, Proudhon, Aug. Comte, etc. » [53]. Cependant, il ne peut être mené à bout : en effet, Dameth est à plusieurs reprises inquiété par les autorités du royaume de Piémont-Sardaigne. Son « cours d’économie politique » est brièvement suspendu en février 1851 [54]. Et en mai 1851, Dameth reçoit l’ordre de quitter Nice [55]. Il séjourne alors à Turin, puis, grâce à la protection de Cavour, obtient en juillet l’autorisation de retourner à Nice [56] où il retrouve ses fonctions à la rédaction de L’Avenir de Nice [57]. Son « Cours d’économie politique » reprend en décembre 1851 ; douze séances sont prévues, la dixième devant présenter le 19 février 1852 « les écoles socialistes » [58]. Cependant, le cours semble s’être arrêté avec la sixième séance, le dimanche 25 janvier 1852 [59].

Dameth continue à écrire dans L’Avenir de Nice  ; mais en octobre 1852, il reçoit l’ordre de quitter le royaume de Piémont-Sardaigne, sans que le motif soit indiqué ; mais, écrit-il avant de quitter Nice, « le gouvernement sarde n’a fait en cela que condescendre aux réclamations du gouvernement français. Depuis longtemps, la menace d’expulsion était suspendue sur ma tête » [60].

Professeur à l’université de Genève

Henri Dameth s’installe en Suisse ; dès 1853, il commence à enseigner au sein de l’Académie de Genève, qui devient l’université de Genève en 1876. Selon Le National suisse, il aurait « débuté […] par un cours de philosophie transcendantale » avant de « professe[r]l’économie politique ». Pour le même journal, c’est le « Conseil d’État […] [qui] a gratifié l’Académie de M. Dameth, débarqué nous ne savons d’où » [61]. Le Journal de Genève affirme que sa nomination est illégale comme l’auraient déjà été plusieurs autres à des postes de l’Académie, qui seraient liées à des interventions politiques [62]. En mars 1855 encore, le Journal de Genève regrette – ou feint de regretter – que l’Académie de Genève ne parvienne pas à trouver un professeur pour sa chaire d’économie politique [63] ; Dameth écrit à la rédaction :

Permettez-moi donc, M. le rédacteur, de vous révéler ma modeste existence que vous ne paraissez pas soupçonner, et de vous apprendre qu’il y a plus de deux ans que j’enseigne l’économie politique à l’Académie de Genève, d’abord sur l’invitation du gouvernement, et maintenant chargé officiellement des cours [64].

Cependant, répond la rédaction, « M. Dameth ne fait en aucune façon partie de l’Académie, […] il est simplement chargé d’y enseigner provisoirement l’économie politique » [65].

Finalement, la situation de Dameth se stabilise. Il se présente au concours ouvert à la faculté de droit pour la chaire d’économie politique ; il rédige à l’appui de sa candidature un mémoire intitulé Le Juste et l’utile dans lequel il examine les « rapports de la morale et de l’économie politique » [66] . Il est nommé titulaire du poste en octobre 1855 [67]. En 1861, il est aussi chargé, par intérim, de la chaire d’histoire [68]. Il fait également un cours « d’économie politique » à la faculté de lettres [69], et à la fin des années 1870, un cours de « Finance » et un autre de « Statistique » à la faculté de droit, en plus de sa chaire d’économie politique qu’il conserve jusqu’à sa mort.

À cela s’ajoutent de nombreuses interventions en dehors de l’Académie de Genève : en 1856 « un cours de six séances […] sur l’économie politique », dans le cadre des « cours publics et gratuits » donnés à Genève ; ce cours est renouvelé dans les années suivantes [70] ; Dameth dispense aussi des enseignements d’économie au Gymnase de Genève [71], à l’École industrielle jusqu’en 1865 [72] et à la Chambre de commerce de Genève [73]. Dans l’hiver 1864-1865, il professe un cours d’économie politique chaque samedi soir à Lyon, sur l’invitation de la Chambre de commerce [74] ; dans les années suivantes – au moins jusqu’au début des années 1870 [75] –, il continue son enseignement à Lyon, la toute jeune Société d’économie politique s’associant à la Chambre de commerce pour organiser les séances [76]. Il intervient aussi, toujours à Lyon, à partir de 1866, dans le cadre des cours pour adultes organisés le dimanche par la Société d’enseignement professionnel du Rhône, fondée en 1864 autour de l’industriel Arlès-Dufour [77].

Henri Dameth vers 1870 (Bibliothèque de Genève)

À côté de son activité d’enseignement, il participe aussi aux travaux de plusieurs associations et sociétés savantes locales : l’Institut genevois, dont il devient « membre effectif » en 1860 [78], mais dont il fréquente la section des sciences morales et politiques dès le milieu des années 1850 [79] ; la Société genevoise d’utilité publique, avec des rapports sur la participation des ouvriers aux bénéfices du patron [80], sur le travail des femmes [81] et sur « l’enseignement professionnel à donner aux jeunes filles » [82].

Il contribue aux débats concernant l’économie helvétique, la législation douanière, l’industrie horlogère, les projets de réforme bancaire et de création d’une banque fédérale d’émission, la propriété industrielle ou encore les conflits sociaux et l’institution de prudhommes pour éviter les grèves. Il le fait en utilisant différentes voies : des mémoires rédigés à l’occasion de concours organisés par les autorités municipales et cantonales [83] ; de nombreuses conférences qu’il prononce à Genève [84], mais aussi à Lausanne [85] ; sa participation à des commissions, comme celle désignée en 1866 par le conseil municipal de Genève pour examiner la situation de l’école d’horlogerie [86] ; et une collaboration régulière au Journal de Genève à partir du milieu des années 1860, d’abord sous la forme de lettres, puis avec de longs articles publiés en une, comme des éditoriaux. « Partout nous trouvons son nom au bas de brochures, de lettres et d’articles qui n’ont pas été sans influence sur les solutions adoptées » [87].

