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	<title>charlesfourier.fr</title>
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		<title>charlesfourier.fr</title>
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		<item>
		<title>Bourgin, Hubert</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=758</link>
		<date>2010-06-17 13:52:07</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Hubert Bourgin est issu, du côté maternel, d'une famille d'artisans, et du côté paternel, d'une famille de métayers du Nivernais, qui s'est ensuite orientée vers le négoce. Bourgin, dans ses publications de l'entre-deux-guerres, fait l'éloge de ces « gens de métairie et d'échoppe », de ce milieu familial de petits indépendants, « gens d'ordre et laborieux, ponctuels, attachés à leur bien et à leur profession, à leurs libertés politiques et civiles », fermement républicains et confiants dans les vertus du travail et de l'instruction qui permettent la promotion sociale. Ses parents, devant ses succès scolaires au lycée de Nevers, envisagent pour lui le « noble et sûr métier de professeur [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[1] Cinquante ans d'expérience démocratique, Paris, Nouvelle Librairie (...)&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] ».&lt;br /&gt;
Son grand-père et son père sont associés dans un commerce d'épicerie et de droguerie en gros à Nevers ; puis, ruinée par la Grande dépression, la famille s'installe à Paris où le père est courtier. Bourgin fait de brillantes études au lycée Janson de Sailly et obtient un prix au concours général, en philosophie ; il entre à vingt ans à l'Ecole normale supérieure ; en 1896, avec quatre autres élèves, il publie et présente une édition de la première partie des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tragiques&lt;/i&gt; d'Agrippa d'Aubigné. Il est reçu premier à l'agrégation de lettres en 1898.&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un « socialiste normalien »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peu avant l'agrégation, il a rencontré Lucien Herr, le bibliothécaire de l'ENS, qui exerce une profonde influence sur lui, comme sur beaucoup d'autres normaliens ; Herr, écrit-il plus tard dans un ouvrage très critique envers l'ENS, devient alors son « directeur d'idées, de conscience et de conduite [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[2] De Jaurès à Blum. L'Ecole normale et la politique, Paris, Fayard, (...)&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] ». Grâce à une quatrième année de bourse, Bourgin peut commencer un travail de recherches ; Herr l'oriente et le met en relation avec François Simiand. A partir de là, et malgré sa formation littéraire, Bourgin se consacre principalement, d'une part à l'étude des doctrines socialistes, d'autre part à la sociologie et à l'économie.&lt;br /&gt;
En 1899 et 1900, il fournit à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grande Encyclopédie&lt;/i&gt; (1885-1902) plusieurs articles, sur le paupérisme (cosigné avec Simiand), le phalanstère, Constantin Pecqueur, Proudhon, Saint-Simon et le saint-simonisme, et les syndicats. Grâce à Simiand encore, il rencontre Durkheim et devient l'un des collaborateurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt; à partir de 1901 ; il est l'auteur de très nombreux comptes rendus sur des ouvrages, dont beaucoup en langue étrangère, et en particulier en allemand, concernant la science économique, les systèmes productifs, le développement industriel...&lt;br /&gt;
Il s'engage alors dans la politique, qui est indissociable de son travail intellectuel. Avec Lucien Herr et des élèves de l'Ecole normale supérieure, il participe aux combats dreyfusard et socialiste. Il contribue à la constitution de la Société nouvelle de librairie et d'édition, qui, en août 1899, reprend le fonds de la librairie Georges Bellais, dirigée par Péguy. Bourgin fait partie du conseil d'administration de la nouvelle société (aux côtés de Léon Blum, Lucien Herr, Mario Roques et François Simiand), qui publie des auteurs socialistes, dont Bourgin lui-même. Il fait partie du Groupe de l'Unité socialiste, fondé en 1899, où l'on retrouve de nombreux normaliens (François Simiand, Albert Thomas, Maurice Halbwachs...) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[3] Daniel Lindenberg et Pierre-André Meyer, Lucien Herr, le socialisme et (...)&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]. Il est donc typiquement l'un des représentants du « socialisme normalien » ou « socialisme universitaire » des environs de 1900 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[4] Christophe Prochasson, Les Intellectuels, le socialisme et la guerre, (...)&quot;&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
En 1899, il est nommé au lycée de Beauvais ; il mène alors de front son enseignement, ses recherches scientifiques et une activité militante très fournie, à la fois à Paris et dans l'Oise : il est membre de la Ligue des droits de l'homme, d'associations coopératives, d'organisations socialistes, d'une société de libre-pensée, d'un mouvement d'éducation populaire. Ces engagements lui valent quelques critiques de la part de sa hiérarchie, qui lui reproche sa dispersion dans des activités étrangères à l'enseignement, et peut-être aussi son adhésion au socialisme [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[5] D'après Guy Thuillier, « Un normalien nivernais : Hubert Bourgin (...)&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]. Il affronte les notables radicaux de l'Oise, concurrencés sur le terrain de l'éducation populaire ; avec ses amis socialistes, il entraîne une partie des membres du Cercle laïque, radical, pour fonder le Cercle ouvrier d'émancipation sociale ; il y fait lui-même des conférences, et fait venir à Beauvais Albert Thomas, René Viviani, Marcel Cachin. Il donne aussi des articles à la presse socialiste locale, notamment au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Travailleur de l'Oise [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[6] Jean-Pierre Besse, « Le mouvement ouvrier dans l'Oise, 1890-1914 (...)&quot;&gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/i&gt; Il se marie en 1901 ou 1902 avec Marguerite Darcy [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[7] 1901 d'après Cinquante ans d'expérience démocratique, op. cit., (...)&quot;&gt;7&lt;/a&gt;], une ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de Sèvres, agrégée de physique et enseignante à Beauvais (elle est elle-même l'auteur d'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cours élémentaire de physique&lt;/i&gt; pour les classes secondaires de jeunes filles, et de plusieurs ouvrages de littérature pour enfants).&lt;br /&gt;
Il faut aussi signaler, dans l'entourage d'Hubert Bourgin, son frère cadet Georges, qui, s'il suit une autre orientation professionnelle (élève à l'Ecole des Chartes, puis à l'Ecole française de Rome, archiviste aux Archives nationales), partage les mêmes engagements politiques (au sein du mouvement socialiste) et préoccupations intellectuelles (Georges collabore aussi à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt;, s'intéresse à l'histoire économique et à l'étude des courants d'idées). Les deux frères travaillent d'ailleurs ensemble à plusieurs reprises pour la rédaction d'ouvrages sur l'histoire de l'économie et des idées.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les thèses sur Fourier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est vraisemblablement sous l'influence de Herr, de Simiand et de Durkheim que Bourgin se lance dans l'histoire du socialisme, ou plutôt de ses théoriciens : avec d'abord les articles de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Grande Encyclopédie&lt;/i&gt; déjà signalés ; puis un bref ouvrage sur Proudhon en 1901. Et surtout ses travaux sur Fourier et le fouriérisme : la publication de textes de Fourier (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fourier. Le socialisme sociétaire. Extraits des &#339;uvres complètes de Fourier&lt;/i&gt;, 1903) dans un premier temps ; ensuite ses deux thèses sur Fourier (la thèse complémentaire sur les sources de Fourier, la seconde sur Fourier et le fouriérisme, le tout étant réuni dans l'ouvrage &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fourier. Contribution à l'étude du socialisme français&lt;/i&gt;), soutenues le 2 juin 1905, devant Emile Boutroux, Lucien Lévy-Bruhl, Emile Durkheim, Alfred Espinas et Frédéric Rauh pour la thèse principale [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[8] La Revue de métaphysique et de morale publie le rapport de soutenance (...)&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Voir document 1.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Bourgin-Doc.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 24 ko&quot; title=&quot;RTF - 24 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 1. Hubert Bourgin docteur ès lettres (1905)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Revue de métaphysique et de morale, juillet 1905&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis il mène un travail sur Victor Considerant, d'abord publié dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bulletin &lt;/i&gt;de la Société de 1848, avant de paraître en volume en 1909 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[9] Raymond Huard, « Un siècle de publications de la Société d'histoire (...)&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]. Bourgin continue un peu plus tard son travail sur les théoriciens du XIXe siècle avec une série d'articles sur la doctrine de Constantin Pecqueur, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue socialiste&lt;/i&gt; (1907). En 1912, il publie avec son frère Georges un choix de textes très sommairement présentés sur le socialisme français de 1789 à 1848.&lt;br /&gt;
Pourquoi avoir privilégié Fourier parmi les penseurs socialistes du XIXe siècle ? Bourgin ne le dit pas vraiment. « Après de bons et récents travaux sur Saint-Simon et le saint-simonisme, une monographie de Fourier venait, m'a-t-il semblé, à son temps et à sa place dans la série des travaux utiles », écrit-il très sobrement dans son introduction [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[10] Fourier. Contribution à l'étude du socialisme français, Paris, (...)&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]. Il n'indique pas davantage les raisons de ce choix dans les ouvrages postérieurs de l'entre-deux-guerres où il revient sur son itinéraire intellectuel. Du reste, il s'agit bien pour lui d'apporter une « contribution à l'étude du socialisme français », de participer à un travail plus global sur « l'étude des doctrines socialistes », « étude immense qui ne pourra être menée à bien que par le travail organisé et collectif des historiens et des sociologues ». C'est moins à Fourier et au fouriérisme eux-mêmes que s'intéresse Bourgin, qu'au socialisme de la première moitié du siècle en général, aux conditions sociales dans lesquelles il s'est développé et au rôle qu'il a joué dans la formation du mouvement socialiste pendant les décennies suivantes.&lt;br /&gt;
Fourier, en 1905, a déjà fait l'objet de plusieurs travaux universitaires, essentiellement dans le cadre des facultés de droit et de sciences économiques (dont quelques textes de Charles Gide, plusieurs thèses) ; mais leurs auteurs se sont appuyés exclusivement sur les publications imprimées de Fourier et de ses disciples. Bourgin est le premier à exploiter les archives de l'Ecole sociétaire, que Victor Considerant (1808-1893) a laissées à son ami Auguste Kleine [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[11] Pierre Mercklé, « Le testament perdu de Fourier », Cahiers Charles (...)&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]. Il peut y consulter des manuscrits inédits de Fourier et de Considerant, la correspondance entre Fourier et ses disciples, ainsi que des documents sur l'organisation et le fonctionnement de l'Ecole. &lt;br /&gt;
Cette documentation est utilisée selon les règles et les principes développés par l'école méthodique : une approche critique des textes, la mise en contexte, l'usage de la comparaison, de très nombreuses références. Bourgin insiste régulièrement sur la rigueur de sa démarche, sur la prudence de ses conclusions ; il veut faire une étude « objective », « impartiale », « scientifique », termes qui reviennent souvent sous sa plume.&lt;br /&gt;
Mais on retrouve surtout, dans la façon de construire son étude, l'influence de Simiand, qui, dans un article de 1903, avait dénoncé les trois idoles des historiens, « l'idole politique », « l'idole chronologique » et « l'idole individuelle ou l'habitude invétérée de concevoir l'histoire comme une histoire des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;individus&lt;/i&gt; et non comme une étude des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;faits&lt;/i&gt;, habitude qui entraîne encore communément à ordonner les recherches et les travaux autour d'un homme, et non pas autour d'une institution, d'un phénomène social, d'une relation à établir [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[12] François Simiand, « Méthode historique et science sociale. Etude critique (...)&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] ». Ainsi, Bourgin précise dès l'introduction de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fourier&lt;/i&gt; qu'il n'a pas voulu « faire l'histoire d'un homme, la monographie d'un individu », mais étudier « ce qui, sous le nom de Fourier, intéresse l'histoire des idées et de la société au dix-neuvième siècle [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[13] Fourier. Contribution..., op. cit., p. 1.&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] » ; de même, au début de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Victor Considerant&lt;/i&gt;, il déclare : « je n'ai point voulu écrire la biographie de Considerant ; ce qui nous intéresse en lui, ce n'est point sa vie, mais sa pensée et son action [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb14&quot; name=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[14] Victor Considerant, son &#339;uvre, Lyon, Imp. réunies, 1909, p. (...)&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] ». Mais il ne s'agit pas seulement d'exposer les idées de Fourier ou de Considerant, mais de les inscrire dans un cadre social et idéologique, à la fois pour éclairer leur élaboration, pour observer leur correspondance ou leur décalage avec les problèmes de la société où elles naissent, et pour examiner leur propagation et leur éventuelle influence sur leur environnement. Bourgin veut ainsi rompre avec une histoire traditionnelle des idées, qui repose sur « la croyance usuelle à l'activité et à l'efficacité des doctrines sociales » par elles-mêmes :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, la méthode sociologique [...] a démontré qu'il ne réside pas dans les doctrines sociales je ne sais quelle vertu spéciale et miraculeuse qui, du dehors, serait capable de modifier, de transformer, de produire les idées des hommes et leurs institutions. Pour agir dans la société, les doctrines sociales doivent cesser d'être des faits individuels, elles doivent devenir des faits sociaux [...] ; et elles ne peuvent devenirs telles que quand elles sont elles-mêmes en accord avec les conditions et les déterminations de la conscience sociale à un moment donné [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb15&quot; name=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[15] Fourier. Contribution..., op. cit., p. 507-508.&quot;&gt;15&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi, Bourgin refuse de suivre un plan chronologique allant de la naissance de Fourier jusqu'à son décès ou jusqu'au déclin du mouvement sociétaire ; il divise son ouvrage en quatre parties : « les conditions » (la vie de Fourier, ses lectures - c'est la reprise de sa thèse complémentaire, l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Etude sur les sources de Fourier&lt;/i&gt; - et l'environnement idéologique) ; « l'&#339;uvre » (des premières aux dernières publications), « la doctrine » (la plus longue partie), et enfin « l'action », c'est-à-dire la propagation des idées de Fourier, la formation d'un mouvement sociétaire, les rapports entre le fouriérisme et les autres socialismes du XIXe siècle.&lt;br /&gt;
