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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : mai 2013

Chipron, Victor (Emile)


Né le 26 octobre 1817 à Lyon (Rhône). Décédé en Allemagne après mai 1855 et avant le 10 janvier 1857. Mécanicien. Correspondant de l’Union harmonienne en 1840. Militant républicain et démocrate-socialiste sous la Seconde République.


Victor Chipron naît dans une famille protestante lyonnaise [1]. Son père Louis Gabriel Chipron est négociant et réside au 3 rue Sainte-Catherine à Lyon. Sa mère Jeanne Elizabeth Deonnat est d’origine genevoise. Mécanicien ou ouvrier argenteur, fort instruit, il tente dans sa jeunesse de se présenter à l’École polytechnique. Sans que l’on sache à quelle époque ni dans quelles conditions, il voyage en Grande-Bretagne et parcourt l’Amérique. « Il a rapporté de ses excursions par-delà l’Atlantique une foule d’observations qui ne manquent pas de donner de l’autorité à ses paroles, toutes les fois qu’il est question des institutions qui conviennent le mieux à un peuple grand et libre. Son voyage en Angleterre ne lui a pas moins été utile pour toutes les questions qui touchent à l’industrie pratique » [2].
Fouriériste, il est correspondant de l’Union harmonienne pour l’année 1840. Il réside alors 4 rue du Delta-Lafayette à Paris. Son nom n’est pas cité parmi les « artistes et travailleurs appartenant à l’Ecole sociétaire » [3] de Paris, répertoriés à la suite.
En 1848, il fait partie de la Commission du Luxembourg. Il appuie vigoureusement le projet de Banque du peuple de Proudhon. Il appartient, avec Barbès et Huber, au « Comité central des Droits de l’Homme et du Citoyen ». En 1849 il est avec Napoléon Lebon, Félix Pyat et A. Raginel rédacteur en chef de L’Égalité, journal des campagnes. Membre influent du Comité démocratique-socialiste pour les élections de mai 1849, il est nommé à la commission des Vingt-cinq. C’est en cette qualité qu’il est accusé de complot et d’attentat dans le procès du 13 Juin et condamné, en 1850, par la Haute Cour de Versailles, pour participation à l’affaire du 13 juin 1849 et condamné à la déportation en même temps que Commissaire, Gambon, Guinard, Langlois (du Peuple), Daniel Lamazière, etc. Incarcéré à Doullens, il appartient au groupe des onze détenus dont Blanqui, « considérés à tort ou à raison, comme les plus dangereux » [4], transférés à Belle-Ile depuis Mazas, le 30 octobre 1850. Chipron est incarcéré avec Blanqui jusqu’à la fin mai 1855. Gracié le 20 mai [5], il est libéré le 1er juin [6]. Chipron est alors qualifié d’ingénieur et chimiste. Il souhaite s’exiler en Angleterre [7] et décède en Allemagne quelques mois plus tard [8].


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : janvier 2015

Notes

[1Roland Gennerat, « Les protestants lyonnais des XVIIIe et XIXe siècles », Huguenots de France et d’ailleurs, le site portail de la généalogie protestante en France, rubrique Lyon, familles lyonnaises (XVIII-XIXe), http://huguenots-france.org/france/lyon/lyon18/lyon18.htm, consulté le 12 mai 2013.

[2Pascal Rhaye, Les Condamnés de Versailles, Paris, 1850, p. 137.

[3Almanach social pour l’année 1840, Paris, Librairie sociale (1839), p. 179.

[4Maurice Dommanget, Auguste Blanqui à Belle-Ile (1850-1857), Paris, Ed. de la Librairie du travail, 1935, p. 21.

[5Charles-Ferdinand Gambon, Jean-Yves Mollier (éd.), Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires, Paris, Presses universitaires de France, 1983, notice Chipron, p. 278.

[6Bibliothèque nationale, Mss Blanqui 9580 cité par Maurice Dommanget, op. cit., pp. 265-266.

[7La Presse, 17 juin 1855.

[8La Presse, 10 janvier 1857. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique...., T. 2 B, Paris, Administration du Grand dictionnaire universel, 1867, article « Belle-Ile », p. 512.


Ressources

Oeuvres

(En collab. avec L.-J. Villain, Napoléon Lebon, A. Huber, A. Barbès), Société des Droits de l’Homme et du Citoyen, Paris, Imprimerie Dondey-Dupré, [1848] (en ligne sur Gallica).
(En collab. avec A. Raginel), Explication détaillée de la banque du peuple, 3e édition, Paris, au bureau de la Propagande démocratique et sociale, Raginel, 1849 (en ligne sur Gallica).

Sources

Archives municipales de Lyon, 2E172, registre d’état civil, acte n° 3803, naissance de Victor Chipron, 27 octobre 1817 (en ligne sur le site des Archives municipales de Lyon, vue 122)
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Almanach social pour l’année 1840, Paris, Librairie sociale (1839), p. 179 (en ligne sur le site de la Bibliothèque virtuelle de l’Université de Poitiers, Premiers socialismes).
Mutualité des travailleurs, continuation de la banque du peuple. Siège provisoire, rue du Faubourg-Saint-Denis, 23. Propositions soumises aux associations ouvrières ainsi qu’aux adhérents et aux actionnaires de la Société P. J. Proudhon et Cie en liquidation. (Signé : L. Carlique, etc. [14 et 16 avril]), Paris, 1849 (en ligne sur Gallica).
Alphonse Lucas, Les Clubs et les clubistes, histoire complète, critique et anecdotique des clubs et des comités électoraux fondés à Paris depuis la révolution de 1848..., Paris, E. Dentu, 1851, p. 94, p. 111-112, p. 119, p. 189 (en ligne sur Gallica).
Pascal Rhaye, Les Condamnés de Versailles, Paris, 1850, plus particulièrement pp. 136-138 (en ligne sur Gallica).
La Presse, 17 juin 1855 (en ligne sur Gallica) ; 10 janvier 1857 (en ligne sur Gallica).

Bibliographie

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, version cédérom, notice revue et complétée par Rémi Skoutelsky (référence de base pour Chipron au-delà du fouriérisme).
Maurice Dommanget, Auguste Blanqui à Belle-Ile (1850-1857), Paris, Ed. de la Librairie du travail, 1935.
Charles-Ferdinand Gambon, Jean-Yves Mollier (publié par), Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires, Paris, Presses universitaires de France, 1983, notice Chipron, p. 278.
J. Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, Paris, Fédération Nationale des coopératives de consommation, 1924, t. I, p. 250 et suiv.
Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique...., T. 2 B, Paris, Administration du Grand dictionnaire universel, 1867, article « Belle-Ile », p. 512 (en ligne sur Gallica).

Sitographie

Roland Gennerat, « Les protestants lyonnais des XVIIIe et XIXe siècles », Huguenots de France et d’ailleurs, le site portail de la généalogie protestante en France, rubrique Lyon, familles lyonnaises (XVIII-XIXe), http://huguenots-france.org/france/lyon/lyon18/lyon18.htm, consulté le 12 mai 2013.


Index

Lieux : Paris, Seine

Notions : Club - Presse - Proscription - République

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Chipron, Victor (Emile) », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en mai 2013 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1200 (consultée le 12 octobre 2017).

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