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Jean-Claude Sosnowski  |  mise en ligne : décembre 2012

Belot, Bernard-Charles


Né le 23 juin 1777 à Dijon (Côte-d’Or). Décédé le 16 octobre 1846 à Gevrey-Chambertin (Côte-d’Or). Elève polytechnicien (X 1796). Banquier à Dijon et propriétaire à Gevrey-Chambertin. Conseiller municipal de Dijon de 1812 aux Cent-jours, puis sous la monarchie de Juillet. Conseiller général du département de la Côte-d’Or nommé de novembre 1830 à 1833, élu pour la canton de Dijon-nord de novembre 1833 à 1842. Opposant dynastique durant la monarchie de Juillet. Membre souscripteur de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidents.


Sa famille est originaire de Saulieu (Côte-d’Or). Son oncle Michel Belot est conseiller du Roi et directeur de la Monnaie de Dijon. Son père, Bernard Belot, est négociant et banquier à Dijon, anobli comme secrétaire du Roi en 1782, marié le 28 octobre 1770 à Nicole Lenoir, sœur de l’architecte Nicolas Lenoir dit le Romain. Bernard Belot est incarcéré durant la Terreur mais parvient à s’échapper pour Lyon et obtient d’être rayé de la liste des émigrés. Sa parenté avec Sébastien Ligeret de Beauvais, qui devient membre du Conseil des Cinq-cents en 1795 et qui a épousé l’une de ses sœurs, Jeanne Marguerite Belot, et dont le filleul François Ligeret de Chassey est alors accusateur public à Dijon n’est sans doute pas étrangère à cette décision. Bernard Charles Belot quant à lui, après des études au collège de Dijon, entre à l’Ecole polytechnique le 8 nivôse an V (28 décembre 1796). Conscrit de seconde classe, tiré au sort, il est autorisé à se présenter à l’examen pour l’artillerie de marine. Il quitte l’école le 6 floréal an VII. Son père lui fait intégrer la banque familiale. Le 31 décembre 1803 (9 nivôse an XII), il épouse à Autun, Marie de Beaurepaire, fille de Charles-Louis de Beaurepaire, ancien officier d’infanterie de marine. De cette union naissent au moins cinq enfants, dont quatre sont encore en vie en 1837. Après le décès de son père en 1804, Bernard-Charles Belot délaisse son activité bancaire en 1812 pour se consacrer à son domaine de Gevrey-Chambertin et à des études.

Cette même année 1812, il est nommé conseiller municipal de Dijon par décret impérial du 29 décembre. Il est maintenu dans ses fonctions lors de la Première Restauration et il est signataire comme l’ensemble du conseil municipal d’une adresse de soutien à Louis XVIII lorsque la nouvelle du débarquement de Napoléon Bonaparte est connue. Le 17 mars 1815, comme l’ensemble des conseillers, il refuse de signer une adresse de soutien à l’Empereur proposée par le nouveau maire Hernoux. Néanmoins, le 22 mars, le conseil municipal signe l’acte d’adhésion à l’Empire. Le 20 avril, Belot n’est pas renouvelé dans ses fonctions, le conseil municipal suspect est dissous. Il reste à l’écart de la vie publique durant la Seconde Restauration. Il est nommé au conseil municipal de Dijon par ordonnance royale du 23 août 1830 et premier adjoint le 19 mars 1831. Réélu en troisième position aux élections de septembre 1831, adjoint au maire Hernoux le 7 février 1832, sa fortune en revenu estimée à 10 000 francs annuels est la plus élevée des membres de ce conseil. En 1839, domicilié 5 rue Musette à Dijon, électeur dans le collège du premier arrondissement de Dijon, (canton de Dijon-nord), sa contribution fiscale globale s’élève à 862,73 francs dont 538,51 de contribution foncière sur ses propriétés de Gevrey-Chambertin, 183,71 pour celles de Dijon. Belot est engagé dans les rangs de l’opposition dynastique. Il est un des contributeurs dijonnais à la souscription organisée par le Bazar polonais de Lyon pour la fondation d’une médaille en mémoire de l’insurrection polonaise [1]. Il préside le banquet fédératif dijonnais du 11 novembre 1832 en l’honneur de Hernoux et Cabet, banquet initié à la suite du compte rendu aux électeurs du 22 mai 1832 des trente-neuf députés de l’opposition. Il porte le premier toast et souhaite une prochaine « loi sur l’instruction publique et l’abolition du monopole universitaire, solennellement promise par la charte » [2]. Non renouvelé dans ses fonctions d’adjoint en 1835, les officiers de la Garde nationale de Dijon lui rendent hommage et protestent contre cette décision, soulignant qu’il a toujours été « un obstacle constant aux projets contre-révolutionnaires » [3]. Il demeure cependant conseiller général du département de la Côte-d’Or, fonction à laquelle il avait été nommé en 1830 et à laquelle il est élu au titre du canton de Dijon-nord de 1833 à 1842. Le préfet Chaper lors des élections cantonales de 1833 considère qu’il « est un excellent choix, extrêmement honorable » même s’il est un opposant de la gauche dynastique. « Sous le rapport de la moralité, de l’attachement à l’ordre, de la rectitude de l’intention et des lumières théoriques, [le préfet] ne met personne au-dessus de M. Belot » [4]. Selon Henri Chabeuf, Belot est le promoteur du jardin botanique que dirige Léonard Nodot, de l’asile départementale d’aliénés, d’une Société de lecture constituée en 1826 et de la Société philharmonique. Il en est administrateur, et Chevillard secrétaire. La salle sert aux différentes conférences données par les propagateurs phalanstériens.