Alors qu'en 1899-1900, dans l'article « Phalanstère » publié dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grande Encyclopédie, &lt;/i&gt;il déclarait que « beaucoup d'utiles et de grandes réformes sortiront encore du phalanstère de Fourier », comme en étaient déjà sorties « différentes formes de municipalisation et de socialisme communal » ainsi que des réformes sur les assurances, Bourgin considère en 1905 que la pensée de Fourier n'a guère eu d'effets sur la société du XIXe siècle, parce qu'elle est restée l'&#339;uvre d'un homme, « un fait individuel » et non « un fait social ». Ni Fourier, ni sa doctrine, ni le mouvement sociétaire, écrit-il, n'ont réussi à modifier les conditions de vie dans les sociétés modernes. Par contre, affirme Bourgin, « sur les théoriciens du socialisme, l'action de Fourier a été grande », d'abord dans la première moitié du XIXe siècle, quand « ont été prédominantes, dans le socialisme, les conceptions idéologiques » ; mais aussi sur « le socialisme scientifique d'aujourd'hui qui [...] tout en rejetant l'autorité doctrinale de Fourier, comme toute autorité analogue, retient de son idéologie ce qui lui paraît confirmé par l'évolution » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb16&quot; name=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[16] Ibid., p. 508.&quot;&gt;16&lt;/a&gt;]. Surtout, termine Bourgin, les doctrines socialistes de la première moitié du XIXe siècle, parmi lesquelles le fouriérisme, aident à comprendre les changements provoqués par l'industrialisation ; elles « doivent être considérées comme des témoignages sociaux à consulter pour la connaissance de la société dans laquelle elles se sont produites [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb17&quot; name=&quot;nh17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[17] Ibid., p. 532.&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] ».&lt;br /&gt;
Plusieurs indices suggèrent que Bourgin n'éprouve qu'une empathie limitée pour son objet : on l'a vu, plutôt que Fourier et le fouriérisme, c'est une doctrine socialiste de la première moitié du siècle qu'il a voulu étudier, et un tout autre penseur aurait tout aussi bien pu convenir. Il ne semble pas avoir établir de relations avec les derniers groupes phalanstériens ; son nom n'est jamais cité dans les manifestations et les périodiques fouriéristes du début XXe siècle, sauf pour signaler la parution de son livre présentant un choix de textes de Fourier en 1903 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb18&quot; name=&quot;nh18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[18] La Rénovation, 31 décembre 1903.&quot;&gt;18&lt;/a&gt;]. Surtout, une fois ses travaux sur Fourier et Considerant terminés, Bourgin n'y revient plus de façon spécifique ; quand il est amené à écrire sur le fouriérisme, c'est dans le cadre de synthèses sur les courants d'idées socialistes. Enfin, dans le seul ouvrage où il apporte quelques informations sur l'élaboration de ses thèses, il ne mentionne que la pénibilité de son travail :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Mes thèses sur Fourier me coûtèrent cinq années de labeur, avec les longues séances à la Nationale, les centaines d'heures de lecture, de réflexion, de composition, de rédaction, les longues veillées, les épreuves d'imprimerie corrigées dans le train, entre Paris et Beauvais, à la lueur d'un quinquet ferroviaire mal renforcée par celle d'un morceau de bougie fiché dans l'encadrement de la vitre [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb19&quot; name=&quot;nh19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[19] Le Socialisme universitaire, Paris, Delamain et Boutelleau, 1942, p. (...)&quot;&gt;19&lt;/a&gt;].&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Recherches, carrière et militantisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout en menant ses travaux sur le fouriérisme, Hubert Bourgin a entrepris des études d'histoire économique. Il rédige pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt; (1903-1905) un long mémoire (118 pages) sur l'industrie de la boucherie à Paris au XIXe siècle. Il reprend le même thème, mais dans le cadre de l'Oise ; il en fait une thèse de doctorat de droit soutenue en 1906 devant un jury présidé par Charles Gide [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb20&quot; name=&quot;nh20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[20] Christophe Charle, « Avant-garde intellectuelle et avant-garde (...)&quot;&gt;20&lt;/a&gt;], et publiée l'année suivante par la Société d'études historiques et scientifiques de l'Oise. Peu après, il étend l'investigation en amont à la période révolutionnaire [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb21&quot; name=&quot;nh21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[21] L'industrie de la boucherie à Paris pendant la Révolution, Paris, E. (...)&quot;&gt;21&lt;/a&gt;], et en aval aux premières années du XXe siècle [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb22&quot; name=&quot;nh22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[22] « Une expérience sociologique. A propos de l'industrie de la (...)&quot;&gt;22&lt;/a&gt;]. Dans ces travaux, nourris de statistiques, où les démonstrations s'appuient sur de nombreux tableaux et graphiques, Bourgin manifeste une constante préoccupation de rigueur méthodologique. Ces recherches historiques sur l'industrie ont pour objectif de répondre à des questions que se pose la science économique, sur les phénomènes de concentration et de spécialisation, sur les mécanismes de localisation, sur le rôle de la consommation dans le développement d'un secteur industriel ; il souligne également l'importance, en économie, « des motifs d'ordre humain, perçus dans des manifestations de psychologie collective », une psychologie qui « n'est pas supposée a priori, ni combinée a posteriori en partant d'éléments individuels observés ou admis », mais « induite d'observations positives faites sur des séries statistiques qui expriment des consciences de groupes sociaux en activité » ; et pour l'industrie de la boucherie, « la représentation de la consommation et celle des prix sont les principales représentations déterminantes des actions du groupe étudié ; il agit en fonction de ces représentations » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb23&quot; name=&quot;nh23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[23] « Une expérience sociologique... », art. cit, p. 530.&quot;&gt;23&lt;/a&gt;]. Dans les années qui précèdent 1914, il commence des études sur l'industrie sidérurgique pendant la Révolution. Et avec son frère Georges, il entame la publication de documents sur « le régime de l'industrie en France de 1814 en 1830 », c'est-à-dire sur les conditions de travail, la législation sociale, les organisations professionnelles... ; le premier volume paraît en 1912, les deux volumes suivants n'étant publiés qu'en 1921 et 1941.&lt;br /&gt;
Il continue à être un collaborateur très actif de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt;, pour laquelle il fait de très nombreux comptes rendus et analyses critiques, dans les pages consacrées à la sociologie économique ; il publie aussi quelques articles dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue d'histoire moderne et contemporaine&lt;/i&gt; (« L'histoire économique de la France de 1800 à 1830 », 1904) et dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue de synthèse historique&lt;/i&gt; (une analyse de l'ouvrage de Prudhommeaux, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Icarie et son fondateur Etienne Cabet. Contribution à l'étude du socialisme expérimental&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb24&quot; name=&quot;nh24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[24] Revue de synthèse historique, février 1909, tome XVIII, n°1, p. (...)&quot;&gt;24&lt;/a&gt;] et surtout une longue étude consacrée aux « Publications économiques des universités allemandes [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb25&quot; name=&quot;nh25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[25] Revue de synthèse historique, décembre 1913, tome XXVI, n°3, (...)&quot;&gt;25&lt;/a&gt;] »).&lt;br /&gt;
Ainsi, agrégé de lettres, « philosophe de goûts et de tendances », il a été « nommé docteur es lettres pour une thèse d'histoire des doctrines sociales soumise à un jury de philosophes » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb26&quot; name=&quot;nh26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[26] Cinquante ans..., op. cit., p. 45.&quot;&gt;26&lt;/a&gt;]. Il faut encore ajouter ses travaux en économie et en sociologie. « Je restais donc ‘'entre deux selles'' », écrit-il plus tard en examinant son parcours et les échecs qu'il a essuyés quand il a voulu entrer dans l'enseignement supérieur [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb27&quot; name=&quot;nh27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[27] Cinquante ans..., op. cit., p. 45.&quot;&gt;27&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Et alors que sa femme est nommée au lycée Fénélon à Paris, il doit continuer quelque temps à enseigner au lycée de Beauvais, avant d'obtenir sa mutation à Paris en 1907 au lycée Voltaire ; il rejoint en 1911 le lycée Louis-le-Grand. L'inspection générale, mais aussi les parents de ses élèves, lui adressent quelques critiques sur son travail d'enseignant et en particulier la singularité de ses méthodes pédagogiques [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb28&quot; name=&quot;nh28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[28] Guy Thuillier, article cité. Pierre Billot, dans son « Hommage à Hubert (...)&quot;&gt;28&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Son retour à Paris lui permet d'intensifier ses activités parmi les intellectuels socialistes : ayant adhéré à la SFIO dès sa formation en 1905, il participe au Groupe d'études socialistes, fondé en 1908, qui s'exprime dans les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cahiers du socialiste &lt;/i&gt; ; avec d'autres intellectuels (Charles Andler, Marcel Mauss, Lucien Herr, François Simiand), il collabore à la troisième Ecole socialiste, fondée à l'automne 1909 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb29&quot; name=&quot;nh29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[29] Christophe Prochasson, Les intellectuels..., op. cit., p. 63-64 et p. (...)&quot;&gt;29&lt;/a&gt;] ; il y fait notamment des conférences sur l'histoire des idées socialistes, et, avec Albert Thomas, envisage alors la formation d'un « groupe d'études historiques et sociologiques » parmi les élèves de l'Ecole socialiste [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb30&quot; name=&quot;nh30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[30] Revue socialiste, 1911 (1er semestre), p. 96.&quot;&gt;30&lt;/a&gt;]. Il publie plusieurs textes dans la collection « Documents du socialisme », chez l'éditeur Marcel Rivière : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme et la concentration industrielle&lt;/i&gt; (1911 ; le texte est d'abord paru dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Revue socialiste&lt;/i&gt;), et une traduction, réalisée avec sa femme, d'un texte des socialistes fabiens, Béatrice et Sidney Webb, sur l'assistance publique en Angleterre. Il écrit aussi pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue socialiste&lt;/i&gt;, reprise à partir de 1910 par « le réseau Albert Thomas » dont il est l'un des membres importants, aux côtés de Simiand et de plusieurs autres normaliens [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb31&quot; name=&quot;nh31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[31] Ibid., p. 122-128.&quot;&gt;31&lt;/a&gt;]. Il se situe donc du côté des socialistes réformistes.&lt;br /&gt;
Du reste, ses travaux scientifiques et son engagement socialiste restent intimement liés, comme le montre un article publié en 1911 dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue de métaphysique et de morale&lt;/i&gt; ; à partir d'une conférence de Jaurès devant les étudiants de l'Ecole socialiste, il s'interroge sur le rôle de l'Etat, qui doit faire l'objet d'« un travail collectif d'enquête. Or cette tâche, proposée aux groupes d'éducation politique mutuelle comme la condition d'une action définie et méthodique, ne peut être conçue que d'une manière : le travail d'enquête sera un travail d'histoire et l'effort d'analyse sera un effort de pensée sociologique [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb32&quot; name=&quot;nh32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[32] Revue de métaphysique et de morale, 1911, p. 131.&quot;&gt;32&lt;/a&gt;] ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La rupture de la Première Guerre mondiale et du début des années 1920&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mobilisé au début de la guerre d'abord à Évreux, puis comme instructeur au prytanée de La Flèche, Bourgin met sa plume au service de l'effort de guerre et de l'Union sacrée ; il est par exemple l'auteur des brochures suivantes : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi la France fait la guerre&lt;/i&gt; (1914), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le militarisme allemand, ce qu'il est, pourquoi il faut le détruire&lt;/i&gt; (1915), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi nous détestons et nous voulons détruire le militarisme allemand&lt;/i&gt; (1916). Il rédige en 1915 pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanité &lt;/i&gt;une série d'articles signés « Le soldat citoyen », où il incite le parti socialiste à manifester plus d'ardeur dans l'effort de guerre. Il se range très nettement au sein des « majoritaires de guerre », qui défendent la participation et s'opposent aux progrès de la minorité pacifiste au sein de la SFIO [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb33&quot; name=&quot;nh33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[33] Vincent Chambarlhac et Romain Ducoulombier (dir.), Les Socialistes et (...)&quot;&gt;33&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