Il est aussi en relation avec les milieux d’affaires genevois et délivre ses conseils à des sociétés d’assurance et de crédit [88]. Il porte en 1860-1861 un projet de création d’une banque de crédit mutuel [89]. Il participe à la reconstitution de la Chambre de commerce de Genève en 1865-1866 [90] ; il est un moment vice-président du conseil d’administration de la Banque générale suisse [91]. Il est également l’un des quatre fondateurs en 1867 de l’Association coopérative immobilière, une société qui a pour objectif la construction de logements destinés à être acquis par des ouvriers [92]. L’association peine à réunir des capitaux. Pendant ses deux premières années d’existence, elle parvient cependant à construire une dizaine de maisons, équipées d’une cave, d’un grenier et d’un petit jardin. En 1869, elle envisage la création de dix à quinze autres maisons [93]. Mais elle semble avoir disparu peu après.

Enfin, il participe à plusieurs congrès nationaux ou internationaux : le « congrès de l’impôt » à Lausanne en 1860 [94] ; le congrès de l’Association internationale pour le progrès des sciences sociales, à Berne en 1865 – Dameth y préside la section « Bienfaisance et hygiène » [95] ; et, en 1877, à nouveau à Berne, le congrès organisé par la Fédération britannique et continentale pour l’abolition de la prostitution ; Dameth y préside la section d’économie sociale qui, dans la synthèse de ses travaux, considère que « la mère de famille […] ne saurait exercer un état manuel sans que la famille et le ménage en souffrent », mais qui, soulignant la faiblesse des salaires des femmes, se montre favorable à l’éducation professionnelle, sans « fermer aux femmes aucune branche d’enseignement », afin qu’elles puissent ensuite bénéficier de meilleures salaires et échapper à la prostitution [96].

Un économiste libéral, adversaires des « utopies socialistes » [97]

Dans les années 1850, Henri Dameth reste en contact avec ses condisciples fouriéristes. Il est l’un des actionnaires de la Société européo-américaine de colonisation au Texas ; il assiste le 1er septembre 1857 à une assemblée générale de la société et y occupe les fonctions de secrétaire [98]. Il figure sur un répertoire d’adresses de l’École sociétaire élaboré sous le Second Empire [99]. Mais ces relations – d’ailleurs peu fréquentes semble-t-il – ont apparemment cessé après 1860. À ce moment, il s’est alors nettement éloigné du socialisme.

Henri Dameth est désormais un libéral convaincu, qui revendique l’héritage de l’économiste Frédéric Bastiat. Dans ses articles, dans ses ouvrages et dans ses rapports, il se prononce en faveur des initiatives privées et se déclare hostile à l’intervention publique. Dans son mémoire de 1861-1862 sur les difficultés de l’industrie horlogère genevoise, il repousse l’intervention gouvernementale ; pour lui, « une prudente gestion des affaires, la supériorité de production industrielle, la loyauté dans les tractations, la prévoyance et l’économie dans les affaires privées sont et resteront toujours les seuls remèdes vraiment efficaces contre des calamités de ce genre » [100].

Il expose méthodiquement des idées libérales dans son Introduction à l’étude de l’économie politique, qui résulte du cours qu’il dispense à Lyon en 1864-1865 [101].

Dans l’hiver 1868-1869, Dameth consacre son enseignement à la Chambre de commerce de Lyon au mouvement socialiste [102]. Il ne cache pas son engagement fouriériste antérieur.

Celui qui parle ici n’hésite pas à le déclarer : il tient les utopies sociales pour généreuses dans leurs aspirations, et comme susceptibles d’inspirer d’honnêtes dévouements. Pourrait-il même penser autrement, après avoir été dans sa jeunesse l’adepte zélé d’une de ces doctrines ? [103]

Pourquoi a-t-il ainsi changé ? « Est-ce par ambition ou par amour du lucre ? ». Non, répond-il, puisque l’enseignement de l’économie politique n’offre ni richesse, ni honneurs.

Avoir passé du socialisme à l’économie politique n’exprime donc qu’une chose : le redressement de l’esprit par l’étude, l’investigation scientifique substituée aux élans de l’imagination et du sentiment. Quiconque prendra la même route arrivera au même but [104].

Dameth ajoute :

Perdre la foi aux théories absolues, ce n’est point prendre son parti du mal existant ni déserter la cause de ceux qui souffrent. Le dévouement à cette noble cause se retrempe, au contraire, dans les sévères travaux de l’analyse, et son énergie s’accroît en raison de la certitude des principes qu’il y puise [105].

Lors de la quatrième séance, il examine le saint-simonisme, qui, selon lui, n’est plus qu’un souvenir et auquel il n’accorde qu’un bref moment [106] ; il présente le fouriérisme un peu plus longuement [107] en signalant qu’une « tentative de restauration [se] produit actuellement ; mais les difficultés sont plus grandes qu’autrefois. La théorie de Fourier est presque aussi inconciliable avec le mouvement socialiste actuel, dans ses visées pratiques, qu’avec la société existante » [108]. De façon générale,

cette doctrine offre-t-elle autre chose qu’un ensemble d’hypothèses plus ou moins séduisantes, les unes opposées à la raison et à l’expérience universelles, les autres totalement invérifiables ? [109]

Dameth présente aussi le « communisme » d’Étienne Cabet et de Louis Blanc ; le « socialisme libéral » de Proudhon. Après les « sectes utopiques », il examine de façon beaucoup plus favorable « le mouvement coopératif, ou l’association ouvrière » [110] ; opposant les coopératives des années 1860 à celles de 1848, il fait l’éloge des premières qui ont « mis de côté à peu près toute visée utopique » et qui contribuent « à la formation d’ouvriers capitalistes » – ce qui constitue « le vrai mérite de la coopération » – et « à l’éducation économique des classes ouvrières » [111].
D’ailleurs, la société immobilière genevoise qu’il a co-fondée dans la seconde moitié des années 1860 « mérite éminemment le titre de coopérative, puisqu’elle unit les efforts des diverses classes, des riches et des pauvres, pour un but philanthropique et social » [112]. Sa conception de la coopération, qui vise d’abord la conciliation sociale, lui attire les vives critiques de Michel Bakounine pour qui Dameth est un « apostat du socialisme » [113].
Le professeur genevois s’inquiète beaucoup du développement du « socialisme militant » [114], qu’il observe dans l’Association internationale du travail ; ce « nouveau socialisme » d’inspiration collectiviste a pour but « la révolution sociale » ; il veut « enrôler et discipliner la totalité des ouvriers de main-d’œuvre du monde civilisé, pour une lutte décisive et universelle contre le capitalisme et le patronat » [115], avec des « conséquences […] désastreuses » sur l’économie et la société [116]. A ces courants socialistes, Dameth oppose « l’économie politique » qui repose sur la science et dont « les inductions […] se trouvent être l’inverse des affirmations du socialisme » [117].

