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Bernard Desmars , Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : mai 2021

Oyon, (Louis) Auguste


Né le 21 novembre 1811 à Laon (Aisne), décédé le 1er mai 1884 à Paris, 6e arrondissement (Seine). Avocat, libraire-éditeur-imprimeur à Laon et rédacteur de L’Observateur de l’Aisne. Auteur d’un ouvrage sur le Familistère de Guise, publié par la Librairie des sciences sociales.


Auguste Oyon est le fils d’un notable de Laon, adjoint au maire, puis maire au début de la monarchie de Juillet, élu au conseil d’arrondissement qui siège à Laon [1]. Il fait des études de droit, et lors de son mariage en 1841 avec Caroline Sophie Houssart, la fille d’un notaire de Vailly-sur-Aisne (Aisne), il se présente comme « avocat, imprimeur-libraire ». Depuis le 31 août 1840, il possède trois brevets d’imprimeur en lettres, lithographe et libraire appartenant jusqu’alors à son frère utérin Menesson [2]. Il est propriétaire-gérant et imprimeur de L’Observateur de l’Aisne [3]. En mai 1851, il est poursuivi par la Cour d’assises de l’Aisne pour avoir publié un article de Jules Courmeaux, ancien conservateur de la bibliothèque de Reims [4] relevant d’un triple délit « celui d’offense envers la personne de M. le Président de la république ; celui d’excitation au mépris du gouvernement de la république et à la désobéissance des citoyens à la loi du 31 mai 1850 » [5]. Oyon est acquitté après avoir lu « quelques mots de défense : livré à un vif et profond chagrin par suite de la perte qu’il a faite le 27 mars, d’une enfant, sa fille unique, il s’est dit hors d’état depuis quelques temps de se livrer aux travaux de la rédaction de son journal ; il n’a pas lu, il n’a pas connu l’article signé Courmeaux que son prote a inséré dans le numéro du 1er avril ». Courmeaux quant à lui est condamné à un an de prison et 500 francs d’amende.

Au début du Second Empire, Oyon dirige toujours le journal d’orientation républicaine, ce qui lui vaut en 1853 des poursuites pour avoir critiqué la violation du secret de la correspondance par les agents de la poste, effectuée à la demande du gouvernement impérial. Condamné par le tribunal de Laon pour avoir « inséré dans le journal [...], un article de discussion politique sans être signé par son auteur » [6], il est ensuite acquitté en appel [7].

Il est l’un des premiers visiteurs du Familistère de Guise, où il se rend au cours de l’automne 1864. Il fait paraître l’année suivante le premier travail – une brochure de moins de cinquante pages – sur le Palais social de Jean-Baptiste Godin : Une véritable cité ouvrière. Le familistère de Guise. Cet ouvrage publié à la Librairie des sciences sociales est traduit peu après en anglais par Tito Pagliardini.

Il s’installe ensuite à Paris, où il est « chef de l’administration » du Recueil des lois et des arrêts et du Journal du Palais . Godin et lui restent en relation ; leur correspondance est principalement de nature amicale, avec des échanges d’informations sur leur famille et leur intention de se rencontrer, à Paris ou à Guise. En août 1866, Godin envoie à Oyon le manuscrit de l’article publié l’année suivante dans l’Annuaire de l’association [8] ; il lui demande à la fois de corriger le texte – ce qu’Oyon accepte – et de le signer, ce qu’il refuse puisque, écrit-il, il n’en est pas l’auteur. Godin le fait finalement publier sous le pseudonyme de A. Mary [9]. D’après sa correspondance, Oyon connaît François Cantagrel, qui est en relation d’affaires avec Godin ; mais il ne semble pas avoir participé aux activités et aux manifestations de l’École sociétaire.

Son épouse décède en juin 1870.


Bernard Desmars
Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : mai 2021

Notes

[1« Campagnes et Souvenirs militaires de Jean-Auguste Oyon (1783-1852). Communication de Madame Besnard-Oyon », Carnet de la Sabretache, revue militaire rétrospective, 1913-1914 (en ligne sur Gallica). Jean-Auguste Oyon est sous-officier dans les armées napoléoniennes.

