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Bernard Desmars  |  mise en ligne : mars 2020

Love, (Émile) Frédérick


Né le 1er juin 1817 à Saint-Omer (Pas-de-Calais), décédé le 1891 à Paris, 9e arrondissement (Seine). Médecin homéopathe. Abonné à La Science sociale en 1869 et 1870.


Frédérick Love est un enfant abandonné quelques jours après sa naissance à Saint-Omer. D’après le registre d’état civil, il est né de parents inconnus et laissé à proximité d’un hôpital où il est recueilli ; un papier trouvé sur lui indique qu’il s’appelle Émile Frédéric. Il se voit alors attribuer le patronyme de Pothin. Vingt ans plus tard, ses parents, James Frederick Love, un lieutenant-colonel de l’armée anglaise stationnée dans les départements du Nord après le second traité de Paris (novembre 1815), et Christine Éléonore Dupont, d’origine belge et vivant à Lille, le reconnaissent comme leur enfant [1].

Il fait des études de médecine et obtient un doctorat en Allemagne [2] ; il est, écrit l’auteur de sa nécrologie, l’« élève favori et secrétaire de Velpeau pendant plusieurs années » [3]. Il apparaît dans la liste des médecins parisiens, avec un cabinet situé rue du Bac, dans l’Annuaire général du commerce de l’industrie, de la magistrature et de l’administration pour l’année 1849 ; « sa réputation commença lors du choléra » de 1849 [4]. La même année, il épouse Alix Célina Ringot, âgée de 18 ans, elle-même née dans l’Aisne d’un père inconnu et d’une mère repasseuse. Un fils naît en avril 1851, prénommé James [5]. Le cabinet est ensuite transféré rue Taitbout [6], puis rue d’Aumale [7].

Frédérick Love est un partisan de la « doctrine homœopathique, […] un des disciples les plus fervents de Hahnemann, un des adeptes les plus éminents et des propagateurs les plus zélés de la thérapeutique nouvelle » [8]. Dès 1850, il traduit en français un travail du médecin anglais Joseph Laurie, sous le titre Éléments de médecine pratique homœopathique [9]. D’après la couverture de l’ouvrage, il est alors membre de la Société hahnemanienne de Paris. Pourtant, à ce moment, sa pratique « hésit[e] encore entre l’allopathie et l’homœopathie » avant de se fonder exclusivement sur les ressources de la seconde [10].

Il reçoit en 1869 et 1870 La Science sociale, l’organe de l’École sociétaire. Son engagement fouriériste semble s’être limité à ces abonnements [11].

Il préside la Société médicale homœopathique de France au moins de la fin du Second Empire au début des années 1880, quand il reçoit la Légion d’honneur [12]. Il participe aux congrès homéopathiques de 1878 et de 1889 [13].

Son épouse décède en 1882. En 1888, son fils James Love, également médecin homéopathe, fonde en mémoire de sa mère un dispensaire homéopathique, le dispensaire pour enfants Alix Ringot, situé dans le XVIIIe arrondissement [14].

Selon l’auteur de sa nécrologie, Frédérick Love « était un philanthrope et dans toute l’acception du mot, et pas un malheureux n’a frappé inutilement à sa porte » [15].


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : mars 2020

Notes

[1James Frédérick Love reconnaît aussi en 1837 être le père de Georges Henri Dupont, né le 16 août 1818 à Quiestède (Pas-de-Calais). L’acte de naissance avait cette fois indiqué le nom de la mère, Christine Éléonore Dupont.

[2La Médecine traditionnelle et l’homœopathie, procès intenté au journal L’Union médicale, par douze homœopathes, précédé des mémoires et des notes diverses publiées par les parties au cours des débats, Paris, 1858, p. 277.

[3L’Homœopathie populaire, 15 juin 1891, nécrologie de Frédérick Love.

[4Ibid.

[5Acte de naissance dans le dossier de Légion d’honneur de James Love, dossier LH/1669/1.

[6Annuaire général du commerce de l’industrie, de la magistrature et de l’administration, 1855 et 1856 ; Annuaire-Almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration, 1857 à 1863.

[7Annuaire-Almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration, 1864 à 1890.