Un Français à Genève

Dameth s’est rapidement intégré à la vie culturelle genevoise, et en particulier à ses activités musicales. En 1856, « le professeur Dameth a fort bien chanté le rôle de l’ange » dans un oratorio de Mendelssohn, signale La Gazette de Lausanne [118]. Il préside un « comité central des sociétés de chant » qui organise des concerts ; il rédige un rapport sur une fête cantonale qui a lieu à la Chaux-de-Fonds [119]. Il lui arrive aussi d’intervenir dans les rubriques théâtrale et musicale du Journal de Genève [120], comme il le faisait dans L’Avenir de Nice. Il regrette le « peu de prix que l’on paraît attacher à Genève à la critique d’art en en général et à la critique théâtrale en particulier » [121].
En avril 1862, il épouse Augustine Dupuy, « peintre » domiciliée à Genève d’après l’annonce du mariage parue dans le quotidien genevois [122].
Mais en même temps, Henri Dameth reste très lié à la France. À partir de 1860, il assiste régulièrement à Paris à des réunions de la Société d’économie politique [123]. Pendant la guerre de 1870-1871 et le siège de Paris, il participe à une collecte de fonds organisée par les Français de Genève et destinée à financer une ambulance à Paris [124]. Lors de la Commune, il publie plusieurs textes dans le Journal de Genève, bien sûr très hostiles à l’insurrection parisienne, dont il déplore les « atroces et sauvages procédés » et l’« hideuse et gratuite barbarie » [125]. En 1872, il préside un comité des Français de Genève qui organise une « souscription de délivrance du territoire national » afin de contribuer au financement de l’indemnité que la France doit verser à l’Empire de Guillaume 1er pour hâter le départ des troupes allemandes des régions occupées en France [126]. Il est également à la tête d’une Société d’assistance pour Français malades à Genève [127].
Il suit très activement la politique française, qu’il commente de 1872 à 1883 dans des articles intitulés « La situation politique de la France », dans le Journal de Genève  ; il est favorable à la consolidation de la République et soutient vers 1880 l’anticléricalisme des républicains. Il est élu en 1876 membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section d’économie politique [128]. À partir de 1878, L’Économiste français, dirigé par le libéral Paul Leroy-Beaulieu, publie ses « Lettres de Suisse » dans lesquelles il commente la situation économique et financière de la Suisse [129].
Cependant, vers 1880, sa position devient plus fragile : sa popularité décline au sein de la colonie française de Genève, en raison de ses opinions. Le 14 juillet 1883, il assiste à une fête organisée pour célébrer la prise de la Bastille. Il y prononce un toast (« à la liberté de conscience, dont on parle beaucoup, mais que l’on ne paraît pas toujours bien comprendre ») qui est accueilli « sans enthousiasme » par l’auditoire [130]. Dans les milieux académiques, son libéralisme est contesté. En 1880, l’université de Genève crée un nouveau cours qui porte sur « les systèmes sociaux » ; Dameth critique cette innovation, qui, selon lui, « empièt[e] sur [son] propre domaine », puisque « l’exposition des systèmes sociaux n’est rationnellement admissible que sous les auspices de la science économique » [131]. Au début des années 1880,

sa situation était devenue difficile à Genève, où le socialisme d’État a pris pied, comme ailleurs, dans les conseils du gouvernement, où son libéralisme intransigeant et son inébranlable obstination à n’enseigner que ce qu’il savait être vrai, juste et utile, lui avaient fait plus d’un ennemi [132].

Les articles qui paraissent au lendemain de mort de Dameth rappellent son adhésion au fouriérisme, présentée comme le produit de « sa vive imagination » ; l’en l’auraient ensuite éloigné « son bon sens naturel et une étude plus approfondie des phénomènes sociaux [et de] l’économie politique » [133].


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : février 2022

Notes

[1Le Sémaphore de Marseille, 9 août 1884, nécrologie.

[2Le titre complet est : Défense du fouriérisme. Réponse à MM. Proudhon, Lamennais, Reybaud, Louis Blanc, etc. Premier mémoire. Réfutation de l’égalité absolue. Solution du problème du paupérisme ; de la richesse générale et du travail par la théorie de Fourier, Paris, chez les marchands de nouveautés, 1841, 113 p. Cependant, malgré ce qu’annonce le sous-titre, il n’est pas paru de second mémoire ; et seul Proudhon est visé dans cette brochure. Il répond dans Avertissement aux propriétaires, ou Lettre à M. Considerant, rédacteur de La Phalange sur une Défense de la propriété, Besançon, chez l’auteur, et Paris, Prévot, 1841, 115 p. (en ligne sur Gallica).

[3Ibid., p. 15.

[4École normale supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier 8, Société du 15 juin 1843, assemblée générale du 17 mai 1847 ; Dameth fait partie des actionnaires.

[5C’est Gorsse dans l’acte de naissance d’Henri ; mais Gorce dans l’acte de mariage de Marguerite et François Dameth, le 28 février 1810.

[6La Démocratie pacifique, 3 octobre 1846, « Variétés ».

[7Sur l’engagement fouriériste de Dameth, voir Marc Vuilleumier, « Quelques remarques sur l’utilité de la recherche biographique pour l’étude du mouvement fouriériste », Cahiers Charles Fourier, 2012, n°23, p. 23-41 ; en particulier p. 33-41 sur Dameth.

