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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : décembre 2012

Chevillard, Laurent-Jules


Né le 3 juin 1811 à Dijon (Côte-d’Or). Décédé à Paris le 18 novembre 1862. Avocat. Conseiller municipal de Dijon et conseiller d’arrondissement sous la monarchie de Juillet, membre de la commission municipale provisoire de Dijon en février 1848. Membre souscripteur de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidents. Républicain. Préfet de l’Indre durant la Seconde République.


Laurent-Jules Chevillard naît le 3 juin 1811 à Dijon. Il est le fils de Denis Chevillard, cafetier-limonadier de Dijon, et d’Anne Joanne. Inscrit à l’ordre des avocats depuis le 6 novembre 1833, domicilié rue de la Liberté à Dijon, en 1839, Jean-Claude Oudot le cite parmi la trentaine de dijonnais qui « se disent hautement phalanstériens » [1]. Comme Gaulin, Chevillard est actionnaire du Courrier de la Côte-d’Or et l’un des directeurs lors de sa fondation en 1839. Le journal est marqué par son caractère anticlérical. Il est secrétaire de la Société philharmonique de Dijon, - Belot en est administrateur - dont la salle sert aux différentes conférences données par les propagateurs phalanstériens. Il est également membre souscripteur de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidents. Electeur censitaire inscrit dans le collège électoral du premier arrondissement du département de la Côte-d’Or (Dijon-est), sa contribution fiscale s’élève en 1839 à 530,33 francs pour des propriétés foncières réparties sur les cantons de Genlis, Dijon-sud et Dijon-nord. « La faiblesse de sa santé l’obligea à renoncer au barreau » [2].

Lorsqu’éclate la révolution de février 1848, il est membre du conseil municipal de Dijon. Il est également conseiller d’arrondissement, canton de Dijon-nord depuis 1845. Il s’illustre le 26 février en donnant lecture des dépêches, juché sur la malle-poste. Membre de la commission municipale provisoire, républicain « qui affiche à cette époque des opinions très avancées » [3], un temps choisi comme candidat lors des élections législatives d’avril 1848, il évolue vers le parti de l’Ordre. Il est nommé préfet de l’Indre, par décret de Cavaignac du 15 juillet 1848. Autoritaire ou bien menant une administration « ferme et prudente » [4] selon ses contemporains, il interdit la plantation d’un arbre de la liberté à Châteauroux en février 1849. En 1850, il destitue arbitrairement un instituteur, adjoint au maire d’Argenton pour avoir donné « un cours public et gratuit de socialisme » [5] ; sa décision est annulée en cassation. Il prône une politique centralisatrice réclamant le pouvoir de nommer maires et adjoints y compris dans les communes ne dépassant pas le seuil légal de 6 000 habitants. Bien qu’accusé d’ouvrir ses salons aux légitimistes, il est nommé au rang de chevalier de la Légion d’honneur le 11 août 1850. Révoqué au lendemain du 2 décembre 1851, il retrouve des fonctions préfectorales temporaires en Ille-et-Vilaine en juillet 1852, fonctions dont il semble démissionner en décembre 1852. Il publie en 1862 un traité, De la division administrative de la France et la centralisation, études d’administration, dans lequel il développe des principes de décentralisation, prônant un retour à une division provinciale au détriment des départements. Marié, il décède sans enfant, à Paris le 18 novembre 1862.


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : avril 2017

Notes

[1Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS41 (681Mi71), lettre de Oudot, 25 mars 1839.

[2Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, tome 4, p. 65.

[3Pierre Lévêque, Une société en crise, la Bourgogne au milieu du XIXe siècle (1846-1852), Paris, J. Touzot, EHESS, 1983, p.94.

[4Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, tome 4, p. 65.