En mai 1915, il rejoint le cabinet d'Albert Thomas, sous-secrétaire d'Etat de l'Artillerie et des Munitions, puis ministre de l'Armement à partir de décembre 1916, où il est chef du service des informations. Au sein du cabinet, il est plus particulièrement chargé des relations avec la Chambre des députés, et notamment avec les parlementaires socialistes. Quand il relate son activité pendant cette période [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb34&quot; name=&quot;nh34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[34] Mémoires pour servir à l'histoire d'une sécession politique (...)&quot;&gt;34&lt;/a&gt;], il décrit un monde politique médiocre, fait de compromissions, d'intrigues, de discussions sans fin, oubliant le sort du pays en guerre pour obtenir quelques avantages... D'autre part, la guerre, pense-t-il, doit amener le socialisme à repenser son rapport à la nation, pour aller vers un « socialisme national » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb35&quot; name=&quot;nh35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[35] Vincent Chambarlhac, « Des étrangers dans la maison socialiste », dans (...)&quot;&gt;35&lt;/a&gt;]. Afin de lutter contre des courants pacifistes ou défaitistes au sein du mouvement socialiste, il crée un Comité de propagande socialiste pour la défense nationale (1916).&lt;br /&gt;
En septembre 1917, une crise ministérielle et le refus de la SFIO de prolonger sa participation gouvernementale provoquent le retrait d'Albert Thomas de son poste. Bourgin devient alors chef du bureau des programmes au sous-secrétariat d'Etat à la Marine marchande et aux Transports maritimes, puis en janvier 1918, chef du service de ravitaillement civil, au sous-secrétariat d'Etat du ravitaillement, où il reste jusqu'en janvier 1919. Parallèlement, il continue à assumer des tâches de correcteur au concours de l'Ecole polytechnique, et de répétiteur au Conservatoire national des Arts et Métiers.&lt;br /&gt;
Au sortir de la guerre, Bourgin rompt avec la SFIO et combat désormais les mouvements socialiste et communiste. Il est devenu un antiparlementaire virulent, le régime parlementaire étant pour lui caractérisé par la bassesse et l'inefficacité. Ses formes d'intervention politique sont également profondément modifiées : alors qu'avant guerre, ses activités militantes se traduisaient surtout par la publication de textes, la formation des militants et la réflexion intellectuelle, il se lance au début des années 1920 dans de nouvelles formes d'action politique, en prenant des responsabilités dans différentes organisations : il est notamment secrétaire général de la Ligue civique, qui milite pour une réforme de l'Etat, et qui adhère en octobre 1919 au Bloc national ; il est élu au bureau de l'Action nationale républicaine [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb36&quot; name=&quot;nh36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[36] Jean Vavasseur-Desperriers, Culture, Structures, Stratégie d'une (...)&quot;&gt;36&lt;/a&gt;] ; il est également l'un des dirigeants de la Ligue des Patriotes. Cependant, il ne se présente à aucune élection : « je n'ai jamais été candidat à une fonction élective », écrit-il quelques années plus tard, en dénonçant la démocratie, qui n'est pour lui que démagogie, distribution des places et des faveurs, manipulation de l'opinion [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb37&quot; name=&quot;nh37&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[37] La Crise de la démocratie. Quant tout le monde est roi, Paris, éd. (...)&quot;&gt;37&lt;/a&gt;]...&lt;br /&gt;
Il abandonne ses travaux scientifiques ; les quelques ouvrages d'histoire des idées ou de l'économie qu'il publie au début des années 1920 sont pour l'essentiel issus de recherches menées avant 1914 : une étude sur l'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution (1920) et le second tome du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Régime de l'industrie&lt;/i&gt; (1921), deux ouvrages réalisés en collaboration avec son frère Georges ; puis un ouvrage plus théorique, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Industrie et le marché. Essai sur les lois du développement industriel&lt;/i&gt; (1924). Il reprend son enseignement à Louis-le-Grand ; ayant remplacé quelque temps Simiand au Conservatoire des Arts et Métiers en 1920, il tente de s'y faire élire en 1923, mais n'y parvient pas.&lt;br /&gt;
Bourgin change alors complètement de registre d'écriture. Tout d'abord, après la mort de sa femme, en 1924, il publie deux volumes de poésie, consacrés au souvenir de la disparue. Il s'essaie aussi à la littérature pour les enfants, avec le récit des aventures de la chienne Toutoune et de petites histoires d'animaux, en hommage encore à son épouse qui avait elle-même pratiqué ce genre. Mais l'essentiel de sa production concerne la politique, avec une forte dimension polémique : soit sous la forme d'essais dénonçant le régime parlementaire, la démocratie (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Crise de la démocratie. Quand tout le monde est roi&lt;/i&gt;, 1930), ainsi que les différents mouvements socialistes ; soit sous la forme d'ouvrages d'histoire reposant en partie sur ses souvenirs de normalien et de militant socialiste : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mémoire pour servir l'histoire d'une sécession politique (1915-1917). Le parti contre la patrie&lt;/i&gt; (1924), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cinquante ans d'expérience démocratique (1874-1924) &lt;/i&gt;(1925), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De Jaurès à Léon Blum. L'Ecole normale et la politique&lt;/i&gt; (1938), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme universitaire&lt;/i&gt; (1942). Il y reproche en particulier à ses anciens amis de l'Ecole normale supérieure d'avoir mêlé science et engagement politique et jette, surtout dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme universitaire&lt;/i&gt;, un regard plein d'aigreur sur cette période de « labeurs démesurés, accomplis au détriment de la vie professionnelle, familiale, intime [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb38&quot; name=&quot;nh38&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[38] Le Socialisme universitaire, 1942, p.13.&quot;&gt;38&lt;/a&gt;] ».&lt;br /&gt;
En 1922, il rencontre Georges Valois, alors à l'Action française, et l'accompagne pendant plusieurs années ; il s'engage à ses côtés dans le Faisceau, l'organisation fasciste fondée en 1925 ; il écrit dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Nouveau Siècle&lt;/i&gt;, publie plusieurs de ses ouvrages à la librairie fondée par Valois et apporte sa contribution financière au mouvement. Avec Philippe Lamour, dirigeant des « Faisceaux universitaires », il publie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour un enseignement français&lt;/i&gt; (1928) où il appelle à un « changement de régime », à « une Révolution nationale » pour mettre fin à la « démocratie parlementaire, [...] régime des partis et des urnes, de la démagogie égoïste et ruineuse » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb39&quot; name=&quot;nh39&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[39] Hubert Bourgin et Philippe Lamour, Pour un enseignement français, Paris, (...)&quot;&gt;39&lt;/a&gt;]. Après la fin du Faisceau (1928), il reste avec Valois qui fonde le Parti républicain syndicaliste, dont Bourgin est l'un des vice-présidents [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb40&quot; name=&quot;nh40&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[40] Sur cette période, voir Yves Guchet, Georges Valois. L'Action (...)&quot;&gt;40&lt;/a&gt;]. &lt;br /&gt;
Dans les années 1930, il collabore à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Nation,&lt;/i&gt; l'organe de la Fédération républicaine ; sa chronique fait « coexister [...] un anticommunisme virulent avec l'antisémitisme » et la xénophobie ; il s'en prend notamment dans l'été 1936 à Léon Blum (auprès duquel, rappelons-le, il avait siégé vers 1900 au sein du conseil d'administration de la Société nouvelle de librairie et d'édition) dont « toute la pensée [...] est limitée hébraïquement au terrestre, au transitoire, au précaire » (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Nation&lt;/i&gt;, 15 août 1936) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb41&quot; name=&quot;nh41&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[41] Jean Vavasseur-Desperriers, Culture, Structures..., op. cit., p. 504, (...)&quot;&gt;41&lt;/a&gt;]. En 1936 toujours, il veut prévenir ses concitoyens des « dangers représentés par le socialisme, l'anarchisme et le communisme », « maladies dangereuses, mais curables [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb42&quot; name=&quot;nh42&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[42] Socialisme, anarchisme, communisme, Paris, FNSC, 1936, p. 81 et (...)&quot;&gt;42&lt;/a&gt;] » et dénonce le Front populaire comme le règne de « l'Anarchie dictatoriale » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb43&quot; name=&quot;nh43&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[43] De Jaurès à Blum..., op. cit., p. 497.&quot;&gt;43&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Il cesse son enseignement à Louis-le-Grand en 1937 et prend sa retraite. Il écrit dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Ordre national&lt;/i&gt;, un organe d'extrême droite, anticommuniste et antisémite, animé par Loustaunau-Lacau, proche de « la Cagoule » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb44&quot; name=&quot;nh44&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[44] Henry Coston (dir.), Partis, journaux et hommes politiques (...)&quot;&gt;44&lt;/a&gt;]. Pendant la guerre, il renouvelle ses attaques contre le « socialisme universitaire », avec un caractère antisémite beaucoup plus marqué que dans ses publications précédentes ; et dans un ouvrage appelant à la refondation d'une « Ecole nationale », il dénonce le déclin de l'enseignement, notamment imputé aux juifs, aux francs-maçons et aux syndicats d'instituteurs. Il décède en 1955.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Desmars, Bernard</author>
		<dc:date>2010-06-17T11:52:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Desmars, Bernard</dc:creator>
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Chevé, Emile</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=757</link>
		<date>2010-06-15 14:49:07</date>
		<description>&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-Cheve-Doc1-1845.jpg' width='430' height='260' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Image 1. Nanine et Emile Chevé en 1845&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Bibliothèque nationale de France&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Méthode Chevé. - « Manière de jouer au billard contraire à l'usage : y jouer avec une cuiller, avec les doigts, avec deux queues, etc. » (Argot des bohêmes) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb45&quot; name=&quot;nh45&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[45] Émile Gouget, « L'argot musical : curiosités anecdotiques et (...)&quot;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le chiffre contre la note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Né à Douarnenez, Émile Chevé est de la même génération que Charles Pellarin, qu'il connaît à Brest, lors de ses études de médecine navale [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb46&quot; name=&quot;nh46&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[46] Jean-Yves Guengant, &#8220;Charles Pellarin, l'enfance (...)&quot;&gt;46&lt;/a&gt;]. Il est le dernier enfant d'une nombreuse famille. Son père exerce la profession de receveur des contributions. Sa mère, Marie-Charlotte, est la tante d'Aimé Paris (1798-1866), l'inventeur de la famille [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb47&quot; name=&quot;nh47&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[47] Il perfectionne notamment la méthode sténographique et devient le disciple (...)&quot;&gt;47&lt;/a&gt;]. Enfant doué, Émile est placé chez son frère, chirurgien-major de la marine à Brest. Il fréquente la pension Goez et en 1820, à seize ans, entre à l'école de médecine navale. En mai 1823, il obtient son diplôme de chirurgien de marine. Il est prévôt du médecin-chef de l'école, M. Legris-Duval lorsque Pellarin intègre l'école. Pellarin est tout de suite conquis par cet homme austère et passionné. Il retrouve Émile à Gorée (Sénégal) en janvier 1829 ; après plusieurs campagnes commencées sur la Jeanne d'Arc en 1823, ce dernier y a été nommé en novembre 1828, et sa jeune épouse, Fanny Simon, l'a rejoint. Elle donne naissance en 1830 à leur fils Amand. Émile, « esprit si actif, c&#339;ur si dévoué » (Pellarin) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb48&quot; name=&quot;nh48&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[48] Charles Pellarin, Souvenirs anecdotiques, Librairie des sciences (...)&quot;&gt;48&lt;/a&gt;], est apprécié de son supérieur hiérarchique qui évoque son humanisme et l'estime publique dont il est entouré [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb49&quot; name=&quot;nh49&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[49] Dossier de la carrière d'Émile Chevé, en vue de l'obtention de (...)&quot;&gt;49&lt;/a&gt;]. Il reste en poste au Sénégal jusqu'en 1831, où il acquiert une expérience reconnue dans la lutte antiépidémique. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1836, porte d'ailleurs sur le traitement de la fièvre jaune. Son action lui vaut la légion d'honneur en mars 1831 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb50&quot; name=&quot;nh50&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[50] Ministère de la Culture, base Léonore, dossier LH/524/71.&quot;&gt;50&lt;/a&gt;]. Il n'a pas encore 26 ans.&lt;br /&gt;
Son retour en Bretagne en 1831 marque la fin des campagnes outre-mer. Il poursuit cependant l'exercice de son métier, à Brest, puis à Paris, où il donne des cours d'anatomie et de pathologie à l'école de médecine. Il y suit les cours de musique d'Aimé Paris. En septembre 1837, il perd son épouse Fanny. Sa route croise celle de Nanine Paris, la s&#339;ur d'Aimé, qu'il épouse en 1839. Il consacre désormais son temps à faire admettre la méthode améliorée par son beau-frère. Il publie dès 1833 des travaux de vulgarisation de chimie (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Traité élémentaire de chimie&lt;/i&gt;, 1833). Ses connaissances en ce domaine l'amènent à travailler pour un industriel lyonnais. Il rejoint la ville à l'automne 1840, après avoir tenté faire valider par le ministère de l'Instruction publique la méthode Galin-Paris. Le manuel proposé au Conseil de l'Instruction publique est repoussé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des soldats analphabètes peuvent-ils chanter l'Opéra ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