[2Corinne Bouquin, Élisabeth Parinet, Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXe siècle (édition en ligne de l’École des Chartes), notice « Oyon * Auguste, Louis ». Alkan aîné, Annales de la typographie française et étrangère : journal spécial de l’imprimerie, de la fonderie, de la gravure, de la librairie et de la papeterie, Paris, 1840, p. 47.

[3« Insertion judiciaire. Injures et diffamations publiques », Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 7 juillet 1844.

[4Il s’agit en fait d’Eugène Courmeaux, « auditeur assidu des conférences données à Reims par Considerant et il dira plus tard que, de ces conférences, dataient "ses conceptions socialistes". Voir à son sujet, la notice « COURMEAUX Eugène [COURMEAUX Théodore, Eugène] », Le Maitron), version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 1er mars 2019.

[5« Cours d’Assises de l’Aisne. Audience du 10 mai. Délit politique », Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 16 mai 1851, p. 4.

[6« Tribunal correctionnel de Laon. Audience du 6 mai », Journal des débats, 11 mai 1853, p. 3.

[7Journal des débats, 23 juin 1853, p.3.

[8A. Mary, « Le familistère de Guise », Annuaire de l’association pour 1867, Paris, Librairie des sciences sociales, 1867, p. 204-250

[9Archives du Conservatoire National des Arts et métiers, FG 17 (2), lettre d’Oyon, 20 août 1866 ; lettre de Godin, 6 septembre 1866. D’après cette dernière lettre, Godin destine d’abord le texte à l’Almanach de la coopération pour 1867. Puis, quand Oyon refuse d’en être le signataire, il pense d’abord utiliser le pseudonyme de A. Marie, « qui ne sera qu’un demi-mensonge », sans doute parce que Marie Moret a contribué à la rédaction du texte. Les autres lettres d’Oyon reçues par Godin et conservées au CNAM datent des 6 mai, 29 juin, 15 août, 4 novembre et 19 novembre 1865.


Ressources

Œuvres :
Une véritable cité ouvrière : le familistère de Guise, Paris, Librairie des sciences sociales, 1865, 48 p.

Sources :
Archives du Conservatoire National des Arts et métiers (Paris), FG 17 (2), lettres d’Oyon (1865-1866) et une lettre de Godin (6 septembre 1866).
Archives départementales de l’Aisne, 5 Mi 0076, état civil de Laon, acte de naissance du 23 novembre 1811 (en ligne sur le site des Archives départementales de l’Aisne, 72/258).
Archives départementales de l’Aisne, état civil de Vailly-sur-Aisne, acte de mariage du 19 juillet 1841 (en ligne sur le site des Archives départementales de l’Aisne, vue 160/218)
Archives de Paris, V4E 763, état civil du 6e arrondissement, acte de décès de Caroline Sophie Houssart, 28 juin 1870 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 11/31).
Archives de Paris, V4E 5939, état civil du 6e arrondissement, acte de décès du 2 mai 1884 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 6/13).
Alkan aîné, Annales de la typographie française et étrangère : journal spécial de l’imprimerie, de la fonderie, de la gravure, de la librairie et de la papeterie, Paris, 1840, p. 47 (en ligne sur Google livres).
« Insertion judiciaire. Injures et diffamations publiques », Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 7 juillet 1844, p. 6 (en ligne sur Retronews, le site de presse de la BNF).
« Cours d’Assises de l’Aisne. Audience du 10 mai. Délit politique », Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 16 mai 1851, p. 4 (en ligne sur Retronews, le site de presse de la BNF).
Journal des débats, 11 mai et 23 juin 1853 (en ligne sur Gallica).

Bibliographie :
« Campagnes et Souvenirs militaires de Jean-Auguste Oyon (1783-1852). Communication de Madame Besnard-Oyon », Carnet de la Sabretache, revue militaire rétrospective, 1913-1914 (en ligne sur Gallica).

Sitographie :
Corinne Bouquin, Élisabeth Parinet, Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXe siècle (édition en ligne de l’École des Chartes), notice « Oyon * Auguste, Louis ».


Index

Lieux : Guise, Aisne - Laon, Aisne - Paris, Seine

Notions : Cité ouvrière - Familistère de Guise

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, SOSNOWSKI Jean-Claude, « Oyon, (Louis) Auguste », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mai 2021 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2334 (consultée le 9 septembre 2021).

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