Découverte
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mise en ligne : mai 2020

Tome 2, B (index, pages 10-14)






Page 17

[Extrait de l’article "Babysme" (pp. 14-18)]

On peut signaler entre le babysme et les théories socialistes de notre Occident, par exemple, les doctrines de Fourier et d’Enfantin, plus d’un rapprochement curieux la place faite à la femme dans l’unité prophétique, la négation très-accentuée de l’ascétisme, la glorification de l’industrie, la réhabilitation des plaisirs et du luxe ; on sait que le fouriérisme a, comme le babysme, sa mathématique sociale, qu’il prescrit de l’appliquer à l’organisation des séries, et qu’il voit, lui aussi, naître de cette application le rétablissement de l’harmonie dans la nature.

Page 20

Bacchantes

Nom donné par Fourier à des femmes qui, dans son système, sont aussi nécessaires que les vestales, bien qu’il leur attribue des fonctions toutes différentes. Aussi, à côté des Bacchantes qui exercent la vertu de fraternité et qui se vouent au plaisir de tout le genre humain, on trouvera des vestales, des jouvencelles d’une fidélité assurée. (Fourier)

Page 220

Barbier, Olivier Alexandre

Bibliographe, né à Paris en 1806 [décédé en 1888], est attaché, depuis 1832, à la Bibliothèque impériale, où Il est actuellement conservateur sous-directeur adjoint. On a de lui : Notice bibliographique sur Charles Fourier, insérée dans le Journal de la librairie de 1837.
[Voir : Supplément t. 17, p. 473]

Page 264

Barrier, François Marguerite.

Né à Saint-Étienne vers 1815 [20/1/1813-9/7/1870]

Après avoir été reçu docteur à la faculté de Paris, en 1840, il alla se fixer à Lyon, où il est devenu successivement chirurgien de l’hôpital de la Charité et professeur clinique chirurgicale à l’école de médecine. M. Barrier s’est adonné tout particulièrement à l’étude et au traitement des maladies des enfants, et s’est acquis une réputation méritée. On a de lui plusieurs ouvrages, dont les principaux sont Mémoire sur le diagnostic de la méningite chez les enfants, etc. (Paris et Lyon, 1842) ; Considérations sur les caractères de la vie dans l’enfance (1842) ; Traité pratique des maladies de l’enfance (1842, 2 vol.), Esquisse d’une analogie de l’homme et de l’humanité (1846, etc.).
Voir aussi Tome 16, 1er Supplément Page 297
Médecin français. Il est mort à Montfort-l’Amaury en 1870. Outre les ouvrages de lui que nous avons cités, on lui doit : Considérations sur l’établissement des crèches dans la ville de Lyon (Lyon, 1847, in-18), Observations et remarques sur la rupture de l’ankylose de la hanche (1860, in-8) ; Principes de sociologie (1867, 2 vol., in-18) ; Catéchisme du socialisme libéral et rationnel (1869, in-12), abrégé de l’ouvrage précédent.

Page 275

Barthe, Marcel

Homme politique et avocat français, né à Pau en 1813[-1900]. Son père, maître ouvrier — Index page 11 —, le fit élever avec soin et l’envoya à Paris pour y faire son droit. Le jeune homme, entraîné par ses goûts littéraires, prit une part active dans la grande querelle des classiques et des romantiques, publia des articles dans l’Artiste et le Temps et, de retour dans sa ville natale, il se fit inscrire au tableau des avocats. Il se livra alors avec ardeur à l’étude des questions sociales que Fourier et Saint-Simon avaient mises à l’ordre du jour, se montra partisan des idées phalanstériennes mais, loin de professer, en matière politique, l’indifférence recommandée par le chef de l’école sociétaire, il fit une vive opposition à la monarchie de Juillet et se rangea parmi les membres du parti avancé, qui l’envoya siéger au conseil municipal. Élu député à la Constituante, lors des élections complémentaires du mois de juin 1848, il devint membre du comité de l’instruction publique, se prononça contre les idées socialistes, suivit la politique représentée par le général Cavaignac et, après l’élection présidentielle, il vota le plus souvent avec la gauche. Non réélu à l’Assemblée législative, il revint prendre sa place au barreau de Pau, où il publia en 1850, une brochure intitulée Du Crédit foncier. Toujours fidèle à ses convictions libérales, M. Marcel Barthe est resté longtemps à l’écart de la politique active. Ayant posé, en 1865, sa candidature dans les Basses-Pyrénées, en opposition à celle du candidat officiel, il échoua ; mais il n’en sortit pas moins de la lutte avec une importante minorité de 6, 000 voix.