A Lyon, Émile s'adresse aux militaires afin d'expérimenter sa méthode. Il veut mener à bien une expérience dont l'objet est simple. Il s'agit de prendre un groupe d'individus de bonne volonté, complètement étrangers à l'étude de la musique ; de donner à chacun d'entre eux une dizaine de leçons individuelles, de leur faire ensuite un cours simultané de quatre leçons hebdomadaires, pendant huit à neuf mois ; de leur permettre de consacrer journellement une demi-heure à réviser leur cours. Puis de leur faire passer un examen : lecture aléatoire de morceaux musicaux dans un recueil, écriture sous la dictée un air pris au hasard dans ce recueil, chant de cet air après écriture, lire un air, analyse du morceau musical, connaissance de l'harmonie. Le but est de vulgariser la musique « comme moyen puissant de moralisation pour le pauvre, et même pour les classes moins malheureuses ; la marine surtout, et l'armée, en tireraient un bien immense ». [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb51&quot; name=&quot;nh51&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[51] Émile et Nanine Chevé, Méthode élémentaire de musique, 1846, p. (...)&quot;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les troupes des régiments lyonnais s'inscrivent parfaitement dans ce champ d'expérimentation. Tout comme l'enseignement mutuel, au début des années 1820, l'enseignement musical répond à une demande essentielle d'éducation des militaires du rang : Chevé trouve dans les officiers des régiments des alliés précieux, qui non seulement prêtent le concours de leurs hommes mais adhèrent à la démarche scientifique, voulue par lui. Après un essai au début de 1842 avec des canonniers, qui s'avère concluant (après quarante leçons, ils exécutent un ch&#339;ur d'opéra), cent cinquante soldats participent à l'expérience. Le lieutenant-général de Lascours, un libéral, met à sa disposition deux officiers qui participent pendant une année complète à l'expérience. Émile se plaît à opposer ces officiers généreux à ses détracteurs : « Ils ont su braver les épithètes de fous, que ne manquent jamais de s'attirer les âmes généreuses qui savent se dévouer à l'idée de progrès. » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb52&quot; name=&quot;nh52&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[52] Ibid., p. 25 sq.&quot;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;
Outre les remerciements adressés aux militaires lyonnais, Chevé salue son ami Eugène Béléguic, lieutenant de vaisseau, et affirme : « Lui aussi est un fou, il y a bien longtemps qu'il a osé proclamer la vérité » (8 mars 1844) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb53&quot; name=&quot;nh53&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[53] Préface à Méthode élémentaire de musique (op. cit.), avec de nombreuses (...)&quot;&gt;53&lt;/a&gt;]. Douarneniste comme lui, Béléguic est lieutenant de vaisseau en 1843, et bientôt phalanstérien convaincu [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb54&quot; name=&quot;nh54&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[54] « Eugène (-Corentin) Béléguic [parfois orthographié Belleguic] », (...)&quot;&gt;54&lt;/a&gt;]. Un autre phalanstérien suit attentivement l'expérience : Charles Pellarin, qui travaille à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Impartial&lt;/i&gt; de Besançon. Il est le premier à rendre compte de l'expérience, dans son journal, puis à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, qui relate en avril 1842 les premiers cours. Chevé est un lecteur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, et il écrit fin avril à la rédaction pour lui expliquer sa méthode [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb55&quot; name=&quot;nh55&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[55] La Phalange, n°56, 11e année, 11 mai 1842. Un second article parait dans (...)&quot;&gt;55&lt;/a&gt;]. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 2)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc2.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 31.4 ko&quot; title=&quot;RTF - 31.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 2. Enseignement de la musique à des masses&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;La Phalange, 20 janvier 1844&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En octobre, trois régiments sont engagés dans l'expérience : les hommes sont réticents, voire hostiles. La plupart d'entre eux ne savent pas lire, et encore moins chanter. L'expérience se poursuit malgré les difficultés et les mouvements de troupes. En juillet 1843, vingt-huit élèves restent sur les cent cinquante de départ. Pourtant en avril 1843, selon le protocole mis en place, les chanteurs peuvent interpréter un spectacle, reprenant tous les points préalablement décrits.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'école Galin-Paris-Chevé donne de la voix contre les conservatismes&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est une expérience sans lendemain. Émile revient à Paris et reprend son métier de médecin pour vivre. Il doit inventer des méthodes d'imprimerie pour noter ses airs et les rassembler dans un recueil, qui paraît en 1844. Son retour fracassant dans le monde musical se fait par un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Appel au bon sens de toutes les nations sur l'enseignement musical&lt;/i&gt;, en 1844, et par un manifeste, dont la première question est un brûlot : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Pourquoi la musique est-elle si peu répandue en France ? Pourquoi si peu de personnes sont-elles musiciennes, c'est-à-dire sont-elles en état de lire et d'écrire correctement la musique, comme elles lisent et écrivent le français ?&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
Il introduit alors son combat en citant Fourier, dont il affirme, dès l'écriture de sa théorie, être le disciple :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Un inventeur est obligé de contredire les erreurs dominantes ; un charlatan pour faire des dupes flagorne tous les sophistes ; lequel des deux est digne de confiance ? (Fourier, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Nouveau Monde industriel et sociétaire&lt;/i&gt;, 32)&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
Si &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt; appuie son ouvrage, de nombreuses critiques mettent en cause le bien-fondé de la méthode chiffrée. Très rapidement, c'est l'échec de la diffusion de la méthode, rejetée par le ministère et par la ville de Paris, et le début d'une polémique qui ne fait qu'enfler avec le temps. Chevé ne fait rien pour apaiser le conflit, publiant pamphlets et protestations ; il oppose la routine et le bon sens, routine des conservatoires et bons sens des écoles Galin-Paris-Chevé. &lt;br /&gt;
Désormais, il faut imposer la méthode, en s'appuyant sur la popularité de celle-ci, contre le supposé conservatisme des élites. Nanine avait ouvert un cours dès 1840, Émile ouvre son école en 1846. Un cours de musique vocale et d'harmonie ouvert aux ouvriers et gratuit, se tient à partir de 1849, trois fois par semaine, à 9 heures du soir, afin de permettre à chacun d'y participer. [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb56&quot; name=&quot;nh56&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[56] Le Ménestrel, journal hebdomadaire, 25 novembre 1849.&quot;&gt;56&lt;/a&gt;] L'exemple parisien est bientôt suivi dans plusieurs villes de province. L'aspect populaire et révolutionnaire du procédé classe le couple Chevé parmi les musiciens « humanitaires », pour ne pas employer le terme de révolutionnaires, ou de socialistes. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt; (31 octobre 1852) en parle ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;La musique humanitaire affecte des mélopées larges, solennelles, mais le rythme marche à la diable, et le dessin mélodique est tout aussi vague que les théories qu'elle est destinée à symboliser. Quand la musique humanitaire est d'humeur paisible, elle chante les b&#339;ufs, elle glorifie les vaches, les paysans, la vigne, la charrue, l'agriculture, le labourage, le travail et la pauvreté ; mais elle les chante avec colère et en grinçant des dents. Ces magnifiques hymnes au travail ont fait la joie de cent mille prolétaires, qui ne quittaient pas les cabarets. Infortuné travail !&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son combat ne souffre aucun compromis ; sa femme Nanine vient sans cesse l'épauler, mais elle sait en permanence s'effacer derrière lui. Cette posture radicale et mystique, ne quitte plus Chevé. Ses condisciples de l'école de médecine navale, l'avaient surnommé avec malice Caton, tant l'intransigeance était un trait dominant de son caractère. Adulé des uns (l'article que lui consacre Larousse dans son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grand dictionnaire universel du XIXe siècle&lt;/i&gt; (tome 4), est tout entier à la glorification de son &#339;uvre), détesté par la plupart des musiciens et critiques musicaux, il ne laisse personne indifférent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1853, Chevé organise un concours sous la présidence d'honneur de Berlioz entre les sociétés de chorale. « M. Emile Chevé poursuit avec une infatigable persistance sa lutte contre l'ancien système musical. Il vient de proposer un nouveau concours entre les diverses sociétés chorales de France et de l'étranger. Ce concours public aura lieu à Paris, le 12 juin prochain. » (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt;, 6 mars 1853). Fiasco complet ; ni chorales, ni président ne se présentent le jour du concours. Seule l'école Galin-Paris-Chevé participe. Ce boycott aurait pu marquer la fin de l'épopée ; pourtant l'obstiné professeur s'acharne et trouve la parade. Il constitue un comité de parrainage, composé des plus éminentes autorités politiques de l'Empire. Et il rencontre à ce moment la volonté impériale de se rapprocher du monde ouvrier, malmené jusqu'alors. L'éducation musicale devient enjeu de société. Ainsi sa chorale clôture-t-elle les concerts donnés à l'occasion de l'Exposition universelle de 1855. Sa nouvelle position lui permet de développer plus aisément ses thèses dans son journal, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Réforme musicale.&lt;/i&gt; Les critiques se font moins nombreuses et plus mesurées. Elles n'en persistent pas moins, et les opposants s'organisent, traitant ses thèses d'extravagantes. Le soutien du duc de Morny, deuxième personnage de l'État et président de son comité de parrainage en 1859, ne suffit pas à protéger Émile Chevé. Peu à peu, la musique humanitaire perd son statut original, et devient l'otage d'un combat plus politique qu'artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le phalanstérien discret mais engagé&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;La conversion phalanstérienne de Chevé est sans doute due à ses amis militaires : Béléguic et Pellarin assurément, mais aussi les officiers qui l'ont soutenu dans ses expérimentations lyonnaises. Peu de temps après ces expériences, il a pris contact avec la rédaction de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, puis de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt;. Son retour à Paris et sa collaboration régulière à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt; ont facilité les rencontres. On peut retenir dans cette perspective son engagement en faveur de l'Union agricole d'Afrique ; il est l'un des premiers actionnaires de la société [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb57&quot; name=&quot;nh57&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[57] L'Union agricole d'Afrique. Nouveau système de colonisation (...)&quot;&gt;57&lt;/a&gt;] et il en est quelques temps le « correspondant » dans la capitale, chargé de renseigner les éventuels souscripteurs et d'encaisser leurs premiers versements [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb58&quot; name=&quot;nh58&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[58] « Liste des correspondants » publiée dans le Rapport sur l'état (...)&quot;&gt;58&lt;/a&gt;]. Il accomplit également quelques démarches administratives auprès du ministère de la Guerre au profit de l'Union [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb59&quot; name=&quot;nh59&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[59] Centre d'Archives d'Outre-Mer (Aix-en-Provence), 3 M 468, (...)&quot;&gt;59&lt;/a&gt;]. Il se trouve en relation avec un certain nombre de fouriéristes (Charles Pellarin, Charles Sauvestre, et Allyre Bureau, lui-même musicien, qui dès 1844 s'intéresse à la méthode et l'expérimente en 1849 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb60&quot; name=&quot;nh60&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[60] D'après Coup de grâce à la routine musicale, Paris, chez (...)&quot;&gt;60&lt;/a&gt;]) ; ils soutiennent ses initiatives de vulgarisation. Les colonnes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique &lt;/i&gt;accueillent les longs réquisitoires de Chevé contre les institutions musicales et reproduisent les lettres qu'il adresse aux autorités. Les rédacteurs de l'organe fouriériste soutiennent sa « lutte pénible et courageuse », dans laquelle ils voient l'une des formes du combat qu'ils mènent contre le « vieux monde » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb61&quot; name=&quot;nh61&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[61] « Quelques pourquoi », La Démocratie pacifique, n°98, 23 octobre (...)&quot;&gt;61&lt;/a&gt;]. Lui-même inscrit la méthode Galin-Paris-Chevé parmi les &#339;uvres des génies méconnus et des « novateurs » en butte à l'hostilité de leur contemporains, comme Christophe Colomb, Galilée ou encore Fourier [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb62&quot; name=&quot;nh62&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[62] Les Onze dernières lettres d'Émile Chevé, complément de La Routine et (...)&quot;&gt;62&lt;/a&gt;] !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chevé accueille avec satisfaction la chute de la monarchie en février 1848 ; il veut d'abord participer aux combats politiques et annonce sa candidature à l'Assemblée constituante en avril 1848 &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(Voir document 3)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc3.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 6.6 ko&quot; title=&quot;RTF - 6.6 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 3. Profession de foi d'Emile Chevé pour les élections à l'Assemblée constituante d'avril 1848&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;La Démocratie pacifique, 12 avril 1848&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non élu - il n'est d'ailleurs pas certain qu'il ait maintenu sa candidature - Chevé voit dans le changement de régime « la victoire complète remportée par la vérité et la loyauté sur l‘erreur et la mauvaise foi des hommes qui avaient la haute main sur l'enseignement musical dans les écoles et les collèges de Paris » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb63&quot; name=&quot;nh63&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[63] La Démocratie pacifique, 24 mars 1848.&quot;&gt;63&lt;/a&gt;] ; l'avènement de la République, pense-t-il, lui assure enfin la reconnaissance à laquelle il aspirait depuis près d'une dizaine d'années. Mais, contrairement à ses espérances, il ne parvient pas à imposer sa méthode, et l'évolution conservatrice du régime ne facilite pas sa tâche : la salle où il donne avec succès un cours public et gratuit lui est retirée par les autorités ; il peut cependant reprendre son enseignement dans des locaux qui lui sont fournis par le doyen de la Faculté de la médecine, grâce aux relations qu'il a conservées avec l'institution universitaire dans laquelle il avait lui-même enseigné au cours des années 1830.&lt;br /&gt;