[8« Tableau des matières contenues dans le tome IX de La Démocratie pacifique (du 1er juillet au 31 décembre 1847) », supplément à La Démocratie pacifique, 11 février 1848. Dameth est dans la « liste alphabétique des personnes qui ont concouru à la rédaction du tome IX », sous le nom de « Damet »

[9La Révolution démocratique et sociale, 6 janvier 1849.

[10La Démocratie pacifique, 14 mai et 22 mai 1848.

[11La Démocratie pacifique, 16 juin 1848.

[12Appel aux socialistes, Paris, Impr. E. Duverger, 1848, 8 p.

[13Ibid., p. 5 : « Que chaque travailleur, homme ou femme, devienne un apôtre, un soldat de la fraternité » et « Tout citoyen, homme ou femme, sera reçu au nombre des associés ».

[14Agitation socialiste. Propagation et réalisation de la science sociale, Paris, Impr. de Mme de Lacombe, 1848, p. 1.

[15Ibid., p. 2.

[16Ibid., p. 10-24.

[17Solidarité. Société populaire pour la propagation et la réalisation de la science sociale, Paris, Impr. de Mme de Lacombe, 1848, p. 4.

[18La Solidarité, société populaire pour la propagation et la réalisation de la science sociale. Bulletin intérieur des travaux de la société, Paris, Impr. de Mme de Lacombe, 1849, p. 3.

[19Ibid., p. 4.

[20Ibid., p. 9-10.

[21Ibid., p. 11.

[22Michel Cordillot, « Les fouriéristes et l’émergence de la coalition démoc-soc à l’automne 1848 », Cahier Charles Fourier, décembre 2002, n°13, p. 73.

[23Ibid., p. 74.

[24La Démocratie pacifique, 23 et 25 août 1848.

[25La Révolution démocratique et sociale, 6 janvier 1849.

[26La Révolution démocratique et sociale, 6 janvier 1849.

[27Le Courrier, 24 décembre 1848.

[28La Révolution démocratique et sociale, 24 et 26 décembre 1848, 1er et 6 janvier 1849.

[29La Solidarité, société populaire pour la propagation et la réalisation de la science sociale. Bulletin intérieur…, p. 2 ; La Démocratie pacifique, 6 et 7 février 1849.

[30La Presse, 2 juillet 1849. Reproduction d’une lettre de Dameth envoyée depuis la prison de la Force.

[31La Démocratie pacifique, 10 novembre 1848.

[32La République, 1er mai 1849.

[33La Démocratie pacifique, 23 décembre 1848.

[34La Démocratie pacifique, 24 janvier 1849.

[35La Démocratie pacifique, 16 avril 1849.

[36La Démocratie pacifique, 1er mai 1849.

[37La Démocratie pacifique, 19 mai 1849.

[38Mémoire sur la fondation des cités industrielles dites Cités de l’union, Paris, Impr. de Schneider, 1849, 31 p.

[39Ibid., p. 8.

[40Ibid., p. 20-22.

[41Ibid., p. 22-23.

[42La Démocratie pacifique, 12 janvier 1860.

[43La Presse, 15 octobre 1849.

[44La Démocratie pacifique, 15 avril 1850.

[45« Démocratie et industrie », La Démocratie pacifique, 1er septembre 1850. Peut-être Dameth a-t-il tenté de créer un périodique. L’Événement du 11 juillet 1850 signale un contentieux judiciaire qui oppose un nommé « M. Dameth, gérant de L’Ordre social » à un imprimeur de Laon. Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France signale la parution le 6 mai 1849 du spécimen d’un périodique intitulé L’Ordre social.

[46D’après les nécrologies parues dans le Journal de Genève, 3 août 1884, et dans Le Sémaphore de Marseille, 9 août 1884.

[47Henri Dameth signe son premier article dans le numéro du 26 janvier 1851 ; mais sa collaboration a pu commencer plus tôt, la plupart des articles n’étant pas signés. Peut-être a-t-il d’ailleurs été le correspondant parisien de L’Écho des Alpes maritimes (janvier 1848-août 1850), qui a précédé L’Avenir de Nice  ; il a connu l’un des propriétaires de ces journaux, Auguste Carlone (1812-1873), à Paris où les deux jeunes hommes faisaient leurs études au début des années 1830 ; d’après Julien Contes, Ce que publier signifie. Une révolution par l’encre et le papier, Nice (1847-1850), Paris, Classiques Garnier, 2021, p. 405-406 et p. 558.

[48L’Avenir de Nice, 10 février 1851.

[49« L’association des ouvriers mécaniciens anglais », L’Avenir de Nice, 26 janvier 1852.

[50Par exemple dans les exemplaires numéros des 16 avril, 2 mai 1851 et 6 octobre 1852. Les articles de cette rubrique sont rarement signés. Dameth peut donc être l’auteur d’autres textes sur le théâtre et la musique.

[51L’Économiste français, 9 août 1884. Nécrologie de Dameth.

[52L’Avenir de Nice, 27 janvier 1851.

[53L’Avenir de Nice, 24 janvier 1851.

[54L’Avenir de Nice, 12 février 1851.

[55L’Avenir de Nice, 28 mai et 2 juin 1851, « Chronique locale ».

[56L’Avenir de Nice, 16 juillet 1851.

[57L’Avenir de Nice, 20 juin 1851, « Imbroglio ».

[58L’Avenir de Nice, 26 novembre 1851, « Chronique locale ».

[59Cette sixième séance est annoncée par L’Avenir de Nice du dimanche 25 janvier. Cependant, elle ne fait l’objet d’aucun compte rendu ; et ce cours n’est plus mentionné ensuite.

[60L’Avenir de Nice, 12 octobre 1852 et 26 octobre 1852.