Son adhésion aux principes du fouriérisme n’est connue que par la mention qu’en fait Jean-Claude Oudot dans une lettre du 25 mars 1839. Belot est cité parmi la trentaine de Dijonnais « qui se disent hautement phalanstériens » [5]. Il est alors membre souscripteur de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidents. Henri Chabeuf qualifie son aïeul maternel de « déiste et spiritualiste inébranlable, libéral, républicain même, mais de la plus absolue tolérance [...]. Il y eu sans doute de l’abstrait, de l’utopie même, dans cette noble intelligence, et il le disait lui même, Charles Belot était trop de son temps pour n’être pas un peu le fils de Rousseau » [6].


Jean-Claude Sosnowski

Dernière mise à jour de cette fiche : avril 2017

Notes

[1Le Précurseur, journal constitutionnel de Lyon et du Midi, 25 mars 1832.

[2Le Précurseur, journal constitutionnel de Lyon et du Midi, 17 novembre 1832.

[3Le Censeur, journal de Lyon, 13 mars 1835.

[4Archives départementales de la Côte-d’Or 2J3 n° 15, correspondance du Préfet Chaper, 17 novembre 1833.

[5Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS41 (681Mi71), lettre de Oudot, 25 mars 1839.

[6Henri Chabeuf, « Louis Bertrand et le romantisme à Dijon », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 4e série, tome 1er, 1888-1889, Dijon, Lamarche, 1889, p. 361.