Sous le Second Empire, les membres de l'École sociétaire continuent à le soutenir en publiant des articles sur sa méthode (son ami Sauvestre, dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue moderne&lt;/i&gt;, puis dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Opinion nationale &lt;/i&gt;du député A. Guéroult [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb64&quot; name=&quot;nh64&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[64] Adolphe Guéroult (1810-1872), rédacteur en chef de L'Opinion (...)&quot;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/i&gt; ; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bulletin du mouvement sociétaire&lt;/i&gt;), en assistant à ses cours ou en adoptant ses méthodes d'enseignement : c'est le cas à Vienne (Isère), où la Société de Beauregard dirigée par le fouriériste Henri Couturier fonde dans les années 1850 « un enseignement choral (méthode Galin-Paris-Chevé) [qui] a eu un très remarquable succès » ; cet enseignement « nous avait donné une excellente collection de choristes, hommes et femmes, qui pendant près de quatre ans a répandu un grand charme dans les dîners de famille de la Société alimentaire et dans les fêtes de Beauregard » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb65&quot; name=&quot;nh65&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[65] Bibliothèque de la Part-Dieu (Lyon), Fonds Rude, Carton 195, notes de (...)&quot;&gt;65&lt;/a&gt;]. A Réunion (Texas), un menuisier et peintre en bâtiment, ancien élève de Chevé, ouvre un cours de musique vocale [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb66&quot; name=&quot;nh66&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[66] Auguste Savardan, Un Naufrage au Texas. Observations et impressions (...)&quot;&gt;66&lt;/a&gt;]. Et quelques années plus tard, la Maison rurale de Ry (Seine-Maritime), dirigée par le docteur Jouanne, utilise également la méthode Galin-Paris-Chevé pour l'enseignement musical [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb67&quot; name=&quot;nh67&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[67] « La Maison rurale d'enfants de Ry », La Science sociale, 1er (...)&quot;&gt;67&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La reconnaissance officielle&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au début des années 1860 le soutien officiel permet d'implanter la méthode dans les écoles militaires (Saint-Cyr, le Prytanée de La Flèche), puis à l'Ecole normale supérieure. En 1863, Émile devient professeur de musique vocale des écoles impériales, et dirige plusieurs cours, notamment au lycée Louis-Le-Grand. Au printemps 1864 se déroule une grande soirée musicale qui met à l'honneur la méthode Galin-Paris-Chevé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;1er mai 1864. Le samedi 14 mai 1864, à huit heures et demie, soirée musicale et dramatique donnée par le comité du patronage de la Méthode Galin-Paris-Chevé. Comité de patronage : Son Exce. M. le duc de Morny, président. MM. Rossini, le prince Poniatowski, vice-présidents ; MM. Le comte Olympe Aguado, le comte Onésime Aguado, Arlès-Dufour, le général de Courtigis, Gevaert, Félicien David, le baron Dubois, Lefébure Wély, Magin-Marrens, Edmond Membrée, le comte Joachim Murat, Offenbach, Ravaisson, Ernest Lépine, secrétaire du comité. Première représentation de : Les Finesses du mari, comédie en un acte, jouée par Mme Victoria Lafontaine et Ponsin, MM. Delaunay et Coquelin, du Théâtre-Français, précédée d'un Concert dans lequel se feront entendre Mme Carvalho, (du Théâtre-Lyrique), MM. Delle-Sedie (du Théâtre-Italien), M. Vizentini, et les ch&#339;urs de la Société Galin-Paris-Chevé, sous la direction de M. Chevé. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt;)&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chevé publie en 1864 une édition complétée de la méthode musicale, cosignée avec son épouse Nanine, lorsqu'il décède au retour d'un voyage thermal, le 25 août 1864. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Almanach du magasin pittoresque&lt;/i&gt; dit de lui qu'il était, « en même temps qu'un excellent professeur, un homme bon, dévoué, éminemment sympathique ». Son épouse Nanine est pensionnée sur la liste civile de l'Empereur, mais la pension reste modeste, signe d'un soutien qui faute de l'appui de Morny s'amenuise vite.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les attaques et la mort de Nanine&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La déroute intervient après la mort d'Émile, en 1864. Au concours de chorale, de l'exposition de 1867, seules la société chorale de Brest, fondée en 1859 par M. Gouzien et celle de l'école militaire de gymnastique de Joinville passent le cap du concours. Amand Chevé - le fils d'Emile - trébuche, et les quelques chorales « galinistes » échouent. Un vif incident oppose la chorale de l'école Galin-Paris-Chevé au jury :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;La dernière Société inscrite est l'école Galin-Paris-Chevé, directeur M. Calvès. M. Calvès est averti qu'un chiffre est mal barré ; il signale cette erreur ses sociétaires. L'attaque est vigoureuse, mais ne se soutient pas. Avant la mesure 8, l'exécution était perdue. - M. Calvès arrête sa Société et vient se plaindre au bureau. Ce ne sont plus les observations parfaitement convenables de M. A. Chevé, mais une allocution de mauvais goût, dont les premiers mots sont pour le jury et le reste pour le public. Cette façon inqualifiable de se conduire soulève dans la salle des réprobations nombreuses. Une partie des sociétaires suivent leur directeur dans cette voie déplorable, plusieurs déchirent les partitions qu'ils ont encore dans les mains et les jettent aux pieds des commissaires chargés de les recevoir. M. Laurent de Rillé, indigné, intervient alors, et, dans une improvisation énergique, remet les choses en leur vraie place. Il est impossible d'entendre ce que vient de dire. [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb68&quot; name=&quot;nh68&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[68] Oscar Comettant, La musique, les musiciens et les instruments de (...)&quot;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;L'&#339;uvre de Chevé est poursuivie par son fils Amand, à la tête de l'école et par les chorales, au premier rang desquelles les chorales militaires. Le fouriériste Antoine Bourdon fait dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Tribune ouvrière &lt;/i&gt;un compte rendu élogieux du cours et conclut que la « séance [...] a été très variée, et par conséquent, très attrayante » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb69&quot; name=&quot;nh69&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[69] La Tribune ouvrière, n°2, 11 juin 1865. Eugène Varlin, autre dirigeant du (...)&quot;&gt;69&lt;/a&gt;]. L'année 1865 fête le musicien ; un buste est inauguré. Le surintendant des beaux-arts, le comte de Nieuwerkerke, prend la tête du comité ; son premier acte est une adresse aux lycées et écoles normales, pour qu'ils adoptent la méthode chiffrée : le comité se propose non seulement de renseigner les écoles, mais encore de mettre à leur disposition des professeurs éprouvés, ou d'initier gratuitement aux procédés de la méthode les professeurs de ces écoles. Il est honoré par une solennité musicale en mars 1865 &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 4)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc4.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 72.9 ko&quot; title=&quot;RTF - 72.9 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 4. Première solennité musicale (...), le 19 mars 1865&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Renaud Heussler, Première solennité musicale [...], Paris, imprimerie de V. Goupy, 1865&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'année suivante, le comité lance une souscription pour élever un monument à la gloire d'un défenseur de « la grande cause de la diffusion de la science parmi les masses populaires » (24 juin 1866). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 5)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc5.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 107.5 ko&quot; title=&quot;RTF - 107.5 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 5. Elever un monument à la mémoire de Chevé&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Le Ménestrel, 24 juin 1866&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt; La mort d'Aimé Paris, en décembre, transforme le monument en mausolée [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb70&quot; name=&quot;nh70&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[70] Le mausolée se trouve au cimetière du Père-Lachaise (Paris).&quot;&gt;70&lt;/a&gt;]. La popularité de Chevé dans les milieux populaires, surtout à Paris, est à son sommet. Plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers ont pu profiter de sa méthode. Les concerts Chevé sont suivis par des milliers de spectateurs [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb71&quot; name=&quot;nh71&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[71] En décembre 1868, par exemple, plus de 1500 personnes assistent à la séance (...)&quot;&gt;71&lt;/a&gt;]. &lt;br /&gt;
En juillet 1868, Nanine meurt à son tour. Charles Pellarin, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Science sociale&lt;/i&gt; du 16 août 1868, signe sa nécrologie :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Nous joignons le pieux hommage de notre vénération particulière et de nos vifs regrets à tous ceux qui ont été si justement décernés à cette admirable femme. Par la mort d'Émile Chevé et de sa digne compagne, l'école sociétaire a perdu deux hautes intelligences qui lui appartenaient, deux nobles c&#339;urs qui lui étaient dévoués.&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les attaques contre la méthode se multiplient après la disparition des Chevé. Tout juste lui reconnaît-on une utilité dans les études élémentaires de musique, et confine-t-on la méthode aux chorales et aux fanfares.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Soumettez donc au vote universel un plébiscite pour ou contre la notation usitée en tous pays et vous verrez ce qui vous sera répondu. Mais n'en demandons pas tant : bornons-nous à requérir, contre les rares musiciens qui ont, par trop complaisamment déserté la cause de la notation usuelle, la peine, suffisamment rigoureuse, du chiffre à perpétuité. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt;, 26 août 1870).&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Amand poursuit l'&#339;uvre familiale, mais loin des polémiques. Galant homme aux dires des chroniqueurs musicaux, lui-même proche des milieux phalanstériens selon Charles Limousin, (un autre auditeur des cours Galin-Paris-Chevé) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb72&quot; name=&quot;nh72&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[72] Revue du mouvement social, juillet 1883, p. 252.&quot;&gt;72&lt;/a&gt;], il obtient du ministère de l'Instruction publique qu'il autorise en 1883 l'utilisation de la méthode nouvelle dans les écoles primaires, puis qu'il l'inscrive, à titre obligatoire, dans le programme des écoles normales. Il décède en 1907, à l'âge de 77 ans. Le système Galin-Paris-Chevé est alors déjà entré en déclin, abandonné ou méprisé par les artistes et musiciens, mais aussi marginalisé progressivement. Il devient peu à peu synonyme d'une méthode pour cliques et harmonies municipales, et son caractère populaire est peu apprécié. L'institut Chevé continue de former des musiciens, organise des cours d'espéranto et de langue française, poursuivant inlassablement un rêve universel d'éducation populaire. La méthode est également enseignée dans plusieurs écoles normales d'instituteurs et soutenue par les mouvements d'éducation. C'est le cas de l'orphelinat Prévost, de Cempuis (Oise) dirigé par le libertaire Paul Robin (1837-1912) entre 1880 et 1894. Puis vient l'oubli. Les programmes officiels de 1922 et les instructions ministérielles qui suivent n'y font plus allusion [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb73&quot; name=&quot;nh73&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[73] Maurice Chevais, « L'enseignement musical à l'école. Méthode de (...)&quot;&gt;73&lt;/a&gt;]. Rarement homme ne fut plus apprécié ni décriée qu'Émile Chevé. Son nom est resté associé à celui d'un combat, celui de la notation chiffrée de la musique et d'une idée : apprendre à lire la musique et à l'interpréter, avec un minimum d'enseignement. Et de rêver à l'aboutissement de sa doctrine : « conduire sûrement et rapidement la population du monde entier à lire et à écrire la musique » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb74&quot; name=&quot;nh74&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[74] La Réforme musicale, 24 février 1856.&quot;&gt;74&lt;/a&gt;]. Combat rude, auquel Chevé consacre son existence - combat perdu, l'effacement de ses puissants soutiens entraîne celui de son école. Lors de la parution de sa &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Méthode élémentaire de musique&lt;/i&gt; (1846), il déclarait la guerre aux partisans de la note, conscient que toute son énergie y serait consacrée : &lt;blockquote&gt;Plein de confiance en notre cause, nous ne pouvons que répéter, en finissant, ces admirables paroles du divin martyr ; - Si j'ai mal parlé, montrez-moi en quoi j'ai erré ; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous ?&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les références à l'école sociétaire et aux relations d'Émile avec le mouvement phalanstérien ont été approfondies par B. Desmars, l'itinéraire musical et les expérimentations d'Émile par J.-Y. Guengant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Desmars, Bernard, Guengant, Jean-Yves</author>
