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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Bourguignolle Françoise, née Tarpon
Article mis en ligne le 13 novembre 2015
dernière modification le 26 juin 2022

par Guengant, Jean-Yves

Née le 17 septembre 1790 à Brest (Finistère), décédée le 18 décembre 1849 à Lambézellec (Finistère), elle participe à la diffusion de la littérature phalanstérienne dans l’agglomération brestoise, notamment par la gestion de la librairie phalanstérienne.

Françoise Tarpon est la fille de Marguerite Carreau (ou Caro). Cette dernière vit en concubinage avec Vincent Talpon [1], originaire du Piémont italien. Il reconnaît sa fille en décembre 1792, sitôt le divorce avec sa première épouse [2] prononcé. Il est aubergiste aux portes de Brest, ville où il décède en 1811. Veuve d’un marchand, Abraham Duemann, brutalement décédé en 1822, Françoise Tarpon épouse en secondes noces le 19 juillet 1824 Nicolas-Alexandre Bourguignolle, un entrepreneur des bâtiments civils [3]. L’entreprise de bâtiment semble florissante et permet au couple de s’intéresser aux expérimentations sociétaires. Françoise adhère aux idées fouriéristes de son mari, et le couple acquiert une exploitation agricole à Guipavas. Dans son numéro du 1er avril 1837, La Phalange constate la nécessité d’accentuer la propagation de la doctrine sociétaire, pour contrer la stagnation du mouvement. La réduction de la parution du journal et l’achèvement du second tome de Destinée sociale sont jugées nécessaires [4]. Les Bouguignolle se proposent alors de donner la somme de cinq cents francs « pour hâter la réalisation des idées de M. Fourier ». La santé de Charles Fourier se dégradant et en réponse à un appel de Victor Considerant, leur ami Jean Foucault s’empresse de souscrire à une cotisation « formée pour M. F(ourier). Puissent ces témoignages de sympathie adoucir les peines de ce nouveau messie » [5]. Il signale alors : « M. et Mme Bourguignolle se trouvant en voyage, je n’ai pas pu leur parler de la cotisation ».
En 1841, Nicolas-Alexandre Bourguignolle se rend à Cîteaux (Côte-d’Or), enthousiasmé par la création de la colonie phalanstérienne. Son épouse ne l’accompagne pas. Après l’expérience malheureuse de la colonie, le couple s’installe définitivement à l’entrée de la ville de Brest, dans la commune de Lambézellec. En février 1845 une librairie phalanstérienne est implantée à Brest et à partir de l’automne 1845, le couple joue un rôle de relais (tenu jusque là par Paul de Flotte) entre La Démocratie pacifique et les militants locaux. En novembre, le journal note ainsi des encaissements de cotisation que Françoise a réalisés dans le cadre de la rente phalanstérienne (34 souscripteurs en 1847) [6]. Elle participe à la réception des colis en provenance du journal et à la gestion des brochures. Elle contribue également à l’organisation de la venue à Brest du conférencier Victor Hennequin à l’automne 1846. Hennequin peut y présenter les idées fouriéristes devant trois cents personnes et visiter le bagne et l’arsenal militaire de la ville [7]. Son travail de secrétariat se termine à l’été 1847 : J.-J. Feillet prend le relais.
Elle décède le 18 décembre 1849 dans sa propriété, au Grand Chemin de Landerneau [8]. La Démocratie pacifique présente alors ses condoléances à son époux [9].