Ressources

Sources

Archives nationales, Fonds Fourier et Considerant, Archives sociétaires, 10AS41 (681Mi71), lettre de Oudot, 25 mars 1839.
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021EC 239/085 (5MI09R085), registre paroissial Notre-Dame de Dijon, acte de baptême du 24 juin 1777 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vue 137).
Archives départementales de la Côte-d’Or, FRAD021EC 303/006 (5MI15R6), registre de l’état civil de Gevrey-Chambertin, acte de décès n° 70 du 17 octobre 1846 (en ligne sur le site des Archives départementales de la Côte-d’Or, vues 452-453).
Archives départementales de la Côte-d’Or, 3M78/2, liste général des électeurs et jury formant le collège électoral du département de la Côte-d’Or, collège du 1er arrondissement,1839-1840.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 3M680-3M681, élections des conseils municipaux, maires, adjoints, commune de Dijon, 1831-1837, 1838-1846.
Archives départementales de la Côte-d’Or, 2J3 n° 15, correspondance active du Préfet Chaper, 17 novembre 1833.
Archives départementales de la Saône-et-Loire, 5 E 14/25-27, registre de l’état civil d’Autun, acte de mariage n° 15 du 9 nivôse an XII (31 décembre 1803) (en ligne sur le site des Archives départementales de la Saône-et-Loire, vue 96).
Archives municipales de Dijon, 1D1/20, registre des délibérations du conseil municipal de Dijon du 26 vendémiaire an XI au 14 mars 1815, liste des membres du conseil municipal de Dijon nommés de 1808 à 1812.
Archives municipales de Dijon, 1D1/26, registre des délibérations du conseil municipal de Dijon du 2 novembre 1831 au 11 juillet 1833, tableau des membres du conseil municipal de Dijon classés selon les suffrages obtenus, état du personnel membre du conseil municipal de la ville de Dijon en 1831-1832.
Annuaire de la ville de Dijon, du département de la Côte-d’Or pour l’année 1839..., Dijon, Douillier, [1838 ?], p. 94.
Annuaire de la ville de Dijon, du département de la Côte-d’Or pour l’année 1840..., Dijon, Douillier, [1839 ?], p. 22.
Almanach royal et national pour l’année 1831, Paris, A. Guyot, Scribe, 1831, p. 454 (en ligne sur Gallica).
Almanach royal et national pour l’année 1834, Paris, A. Guyot, Scribe, 1834, p. 461 (en ligne sur Gallica).
Almanach royal et national pour l’année 1836, Paris, A. Guyot, Scribe, 1836, p. 466 (en ligne sur Gallica).
Almanach royal et national pour l’année 1842, Paris, A. Guyot, Scribe, 1842, p. 516 (en ligne sur Gallica).
Almanach royal et national pour l’année 1843, Paris, A. Guyot, Scribe, 1843, p. 532 (en ligne sur Gallica).
Assemblée générale de la Société dijonnaise d’assurance mutuelle pour les cas de maladies et d’accidens [sic], 3ème rapport annuel, année 1839, Dijon, à l’agence de la Société, [1840].
Premier supplément à la liste générale par ordre alphabétique des émigrés de toute la République, dressé en exécution de l’article 29 du &2, 5e section de la loi du 25 juillet 1793 (vieux style), Paris, imprimerie des Domaines nationaux, an II, p. 108.
Compte-rendu du banquet offert à MM. Cabet, Hernoux et Mauguin, députés, par les patriotes de la Côte-d’Or, le 11 novembre 1832, dans la grande salle de l’hôtel de ville à Dijon, Dijon, Douillier, 1832.
La Glaneuse, journal populaire, 6 novembre 1832, p. 3 (en ligne sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon, presse lyonnaise du XIXe siècle).
Le Précurseur, journal constitutionnel de Lyon et du Midi, 25 mars 1832, p. 1 (en ligne sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon, presse lyonnaise du XIXe siècle).
Le Précurseur, journal constitutionnel de Lyon et du Midi, 17 novembre 1832, p. 1 (en ligne sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon, presse lyonnaise du XIXe siècle).
Le Censeur, journal de Lyon, 13 mars 1835, p. 3 (en ligne sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon, presse lyonnaise du XIXe siècle).

Bibliographie

Paul Gonnet, Un grand préfet de la Côte-d’Or sous Louis-Philippe, la correspondance d’Achille Chaper (1831-1840), Dijon, Société des Analecta burgundica, 1970.
Anne-Marie Paris, Grands notables du Premier Empire, notices de biographie sociale, 19, Côte-d’Or, Paris, Centre national de la recherche scientifique, Ecole des hautes études en sciences sociales, Centre de recherches historiques, 1992.
Catherine Pelletier, Côte-d’Or. Du canton à la Nation, élus et représentants depuis 1789, Dijon, Archives départementales de la Côte-d’Or, 2006.
Henri Chabeuf, « Louis Bertrand et le romantisme à Dijon », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 4e série, tome 1e, 1888-1889, Dijon, Lamarche, 1889, p. 224, pp. 359-361 (en ligne sur Gallica).
Paul Gaffarel, « Les Cent Jours à Dijon », La Révolution française, tome 27, Paris, 1894, p. 97-111, 206-239, 335-383.
H. Godron, « Souvenirs personnels sur Alexis Perrey et ses proches », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1924, pp. 239-256, en particulier pp. 243-246.
Pierre Perrenet, « Les prisons de Dijon pendant la Terreur (1793-1794) », Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d’histoire, vol. 23, Dijon, Jacquot et Floret, 1907, p. 248 (en ligne sur Gallica).

Sitographie

Famille polytechnicienne, base de données des anciens élèves de l’Ecole polytechnique, Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique. Le Répertoire de l’Ecole impériale polytechnique édité par Marielle, Paris, 1855 (cf. p. 13, Belot, Belpaire et p. 255 Belpaire) confond Belot Bernard-Charles et Belpaire André de nationalité belge, greffier à Anvers, (X 1805).


Index

Lieux : Dijon, Côte-d’Or

Notions : Conseil municipal - Conseiller général - Groupe local - Mutualisme

Pour citer cette notice

SOSNOWSKI Jean-Claude, « Belot, Bernard-Charles », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en décembre 2012 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1011 (consultée le 18 juin 2017).

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