		<dc:date>2010-06-15T12:49:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Desmars, Bernard, Guengant, Jean-Yves</dc:creator>
		
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		<title>Croutelle, (Emmanuel, Charles,) Théodore, dit Croutelle Neveu</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=746</link>
		<date>2010-04-06 09:40:15</date>
		<description>Théodore Croutelle épouse à Reims en 1813 Marie-Félicité Verrier. Il est en 1834 un des membres de la société en nom collectif qui crée le journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Industriel de la Champagne&lt;/i&gt;, paru à partir de janvier 1835, et appartient au conseil d'administration de ce périodique. On y demande l'abaissement du cens électoral, mais surtout des réformes sociales immédiates ; si la rédaction désire l'ouverture du droit de suffrage à des listes plus larges de « capacités », n'ayant pas le cens requis mais justifiant d'une culture intellectuelle ou d'une aptitude proprement politique, elle veut aussi et surtout « subordonner les questions si irritantes des formes gouvernementales aux questions sociales et économiques ». En fait, elle soutient à plusieurs reprises les demandes d'augmentation de salaire.&lt;br /&gt;
Croutelle préside, en 1845, le banquet offert à Victor Considerant et y prononce un toast remarqué « à l'amélioration immédiate des classes ouvrières », dans lequel il réclame l'ouverture de salles d'asile, de centres d'apprentissage, la création d'assurances mutuelles généralisées en cas de maladie, assorties de retraites aux vieux travailleurs des deux sexes « à l'aide du puissant levier de l'association et avec le concours de l'État ».&lt;br /&gt;
En 1839, il obtient avec Camu fils une médaille d'or au concours de l'exposition de l'industrie. La Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne loue leurs vertus : « L'établissement hydraulique de laine cardée de MM. Camu fils et Croutelle Neveu, situé à Pont-Givart, tout près de Reims, est l'un des plus importants de la France. Ces industriels s'occupent avec une sollicitude toute paternelle, de leurs nombreux ouvriers, qu'ils tâchent de conserver près d'eux. Ainsi, par exemple, ils vendent à chaque famille une maison et un jardin, et ils rentrent dans leurs déboursés par une simple retenue faite sur le salaire de l'ouvrier, qui se trouve bientôt devenu propriétaire ».&lt;br /&gt;
Il est possible que l'intérêt porté par Croutelle aux réformes inspirées par la doctrine de Fourier soient pour lui un moyen d'orienter, dans une logique paternaliste, les ouvriers vers des solutions moins dangereuses à ses yeux que le communisme de Cabet. Président de la Société industrielle de Reims en 1842, il publie en 1847 un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Compte rendu du Comité des Crèches&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
Les ateliers de Croutelle Neveu sont incendiés après la révolution de Février par des ouvriers mécontents de voir qu'on y utilise trop de machines modernes. Ils s'en prennent aussi sans doute à lui comme grand notable, membre du conseil municipal de Reims depuis la fin de la monarchie de Juillet et parce qu'on lui prête des propos méprisants vis-à-vis des ouvriers. Il aurait déclaré que « les salaires des ouvriers pouvaient être réduits jusqu'à 0,60 franc par jour [...], qu'une livre de pommes de terre leur suffisait [...] et qu'avec 400 hommes de garnison, il répondait de la tranquillité de la ville. »&lt;br /&gt;
Il est administrateur de la Banque de France. En 1855, il finance la construction de l'église de Pont-Givart. L'un des vitraux, celui de la Résurrection, est dédié à sa mémoire (1880).</description>
		<author>Bouchet, Thomas</author>
		<dc:date>2010-04-06T07:40:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bouchet, Thomas</dc:creator>
		

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		<title>Coste, Anne, Victor</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=745</link>
		<date>2010-04-06 09:31:18</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Il est le fils de Claude Louis Coste, receveur des hospices de Besançon, et de Jeanne-Antoine Chevrolon. C'est Just Muiron qui amène dès 1829 le jeune Coste au fouriérisme. Il entre en 1831 à l'Ecole Polytechnique ; d'après sa fiche matricule, ses cheveux et ses yeux sont châtain, son front découvert, son nez droit, sa bouche moyenne, son visage plein. Il a une fossette au menton. Sa taille est élevée (1 mètre 79). Son rang de sortie, en 1833, est très honorable : 32e sur 131. A Polytechnique puis à l'Ecole d'application du génie de Metz, à Brest et à Bougie (Afrique), Coste diffuse les idées fouriéristes. Il reçoit à Metz en 1834 dix exemplaires du Destinée sociale de Victor Considerant, et un à titre personnel. Capitaine du génie à Besançon, il meurt tandis qu'il travaille aux fortifications de la ville. Il est entouré dans ses derniers moments par Just Muiron, Hippolyte Renaud, Boudsot, Lacaze, le capitaine Bellard.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Claude Dubos&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compléments par Thomas Bouchet et Bernard Desmars&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-04-06T07:31:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

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		<title>Chomel, Camille</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=744</link>
		<date>2010-04-06 09:26:14</date>
		<description>Il est l'un des signataires de la circulaire du groupe fouriériste de Cluny invitant au congrès phalanstérien de 1840. En 1849, il participe à la fondation du club de la Folle Chetaille (Cluny), agréé par le maire le 23 mai. La Commission mixte de Saône-et-Loire le considère après l'insurrection consécutive au coup d'Etat du Deux-Décembre 1851 comme l'un des « chefs de l'insurrection » de Cluny et le condamne à la déportation (Algérie +) pour avoir « fait marcher le télégraphe » (c'est-à-dire la station de télégraphe optique située à Château, près de Cluny) et pour avoir envoyé des « émissaires pour soulever les campagnes ».</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-04-06T07:26:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Chevalier, Isaac</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=743</link>
		<date>2010-04-06 09:17:11</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Isaac Chevalier est dans les dernières années de monarchie de Juillet l'auteur avec P. Ch. Joubert d'un ouvrage intitulé De l'agriculture en Sologne, de tendance fouriériste marquée.
Le 22 avril 1852, comme maire de Lamotte-Beuvron, il accueille le prince-président Bonaparte et lui fait remettre un bouquet champêtre par la femme d'un tisserand de la ville. Elu en 1852 conseiller d'arrondissement du canton de Lamotte-Beuvron, il est considéré par le sous-préfet comme toujours très attaché à ses « opinions avancées ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compléments par Thomas Bouchet&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-04-06T07:17:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Considerant (Prosper,) Victor</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=742</link>
		<date>2010-04-05 07:38:24</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un engagement fouriériste précoce&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Victor Considerant est le fils de Jean-Baptiste Considerant, un homme de mérite et de caractère, ancien volontaire de la Révolution devenu officier, installé comme imprimeur en 1808, et, par la suite, professeur au collège de Salins. Victor est d'abord élève de son père au collège de Salins, où il a pour condisciple et ami son futur beau-frère Paul Vigoureux, de Besançon. C'est la mère de ce dernier, Clarisse Vigoureux qui est sa correspondante quand il vient préparer le concours d'entrée à Polytechnique au collège de Besançon (1824-1826). Fourier en a été l'élève avant la Révolution et Proudhon, son cadet d'un an, fait ses études en même temps que lui, sans que les deux adolescents entrent jamais en relations. C'est pendant son séjour dans la capitale franc-comtoise que Considerant est initié aux théories de Fourier par sa correspondante, qui se passionne pour ces idées nouvelles. En septembre 1825, Just Muiron évoque déjà l'intérêt de Considerant dans une lettre à Fourier qu'il doit rencontrer chez leur ami Adrien Gréa, cousin germain de la mère de Considerant : « Il y a ici un jeune homme de 17 ans, parent de Gréa, qui se faisait une grande joie de vous voir parce qu'il s'enthousiasme pour vos théories. » Reçu à l'École polytechnique en 1826, Victor Considerant emporte avec lui à Paris les ouvrages du maître alors parus, la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Théorie des Quatre Mouvements&lt;/i&gt; de 1808, et le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Traité de l'Association domestique-agricole&lt;/i&gt; de 1822 ; tous deux se rencontrent peu après pour la première fois.&lt;br /&gt;
L'année 1827 est marquée par deux deuils cruels pour le jeune Victor : le 27 janvier, la mort de Claire, fille aînée de Clarisse Vigoureux, à peine âgée de 17 ans et qui est le premier amour de Considerant avant sa s&#339;ur Julie ; le 27 avril, le décès de son père Jean-Baptiste, mort selon les apparences de chagrin à la suite de sa destitution. Lors de l'incendie de Salins, détruite aux deux tiers par le feu le 27 juillet 1825, ce dernier a pourtant laissé brûler ses deux maisons (dont celle où est né Victor) pour se précipiter au secours du collège, qu'avec ses élèves il est parvenu protéger des flammes ; mais mal vu du fait de ses idées libérales, il n'en a pas moins fait l'objet d'une nomination d'office à Sarlat en mars 1826, et, ayant refusé de quitter Salins, il a été considéré comme démissionnaire.&lt;br /&gt;
À l'École d'application de Metz (fin 1828-janvier 1831), où il suit les cours du génie, Victor Considerant est considéré par ses chefs comme un sujet attachant, et il garde durant de longues années des rapports amicaux avec le général Bugeaud (avec lequel il finit par rompre à cause des méthodes barbares employées en Algérie). Ses camarades, qu'il tente de convaincre, l'appellent « Phalanstère ». Dans de longues lettres, il essaie de convertir son compatriote salinois, Charles Magnin, rédacteur au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Globe &lt;/i&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir documents 1 et 2)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-VC-Doc1.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 12.4 ko&quot; title=&quot;RTF - 12.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;1. &quot;Cette science sociale qui fait toute ma vie&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Lettre à Charles Magnin, 6 février 1830. Fonds Magnin, Bibliothèque de Salins-les-Bains&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc2.jpg' width='450' height='305' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;2. Extrait d'une lettre de Considerant à Magnin, 20 août 1829&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Bibliothèque de Salins-les-Bains, fonds Magnin
(transcription in extenso de la lettre sur le site, rubrique &quot;ressources&quot;)&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Mercure de France&lt;/i&gt; qui accueille en 1830 son premier article de propagande fouriériste consacré au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nouveau Monde industriel&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
En mars 1831, Considerant est, ainsi que plusieurs de ses camarades de l'École d'application du génie de Metz, placé en congé sans solde par le maréchal Soult pour avoir adhéré à une « Association nationale » hostile aux Bourbon et aussi au ministre Casimir-Périer. Il se rend alors à Paris, où il gagne sa vie comme professeur de mathématiques à l'Institution Barbet, fondée par un ancien élève de son père Jean-Baptiste, et qui prépare aux concours de Polytechnique et de l'École normale (quelques années plus tard elle accueille Louis Pasteur, ainsi qu'un grand ami de Considerant, Jules Marcou). De retour à Metz fin décembre (il a été réintégré en septembre), Considerant écrit dans une lettre adressée à un ami de son père : « J'avais une vie charmante, vie d'artiste au milieu des artistes, que je regrette d'avoir abandonnée. » Il fréquente aussi la bibliothèque de l'Arsenal, et c'est là qu'il fait la connaissance de Désiré Laverdant (qu'il amène au fouriérisme), ainsi que celle d'Alexandre Bixio. Ce denier a fondé l'année précédente avec Buloz &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Revue des Deux Mondes&lt;/i&gt;, et il en ouvre les portes à Considerant qui y publie en octobre 1831 une nouvelle intitulée « Un pressentiment », nouvelle inspirée par la mort de son premier amour [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb75&quot; name=&quot;nh75&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[75] Voir, dans le Cahier Charles Fourier 7 (1996), le texte intégral de &quot;Un (...)&quot;&gt;75&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
En même temps Considerant réunit autour de lui un premier groupe de jeunes « fouriéristes » - le terme n'a pas encore été inventé -, tous bisontins, comprenant Paul Vigoureux (son futur beau-frère), le polytechnicien Victor Costes (1811-1844), Marlin, futur architecte, et Jeanneney, élève à l'École centrale et qui avec un de ses camarades originaire de Nevers, André Morlon, anime dans cette ville un autre groupe fouriériste.&lt;br /&gt;
En juillet 1831, le saint-simonien Jules Lechevalier, qui, sans être polytechnicien, a été l'élève de Cousin à Paris et de Hegel à Berlin, vient prêcher une mission saint-simonienne à Besançon. Ses prédications sont interdites par la municipalité, mais &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Impartial&lt;/i&gt; - journal fondé par le fouriériste Muiron - lui ouvre ses colonnes, en même temps que Muiron et Clarisse Vigoureux tentent de l'amener au fouriérisme. Ébranlé, mais non convaincu, Jules Lechevalier vient à Metz en novembre 1831 et sa conversion est achevée lors de ses discussions avec Considerant. Ce dernier rend compte des résultats de sa propagande en général et des efforts qu'il tente en particulier du côté du groupe des saint-simoniens pour les convertir dans une lettre adressée à Fourier (7 décembre 1831).&lt;br /&gt;