[61Article reproduit dans le Journal de Genève, 8 octobre 1853. Selon les nécrologies parues dans plusieurs périodiques, dont le Journal des économistes (15 août 1884), Dameth est nommé sur la recommandation du naturaliste Karl Vogt ; cet ancien député au parlement de Francfort en 1848 s’est réfugié en Suisse après le rétablissement des pouvoirs traditionnels en Allemagne ; il est titulaire d’une chaire d’enseignement d’histoire naturelle à l’Académie de Genève.

[62Journal de Genève, 8 octobre 1853.

[63Journal de Genève, 6 mars 1855.

[64Journal de Genève, 14 mars 1855.

[65Journal de Genève, 14 mars 1855.

[66Genève, Vaney, 1855, 160 p. Quatre années plus tard, Dameth reprend le même thème en le développant dans un ouvrage ayant le même titre, mais près de 500 pages : Le Juste et l’utile, ou Rapports de l’économie politique avec la morale, Paris, Guillaumin et Cie, et Genève, Joël Cherbuliez, 1859, XVIII-485 p.

[67Documents pour servir à l’histoire de l’Université de Genève, volume 4, Catalogue des ouvrages, articles et mémoires publiés par les professeurs de l’université de Genève ainsi que des thèses présentées de 1873 à 1895 aux diverses facultés pour l’obtention des grades universitaires, rassemblé à la demande du département de l’instruction publique, par Charles Soret, Genève, Imprimerie Rey et Malavallon, 1896, p. 213-214, notice biographique d’Henri Dameth, avec la liste de ses ouvrages.

[68Journal de Genève, 26 mars 1880.

[69Journal de Genève, 20 octobre 1871.

[70Journal de Genève, 11 décembre 1855 ; 5 novembre 1857 ; 8 octobre 1858 ; 26 octobre 1859 ; 9 novembre 1860. En 1863, ce cours est consacré à la « philosophie de l’histoire » (Journal de Genève, 14 octobre, 28 novembre et 2, 16 et 19 décembre 1863 ; 4 avril 1864) ; en 1866 aux « banques publiques. Leur mécanisme, leur histoire, leur rôle » (Journal de Genève, 5 janvier 1866).

[71Journal de Genève, 19 juin 1857 ; le quotidien indique que Dameth doit alors arrêter ses cours au Gymnase, pour raison de santé.

[72Journal de Genève, 9 mai 1856. Le Compte rendu de l’administration municipale de la ville de Genève pendant l’année 1865, présenté par le Conseil municipal au Conseil administratif (Genève, Impr. Carey, 1866, p. 35-36) signale que « M. Dameth, après avoir contribué à l’introduction de l’économie politique dans l’École industrielle, et avoir fait prendre pied à cette science par l’intérêt saisissant qu’il sait lui donner » doit renoncer à cet enseignement à cause de sa santé qui l’a déjà obligé à se faire remplacer à plusieurs reprises.

[73Le cours porte en 1866 « sur les questions actuelles de l’économie politique, les rapports du capital et du travail et le mouvement coopératif » (Journal de Genève, 4 novembre 1866) ; en 1867, « l’éminent professeur abordera en premier lieu les questions les plus actuelles relatives au travail et au capital, le salaire, la formation du capital, l’association de ces deux grands facteurs de la production, la concordance de leurs intérêts dans l’industrie, la nécessité de la conciliation entre l’un et l’autre, les moyens d’y parvenir, les grèves et les coalitions, etc. Dans la seconde partie de son cours, M. Dameth traitera du mouvement coopératif et des sociétés de consommation, de crédit et de production » (Journal de Genève, 9 janvier 1867). En 1872, Dameth fait une conférence sur l’Internationale (Journal de Genève, 6 février 1872).

[74D’après Introduction à l’étude de l’économie politique. Cours public professé à Lyon pendant l’hiver 1864-1865, sous les auspices de la Chambre de commerce, Lyon, Méra, 1865, XVIII-356 p.

[75Le cours à Lyon est encore mentionné dans le Journal de Genève, le 18 janvier 1872 et le 17 janvier 1873.

[76La Société d’économie politique de Lyon est née en 1866. L’un de ses dirigeants affirme en 1884 que ce sont les conférences faites par Dameth en 1864 et 1865 qui ont donné l’impulsion nécessaire à sa formation (Annales de la Société d’économie politique, 1883-1884, p. 267, lors de la séance du 5 août 1884 pendant laquelle est annoncé le décès de Dameth ; Journal d’économie politique, n°11, novembre 1888, p. 288). Et Jacques Canton-Débat, Un homme d’affaires lyonnais : Arlès-Dufour (1792-1872), thèse de l’université Lumière Lyon II, 2000, f. 528.

[77Annales de la Société d’économie politique, 1871-1872, p. 197-198 ; Frédéric Passy signale que « tous les hivers depuis six années, un cours d’économie politique, rétribué par des ressources locales, est fait par notre collègue, M. H. Dameth ». Et Jacques Canton-Débat, Un homme d’affaires lyonnais …, op. cit., f. 536.

[78Bulletin de l’Institut national genevois, n°20, mars 1861, p. 52.

[79Bulletin de l’Institut national genevois, n°21, 1863, « Note sur les travaux de la section de sciences morales et politiques, d’archéologie et d’histoire, mars 1853-mars 1863 », p.168-171. Ses travaux comprennent, en 1855, « Le juste et l’utile » ; en 1856, « Supernaturalisme et rationalisme » ; en 1857, « Essai philosophique sur le progrès » ; en 1862, « L’économie politique et le spiritualisme » et « Introduction à une philosophie de l’histoire (1er fragment) » ; et en 1863, « Introduction à une étude de la philosophie de l’histoire (2e fragment) ». Il est aussi l’auteur de : « Fragments d’une Introduction à l’étude de la philosophie de l’histoire », texte lu lors de la séance du 28 mai 1863, et reproduit dans le Bulletin de l’Institut genevois, n°22, 1864, p. 268-286.

[80Journal de Genève, 13 février 1870.

[81Journal de Genève, 20 décembre 1877.

[82Journal de Genève, 17 avril 1878.

