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L’intérieur de Simone Debout est un jardin...

Alejandra Riera  |  2016 / n° 27 |  décembre 2016



Pour citer ce document

RIERA Alejandra , « L’intérieur de Simone Debout est un jardin...  », Cahiers Charles Fourier , 2016 / n° 27 , en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1821 (consulté le 25 avril 2021).

Texte intégral

L’intérieur de Simone Debout est un jardin.

De sorte que des dehors l’habitent.

Dans cet intérieur peuplé, c’est le chevauchement qui prime, la place de chaque chose n’est pas celle d’une représentation de soi. Les choses n’ont pas de place en ce sens, elles s’agencent plutôt peu à peu dans des ensembles mouvants laissant à chaque chose s’y trouvant et à chaque être accueilli par cet intérieur, la possibilité de se révéler comme fruit de nombreuses relations même ignorées par chacun, chacune de ces choses et êtres.

L’intérieur de Simone Debout est aquatique.

Une chose peut se trouver devenir une autre, se composer, s’emmêler ou se démêler et se transformer en mille morceaux pour s’agencer encore et encore. Dans ce frottement aux nombreux contacts devenus désirables, des écarts émergent, non pas pour séparer ou affronter mais pour faire place au doute et donner de l’élan pour repartir dans des dialogues qui pourraient couler à l’infini.

Si c’est un intérieur, cet intérieur est ouvert, ouverture, et jamais fermeture sur soi mais un lieu d’innombrables passages. Si on tentait de séparer un objet, un texte, une fleur, une pierre de son espace pour en faire un quelconque inventaire ou classification, on trahirait le fond même de l’art qui les tient tous ensemble, non pas par l’ordre d’une harmonie gouvernée par et pour elle toute seule, mais dans des harmonies étranges et variables non maîtrisables au niveau du sens car au contraire souvent inattendues et éveillant les sens. Harmonies bizarres qui se sont faites au fil des années et dont les désirs nous dépassent. Ces ensembles sont là, dans cet intérieur, accompagnés par la voix fine et aiguë, elle aussi étrange, de Simone. Dans cet intérieur plus besoin des gouvernants, chaque chose se tient car elle est l’adjacente non finie d’une autre infinie et que cette reconnaissance devient l’appui sur lequel ces harmonies peuvent vivre, souffler sans en étouffer aucune.

L’intérieur de Simone Debout est une peinture où les impressions peuvent se glisser. La complexité et la vibration, les couches organiques de la pensée font la Terre sans nom qui les nourrit ; le secret et les ombres ne sont pas refoulés. C’est une zone à défendre où L’ÉCART, cet ADJACENT NÉCESSAIRE, cette zone des rencontres sans présupposés est préservé.


Alejandra Riera

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