Devant le succès des conférences prononcées à Paris sur « L'Art d'associer » par Jules Lechevalier dès février 1832 - destinées aux saint-simoniens elles ont aussi eu pour auditeurs attentifs Th. Jouffroy et Béranger - les fouriéristes décident de lancer un journal intitulé &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Phalanstère, ou la Réforme industrielle&lt;/i&gt;, dont le premier numéro paraît le 1er juin 1832. Le comité de direction se compose de trois gérants, Fourier, Muiron et Paul Vigoureux (ce dernier est le simple prête-nom de sa mère, une femme ne pouvant être gérante d'un journal politique), de deux syndics, Adrien Gréa, député du Doubs et Baudet-Dulary, député de Seine-et-Oise et de deux directeurs, Lechevalier et Considerant. Ce dernier, alors encore à Metz, y expose clairement les principales idées de Fourier en les élaguant. Quoique Fourier se plaigne amèrement d'être tenu en lisière par ses disciples, il n'en est pas moins le contributeur le plus prolixe. Les autres collaborateurs, outre Lechevalier, Considerant et Clarisse Vigoureux, sont César Daly, Julien Blanc, Chambellant, Pecqueur, Paget, Maurize, Pellarin, Lemoine, Aynard de La Tour du Pin, Tamisier, Hippolyte Renaud, Allyre Bureau et Abel Transon. Le dernier numéro, rédigé entièrement par Fourier, paraît le 28 février 1834. Considerant met également en place, en 1832, une librairie phalanstérienne qui fonctionne encore en 1850 (et survit même bien au-delà sous un autre nom).&lt;br /&gt;
Victor Considerant prend une part active à la tentative malheureuse de colonie sociétaire à Condé-sur-Vesgre (Seine-et-Oise), lancée par Baudet-Dulary avec l'accord de Fourier (1833). Son échec l'amène à commencer des tournées de conférences en province (Houdan en Seine-et-Oise, Montargis et Orléans dans le Loiret, Besançon). Pour éviter d'avoir à faire face à ses obligations d'officier, Considerant est contraint de prendre des congés successifs à compter du 1er août 1832, puis de démissionner le 16 août 1836. Tout en multipliant les réunions publiques, il prépare, parmi les nombreux essais de l'école, ce qui s'impose comme le meilleur exposé d'ensemble de la doctrine sociétaire. C'est en effet son ouvrage, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Destinée sociale&lt;/i&gt;, paru en septembre 1834, qui, après le départ de Jules Lechevalier et d'Abel Transon cette même année, l'impose comme le principal porte-parole de la doctrine sociétaire. Le premier volume est dédié « au Roi, comme étant, à titre de chef du gouvernement et de premier propriétaire de France le plus intéressé à l'ordre, à la prospérité publique et particulière, au bonheur des individus et des nations ». Un second volume suit en 1838 ; un troisième en 1844. Le succès est assez notable pour que le pape Grégoire XVI condamne le premier volume, le 22 septembre 1836.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'Ecole et la politique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Considerant fait une première incursion remarquée dans le domaine politique, avec une brochure conséquente intitulée &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nécessité d'une dernière débâcle politique en France&lt;/i&gt; qui paraît durant l'été 1836, et dans laquelle il avance des conclusions dépassant certainement la pensée de Fourier (encore que ce dernier a eu des paroles de compréhension pour les insurgés lyonnais de 1834). Il va en effet très loin : les insurgés de Lyon, dit-il, ont posé la question sociale, il n'y a qu'une seule façon de la résoudre, c'est d'organiser la commune sociétaire comme point de départ d'une complète réorganisation sociale.&lt;br /&gt;
Toujours sous la direction de Considerant, la publication de la nouvelle revue de l'École, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, commence le 10 juillet 1836. Il se trouve alors des mécontents pour critiquer l'importance du rôle joué par Considerant. Ils se déclarent ouvertement en août 1837 par la fondation de l'Institut sociétaire (à l'initiative d'Eugène Tandonnet, Édouard Ordinaire, Fugère et Doherty) : ils reprochent à Considerant de ne pas vouloir transformer les groupes vaguement définis des disciples en une société avec affiliation, initiation et rites divers. Considerant bénéficie du soutien de Fourier contre cette première dissidence, et l'Institut sociétaire fait rapidement long feu.&lt;br /&gt;
Voyant que Considerant persiste à traiter de l'actualité dans les colonnes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, ceux qui veulent voir l'école ne s'intéresser qu'à l'expérimentation de phalanstères forment bientôt une seconde vague de protestataires. Entre temps, convaincu que la politique ne saurait être laissée de côté par un mouvement de pensée agissant, Considerant a décidé de se présenter aux élections en 1839, à Colmar et à Montbéliard. À Colmar extra-muros, il soutient le gouvernement, et s'il fait des exposés sur la doctrine sociétaire, c'est uniquement après la proclamation des résultats, c'est-à-dire après sa défaite. Insuccès aussi à Montbéliard, où Considerant a cru que le député sortant, Silas Tourangin (frère du préfet du Doubs et de Zulma Carraud, l'amie de Balzac), ne se représenterait pas, et qu'il obtiendrait lui, Considerant, l'appui du gouvernement. C'est en tout cas ce qu'il écrit le 9 février au Montbéliardais Frédéric Dorian : « Le gouvernement me soutient à Montbéliard. C'est arrêté définitivement et le ministre écrit au préfet de me faire nommer. » En réalité Silas Tourangin se représente et est élu le 9 mars. Considerant n'obtient pour sa part que 27 voix sur 174 votants.&lt;br /&gt;
Pour pouvoir se présenter à la députation, il faut que Considerant paie un cens supérieur à 500 francs, ce qui est devenu possible grâce à son mariage en février 1838 avec Julie Vigoureux. La mère de celle-ci a placé toute sa fortune et le patrimoine de ses enfants dans les affaires de son frère, le maître de forges Joseph Gauthier, qui, exploitant plus de vingt-cinq forges, est alors le troisième sidérurgiste de France. Mais en janvier 1841, la faillite de Joseph Gauthier ruine complètement Clarisse Vigoureux et ses enfants. Après avoir posé sans succès sa candidature au poste de bibliothécaire de Polytechnique, Considerant se décide à s'octroyer un salaire comme directeur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, fonction que jusque-là, il a exercée bénévolement. La fortune de Clarisse Vigoureux ayant disparu définitivement (et n'ayant donc pu aider en rien à l'établissement de la colonie de Réunion au Texas, contrairement à ce qui a parfois été écrit), il faut chercher pour les publications de l'École d'autres sources de financement, en particulier auprès du philanthrope anglais Arthur Young. Il entretient avec Clarisse une correspondance suivie ces années-là ; il lui envoie de longues lettres où il aborde quantité de sujets, et qu'il lui arrive de piqueter de croquis rapides &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 3)&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc3.jpg' width='400' height='248' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;3. Extrait d'une lettre de Considerant à Clarisse Vigoureux, 29 juillet 1841&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Bibliothèque d'Etude et de Conservation (Besançon), fonds Considerant&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les fouriéristes réfractaires à la politique se récrient davantage encore au cours les années suivantes devant les développements donnés par Considerant à l'idée d'un « parti social », qui coexisterait avec l'École. Considerant définit plus tard ainsi leurs rôles respectifs : « À l'école, la science, la direction du mouvement, la réalisation pratique de la théorie sériaire. Au parti, l'exaltation des principes généraux de paix, de liberté, de justice, d'organisation du travail et d'unité sociale, l'application de ces principes aux choses de la politique intérieure et de la politique extérieure et aux questions de transition. Le parti puise dans le monde, et l'école dans le parti. » (1849).&lt;br /&gt;
Considerant écrit beaucoup au tournant des années 1830 et 1840 : il publie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De la politique générale et du rôle de la France en Europe&lt;/i&gt;, d'abord pour partie dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt; (1839), puis sous forme d'ouvrage en 1840 ; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Contre M. Arago&lt;/i&gt; en 1840 (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voir&lt;/strong&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;document 4)&lt;/strong&gt; ; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bases de la politique positive. Manifeste de l'Ecole sociétaire fondée par Fourier&lt;/i&gt; en 1841 &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir&lt;/strong&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;document 5)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc4.jpg' width='300' height='495' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;4. Victor Considerant, Contre M. Arago, 1840&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Bibliothèque de Salins-les-Bains, fonds Magnin&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-VC-Doc5.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 14.8 ko&quot; title=&quot;RTF - 14.8 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;5. &quot;Nous sommes des ingénieurs sociaux&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Victor Considerant, Bases de la politique positive, 1841&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste de l'École sociétaire&lt;/i&gt; et l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Exposition abrégée du système phalanstérien&lt;/i&gt;, en 1841, accentuent l'évolution de Considerant vers la démocratie. Et, le 1er août 1843, Considerant lance un quotidien, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Démocratie pacifique&lt;/i&gt;. La scission avec les fouriéristes conservateurs du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nouveau Monde&lt;/i&gt; s'approfondit, mais le fouriérisme démocratique de Considerant, en entrant, comme il le déclare lui-même, dans la « politique active », élargit son audience et se transforme en socialisme militant. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste de la Démocratie pacifique&lt;/i&gt;, paru dans le premier numéro du journal, débute par une critique de la société capitaliste, et demande à la « démocratie moderne » de militer pour la reconnaissance du droit au travail, pour l'organisation de l'industrie sur la base de l'association du capital, du travail et du talent, pour le suffrage universel, etc. Considerant le réimprime en 1847 sous le titre de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Principes du Socialisme. Manifeste de la Démocratie au XIXe siècle&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
Le socialisme de Considerant attire la bourgeoisie progressiste beaucoup plus que la classe ouvrière. Les électeurs censitaires de Paris font de lui un conseiller général de la Seine en novembre 1843. Alors qu'en 1836 il proclamait sa méfiance à l'égard des chemins de fer, qu'il voyait en eux de fragiles créations des « féodalités industrielles », il en est devenu un partisan convaincu, s'intéressant au chemin de fer de Reims à Strasbourg en 1844 et se rendant à Reims du 26 septembre au 4 octobre 1845. Il y donne des « leçons sur l'Association agricole et industrielle », rencontre Allyre Bureau, dont il a fait la connaissance en 1831, et qui, de son propre chef, a fait imprimer en brochure chez l'imprimeur Régnier à Reims le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste de la Démocratie pacifique&lt;/i&gt; du 1er août 1843. Il conquiert de nouveaux adeptes, tels Alfred Lejeune et Eugène Courmeaux, tous les deux des intellectuels.&lt;br /&gt;
Il prend également position, avec une grande vigueur, contre les agissements de Bugeaud en Algérie. Les « enfumades de Dahra », notamment, le révulsent. « Quoi donc ! Vous comparez votre odieuse intervention du Dahra où vous avez suivant votre cynique expression ‘chauffé et fumé' comme des bêtes immondes une population entière de femmes, d'enfants, de vieillards avec la marche progressive et lente de la disette dans une place assiégée. M. le maréchal Bugeaud est parti en Afrique avec cette belle devise : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ense et aratro&lt;/i&gt;. Il n'était pas alors question de chauffer des femmes et des enfants dans les terriers où ils se seraient réfugiés. M. le maréchal Bugeaud, et nous croyons qu'il était sincère parlait en homme qui avait compris la belle et noble mission de gouverneur. Aujourd'hui, il agit en homme qui ne comprend plus que la guerre brutale, la guerre d'extermination et de dévastation, la terreur. Aujourd'hui, voici qu'il rétrograde au-delà de la barbarie et qu'il se glorifie d'emprunter les procédés de guerre les plus efficaces aux sauvages eux-mêmes. Nous aussi, nous sommes tenté de nous réjouir des atrocités du Dahra. Nous espérons que des excès aussi horribles feront enfin ouvrir les yeux et prendre une résolution à la France. Nous verrons bien si la France continuera à souffrir que cette terre d'Afrique qu'elle a entendu conquérir à la civilisation sur la barbarie devienne un atelier de dix mille lieues carrées destiné à exercer ses nobles enfants à des boucheries de chair humaine et à transformer ses régiments de braves soldats en bandes de brigands et de chauffeurs. » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb76&quot; name=&quot;nh76&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[76] La Démocratie pacifique, 22 juillet 1845. Cité par Jean-Claude Dubos, « (...)&quot;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;
Considerant échoue aux élections législatives de 1846 à Montargis. Il sort à peine d'un procès de presse pour « excitation au mépris du gouvernement [..], à la haine contre diverses classes de citoyens », intenté également à Cantagrel, le gérant de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt;, quand survient la révolution de Février [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb77&quot; name=&quot;nh77&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[77] Sur ce qui suit, voir en particulier « Fouriérisme, révolution, république. (...)&quot;&gt;77&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Considerant et la Deuxième République&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt; du 25 février titre « Vive la République ! » et déclare : « La République de 1789 a détruit l'ordre ancien. La République de 1848 doit constituer un ordre nouveau. La réforme sociale est le but : la République est le moyen. Tous les socialistes sont républicains ; tous les républicains sont socialistes. » Revenu à la hâte de Belgique, où il donnait une série de conférences suivies par un public enthousiaste, Considerant ne parle plus que de concorde et de fraternité entre les classes sociales, adjurant les riches de secourir les pauvres afin d'empêcher que « le peuple affamé ne soit poussé par le besoin à de cruelles extrémités ». Il siège brièvement à la commission du Luxembourg, rédige inlassablement articles et brochures, prend la parole dans les clubs parisiens, s'affirme partout ennemi de la violence et socialiste. La direction du journal, muée en comité électoral central pour les élections à l'Assemblée constituante des 23 et 24 avril, répète dans un manifeste les mêmes propos, en les nuançant de christianisme vague. Considerant est élu dernier de liste dans le Loiret. Son élection n'en est pas moins célébrée par les fouriéristes comme un événement historique.&lt;br /&gt;
