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Bernard Desmars  |  mise en ligne : février 2017

Guillon, (Charles Philéas) Amédée


Né le 4 février 1822 à Avignon (Vaucluse). Chargé d’activités administratives et comptables au Centre parisien de l’École sociétaire dans les années 1850. Il part ensuite en Russie.


Amédée Guillon est le fils d’Antoinette Paglia et de Charles Benoît Marguerite Guillon, mariés à Parme en 1813. Lors de la naissance d’Amédée, sa famille est installée à Avignon et son père est ingénieur du cadastre pour le département du Vaucluse, puis géomètre en chef. Ses parents, sous la monarchie de Juillet, s’installent en Algérie où son père est le chef du service topographique de la province d’Alger. Il est aussi frère de Ferdinand Guillon, journaliste dans plusieurs journaux, dont La Démocratie pacifique, et l’un des dirigeants du Centre de l’École sociétaire à partir de 1849. Amédée fait partie de l’administration de l’École sociétaire dans les années 1850.

Aux lendemains du 2 décembre 1851, quelques militants fouriéristes envisagent l’avenir avec un certain optimisme et beaucoup d’illusions : ils pensent que le nouveau régime peut accepter la parution d’un organe de science sociale à condition qu’en soient exclues les questions politiques ; or, des divers courants socialistes, seul le mouvement sociétaire a les moyens de publier un périodique, les autres étant beaucoup plus affaiblies par la répression consécutive au coup d’État. L’École sociétaire peut donc utiliser cette situation pour renforcer son influence dans la société. Ferdinand Guillon soumet l’idée à Victor Considerant et ajoute :

Mon frère Amédée est si préoccupé du bénéfice qui pourrait résulter pour nous de la création d’un nouvel organe, seul écho à la pensée sociale, qu’il va jusqu’à caresser le projet d’un journal quotidien. Ceci parait paradoxal à plusieurs, à Bourdon entre autres. Mais Amédée persiste dans son idée fixe et m’a même prié instamment de vous la communiquer [1].

Amédée Guillon semble plus particulièrement s’occuper de la comptabilité de l’École – il écrit à Allyre Bureau, sans doute en 1854, qu’il a « pataugé dans le gâchis des comptabilités 40 et 43 [c’est-à-dire les sociétés fouriéristes fondées en 1840 et 1843] ». Il se charge aussi de préparer la comptabilité de la Société européo-américaine de colonisation au Texas [2]. C’est lui que contacte Just Muiron, pour essayer de mettre de l’ordre dans ses comptes et de régler le conflit financier qui l’oppose au Centre dans la seconde moitié des années 1850 [3].

Cependant, d’après sa correspondance, son rôle va au-delà des aspects financiers. Il donne son avis sur les activités de l’École, transmet des informations aux uns et aux autres, signale les visites de condisciples qu’il reçoit au Centre parisien…

Son frère Ferdinand quitte la France à la fin de l’année 1857 et s’installe en Russie où il travaille aux chemins de fer. Amédée le rejoint en 1859, selon Aimée Beuque.

M. Amédée Guillon a reçu la commission de son emploi pour la Russie ; il est content de rejoindre sa famille et de s’assurer un sort ; mais c’est toujours une expatriation – nous le regrettons [4].

On n’a plus ensuite d’information sur Amédée Guillon.


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : février 2017

Notes

[1Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 38 (681 Mi 64, vues 546-548), lettre de Ferdinand Guillon, 30 décembre 1851.

[2Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 38 (681 Mi 64, vue 550), lettre non datée d’Amédée Guillon à Allyre Bureau.

[3Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 40 (681 Mi 70, vues 3, 12, 111), correspondance entre Muiron et Guillon, 1854-1858.

[4Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 36 (681 Mi 57, vue 591), lettre d’Aimée Beuque, 16 mars 1859.


Ressources

Sources :
Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 36 (681 Mi 57, vue 591), lettre d’Aimée Beuque.
Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 38 (681 Mi 64, vues 546-548), lettre de Ferdinand Guillon, 30 décembre 1851.
Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 38 (681 Mi 64, vues 550-556), lettres d’Amédée Guillon, les unes non datées, les autres de 1854.
Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 40 (681 Mi 70, vues 3-5, 49-50, 111-114, correspondance entre Muiron et Guillon, 1854-1859.
Archives municipales d’Avignon, acte de naissance du 5 février 1822 (en ligne sur le site des Archives municipales d’Avignon, vue 66/1246).


Index

Lieux : Paris, Seine - Russie

Notions : Centre sociétaire - Famille

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Guillon, (Charles Philéas) Amédée », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en février 2017 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1844 (consultée le 26 juin 2017).

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