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Bernard Desmars  |  mise en ligne : avril 2015

Unienville (d’), (Eugène) Alphonse (Marrier)


Né le 4 août 1801, à Savanne (Ile Maurice), décédé le 24 février 1876 à Pamplemousses (Ile Maurice). Planteur. Lecteur de Fourier, de Considerant et des périodiques fouriéristes.


Alphonse Marrier d’Unienville est le fils aîné d’un officier installé à l’île Maurice, dans le district de Savanne. Dans sa jeunesse, il voyage en Europe et fréquente « la plus aristocratique société de Paris et de Londres ». Revenu sur le sol mauricien, il a « été l’un des élégants du Port-Louis, bon musicien, peintre distingué, nature d’artiste, élégant de manières, et fait pour briller dans la société », écrit en 1848 Evenor Dupont [1]. Il se marie en 1821 à Port-Louis, avec Henriette Joséphine Colomb d’Écotay, fille d’un officier de marine royale, avec laquelle il a cinq enfants.

Il est ensuite victime d’un « caprice de fortune » ; à la fin des années 1840, il vit retiré loin de Port-Louis, « relégué en hermite sur sa montagne nuageuse », dans un domaine couvert de forêt vierge appelé « le Nuage », au sud de l’île Maurice.

Son frère Ernest d’Unienville « en a fait un phalanstérien zélé. En très peu de temps, il a parfaitement saisi les points fondamentaux de la Science Sociale, et il fait des prosélytes à son tour ». Désormais, « l’ami Alphonse vit […] en vrai philosophe, au milieu de sa famille, fumant sa pipe, et lisant tour à tour Fourier et Considerant, La Démocratie [pacifique] ou La Phalange » [2].

Avec son épouse, il aide d’anciens esclaves vivant dans la misère à proximité de son habitation. Il laisse « un beau champ pour secourir ces pauvres gens, pour se les attacher par des liens affectueux, pour les faire sortir peu à peu du morcellement qui cause entre eux des querelles fréquentes » ; à Evenor Dupont qui passe chez lui en janvier 1848, il déclare vouloir fonder avec eux une école.

Quelques jours plus tard, Alphonse retrouve son frère Ernest, son ami Evenor Dupont, les fouriéristes Paul et Godefroy d’Emmerez de Charmoy lors d’un banquet phalanstérien organisé au Grand-Port, en présence de plusieurs non-fouriéristes [3].


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : avril 2015

Notes

[1« Cinquième lettre » (9 janvier), Le Mauricien, 23 février 1848, reproduite dans Raymond d’Unienville, Tentative socialiste à l’île Maurice, 1846-1851, Curepipe (île Maurice), Société de l’histoire de l’île Maurice, 2009, p. 153.

[2« Cinquième lettre » (9 janvier), Le Mauricien, 23 février 1848, reproduite dans Raymond d’Unienville, Tentative socialiste à l’île Maurice, 1846-1851, Curepipe (île Maurice), Société de l’histoire de l’île Maurice, 2009, p. 152.

[3« Septième lettre » (14 janvier), Le Mauricien,13 mars 1848, reproduite dans Raymond d’Unienville, Tentative socialiste à l’île Maurice, 1846-1851, Curepipe (île Maurice), Société de l’histoire de l’île Maurice, 2009, p. 169-170.


Ressources

Sources :
Le Mauricien, 23 février et 13 mars, publication des cinquième et septième lettres signées « Un Phalanstérien », datées du 9 et du 14 janvier (reproduites dans Raymond d’Unienville, Tentative socialiste à l’île Maurice, 1846-1851, Curepipe (île Maurice), Société de l’histoire de l’île Maurice, 2009, p. 150-156 et 165-170).

Bibliographie :
Raymond d’Unienville, Tentative socialiste à l’île Maurice, 1846-1851, Curepipe (île Maurice), Société de l’histoire de l’île Maurice, 2009, X-178 p.

Sitographie :
Généalogie des Unienville sur geneanet.


Index

Lieux : Ile Maurice

Notions : Anniversaire - Banquets - Philanthropie - Propagande

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Unienville (d’), (Eugène) Alphonse (Marrier) », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en avril 2015 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1590 (consultée le 11 octobre 2017).

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