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Bernard Desmars  |  mise en ligne : mars 2020

Vellu, Constant


Né le 19 août 1824 à Maubert-Fontaine (Ardennes), décédé le 19 février 1910 à Paris (Seine), 20e arrondissement. Dessinateur et lithographe, puis comptable. Actionnaire de la Société de colonisation européo-américaine au Texas, abonné à La Science sociale, puis au Bulletin du mouvement social.


Constant Vellu est le fils d’un charpentier. On ignore à quel moment il quitte les Ardennes pour travailler dans la région parisienne. Au milieu des années 1840, il adhère à la théorie sociétaire (en 1869, il déclare être « disciple […] depuis vingt-cinq ans ») [1]. En 1847, il se marie avec Marguerite Adélaïde Carré, avec laquelle il a en 1848 un fils, Charles Alfred Henri.

Un nommé Vellu est en 1849 l’un des organisateurs de banquets réunissant des « Ardennais démocrates », sans que l’on sache s’il s’agit de Constant Vellu ou d’un homonyme [2].

Sous le Second Empire, Constant Vellu suit les cours de l’Association polytechnique, et reçoit en 1860 un prix dans la catégorie « Études commerciales et comptabilité » ; il exerce la profession de « dessinateur lithographe » [3] ; l’année suivante, cet « ouvrier lithographe » est placé en tête des « ouvriers qui se sont le plus distingués par la généralité de leurs succès » au sein de l’Association polytechnique [4].

Il fait partie de la Société de colonisation européo-américaine au Texas et participe à plusieurs de ses assemblées générales, lors desquelles il exerce la fonction de scrutateur (en 1856, 1858, 1866 et 1868) [5]. Il figure sur un répertoire d’adresses de l’École sociétaire sous le Second Empire ; il demeure alors rue Vieille du Temple, puis rue Saint-Sébastien, où il est dessinateur lithographe [6]. Il s’abonne à La Science sociale, qui paraît de 1867 à 1870 [7]. En 1869, il envoie une lettre à l’un des principaux rédacteurs du périodique fouriériste, Charles Pellarin, qui, à la veille des élections législatives, a critiqué dans un article le rejet dont fait l’objet Émile Ollivier dans les milieux républicains, depuis qu’il s’est rapproché du régime impérial, et plus généralement l’engagement révolutionnaire d’une partie des partisans de la République [8]. Vellu critique vigoureusement l’article de Pellarin. Fourier

a apporté au monde la Théorie de l’unité universelle, théorie à l’aide de laquelle il nous est permis, à nous, ses disciples, d’entrevoir la possibilité de réaliser un ordre social, où cette grande et noble devise : Liberté, Égalité, Fraternité, recevra sa complète et sérieuse application, sans l’emploi de la force brutale ou de tout autre moyen en opposition avec l’un des trois termes de cette trinité, c’est vous dire que comme lui et ses autres disciples, je ne crois pas à l’efficacité d’une révolution pour résoudre le problème social.

Cependant, il regrette que Pellarin soit entré dans une discussion politique.

Je croyais [que La Science sociale] n’avait été fondé[e] que dans le but de propager et répandre la doctrine de l’Association domestique et agricole, et non dans celui d’en faire le défenseur plus ou moins officieux de telle ou telle personne […], que notre organe est tout simplement […] une tribune où diverses personnes peuvent venir développer, au point de vue de la théorie phalanstérienne, leurs idées sur les moyens pratiques de résoudre la question sociale, question prééminante [sic] sur la réforme politique, attendu qu’elle la résout indirectement.

Vellu craint que les discussions politiques n’entraînent « la dispersion de nos forces qui ne sont déjà que trop disséminées » et la réduction de « la place qui devait être occupée par des questions de principes ou des expositions de voies et moyens de réalisation ». Il termine sa lettre en mentionnant des propos tenus « dans une des dernières réunions du petit cercle de la rue des Saints-Pères », ce qui suggère qu’il fréquente la librairie fouriériste [9]. La Science sociale cesse de paraître dans l’été 1870 et est remplacée à partir de 1872 par le Bulletin du mouvement social auquel Vellu est également abonné. Il semble s’éloigner du mouvement fouriériste dans les années suivantes.

En 1874 et 1876, lors du mariage de son fils et de la naissance de ses petits-fils, il est toujours dessinateur lithographe. En 1886, témoin lors du mariage de son neveu Charles Henri Desfassiaux, il est alors comptable, profession qui est également indiquée lors de son décès en 1910.


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : mars 2020

Notes

[1La Science sociale, 1er juin 1867.

[2La Démocratie pacifique annonce le 25 et le 26 avril 1849 un « banquet fraternel » pour le dimanche 29 avril ; un autre « banquet des Ardennais démocrates » se réunit le samedi 5 mai 1849, les toasts que l’on prévoit d’y prononcer sont à déposer à l’avance chez Vellu, rue Albouy, où l’on peut aussi retirer une carte permettant de participer à la manifestation (La Démocratie pacifique, 3 mai 1849.) Les mêmes annonces paraissent dans d’autres journaux, dont Le Peuple, de Proudhon.

[3L’Ami des sciences, 4 mars 1860, « Association polytechnique », p. 160.

[4Journal des débats, 15 janvier 1861.

[5Bulletin de la Société de colonisation européo-américaine au Texas, 1856, 1858, 1866 et 1868.

[6École normale supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier 8, répertoire d’adresses.

[7École normale supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier 7, abonnements à La Science sociale.

[8Charles Pellarin, « Les élections », La Science sociale, n°9, 16 mai 1869, p. 114-117.

[9La Science sociale, n°10, 1er juin 1869, lettre de Velu, p. 138.


Ressources

Sources :
École normale supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier 7, abonnements à La Science sociale.
École normale supérieure, fonds Considerant, carton 13, dossier 8, répertoire d’adresses.
Archives départementales des Ardennes, 2E282 3, état civil de Maubert-Fontaine, acte de naissance, 19 août 1824 (en ligne sur le site des Archives départementales des Ardennes, vue 24/358).
Archives de Paris, V3E/M 995, état civil reconstitué, acte de mariage, 25 septembre 1847 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 44/51).
Archives de Paris, V4E 2720, état civil du 3e arrondissement, acte de mariage de Charles Alfred Henri Vellu et Marie Angélique Avice, 19 février 1874 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 23/31).
Archives de Paris, V4E 2717, état civil du 3e arrondissement, acte de naissance, 15 mars 1874 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 13/31).
Archives de Paris, V4E 2737, état civil du 3e arrondissement, acte de naissance, 25 juillet 1876 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 26/31).
Archives de Paris, V4E 7783, état civil du 19e arrondissement, acte de mariage de Charles Henri Desfassiaux et Hortense Weill, 23 octobre 1886 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 23/31).
Archives de Paris, 20D 228, état civil du 20e arrondissement de Paris, acte de décès, 19 février 1910 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 5/31).
La Démocratie pacifique, 25 et 26 avril 1849, 3 mai 1849 (en ligne sur Gallica).
Bulletin de la Société de colonisation européo-américaine au Texas, 1855-1875 (en ligne sur Gallica).
L’Ami des sciences, 4 mars 1860 en ligne sur Gallica).
Journal des débats, 15 janvier 1861 (en ligne sur Gallica).
La Science sociale, n°9, 16 mai 1869 ; n°10, 1er juin 1868 (en ligne sur Gallica).


Index

Lieux : Paris, Seine

Notions : Education populaire - Presse - Société du Texas

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Vellu, Constant », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mars 2020 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2191 (consultée le 26 septembre 2020).

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