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Bernard Desmars  |  mise en ligne : septembre 2015

Boullet, François Antoine


Né le 23 octobre 1817 à La Chapelle Saint-Quillain (Haute-Saône), décédé le 16 avril 1893 à Paris (Seine). Successivement professeur de mathématiques, censeur et proviseur dans différents collèges et lycées, et enfin inspecteur de l’Académie de Paris. Membre de la Société de capitalisation bisontine, abonné au Bulletin du mouvement social.


François Antoine Boullet est le fils d’un propriétaire. D’abord breveté de l’enseignement primaire, il commence sa carrière comme maître d’études au collège de Blois (1836-1839). En 1839, il obtient le baccalauréat ès lettres et remplit les fonctions de maître d’études au collège d’Orléans (1839-1840). En 1841, il est nommé régent de huitième au collège communal de Libourne (Gironde), établissement où, dans les années 1840, enseignent les fouriéristes Auguste Thérault, Philippe Burgade et Louis-Antoine Glorget, ce dernier originaire également de La Chapelle Saint-Quillain, mais de sept ans plus jeune. Détenteur du baccalauréat ès sciences (1843) puis de la licence de sciences physiques (1845), Boullet est promu régent de mathématiques supérieures en 1847 dans le même collège. Après un bref passage à Toulouse, il rejoint en 1850 le lycée de Strasbourg, où il dispense des enseignements de mathématiques et de physique. Quelques années plus tard, il a pour collègue Jean-Baptiste Glorget (le frère de Louis-François), également professeur de mathématiques. Ses supérieurs fournissent « les renseignements les plus favorables sur la régularité de la conduite de M. Boullet. Dévoué à ses fonctions et à sa famille, il réunit toutes les qualités qui peuvent recommander le fonctionnaire et l’homme privé » [1].

En 1855, il se marie avec Marie Charlotte Adélaïde Delcasso, fille du doyen de la faculté de lettres de Strasbourg. Il reçoit en 1856 le titre d’officier d’académie. La même année, il est nommé censeur à Colmar. L’université de Strasbourg lui décerne en 1857 le doctorat ès sciences physiques après la soutenance d’une thèse de physique et d’une thèse de chimie portant sur « les produits de la réduction des dérivées nitriques de l’acide benzoïque et de ses homologues ». En 1858, il revient au lycée de Strasbourg comme censeur. Sa carrière le conduit ensuite au lycée de Saint-Etienne (1860-1862), où il est nommé proviseur, puis au lycée de Besançon (1862-1873) avec la même fonction. Sous sa direction, l’établissement bisontin, malgré la rude concurrence de plusieurs établissements secondaires confessionnels, améliore sa réputation, apparemment très dégradée à son arrivée, et le nombre des élèves augmente fortement.

M. Boullet a certainement plusieurs des qualités qui font le bon proviseur. Il a bon ton, bonne tenue, des manières séduisantes, beaucoup de savoir-faire et quelque instruction, puisque n’étant pas agrégé, il est du moins docteur ès sciences physiques. Il est très bien vu de beaucoup de familles [2].

Et selon le recteur,

Sa conduite est très honorable et sa tenue excellente. Sans être homme du monde à proprement parler, il a les manières et le ton d’un homme bien élevé et est accueilli avec faveur dans la société où il se fait remarquer par son esprit de réserve et de modération [3].

Son activité lui vaut la Légion d’honneur en 1865.

Membre du groupe phalanstérien de Besançon

C’est lors de ce séjour dans le Doubs que son nom apparaît dans la documentation fouriériste : il fait partie de la Société bisontine de capitalisation, formée dans les années 1860 afin de favoriser le financement d’expérimentations sociétaires. En 1871, la Société est liquidée et son capital est transmis à la Maison rurale de Ry (Seine-Maritime) ; la part de Boullet se limite alors à la modeste somme de 10 francs [4].

Au début des années 1870, Ledoux, qui assure la correspondance du groupe phalanstérien de Besançon avec le Centre parisien, l’inclut sur la liste des abonnés au Bulletin du mouvement social [5]. Son abonnement s’interrompt avec son départ du Doubs [6]. En effet, si l’inspection générale le crédite d’« avoir relevé [le lycée de Besançon] d’une chute à peu près complète », elle ne le juge pas apte à lui donner une nouvelle impulsion [7]. Le ministre répond donc favorablement à la demande de Boullet qui sollicite une inspection académique dans le ressort de Paris et obtient d’être nommé à Melun (Seine-et-Marne). Sa mise à la retraite est prononcée en 1879.


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : octobre 2015

Notes

[1Archives départementales du Bas-Rhin, 1 TP/SEC 160, note confidentielle du 4 mai 1855 sur le personnel du lycée de Strasbourg.

[2Archives nationales, F/17/20 243, dossier de carrière, notes de deux « inspecteurs généraux en tournée », 23 mai 1871.

[3Archives nationales, F/17/20 243, dossier de carrière, rapport du recteur de Besançon, 12 août 1871.

[4Ecole sociétaire – Maison rurale d’enfants à Ry (Seine-Inférieure), juillet-août 1872, p. 2-3.

[5Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 39 (681 Mi 66, vues 194-195 et 201-202), lettres de Ledoux du 19 janvier 1873 et du 3 février 1873.

[6Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 39 (681 Mi 66, vue 197), lettre de Ledoux, 22 janvier 1874.

[7Archives nationales, F/17/20 243, dossier de carrière, rapport de l’inspection générale, avril 1872.


Ressources

Œuvres :
Recherches sur les produits de la réduction des dérivés nitriques de l’acide benzoïque et de ses homologues, thèse de chimie soutenue le 4 avril 1857, Colmar, Imprimerie de C. Decker, 1857, 44 p.
De l’Etat des connaissances relatives à l’électricité chez les anciens peuples d’Italie, Saint-Etienne, Imprimerie de Vve Théolier, 1862, 31 p.
Les Savants modernes de la Franche-Comté. Alexis Petit, physicien, né à Vesoul, le 2 octobre 1791. Notice sur sa vie et ses œuvres, Besançon, Imprimerie de Dodivers, 1881 (extrait des Mémoires de la Société d’émulation du Doubs).

Sources :
Archives nationales, fonds Fourier et Considerant, 10 AS 39 (681 Mi 66, vues 194-195, 197, 201-202), lettres de Ledoux, pour le groupe phalanstérien de Besançon, au Centre parisien, 19 janvier et 3 février 1873, 22 janvier 1874.
Archives nationales, F/17/20 243, dossier de carrière, rapport de l’inspection générale, avril 1872.
Archives nationales, dossier de la Légion d’honneur LH/318/76 (en ligne sur la base Léonore).
Archives départementales du Bas-Rhin, 1 Tp/sec 160 et 1 Tp/sec 214, personnel du lycée de Strasbourg.
Ecole sociétaire – Maison rurale d’enfants à Ry (Seine-Inférieure), juillet-août 1872, 12 p.


Index

Lieux : Besançon, Doubs - Libourne, Gironde - Saint-Quillain, Haute-Saône - Strasbourg, Bas-Rhin

Notions : Enseignement - Groupe local - Société de capitalisation

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Boullet, François Antoine », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en septembre 2015 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1626 (consultée le 16 octobre 2017).

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