Page 343

Bataille de Babylone (In Notice Bataille pp. 340-348)

D’après ce titre belliqueux, on s’attend sans doute à quelque combat sanglant comme celui qui aurait pu précéder l’entrée d’Alexandre dans la Chaldée. Que le lecteur se rassure, car cette Bataille de Babylone rentre entièrement dans le système très-pacifique de Fourier : la lutte que nous allons analyser n’exige que de bonnes dents, de bonnes fourchettes et des couteaux bien affûtés qui n’ont rien d’homicide. Après la lutte, au lieu de ces images qui font frémir les optimistes les plus endurcis, au lieu de débris humains, les ruines n’offriront à 1’œil que les restes de quelques petits pâtés et le spectacle de nombreuses bouteilles vides. Les gastronomes seuls pourront s’émouvoir en présence de ce carnage pantagruélique.

Les rivalités et le goût des batailles étant enracinés trop profondément dans le cœur humain pour qu’il soit possible de les en arracher entièrement , Ch. Fourier dans son Système harmonien a tourné habilement la difficulté. Au lieu de prétendre étouffer les germes d’émulation entre les différents peuples, il les accepte, il les maintient, mais à la condition d’en modifier complètement la nature et la direction ; en un mot, il met la caricature à la place du drame, et métamorphose le sabre du conquérant en une batte d’Arlequin. Il n’a pas la prétention de supprimer les batailles ; mais il veut que l’industrie, à laquelle la guerre porte un coup mortel, en retire des fruits utiles. Qu’on propose aux armées, pour prix de la victoire, non plus une ville ou une province, mais une palme pacifique pour la perfection dans un genre d’industrie quelconque. C’est la donnée sur laquelle repose le principe des expositions universelles, dont la vogue va sans cesse en croissant, avec cette différence que, dans les expositions, on récompense plutôt les succès ayant rapport aux arts ou à la partie artistique de l’industrie, tandis que Fourier va chercher pour sujet de concurrence une chose tout à fait commune. La grande médaille d’honneur sera décernée au peuple qui se sera le plus distingué dans la confection des petits pâtés. Écoutons l’Homère de cette gastromachie, dont le champ de bataille est Babylone.

« Soixante empires, qui veulent concourir, ont apporté leurs matériaux, leurs farines et objets de garniture, les sortes de vins convenables à leurs espèces de pâtés. Chaque empire a choisi les gastronomes et pâtissiers les plus aptes à soutenir l’honneur national et à faire triompher ses petits pâtés. Avant son arrivée, chaque armée a envoyé les ingénieurs disposer les cuisines de bataille. Les juges siègent à Babylone et sont tirés, autant qu’il se peut, de tous les empires du globe. — Index page 12

« L’armée forte de 600 000 combattants et de deux cents systèmes de petits pâtés prend position sur l’Euphrate formant une ligne d’environ cent vingt lieues moitié au-dessus, moitié au-dessous du fleuve. Avant l’ouverture de la campagne soixante cohortes de pâtissiers d’élite se détacheront pour le service de la haute cuisine de bataille du grand Sanhédrin gastrosophique de Babylone. C’est un haut jury qui fait fonction de concile œcuménique sur la matière. En même temps, on détache des soixante armées cent vingt bataillons de pâtissiers de ligne qui se répartissent par escouades, de chaque armée, pour fabriquer les petits pâtés selon les instructions de leurs chefs. Chacune des soixante armées se classe dans le centre ou aux ailes suivant la nature de ses prétentions.