[5Rapport du Préfet de l’Indre, Chevillard, au ministre de l’Intérieur, 12 juillet 1850, AN, F/1bII/Indre/8, cité par Pierre Allorant, « Les Municipalités entre le Clergé et l’Etat dans les départements de la Loire moyenne au XIXe siècle », Parlement[s], revue d’Histoire politique, hors série, n° 6, 2010, p. 83.


Ressources

Œuvres

De la division administrative de la France et la centralisation, études d’administration, 2 vol., Paris, Durand, 1862 (en ligne sur Gallica).

Sources

Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS41 (681Mi71), lettre de Oudot, 25 mars 1839.
Archives départementales de la Côte-d’Or, registre de l’état civil de la ville de Dijon, FRAD021EC 239/149, 5MI9R149, acte de naissance du 3 juin 1811 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vues 144-145).
Archives départementales de la Côte-d’Or, 3M78/2, liste général des électeurs et jury formant le collège électoral du département de la Côte-d’Or, collège du 1er arrondissement, 1839-1840.
Annuaire de la ville de Dijon, du département de la Côte-d’Or pour l’année 1839..., Dijon Douillier, [1838 ?], p. 95.
Assemblée générale de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidens [sic], 3ème rapport annuel, année 1839, Dijon, à l’agence de la Société, [1840].
Bulletin des lois de la République française, partie supplémentaire, Xe série, tome sixième contenant les décrets et arrêtés d’intérêt local et particulier publiés pendant le 2e semestre de l’année 1850, n° 138, Paris, Imprimerie nationale, janvier 1851, Décret n° 3579 du 11 août 1850, p. 151 (en ligne sur Google Livres).
Henri Chabeuf, « Louis Bertrand et le romantisme à Dijon », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, 4ème série, tome premier, 1888-1889, Dijon, Lamarche, 1889, p. 327 (en ligne sur Gallica).
« Jules Chevillard, préfet du département de l’Indre », Galerie nationale des notabilités contemporaines, annales biographiques des principaux fonctionnaires, des représentants,..., Paris, 1850, p. 237-238. En ligne sur Google livres).
Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, tome 4, Paris, 1869, p. 65. En ligne sur Gallica).

Bibliographie

Pierre Lévêque, Une société provinciale, la Bourgogne sous la monarchie de Juillet, Paris, J. Touzot, EHESS, 1983.
Pierre Lévêque, Une société en crise, la Bourgogne au milieu du XIXe siècle (1846-1852), Paris, J. Touzot, EHESS, 1983.
Catherine Pelletier, Côte-d’Or. Du canton à la Nation, élus et représentants depuis 1789, Dijon, Archives départementales de la Côte-d’Or, 2006.
Pierre Allorant, « Les Municipalités entre le Clergé et l’Etat dans les départements de la Loire moyenne au XIXe siècle », Parlement[s], revue d’Histoire politique, hors série, n° 6, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 82-83.
Pierre Allorant, « Préfets, sous-préfets et municipalités en 1849 : la restauration du personnel et des pratiques orléanistes et la promotion de la déconcentration », Constitutions, Républiques, mémoires, 1849 entre Rome et la France, Paris, L’Harmattan, 2011, Méditerranées, p. 149.
Christiane Lamoussière, Le Personnel de l’administration préfectorale, 1800-1880, répertoire nominatif par Christiane Lamoussière,..., corr. et complété par Patrick Laharie,..., avant-propos par Philippe Bélaval..., Paris, Centre historique des Archives nationales, 1998.
Bernard Leclère, Vincent Wright, Les Préfets du Second Empire, Paris, Cahiers de la FNSP, Armand Colin, 1973, pp. 23-24.
Pierre Perrenet, « Un journal dijonnais d’opposition, sous Louis-Philippe », Dijon, Annales de Bourgogne, 1929, tome 1, pp. 57-77.


Index

Lieux : Dijon, Côte-d’Or

Notions : Administration - Groupe local - Presse

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Chevillard, Laurent-Jules », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en décembre 2012 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1014 (consultée le 4 juin 2017).

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