[8L’Homœopathie populaire, 15 juin 1891, nécrologie de Frédérick Love.

[9Paris, J.-B. Baillière, 1850, 31 p.

[10« Répliques de Mee Émile Ollivier », La Médecine traditionnelle et l’homœopathie, procès…, op. cit., p. 222. Émile Ollivier est l’avocat de douze médecins homéopathes – dont Love – qui intentent un procès à L’Union médicale en raison d’un compte rendu bibliographique qu’ils jugent insultant pour les praticiens de l’homéopathie. Lors de ce procès, Love est qualifié par l’avocat de la partie adverse d’être « un de ces homœopathes qui prennent l’enseigne d’un système à la mode pour attirer des pratiques et suivent en réalité les préceptes traditionnels qu’ils dénigrent » (p. 201).

[11École normale supérieure, fonds Considerant, carton 6, dossier 2, liste de quittances pour abonnement à La Science sociale en 1889 ; carton 13, dossier 7, bulletin d’abonnement à La Science sociale, 1870.

[12Bibliothèque homœopathique, 1er avril 1869, « Souscription pour la fondation et l’entretien d’un petit hôpital homœopathique », p. 112 ; mars 1881, « Distinctions honorifiques », p. 286.

[13Bibliothèque homœopathique, 1878, 1er janvier 1878, « Congrès homœopathique », p. 319 ; L’Homœopathie populaire, 1er juin 1889.

[14L’Homœopathie populaire. Journal international de propagande, avril 1888 et mai 1888.

[15L’Homœopathie populaire, 15 juin 1891, nécrologie de Frédérick Love.


Ressources

Œuvres :
Traduction de l’anglais de Joseph Laurie, Éléments de médecine pratique homœopathique, Paris, J.-B. Baillière, 1850, 31 p.

Sources :
École normale supérieure, fonds Considerant, carton 6, dossier 2, liste de quittances pour abonnement à La Science sociale en 1889 ; carton 13, dossier 7, bulletin d’abonnement à La Science sociale, 1870.
Archives départementales du Pas-de-Calais, 5 MIR 765/36, état civil de Saint-Omer, acte de naissance, 4 juin 1817 (en ligne sur le site des Archives départementales du Pas-de-Calais, vue 892/1225).
Archives départementales du Pas-de-Calais, 5 MIR 681/1, état civil de Quiestède, acte de naissance de Georges-Henri Dupont (Love), 16 août 1818 (en ligne sur le site des Archives départementales du Pas-de-Calais, vue 850/1580).
Archives départementales de l’Aisne, 5 Mi0278, état civil de La Fère, acte de naissance, 18 août 1832 (en ligne sur le site desArchives départementales de l’Aisne, vue 84/147).
Archives départementales du Pas-de-Calais, 5 MIR 765/39, état civil de Saint-Omer, reconnaissance de paternité et de maternité, 21 octobre 1837 (en ligne sur le site des Archives départementales du Pas-de-Calais, vues 1083-1086/1337).
Archives de Paris, V3E/M 659, fichier de l’état civil reconstitué, acte de mariage, 7 août 1849 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 47/51).
Archives de Paris, V4E 3607, état civil du 9e arrondissement, acte de décès d’Alix Ringot, 13 novembre 1882 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 16/21)
Archives de Paris, V4E 6257, état civil du 9e arrondissement, acte de décès, 3 juin 1891 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 16/31).
Annuaire général du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration, ou Almanach des 500 000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, pour les années 1849 à 1856 (en ligne sur Gallica).
Annuaire-almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration, pour les années 1857 à 1890 (en ligne sur Gallica).
Bibliothèque homœopathique, 1869-1881 (en ligne sur Gallica).
L’Homoeopathie populaire. Journal international de propagande, 1888-1891 (nécrologie d’Émile Frédérick Love) (en ligne sur Gallica).

Sitographie :
Base Leonore, dossier de Légion d’honneur de James Love, LH/1669/1.


Index

Lieux : Paris, Seine

Notions : Homéopathie - Médecine

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Love, (Émile) Frédérick », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mars 2020 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2187 (consultée le 23 mars 2020).

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