[83En 1861-1862, un concours est organisé par le Conseil d’État du canton de Genève pour analyser les difficultés de l’industrie horlogère. Dameth remporte le premier prix (Journal de Genève, 12 janvier et 10 février 1862). Puis, en 1863, le Conseil d’État du canton de Neuchâtel propose de réfléchir sur la législation concernant « le titre pour les matières d’or et d’argent dans la fabrication de l’horlogerie et de la bijouterie » ; Dameth obtint le premier prix (Mémoires sur la question du titre et du contrôle dans le canton de Neuchâtel, Neuchâtel, Impr. Montaudon frères, 1865, p. 3-6, présentation du concours et de ses résultats). En 1877, la municipalité de Genève ouvre un concours sur le logement ouvrier et couronne plusieurs mémoires dont celui de Dameth (Journal de Genève, 7 décembre 1892).

[84Parmi ses nombreuses conférences : celle organisée par la Société des Arts, sur la « poésie de l’économie politique » (Journal de Genève, 20 décembre 1866) ; celles ouvertes à l’Athénée de Genève, « s’adressant spécialement aux gens du monde, sous le titre de Coup d’œil d’ensemble de la science économique, ou Lois naturelles et harmoniques de l’économie sociale », avec dix à douze séances, les mercredis et samedis de 2 à 3 heures et un prix d’entrée de 15 francs (Le programme général et le thème de chacune des séances sont présentés dans le Journal de Genève des 22 décembre 1867, 5, 7 et 14, 18, 22 et 30 janvier, 7, 19 et 21 février 1868). On note encore une série de conférences en 1869 sur « les grèves » (Journal de Genève, 22 décembre 1868, 3 et 21 février 1869), un cycle de six séances sur « la question sociale » en 1870-71 (Le programme est détaillé dans le Journal de Genève, 2 et 3 décembre 1870 ; les séances sont annoncées les 8, 15, 22 et 25 décembre 1870). Les conférences continuent dans les années 1870, mais en moins grand nombre (Journal de Genève, 28 décembre 1873 ; 13 et 20 février et 6 mars 1875 ; 17 et 24 novembre, 1er décembre et 8 décembre 1875) ; elles portent sur le « socialisme de la chaire » (Journal de Genève, 16, 23 et 26 novembre 1876), sur « la question monétaire » (Journal de Genève, 3 décembre 1876) ; sur « La statistique » (Journal de Genève, 14 décembre 1876), « La question sociale » en six séances (Journal de Genève, 1er novembre 1883)

[85Journal de Genève, 10, 19 et 22 janvier 1876 ; 1er février 1876. Les conférences ont lieu au Musée industriel de Lausanne.

[86Journal de Genève, 6 janvier 1866.

[87Journal de Genève, 3 août 1884.

[88Journal de Genève, 3 août 1884, « Henri Dameth ».

[89Journal de Genève, 29 décembre 1860 et 1er février 1861.

[90Journal de Genève, 11 mars 1866.

[91Le Droit, 13 août 1870 ; la Banque est alors en cours de liquidation.

[92Journal de Genève, 21 avril et 16 avril 1867.

[93Les trois autres fondateurs sont l’ingénieur civil John Moschell, l’architecte Georges Matthey et l’agronome Eugène Risler. Les statuts de la société sont approuvés par le Conseil d’État en avril 1867. D’après le Journal de Genève, 19 et 21 avril et 9 mai 1867.

[94Journal de Genève, 28 septembre 1860.

[95L’Indépendance belge, 30 août 1865 ; L’Opinion nationale, 31 août 1865 ; Journal de Genève, 2 et 3 septembre 1865.

[96Achille Mercier, « À travers les congrès », La Presse, 6 novembre 1877

[97Journal de Genève, 24 avril 1880.

[98Bulletin de la Société de colonisation européo-américaine au Texas, 16e bulletin, compte rendu de l’assemblée générale du 1er septembre 1857, p. 65.

[99École normale supérieure, fonds Considerant, carton 10, dossier 8, « répertoire Noirot ».

[100Journal de Genève, 12 janvier et 10 février 1862.

[101Introduction à l’étude de l’économie politique. Cours public professé à Lyon pendant l’hiver 1864-1865, sous les auspices de la Chambre de commerce, Lyon, Méra, 1865, XVIII-356 p. Une deuxième édition, « revue et augmentée », paraît en 1878 à Paris, chez Guillaumin (XVI-512 p.) « avec un appendice sur le socialisme de la chaire ».

[102Le Mouvement socialiste et l’économie politique, résumé d’un cours public fait à Lyon sous les auspices de la Chambre de commerce et de la Société d’économie politique, Paris, Guillaumin et Cie, et Lyon, Librairie Denis, 1869, 142 p.

[103Ibid., p. 15-16.

[104Ibid., p. 16-17.

[105Ibid., p. 17.

[106Ibid., p. 54-55.

[107Ibid., p. 54-64.

[108Ibid., p. 56.

[109Ibid., p. 62-63.

[110Ibid., p. 85-92.

[111Ibid., p. 88-91.

[112Journal de Genève, 21 mai 1869.

[113« De la coopération », L’Égalité, 4 septembre 1869. L’article est repris dans le tome V des Œuvres de Bakounine, Paris, P.-V. Stock, 1911, p. 210-218.

[114Le mouvement socialiste…, op. cit., « Huitième séance. Le socialisme militant », p. 93-103.

[115Ibid., p. 21-22.

[116Ibid., p. 101.

[117Ibid., p. 108.

[118Gazette de Lausanne, 14 juillet 1856.

[119Journal de Genève, 8 décembre 1860 ; 3 juin 1864.

[120Journal de Genève, 8 janvier, 15 février et 16 décembre 1862.

[121Journal de Genève, 8 janvier 1862.

[122Journal de Genève, 6 avril et 4 mai 1862. Dameth est présenté comme un « professeur français » et Augustine Dupuy comme une « peintre genevoise ». Le mariage a eu lieu le 23 avril d’après les relevés de la Société genevoise de généalogie.

