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Présentation

1995 / n° 6 |  septembre 2017



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Personnes : Desroche, Henri

Pour citer ce document

, « Présentation  », Cahiers Charles Fourier , 1995 / n° 6 , en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article131 (consulté le 10 décembre 2017).

Texte intégral

Comme cela avait été annoncé dans notre numéro cinq, la présente livraison se veut d’abord et avant tout un hommage à Henri Desroche.

Sociologue des phénomènes religieux, de la coopération et de l’utopie, grand animateur de recherches, Henri Desroche nous laisse une œuvre foisonnante, qui a encore beaucoup à apprendre à tous ceux qui s’intéressent au rapport entre religion et politique, religion et économie. Ainsi, dans l’historiographie fouriériste, son essai sur La Société festive (paru au Seuil en 1975), garde encore aujourd’hui tout son caractère novateur.

Henri Desroche définissait lui-même son œuvre comme « une topographie, une topologie, voire une topicité d’une des plus grandes parmi les grandes utopies » [1]. Aurons-nous l’immodestie d’affirmer ici qu’au fond, une des grandes ambitions de la rédaction des Cahiers Charles Fourier a été, depuis que cette publication existe, d’œuvrer à compléter et approfondir certaines des voies ouvertes il y a déjà quinze ans par Henri Desroche, en s’inscrivant le plus souvent implicitement dans une problématique dont il avait (p)osé les jalons ? Il n’est que de se reporter aux sommaires des cinq numéros déjà parus pour vérifier le bien-fondé de cette proposition.

Cette sixième livraison, la deuxième pour l’année 1995, ne fera pas exception à la ligne de conduite qui a jusqu’ici été la nôtre.

Le lecteur y trouvera cette fois encore des textes inédits qui restituent la parole originelle de Fourier, qu’elle soit spontanée comme dans ses lettres à la féministe Désirée Véret, ou davantage élaborée comme dans sa correspondance avec le pédagogue suisse Fellenberg, qu’il cherche à gagner à ses vues. L’étude sur le devenir des papiers de Fourier éclaircit la querelle d’héritage qui se déroula autour du tombeau du fondateur et montre comment certains de ses héritiers revendiquèrent et obtinrent l’héritage doctrinaire et social (« non sans collusion ni collision » notait déjà Desroche [2]) du Maître, prélude nécessaire à l’enfantement d’un « modèle refoulé ».
Les autres contributions, qui portent sur l’essaimage du Fouriérisme et sur la persistance de son héritage, nous mettent immédiatement en position de vérifier l’intérêt qu’offre la typologie élaborée par Desroche. Pas de problème pour Jan Czynski, un des protagonistes centraux du « modèle disputé » trop longtemps méconnu et qui sort enfin de l’ombre ; difficulté en revanche pour attribuer à Rivière cadet, premier fouriériste lyonnais, sa véritable place. Peut-on à juste titre parler dans son cas d’une version très particulière sinon ambiguë du « modèle projeté », résultat d’une difficile confrontation avec la pratique politique de son temps dans un contexte de crise aiguë ? Quant à l’invraisemblable attaque des guesdistes contre Jaurès, ne devrait-on pas parler, à la fois pour rester fidèle à l’esprit de Fourier et pour prolonger l’analyse de Desroche, « d’anti-modèle phantasmé » ?
Quoi qu’il en soit, le léger retard – bien indépendant de notre volonté – avec lequel cette livraison sortira des presses, nous permet de présenter à tous les lecteurs des Cahiers Charles Fourier nos meilleurs vœux pour l’année 1996 et de leur annoncer que la prochaine livraison de la revue sera préparée par une équipe de rédaction renouvelée. Alors si certains d’entre eux se sentaient prêts à nous apporter leur concours…





Notes

[1La Société festive, p. 8.

[2Ibid., p. 43.



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