L’aile droite en petits pâtés farcis. 20
Le centre en vol-au-vent à sauce. 25
L’aile gauche en mirlitons garnis. 15

« L’affaire s’engage par des fourrés de l’un des trois corps soit de 1’aile gauche sur les mirlitons qui sont dégustés à Babylone par le grand Sanhédrin. On ne peut présenter au concours plus de deux à trois systèmes par jour. La dégustation deviendrait confuse si elle excédait le nombre trois.
« Au bout d’une semaine employée à la dégustation des systèmes de l’aile gauche, le Sanhédrin rend un jugement provisoire d’après lequel les trois empires, France, Japon et Californie, ont remporté un très-grand avantage, et tels systèmes de mirlitons présentés par eux sont admis provisoirement. »
Laissant de côté les détails de la bataille qui sont fort compliqués, nous passerons à l’issue de la lute gastrosophique.

« A la fin de la campagne, il y aura eu vingt-cinq empires vaincus et trente-six triomphants. Un même empire peut réussir à faire adopter deux ou trois espèces de sa composition, ce qui explique ce chiffre de soixante et un, lorsque nous n’avons annoncé que soixante empires prêts à entrer en lice, ou, pour mieux dire, en fourneaux.

« Au jour du triomphe, les vainqueurs sont honorés d’une salve d’armée. Par exemple Apicius est vainqueur principal ; on sert ses petits pâtés au début du dîner. À l’instant les 600 000 athlètes s’arment de bouteilles de vin mousseux, dont le bouchon ébranlé et contenu par le pouce est prêt à partir. Les commandants font face à la tour d’ordre de Babylone et, au moment où son télégraphe donne le signal du feu on fait partir à la fois les 300 000 bouchons. Leur fracas, accompagné des cris de vive Apicius, retentit au loin dans les antres des monts de l’Euphrate. Au même instant, Apicius reçoit du chef du Sanhédrin la médaille d’or portant en exergue : la médaille d’or portant en exergue : « A Apicius, triomphateur en petits pâtés à la bataille de Babylone, donnée par les soixante empires. » Leur nom est gravé sur le revers de la médaille. »

Nous avons extrait presque en entier le passage de la Bataille de Babylone du tome deuxième du Traité d’association de Fourier, en ayant soin de le rendre intelligible, afin que nos lecteurs puissent savoir à quoi s’en tenir sur ce thème d’intarissables plaisanteries dirigées contre son inventeur. On voit maintenant que, si le texte est original, bizarre, excentrique, l’idée, au fond, n’est nullement ridicule, et cependant des esprits sérieux, prenant la chose au pied de la lettre, n’y ont presque rien compris. Le P. Félix, dans une récente conférence sur ou plutôt contre l’économie politique s’est trompé en attribuant cette fantaisie à la science des Turgot, des Smith et des Laboulaye, et plus gravement encore dans l’explication qu’il a essayé d’en donner. M. Henri Baudrillart, plaidant pour l’économie politique contre l’orateur sacré, ne voit dans la Bataille de Babylone qu’une bouffonnerie rabelaisienne. Nous avons essayé de démontrer à nos lecteurs que l’idée de Fourier avait une portée véritable, sans toutefois y ajouter, vu l’excentricité de la forme, plus d’importance que Fourier lui-même — Index page 13 —, qui riait le premier de sa bataille gastrosophique.

On le sait ce rêveur pacifique soupirait après une harmonie universelle. Or, qu’y a-t-il de plus opposé à l’harmonie que la guerre, le tumulte, le choc de deux armées et le chaos des batailles ? Aussi Fourier dresse-t-il toutes batteries contre l’ennemi, et comme le sérieux lui paraît ici un pistolet de paille, il se décide à s’armer des grelots de la Folie. Cette tactique de guerre est un peu contre ses habitudes. Passons-lui donc cette fantaisie, comme nous pardonnerions à un éléphant de danser mal sur la corde. Son rire fart la grimace rire de philosophe, rire de réformateur. Quoi qu’il en soit, on fait souvent, en littérature, allusion à la bataille de Babylone. Voilà pourquoi nous devions, dans cet ouvrage, quelque développement à cette bataille, omise jusqu’ici par tous les dictionnaires.

