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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : décembre 2012

Nicolas, (Nicolas ?)


Né le 5 janvier 1820 à Dijon (Côte-d’Or). Décédé le 13 mars 1890 à Dijon. Négociant à Dijon puis représentant de commerce ?


Le « grand salon » de Nicolas permet à Nodot et Laville d’envisager d’organiser des conférences ouvertes aux « civilisés », à partir de novembre 1844, selon Cantagrel. C’est la seule mention que nous connaissions de ce phalanstérien dijonnais.

En décembre 1851, parmi les « hommes les plus influents et les plus actifs du parti socialiste de la ville de Dijon », est recensé par le commissaire de police, Nicolas Nicolas, rentier, « ruiné », fils d’un « ancien agent de police », résidant rue de la Liberté. Il est qualifié de « socialiste dangereux, capable de tout. L’un des meneurs de 1848 ». Arrêté le 18 décembre 1851 pour « propagande anarchique [sic] », il est maintenu en détention quelques jours. Il est dit « ex-marchand ». Le procureur précise qu’il est entré « il y a quelques années dans la maison Laureat, rue du Chapon 5, à Paris », comme commis voyageur de commerce. Une perquisition à son domicile dijonnais a permis de trouver

un assez grand nombre de brochures et d’écrits qui prouvent qu’il se nourrissait depuis longtemps des plus pernicieuses doctrines socialistes. On y trouva également un emblème qui parut d’abord indiquer quelque affiliation à une société secrète. C’était une enveloppe contenant un morceau de cuir rouge sur lequel on lisait ces mots ! Vive la république démocratique et sociale !

La justice doit se contenter de le renvoyer devant le tribunal de police correctionnel pour détention d’un « sabre poignard qui peut être considéré comme une arme de guerre ». Il se réfugie en Belgique jusqu’en 1854 ce qui lui permet de demander en 1882 et d’obtenir en 1883 une indemnité sous forme de rente dans le cadre de la loi réparation.

Lors de son mariage en février 1843 avec Charlotte Caroline Lerat, il est marchand de nouveautés, comme son père, François Nicolas qui décède en novembre 1843. Nicolas Nicolas est né le 5 janvier 1820 à Dijon. Son oncle Philippe Nicolas, témoin de sa naissance, alors cordonnier, devient appariteur de la ville de Dijon. Il est probablement l’« agent de police » cité par le commissaire de police en 1851. Né le 30 novembre 1792 à Dijon, il décède le 28 novembre 1853.

Il peut également s’agir de Louis-Léonidas Nicolas, directeur général de la Société dijonnaise d’assurances mutuelles contre l’incendie dont Jean-Claude Oudot est l’un des fondateurs. Louis-Léonidas Nicolas est également membre souscripteur de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidents présidée par Gaulin.


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : septembre 2013

Ressources

Sources

Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS37 (681Mi37), rapport de Cantagrel à Allyre Bureau, 5 novembre 1844.
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_239, 5MI09R164, registre de l’état civil de la ville de Dijon, acte de naissance n° 13 du 5 janvier 1820 de Nicolas Nicolas (En ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vue 10).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_239, 5MI09R209, registre de l’ état civil de la ville de Dijon, acte de mariage n° 34 du 20 février 1843 de Nicolas Nicolas (En ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vues 155-156).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_239, 2E239ART379, registre de l’état civil de la ville de Dijon, acte de décès de Nicolas Nicolas n° 440 du 14 mars 1890 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vue 111).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021_239, 5MI09R230, registre de l’ état civil de la ville de Dijon, acte de décès n° 747 du 29 novembre 1853 de Philippe Nicolas (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vue 344).
Archives départementales de la Côte-d’Or, 20M1203, « état des hommes les plus influents et les plus actifs du parti socialiste de la ville de Dijon », 18 décembre 1851.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 20M1203, « état nominatif des individus arrêtés depuis le 2 décembre 1851 jusqu’à ce jour [21décembre 1851] comprenant ceux mis en liberté et ceux qui ont été maintenus en détention », 21 décembre 1851.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 2U327, Cour d’Appel et Cour d’Assises, Cour d’appel de Dijon, affaires politiques, 1852-1857, fiche individuelle Nicolas, Nicolas.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 1M673, Secours apportés aux victimes du coup d’Etat du 2 décembre 1851 et de la loi de sûreté générale du 27 février 1858, 1880-1906.
Bulletin des lois du Royaume de France, 9e série, partie supplémentaire, tome dix-septième comprenant les ordonnances d’intérêt local ou particulier publiées pendant le premier semestre de 1840, ordonnance n° 487, 11 juin 1840, Paris, Imprimerie royale, août 1840, pp. 601-622.
La Vérité sur la Société dijonnaise immobilière d’assurances mutuelles contre l’incendie..., [Signé : Nicolas.], Dijon, Loireau-Feuchot, 1844.
Au public. Quelques mots en réponse aux deux derniers pamphlets de M. Nicolas, directeur général de la société Dijonnaise d’assurances mutuelles contre l’incendie. (1er février 1845), imp. de P. Dupont, 1845.
Mathieu Delphin Denis, Liquidation de la Société d’assurances mutuelles contre l’incendie de Dijon. Rapport fait à MM. les membres du conseil d’administration de la Mutualité dijonnaise immobilière..., Dijon, Noellat, 1853 (en ligne sur Gallica).
Assemblée générale de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidens [sic], 3ème rapport annuel, année 1839, Dijon, à l’agence de la Société, [1840].


Index

Notions : Exil - Groupe local

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Nicolas, (Nicolas ?) », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en décembre 2012 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1027 (consultée le 18 juillet 2017).

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