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Le mot du Président
Pour un renouveau des études fouriéristes

Gaston Bordet  |  1990 / n° 1 |  décembre 1990



Pour citer ce document

BORDET Gaston , « Le mot du Président. Pour un renouveau des études fouriéristes  », Cahiers Charles Fourier , 1990 / n° 1 , en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2 (consulté le 27 septembre 2017).

Texte intégral

Création d’une Association d’Etudes fouriéristes, lancement d’un bulletin (moyen de rencontre, de recherche, de proposition, carrefour d’idées et de projets), voila les premiers indices d’une volonté de redécouverte, de restauration, de réhabilitation de la pensée, ô combien originale, de Charles Fourier.

C’est un groupe d’historiens, de philosophes, de psychologues, de linguistes, d’animateurs culturels, de bibliothécaires, d’étudiants travaillant à l’Université de Besançon ou vivant dans sa mouvance, qui a pris conscience que la pensée, l’œuvre intellectuelle de Fourier ne pouvait pas rester à ce point méconnue, oubliée, ou pire, déformée ; qu’il fallait l’exhumer, la remettre en bonne place, sur son socle dans le magnifique jardin du socialisme français du XIXe. Car c’est un parc superbe, aux essences variées, aux parterres éblouissants et contrastés que celui qui a vu s’épanouir en France ces floraisons multiples et renouvelées des socialismes, ces systèmes de pensée qui, analysant de manière critique les anomalies, les injustices, offrent un projet de libération et d’épanouissement de l’homme et des groupes humains.

« Systèmes utopiques », ont dit certains avec dérision et ironie. Oui, « systèmes utopiques », disons-nous, au sens favorable et admiratif où l’utopie n’est nullement le refus du réel, bien au contraire ; elle est analyse de la réalité, constat objectif de ses carences, projet de réforme et volonté de progrès.

La pensée de Fourier est une grande entreprise de libération, d’épanouissement, Fourier est le philosophe du bonheur, de l’harmonie. Son système vaste, ample, est également souple et nullement rigide.

Au moment où de partout craquent et croulent les régimes étatiques, bureaucratiques et centralisés, aussi bien que les systèmes qui, se prétendant libéraux, distillent l’incohérence et les inégalités, le philosophe bisontin, égal adversaire du dirigisme et des injustices, nous offre une lecture originale, dialectique. Par delà la fantaisie du propos, le fantasque du verbe fouriériste, il y a une substantifique moëlle à déguster et digérer. Il y a un filon à extraire, un métal à couler et à façonner.
La mode est à la redécouverte et à la réhabilitation du patrimoine monumental. Or notre but est de réhabilitation du patrimoine intellectuel. Dans ce domaine, l’immense édifice philosophique de Fourier, écrit en langage poétique et humoristique mérite de figurer avec trois étoiles, « à ne pas manquer », dans le guide du chercheur en histoire des idées.

Voila pourquoi nous avons créé cette Association d’Etudes fouriéristes, voila pourquoi nous lançons ce bulletin. Nous n’en resterons pas là. Nous organiserons des colloques, nous espérons surtout créer un centre de recherche et, pourquoi pas, d’édition - édition des œuvres de Fourier, de travaux sur Fourier - véritable phalanstère intellectuel à noyau bisontin et franc-comtois, à ramifications nationales et internationales.

Vous êtes les bienvenus dans ce caravansérail où Fourier espérait que les harmoniens du Phalanstère attendraient leurs hôtes amis.


Gaston Bordet

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