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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : juillet 2020

Marcandier, Jean-Baptiste Antoine


Tourneur en métaux à Rio de Janeiro en 1843 puis artiste bronzier. Membre et secrétaire-adjoint du conseil d’administration de l’Union industrielle en avril 1841.


Marcandier est membre et secrétaire-adjoint du conseil d’administration de l’Union industrielle en avril 1841. La société est constituée lors d’une assemblée générale le 18 avril 1841 par les cent premiers signataires de l’acte de fondation destiné à organiser la vie et le travail dans la colonie qui doit s’établir au Brésil.
Il est probable que c’est lui qu’on retrouve à Rio de Janeiro en novembre 1843. Selon une annonce publicitaire parue dans le Jornal do Commercio, Marcandier est installé au 3 Beco do Fisco. Il « répare les lampes mécaniques, carcels et autres, se charge de tout ce qui a rapport au travail de tourneur sur métaux, ajuste et répare les balances, et fait le bronzage sur les métaux » [1]. En juillet 1844, il déménage son activité au 133 rua do Cano et s’associe avec Rinck. Il paraît jouir d’une certaine renommée et il contribue à la réalisation du bâtiment principal de l’Académie, œuvre de l’architecte Grandjean de Montigny. En juin 1849, Jean-Baptiste Antoine Marcandier coule les chapiteaux en bronze de l’édifice [2].
En novembre 1850, il a pour nouvelle adresse le 129 rua do Hospicio. Il met fin à son activité ; il fait paraître une annonce appelant ses créanciers à présenter leurs comptes et ses débiteurs à régler leur dette sous peine de faire paraître leur nom [3]. Il cède son affaire peu de temps après à Peulvé [4]. Il semble se reconvertir en transporteur et met à disposition des équipages de bœufs, à Penha (Santa Catarina) au sud de de San Franciso do Sul sur le chemin de Portinho (Ilhabela) [5].
Il est en contact avec le groupe phalanstérien de Rio de Janeiro. Il est proche du Lyonnais Lebreton [6] membre de l’Union industrielle à Rio de Janeiro, l’un des signataires d’une lettre prenant la défense de Joseph Reynier [7]. A Lyon, Reynier a contribué au recrutement de volontaires pour le Brésil et doit s’expliquer devant la Société mutualiste de Devoir mutuel dont il est membre à la suite des accusations de deux colons désenchantés par l’expérience brésilienne. Ces derniers l’accusent de manière calomnieuse, selon les conclusions finales, d’avoir « envoyé de nombreuses familles en esclavage » [8].
Le 19 février 1855, Jean-Baptiste Antoine Marcandier est annoncé comme en partance pour le France [9]. On le retrouve le 5 mars à bord de L’Empereur du Brésil à destination du Havre [10]. En août 1858, avec Charles Fournier, Lebreton convie leurs amis et ceux de Marcandier aux obsèques de Rosalia (Rosaline) Marcandier décédée à la Maison de santé de la Providencia, rua de Matacavollos [11]. Rien ne précise la parenté qui lie Rosalia Marcandier à Jean-Baptiste Antoine Marcandier. Le nom de Marcandier est inscrit comme contact à Rio de Janeiro dans un répertoire de la Librairie sociétaire constitué vers la fin des années 1850 [12].


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : juillet 2020

Notes

[1Jornal do Commercio, 7 novembre 1843, p. 4.

[2O Novo Mondo, 23 février 1876, p. 95, « Pinturas de Grandes Metres no Brazil ». Moreira De Azevedo, Rio de Janeiro, sua historia, monumentos, homens notaveis, usos e curiosidades, tome 2, Rio de Janeiro, B.-L. Garnier, 1877, p. 194 ; Adolfo Morales de Los Filho, O Rio De Janeiro Imperial, 2e éd., Rio de Janeiro, Topbooks, 2000, p. 299.

[3Jornal do Commercio, 20 novembre 1850, p. 3.

[4Jornal do Commercio, 13 juin 1851, p. 6.

[5Jornal do Commercio, 1er novembre 1852, p. 3.

[6Correio mercantil, 18 septembre 1856, p. 2, Emilio Mège, « Vindicta publica. A proposito dos embalsamentos ». Jean Gaumont, « Le Commerce véridique et social (1835-1838) et son fondateur Michel Derrion (1803-1850) », Annuaire de la coopération, 1935, p. 139, note 195.

[7Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014, p. 292. Jean-Claude Sosnowski, « Gierkens (également orthographié Jierkiens, parfois Jeirkins ou Jerkiens), Albert », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en septembre 2019 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2137 (consultée le 25 mai 2020).

[8Laurent Vidal, op. cit., p. 291 d’après Joseph Reynier, Mémoires de Joseph Reynier, ancien tisseur, Lyon, aux Temples de la rue Garibaldi, 45, et de la rue Hénon, 40, 1898.

[9Jornal do Commercio, 21 février 1855, p. 3.

[10Jornal do Commercio, 6 mars 1855, p. 3.

[11Jornal do Commercio, 6 août 1858, p. 4. Correio mercantil, 6 août 1858, p. 3.

[12École Normale Supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier VIII, « correspondance - répertoire - M. Noirot - 13, rue des Saints-Pères », [circa 1860].


Ressources

Sources

École Normale Supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier VIII, « correspondance - répertoire - M. Noirot - 13, rue des Saints-Pères », [circa 1860].
Jornal do Commercio, 7 novembre 1843, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 8 novembre 1843, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 10 novembre 1843, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 15 juillet 1844, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 19 juillet 1844, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 20 novembre 1850, p. 3 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 13 juin 1851, p. 6 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 1er novembre 1852, p. 3 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 21 février 1855, p. 3 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 6 mars 1855, p. 3 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Jornal do Commercio, 6 août 1858, p. 4 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Correio mercantil, 18 septembre 1856, p. 2, Emilio Mège, « Vindicta publica. A proposito dos embalsamentos » (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil) ; 6 août 1858, p. 3 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
O Novo Mondo, 23 février 1876, p. 95, « Pinturas de Grandes Metres no Brazil » (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).

Bibliographie

Moreira De Azevedo, Rio de Janeiro, sua historia, monumentos, homens notaveis, usos e curiosidades, tome 2, Rio de Janeiro, B.-L. Garnier, 1877, p. 194 (en ligne sur Google livres).
Adolfo Morales de Los Filho, Grandjean de Montigny e a evolução da arte brasileira, Rio de Janeiro, A Noite, [1941], p. 157 (en ligne sur Bibliotheca National Digital Brazil).
Adolfo Morales de Los Filho, O Rio De Janeiro Imperial, 2e éd., Rio de Janeiro, Topbooks, 2000, p. 299 (Rio de Janeiro, A Noite, [1946]).
Laurent Vidal, Ils ont rêvé d’un autre monde, Paris, Flammarion, 2014, p. 101 et p. 292.
Jean Gaumont, « Le Commerce véridique et social (1835-1838) et son fondateur Michel Derrion (1803-1850) », Annuaire de la coopération, 1935, p. 139, note 195 (en ligne sur Gallica).


Index

Lieux : Brésil - Rio de Janeiro, Brésil

Notions : Réalisateurs

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Marcandier, Jean-Baptiste Antoine », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en juillet 2020 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2247 (consultée le 26 novembre 2020).

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