Page 385

Baudet-Dulary, Alexandre

Médecin et socialiste français, né vers 1790.

Nommé député en 1831, il donna sa démission pour travailler activement à la réalisation du système de Fourier, dont il avait adopté les idées. Il fit même un essai pratique sur ses propriétés ; mais cet essai ne fut, en réalité, qu’une exploitation agricole, à laquelle il essaya d’appliquer quelques-unes des idées du maître. Il a laissé quelques écrits, entre autres Crise sociale (1834) ; Essai sur les harmonies physiologiques (1838-1845) ; Hygiène populaire (1856), etc. ; Principes et résumé de physionomie (1859).

Page 792

Blanc, Julien

Littérateur français, né en 1796, mort à Paris en 1865.

Etait fils d’un consul général à Naples sous le premier empire, allié aux plus grandes familles de Marseille. Né dans l’opulence, il perdit sa fortune lors de la révolution de 1830, et dut demander au travail son pain quotidien. Le saint-simonisme, dont il avait suivi les premiers débuts, ne l’avait pas satisfait. La lecture des ouvrages de Charles Fourier vint répondre à toutes ses aspirations. Ami du célèbre réformateur et plus tard de Victor Considerant, d’Allyre Bureau et de Cantagrel, il fut bientôt leur collaborateur et leur émule, participant à tous les organes de publicité qui, de 1833 à 1852, répandirent les doctrines du maître. Avec eux, il fonda successivement la Phalange, le Phalanstère, la Démocratie pacifique, ces trois publications fouriéristes, dont la dernière disparut après le coup d’État du 2 décembre. Grammairien, littérateur, logicien, il était, pour ainsi dire, le censeur de la rédaction ; c’est lui qui disciplinait la syntaxe et la fougue de style de tous ces journalistes improvisés qui écrivaient avec l’épée d’officier d’artillerie, le pinceau du peintre ou le crayon de l’architecte. À ce labeur gratuit, il dépensait un dévouement sans bornes. Champion modeste, mais infatigable de la démocratie, Julien Blanc a consacré toute sa vie à son triomphe. On lui doit, entre autres travaux, l’Enseignement méthodique de l’orthographe d’usage, ouvrage recommandé par le conseil de l’instruction publique, et qui a été l’objet de récompenses et d’éloges de la part de plusieurs sociétés protectrices de l’enseignement.

Page 1420

Bureau, Allyre

Homme politique et publiciste français, né à Cherbourg en 1810, mort en 1859.

Élève de l’École polytechnique lors de la révolution de Juillet, il prit les armes contre la royauté, donna sa démission d’officier d’artillerie en 1832, et fut successivement professeur de mathématiques, élève du Conservatoire, professeur de musique, et artiste de l’orchestre du Théâtre Italien. Ami de Considerant et partisan de la doctrine phalanstérienne, il entra en 1840 à la rédaction de. la Démocratie pacifique, à laquelle il collabora activement jusqu’à la suppression du journal. En 1848 et 1849, les démocrates de la Marne le portèrent, mais sans — Index page 14 — succès, comme candidat à la représentation nationale. À la suite de la journée du 13 juin, il fut emprisonné plusieurs mois. Outre ses nombreux articles dans la Démocratie, il a publié plusieurs brochures politiques, et plus récemment des traductions de romans anglais, tels que les Chasseurs de chevelures ; le Corps des Riflemen (1854), le Buffalo blanc (1856), du capitaine Mayne Reid, etc. On lui doit en outre plusieurs compositions musicales.





Pour citer ce document

« Tome 2, B (index, pages 10-14)  » , charlesfourier.fr , rubrique « Les articles » , mai 2020, en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2219 (consulté le 9 juillet 2020).



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