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Bernard Desmars  |  mise en ligne : juin 2017

Maas, Stéphanie (ou Fanny), épouse Duval


Née vers 1814, à Monheim (alors dans le Grand-duché de Bade, aujourd’hui en Allemagne), décédée le 4 décembre 1878 à Paris (Seine). Compositrice et professeur de piano. Collaboratrice de la Revue de l’éducation nouvelle ; membre de la rédaction de L’Économiste français (1861-1870) dirigé par son mari Jules Duval.


Le milieu social dans lequel est née Fanny ou Stéphanie [1] Maas nous est inconnu, de même que la date de son arrivée en France. Elle enseigne le piano à Paris. Tout comme son amie Hortense Wild, également pianiste, elle compose et arrange des musiques pour des chansons enfantines publiées dans la Revue de l’éducation nouvelle, dirigée par le fouriériste Jules Delbrück. Elle épouse en 1853 Jules Duval, ancien rédacteur de La Démocratie pacifique et ancien directeur adjoint de l’Union agricole d’Afrique. Le mariage est civil [2]. L’un de ses témoins est Eugène Stourm, ancien rédacteur de plusieurs journaux socialistes – dont Le Nouveau Monde et La Démocratie pacifique – devenu commis à l’économat du lycée de Versailles. Elle continue à donner des leçons particulières de piano à son domicile. Le couple mène une existence assez modeste, sortant peu et recevant quelques amis, notamment César Daly, Jules Delbruck, Désiré Laverdant et Hortense Wild. Stéphanie Maas a une santé délicate, malgré des séjours à la montagne (en Suisse) et à la campagne pour prendre du repos. En 1859, alors que son mari se rend à une session du conseil général du département d’Oran, elle séjourne en Alsace, chez Jean Macé [3].

Fin 1861, son mari entreprend la publication de L’Économiste français  ; Stéphanie Maas est mentionnée comme membre du « bureau de la rédaction » ou de la « rédaction interne » ; elle ne signe pas d’article ; probablement est-elle chargée de la rédaction des textes et des entrefilets élaborés à partir des informations issues d’agences ou d’autres périodiques. On ne sait toutefois quelle est la véritable ampleur de son travail, la correspondance de Jules Duval indiquant qu’elle souffre de violentes névralgies et qu’elle reste alitée pendant de longs moments, malgré un déménagement en 1864 dans un appartement plus calme, à Neuilly [4].

Après la déclaration de guerre de la France à la Prusse (19 juillet 1870), le couple Duval quitte Paris et s’installe à Condé-sur-Vesgre ; puis, les troupes allemandes s’approchant, il part pour l’Aveyron, le département d’origine de Jules Duval. Mais à Joué-lès-Tours, leur train entre en collision avec un convoi militaire. Jules y perd la vie ; Stéphanie est elle-même blessée. Elle reste deux mois à l’hôpital de Tours ; puis elle rejoint l’Aveyron où elle séjourne chez des amis. En mars 1871, elle retrouve son logement de Neuilly, que fréquente régulièrement Hortense Wild. Les deux femmes quittent la ville pendant la Commune, avant d’y revenir en juin.

Dans ses dernières années, malgré son état de santé toujours précaire et des moyens financiers modestes – qui se réduisent aux revenus des placements que son mari avait effectués ainsi qu’à une pension versée par la Compagnie d’Orléans, responsable de la ligne où a eu lieu l’accident en septembre 1870 – , Stéphanie Maas s’emploie à obtenir des hommages en faveur de son mari de la part des sociétés savantes auxquelles il a appartenu et des journaux auxquels il a collaboré ; elle fait aussi reparaître l’un de ses ouvrages (Notre Planète) et regroupe certains de ses articles dans un volume intitulé L’Algérie et les colonies françaises dont elle assure la promotion auprès de la presse [5].

Elle hérite des actions que son mari possédait dans la société propriétaire des terres et des bâtiments de Condé-sur-Vesgre, mais elle les revend très vite. Elle lègue à son ami Hortense Wild une partie de ses biens et une rente de 5 000 francs [6].


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : juin 2017

Notes

[1Lors des actes de mariage et de décès, c’est Fanny ; mais c’est Stéphanie pour ses travaux musicaux et journalistiques.

[2Jacques Valette, Socialisme utopique et idée coloniale. Jules Duval (1813-1870), thèse de doctorat d’État, université de Paris I, 1974, f. 1474.

[3Ibid., f. 1475.

[4Ibid., f. 1475-1477.

[5Ibid.,f. 1497-1498.

[6Ibid., f. 1479, note 6.


Ressources

Œuvres :
Des compositions et des arrangements d’œuvres musicales, dont certains, destinés aux enfants sont parus dans la Revue de l’éducation nouvelle, puis ont été rééditées dans Rondes et chansonnettes enfantines des récréations instructives avec jeux, danses et scènes dialoguées sur les vieux airs populaires et sur des airs nouveaux. Musique notée pour les voix d’enfants avec accompagnement de piano pour les petites mains, édité par Jules Delbruck, Paris, J. Bonhoure, 1873, 103 p.

Collaboration à L’Économiste français (1861-1870).

Sources :
Archives de Paris, état civil reconstitué, fiche du mariage de Jules Duval et de Fanny Maas, 23 février 1853 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 29/51).
Archives de Paris, état civil du 17e arrondissement, acte de décès de Fanny Maas, 5 décembre 1878 (en ligne sur le site des Archives de Paris, vue 1/26).

Bibliographie :
Jacques Valette, Socialisme utopique et idée coloniale. Jules Duval (1813-1870), thèse de doctorat d’État, université de Paris I, 1974, 6 volumes dactylographiés, 1736 f.
Donatien Yvonneau, Contribution à l’histoire de l’Année terrible. Collision de trains près Tours en 1870 ; curieuse découverte dans un cimetière douze ans après ; le dernier jour d’un empire ; les courriers de l’impératrice Eugénie ; les bijoux de sa majesté, Bordeaux, 1910, 30 p.


Index

Lieux : Condé-sur-Vesgre, Seine-et-Oise, aujourd’hui Yvelines - Neuilly, Seine (aujourd’hui en Hauts-de-Seine) - Paris, Seine

Notions : Musique - Presse - Union agricole d’Afrique

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Maas, Stéphanie (ou Fanny), épouse Duval », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en juin 2017 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1901 (consultée le 23 juin 2017).

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