[123Annales de la Société d’économie politique, tome XVI, 1896, « Annexes et tables », p. 158. Il est présent à des séances de la Société en 1860, 1861, 1863, 1865, 1868, 1871, 1875 et 1883.

[124Journal de Genève, 5 janvier 1871.

[125Journal de Genève, 31 mai 1871.

[126Journal de Genève, 14 février 1872.

[127Journal de Genève, 6 mai 1883.

[128Journal officiel de la République française, 24 décembre 1876.

[129L’Économiste français, 1878 à 1884, tables semestrielles.

[130Journal de Genève, 15 juillet 1883.

[131Journal de Genève, 26 mars 1880.

[132Nécrologie parue dans Le Sémaphore de Marseille, 9 août 1884.

[133Journal des économistes, 5 août 1884, nécrologie de Dameth. Les nécrologies qui paraissent dans le Journal de Genève (3 août 1884), L’Économiste français (9 août 1884) et les Annales de la Société d’économie politique (tome XIV, 1883-1884, p.386-387, séance du 5 août 1884) vont dans le même sens.


Ressources

Œuvres :
Défense du fouriérisme, réponse à MM. Proudhon, Lamennais, Reybaud, Louis Blanc, etc. Premier mémoire. Réfutation de l’égalité absolue. Solution des problèmes du paupérisme. De la richesse générale et du travail par la théorie de Fourier, Paris, bureau de La Phalange, 1841, 113 p. (en ligne sur Gallica).
Notions élémentaires de la science sociale de Fourier, Paris, Librairie de l’École sociétaire, 1844, 300 p. (en ligne sur Gallica) ; 2e éd., Paris, librairie de l’École sociétaire, 1846, 212 p. (en ligne sur le site des Premiers socialismes. Bibliothèque virtuelle de l’université de Poitiers).
Appel aux socialistes, Paris, Impr. de E. Duverger, 1848, 8 p. (en ligne sur Gallica).
Agitation socialiste. Propagation et réalisation de la science sociale, Paris, Impr. de Mme de Lacombe, 1848, 24 p. (en ligne sur Gallica).
Solidarité. Société populaire pour la propagation et la réalisation de la science sociale, avec Jeanne Desroins [sic], Paris, Impr. de Mme de Lacombe, s. d. [1848], 4 p.
Solidarité. Propagation et réalisation de la science sociale. Paul ou la concurrence et l’association, roman socialiste. Premier chapitre, Paris, 1848, 11 p.
La Solidarité. Propagation et réalisation de la science sociale. Dialogues populaires. Premier dialogue. Le conservateur et l’anarchiste, Paris, au siège de la Société, s. d., 11 p. (en ligne sur Gallica).
Solidarité. Propagation et réalisation populaires de la science sociale. Le « Credo » socialiste, ou principes généraux d’organisation politique et sociale, Paris, siège de la Société, 1849, 18 p. (en ligne sur Gallica).
Solidarité. Propagation et réalisation de la science sociale. Paul et la concurrence et l’association. Roman socialiste
, Paris, Impr. Lacombe, s. d.
Solidarité. Propagation et réalisation de la science sociale. Paul et la concurrence et l’association. Roman socialiste. Premier chapitre, Paris, au siège de la Société, 1848, 11 p.
Mémoire sur la fondation de cités industrielles dites Cités de l’Union, Paris, Impr. de Schneider, 1849, 31 p. (en ligne sur Gallica).
Étude sur la méthode en économie politique, Genève, 1853 [ouvrage signalé dans Documents pour servir à l’histoire de l’université de Genève (voir ci-dessous), mais non retrouvé dans les catalogues des bibliothèques].
Le juste et l’utile, ou rapports de l’économie politique avec la morale, Paris, Guillaumin, 1859, XVIII-485 p. (en ligne sur Gallica).
L’économie politique et le spiritualisme, Genève, Georg, 1862, 24 p. (extrait du Journal des économistes, 1862) (en ligne sur Gallica).
Introduction à l’étude de l’économie politique. Cours public professé à Lyon pendant l’hiver 1864-1865, sous les auspices de la Chambre de Commerce, Lyon, Méra, 1865, XVIII-356 p. (2e éd. revue et augmentée, Paris, Guillaumin, 1878, XVI-512 p., en ligne sur Gallica).
Mémoires sur la question du titre et du contrôle dans le canton de Neuchâtel (avec Georges-Étienne Sire et Fritz Challandes), Neuchâtel, Impr. de Montaudon frères, 1865, 109 + 50 + 18 p. (en ligne sur Gallica).
Résumé d’un cours en dix séances sur les banques publiques d’émission, donné à Lyon et à Genève en janvier et février 1856, Paris, Guillaumin, et Lyon, Librairie Méra, 1866, 163 p.
Le mouvement socialiste et l’économie politique. Résumé d’un cours public fait à Lyon sous les auspices de la chambre de commerce et de la Société d’économie politique, Paris, Guillaumin, 1869, 143 p. (en ligne sur Gallica).
La question sociale, résumé de 6 conférences données à Genève, pendant le mois de décembre 1870, Genève et Paris, A. Richard et Guillaumin, 1871, 95 p.
Les bases naturelles de l’économie sociale. Résumé d’un cours public fait à Lyon, sous les auspices de la Chambre de commerce et de la Société d’économie politique, Genève, F. Richard, 1872, 220 p. (en ligne sur Gallica).
La question des logements ouvriers, Genève, 1877.
Des articles dans La Démocratie pacifique, L’Avenir de Nice, le Bulletin de l’Institut national genevois, le Journal de Genève, L’Économiste français, le Journal des économistes.

Sources :
École normale supérieure, fonds Considerant, carton 10, dossier 8, « répertoire Noirot ».
École normale supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier 8, Société du 15 juin 1843, assemblée générale du 17 mai 1847.
Archives départementales de Saône-et-Loire, 5 E 342/5, état civil de Paray-le-Monial, acte de mariage de François Dameth et Marguerite Gorsse, 28 février 1810 (en ligne sur le site des Archives départementales de Saône-et-Loire, vue 142/199).
Archives départementales de Saône-et-Loire, 5 E 342/4, état civil de Paray-le-Monial, acte de naissance, 27 septembre 1812 (en ligne sur le site des Archives départementales de Saône-et-Loire, vue 120/152).
Archives départementales des Alpes Maritimes, 7 J, fonds Carlone, lettres et articles manuscrits de Dameth, 1851-1853 (inventaire en ligne sur le site des Archives départementales des Alpes-Maritimes) documents non consultés pour cette notice).
Pierre-Joseph Proudhon, Avertissement aux propriétaires, ou Lettre à M. Considerant, rédacteur de La Phalange sur une Défense de la propriété, Besançon, chez l’auteur, et Paris, Prévot, 1841, 115 p. (en ligne sur Gallica).
Compte rendu de l’administration municipale de la ville de Genève pendant l’année 1865, présenté par le Conseil municipal au Conseil administratif, Genève, Impr. Carey, 1866, 62 p. (en ligne sur le site de la Ville de Genève).
Documents pour servir à l’histoire de l’Université de Genève, volume 3, Catalogue des ouvrages, articles et mémoires publiés par les professeurs de l’université de Genève et notices sur l’observatoire, le jardin botanique et le musée d’histoire naturelle, Genève, H. Georg, Libraire de l’Université, 1883, 112 p. (en ligne sur books-google.fr).
Documents pour servir à l’histoire de l’Université de Genève, volume 4, Catalogue des ouvrages, articles et mémoires publiés par les professeurs de l’université de Genève ainsi que des thèses présentées de 1873 à 1895 aux diverses facultés pour l’obtention des grades universitaires, rassemblé à la demande du département de l’instruction publique, par Charles Soret, Genève, Imprimerie Rey et Malavallon, 1896, 402 p. (en ligne sur books-google.fr).
Michel Bakounine, « De la coopération », L’Égalité, 4 septembre 1869. L’article est repris dans Michel Bakounine, Œuvres. Tome V. Articles écrits pour le journal L’Égalité (1868-1869) – Lettre adressée aux citoyens rédacteurs du Réveil (octobre 1869) – Trois conférences faites aux ouvriers du Val de Saint-Imier (mai 1871), avec une préface, des avant-propos et des notes par James Guillaume, Paris, P.-V. Stock, VII-362 p. (en ligne sur Gallica).
L’Événement, 11 juillet 1850 (en ligne sur Retronews).
La Démocratie pacifique, 1846-1850 (en ligne sur Gallica).
La Révolution démocratique et sociale, 1848-1849 (en ligne sur Gallica).
Le Courrier, 24 décembre 1848 (en ligne sur Gallica).
La République, 1er mai 1849 (en ligne sur Retronews).
La Presse, 2 juillet et 15 octobre 1849, 6 novembre 1877 (en ligne sur Gallica).
L’Avenir de Nice, 1851-1853 (en ligne sur le site des Archives départementales des Alpes-Maritimes).
Journal de Genève, 1853- 1884 (en ligne sur le site Le Temps).
Bulletin de la Société de colonisation européo-américaine au Texas, 16e bulletin, 1857 (en ligne sur Gallica).
Annales de la Société d’économie politique, 1860-1890 (en ligne sur Gallica).
Bulletin de l’Institut national genevois, 1861-1864 (en ligne sur books.google).
Journal des économistes, 1864-1888 (en ligne sur Gallica).
L’Indépendance belge, 30 août 1865 (en ligne sur Retronews).
L’Opinion nationale, 31 août 1865 (en ligne sur Retronews).
Journal officiel de la République, 28 décembre 1876 (en ligne sur Gallica).
Le Sémaphore de Marseille, 9 août 1884 (en ligne sur Retronews).

Bibliographie :
Jacques Canton-Débat, Un homme d’affaires lyonnais : Arlès-Dufour (1792-1872), thèse de l’université Lumière Lyon II, 2000, 3 vol., 901 f. (en ligne sur le site de l’université de Lyon 2).
Julien Contes, Ce que publier signifie. Une révolution par l’encre et le papier, Nice (1847-1850), Paris, Classiques Garnier, 2021, 738 p.
Michel Cordillot, « Les fouriéristes et l’émergence de la coalition démoc-soc à l’automne 1848 », Cahiers Charles Fourier, 2002, n°13, p. 59-85 (en ligne sur le site de l’Association des études fouriéristes).
Marc Vuilleumier, « Quelques remarques sur l’utilité de la recherche biographique pour l’étude du mouvement fouriériste », Cahiers Charles Fourier, 2012, n°23, p. 23-41 (en ligne sur le site l’Association d’études fouriéristes).

Iconographie :
Portraits d’Henri Dameth sur le site de la Bibliothèque de Genève.

Sitographie :
Notice sur Henri Dameth, avec portraits, sur le site de la Bibliothèque de Genève.
Notice sur Henri Dameth sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques.
Article « Académies (Hautes Écoles) », dans le Dictionnaire historique de la Suisse.
Famille Dameth-Dupuy, sur le site de la Société genevoise de généalogie.


et sur ce site...

Denis Burckel La Révolution de 1848 à la lumière de la science sociale fouriériste
Cahiers - 1999 / n° 10 - décembre 1999
résumé | abstract | article en texte intégral

Michel Cordillot Les fouriéristes et l’émergence de la coalition démoc-soc à l’automne 1848
Cahiers - 2002 / n° 13 - décembre 2002
résumé | abstract | article en texte intégral

Marc Vuilleumier Quelques remarques sur l’utilité de la recherche biographique pour l’étude du mouvement fouriériste
Cahiers - 2012 / n° 23 - octobre 2016
résumé | abstract | article en texte intégral


Index

Lieux : Genève, Suisse - Nice, Alpes-Maritimes - Paris, Seine

Notions : Conférences - Coopération - Economie politique - Economie sociale - Education populaire - Enseignement - Libéralisme - Presse

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Dameth, (Claude Marie, dit) Henri, ou Henry », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en février 2022 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2402 (consultée le 8 août 2022).

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