Victor Considerant est déçu par son expérience de représentant du Peuple à la Constituante (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voir document 6&lt;/strong&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_left' style='float: left; width: 400px;'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc6.jpg' width='400' height='600' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;6. Portrait de Victor Considerant, 1848&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Collection particulière&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a beau dire dans les couloirs que son socialisme n'est pas le communisme révolutionnaire de Blanqui, qu'il ne songe pas à une réalisation brutale, mais à des passages graduels, les républicains conservateurs de l'Assemblée ne le croient pas, se moquent de lui, de sa naïveté (très réelle) et même de sa bonté (tout aussi réelle). Élu à la vice-présidence du Comité d'agriculture, il y est rapidement remplacé. Il siège ensuite à la Commission de la Constitution, où il se distingue par sa modération, tout en restant intraitable sur la nécessité d'inclure la notion de « droit au travail » dans le texte final. De même, quoique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt; et lui-même, n'aient pas soutenu la campagne développée par Eugénie Niboyet, Désirée Gay et Jeanne Deroin en faveur du vote des femmes, il propose le 13 juin 1848 à la commission de la Constitution de leur accorder le droit de vote. Il est le seul à voter en faveur de cette&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/strong&gt;proposition et rédige cette déclaration que l'Assemblée refuse de consigner dans les comptes-rendus officiels mais que l'on trouve aux archives de la Chambre des Députés parmi les procès-verbaux inédits : « M. Considerant dit que dans une Constitution où l'on admet le droit de vote pour les mendiants et les domestiques, il est injuste de ne pas l'admettre pour les femmes. Il veut qu'il reste un souvenir de la protestation qui a été faite contre cette exclusion inique. »&lt;br /&gt;
Il siège également dans le Comité du Travail, qui a notamment à se prononcer sur le sort des Ateliers nationaux. Considerant ne conteste pas la nécessité de les fermer, mais il tombe malade au moment où les modalités finales doivent être arrêtées.&lt;br /&gt;
Lorsque éclatent les tragiques journées de Juin, Considerant tente en vain de jouer un rôle de conciliation. Quand il demande à deux reprises, alors que les combats font rage, que le « malentendu » soit dissipé, il ne provoque que des cris hostiles. Horrifié par la brutalité de la répression, il se prononce contre la proclamation de l'état de siège et en appelle au général Cavaignac pour qu'il mette un terme aux exécutions sommaires.&lt;br /&gt;
En s'opposant à Thiers, le 13 septembre, Considerant prie l'Assemblée de lui accorder son attention pour qu'il expose ses conceptions. Il déclare : « Je crois que la transition à un ordre social nouveau peut être faite sans apporter le moindre trouble dans la société ; je crois qu'elle est si peu attentatoire aux lois qui nous régissent que je ne vous demande pas le moindre changement dans les lois civiles, dans les lois politiques, religieuses, industrielles qui régissent aujourd'hui la société. » Mais il essuie rires et quolibets. « Ce qui se passe continuellement, se plaint-il, permettez-moi de vous le dire, quand ce n'est pas un orateur de premier ordre qui est à cette tribune, est la preuve qu'il serait absolument impossible d'y accomplir la mission dont je vous parle en ce moment. Il est certain qu'au milieu des interruptions, des conversations et des murmures, qui sont un peu, permettez-moi encore de le dire, dans les habitudes de l'Assemblée nationale, et dans un vaisseau aussi considérable que celui-ci, il serait parfaitement impossible à une poitrine même beaucoup plus forte que la mienne de faire trois ou quatre séances de deux heures pour développer des idées comme celles que j'annonce, des idées qui exigent de la suite et de l'attention. [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb78&quot; name=&quot;nh78&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[78] Moniteur universel, 14 septembre 1848.&quot;&gt;78&lt;/a&gt;] » C'est peine perdue.&lt;br /&gt;
Pendant ce temps, il travaille fiévreusement à la rédaction de l'ouvrage&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Le Socialisme devant le vieux monde, ou le vivant devant les morts&lt;/i&gt;, paru fin novembre 1848, dans lequel il tire les leçons des premiers échecs de la Révolution de février en les replaçant dans une perspective élargie. Sa thèse est que la Révolution n'était pas encore achevée, et que le mouvement révolutionnaire commencé en 1789 n'a pas pris fin avec l'accession des adultes de sexe masculin à l'exercice de leurs droits politiques. Il prophétise ceci : « la révolution restera EN PERMANENCE jusqu'à l'entrée en voie d'organisation d'une société capable de substituer [...] l'Association au Morcellement, l'accord à la lutte, la paix à la guerre, la liberté de tous à l'esclavage du grand nombre, la richesse générale enfin à tous les degrés de la misère. » Selon lui, le socialisme « restera la grande et irrésistible aspi¬ration du temps, le grand courant des sentiments et des idées appe¬lées à rendre applicables la Philosophie, la Démocratie et le Christianisme, à en réaliser les grandes formules. [...] Et le Socialisme ne serait que l'Anti-Socialisme s'il ne possédait pas cette puissance de socialisation, de conciliation, d'union universelle. »&lt;br /&gt;
Lors des élections présidentielles de décembre, Considerant qui a « lancé » la candidature du général Cavaignac, se rallie finalement de manière tardive à la candidature de Ledru-Rollin.&lt;br /&gt;
Toute la candeur de Considerant reparaît le 14 avril 1849, jour où il exhorte une Constituante de plus en plus mal disposée à son égard à créer un Ministère du Progrès et de l'Expérience, et à patronner des essais de Phalanstère, de colonie icarienne, et d'une Banque du peuple proudhonienne. Proudhon, que Considerant vient de malmener dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme devant le vieux monde&lt;/i&gt;, ne daigne pas secourir son compatriote empêtré (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voir document 7)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-VC-Doc7.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 12.8 ko&quot; title=&quot;RTF - 12.8 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;7. &quot;Que M. Considerant produise ses raisons&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Proudhon, Le Peuple, 12 février 1849&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Réélu à l'Assemblée législative en mai 1849, cette fois par le département de la Seine, Considerant réunit les chefs montagnards, le 11 juin, dans les bureaux de la&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Démocratie pacifique&lt;/i&gt;. Il propose lui-même d'organiser une démonstration de force, et il est au rendez-vous le 13. Avec quelques dizaines de représentants emmenés par Ledru Rollin, il se rend en cortège jusqu'au bâtiment des Arts et Métiers (alors même que la grande manifestation de soutien populaire venait d'être brutalement dispersée par la troupe), et s'y retrouve pris au piège, manquant de peu d'être exécuté sommairement. Mais les principaux chefs de parti radical parviennent finalement à s'échapper, et après être resté caché plusieurs semaines à Paris, il prend le chemin de l'exil, tandis que la Haute Cour de Versailles le condamne à la déportation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Reunion, San Antonio&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Victor Considerant s'installe d'abord en Belgique. C'est là que, cédant aux instances pressantes du fouriériste américain Albert Brisbane, il décide de partir aux États-Unis pour y effectuer un voyage exploratoire. Il débarque à New York le 14 décembre 1852. Après un séjour au cours duquel il vit durant six semaines dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;North American Phalanx&lt;/i&gt; (pour y perfectionner un anglais qui demeure toujours rudimentaire), rencontre divers fouriéristes américains, et explore le Texas, il se convertit à l'idée de fonder une colonie en Amérique. De retour en Europe le 29 août 1853, il commence à réfléchir à ses projets. Le 6 février 1854, il renvoie à Paris les épreuves corrigées de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rapport à mes amis&lt;/i&gt;, écrit qui paraît début mai.&lt;br /&gt;
Le 14 septembre 1854 est fondée à Bruxelles la Société européenne de colonisation du Texas (société en commandite par actions), dont la gérance est confiée à Allyre Bureau, Guillon et Godin-Lemaire. Victor Considerant, fondateur et agent exécutif au Texas, n'y exerce aucune responsabilité.&lt;br /&gt;
Le 3 octobre 1854, les premiers colons quittent le port d'Ostende sous la responsabilité de Cantagrel. Parti le 17 janvier 1855 en compagnie de son épouse Julie et de sa belle-mère Clarisse Vigoureux, Victor Considerant arrive pour sa part à New York le 4 février. Après y avoir entrepris diverses démarches, il part le 19 février pour la capitale fédérale Washington, où il rencontre plusieurs membres du Congrès. Il y reste jusqu'au début d'avril, en compagnie de César Daly qui l'y a rejoint. Tous partent ensuite pour La Nouvelle-Orléans (Louisiane) où ils arrivent le 28 avril [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb79&quot; name=&quot;nh79&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[79] Sur Reunion, voir « Autour de la Colonie de Reunion, Texas », Cahier (...)&quot;&gt;79&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Considerant rejoint finalement Réunion (Texas) le 30 mai 1855 en compagnie de sa famille, de Daly et de l'épouse de Cantagrel. Le 7 août est fondée la Société de Réunion qui, sous sa direction, doit prendre en charge l'exploitation du domaine acquis dans le comté de Dallas.&lt;br /&gt;
Pourtant, très vite, devant les problèmes et les difficultés qui s'accumulent, et surtout devant l'afflux prématuré de colons alors que rien n'était vraiment prêt pour les accueillir (ils étaient 128 en juillet), Victor Considerant se persuade que l'expérience va à l'échec, échec qu'il faut conjurer en relançant la colonie ailleurs et sur des bases différentes (lui-même a toujours plaidé en faveur d'une colonie expérimentale ouverte à toutes les écoles et non pas aux seuls fouriéristes). En octobre 1855, il part pour Austin (Texas), puis San Antonio. Il ne revient à Réunion qu'à la fin du printemps suivant. La crise latente est précipitée par les démissions de Cantagrel et du Docteur Savardan le 6 juillet. Le 8, Considerant et Vincent Cousin « s'enfuient » de la colonie au moment où doit être signée la convention dédommageant les membres de la colonie en leur cédant la moitié des parts réservées. En attendant l'arrivée d'Allyre Bureau, dépêché par la gérance, Duthoya prend la succession de Considerant à la tête de la colonie.&lt;br /&gt;
Victor Considerant se trouve alors à San Antonio (où il demeure jusqu'en 1869). Il souhaite procéder à la liquidation de Réunion pour pouvoir lancer une nouvelle expérience sur des bases plus ouvertes dans les cañons d'Uvalde, où il a acquis des terres. Il s'ouvre de ces plans à Allyre Bureau qui, arrivé à Austin le 19 décembre, vient le voir avant de gagner Réunion (17 janvier 1857).&lt;br /&gt;
Quelque temps après, bien qu'averti de l'état de santé de Bureau (celui-ci est tombé malade peu après son arrivée dans la colonie), Victor Considerant refuse de regagner Réunion, se contentant d'y déléguer son ami Vincent Cousin. En mai 1858, Considerant reçoit la visite de Bureau qui, remis, passe avec lui près de trois semaines à visiter les cañons d'Uvalde. Peu de temps après, Considerant retourne à Paris et tente de lancer une nouvelle souscription pour financer l'acquisition des terrains visités avec Bureau, après s'être efforcé d'expliquer son échec dans un livre intitulé &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Du Texas&lt;/i&gt; (Paris, Librairie sociétaire, 1857). N'ayant guère obtenu d'écho, il repart pour le Texas à la mi-janvier 1859, et y arrive un mois plus tard.&lt;br /&gt;
Victor Considerant est pendant de nombreuses années une des figures de la micro-société française de San Antonio. Du fait de l'éclatement de la guerre de Sécession, il vit coupé du monde durant cinq années. Devant subvenir aux besoins de sa famille et de son ami (qui est dans un état « proche de la décrépitude »), il se retrouve finalement obligé « de piocher la terre » pour vivre. Cette période est également marquée par la disparition en janvier 1865 de Clarisse Vigoureux, dont la santé avait décliné jusqu'à la faire retomber en enfance.&lt;br /&gt;
Averti de la situation matérielle difficile dans laquelle se trouvent les Considerant peu après la fin des hostilités, leurs amis parisiens ouvrent une souscription pour leur permettre de revenir en France, ce à quoi ils parviennent après que Victor a été amnistié en 1869. Leur retour, en compagnie de Vincent Cousin est annoncé par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie&lt;/i&gt; le 12 septembre 1869.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un quart de siècle à Paris&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Rentré à Paris en 1869, Considerant trouve une société profondément changée. Au printemps 1870, Julie et lui s'installent définitivement dans un petit appartement situé au n° 48 de la rue du Cardinal-Lemoine.&lt;br /&gt;
Renonçant à reprendre sa place de chef d'école, Considerant ne se désintéresse pas pour autant de la vie politique, adhérant notamment à l'Association Internationale des Travailleurs (Première Internationale).&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; L'Internationale&lt;/i&gt; de Bruxelles l'annonce dans son numéro du 31 juillet 1870, et confirmation en est fournie par un rapport de police du 29 juillet 1871 qui donne la liste des 82 adhérents de la Section du Panthéon.&lt;br /&gt;
Lorsqu'éclate la guerre contre la Prusse en juillet 1870, il se montre pacifiste comme le sont tous les socialistes. Patriote après le 4 septembre, il demande au Gouvernement de la Défense nationale de ne pas recommencer simplement 1792, mais de fonder sa politique sur l'« organisation juridique » de la paix, sur les États-Unis d'Europe, et sur des principes d'internationalisme proches de ceux qui sont professés par les Internationaux parisiens (19 septembre 1870).&lt;br /&gt;
Lorsque la Commune est proclamée au printemps 1871, les sympathies de Considerant vont clairement vers les communards plutôt que vers les Versaillais. Pourtant, lorsqu'il se décide à intervenir publiquement, c'est pour jouer un rôle conciliateur, en joignant ses efforts à ceux de la Ligue d'Union républicaine des Droits de Paris pour parvenir à une médiation entre Paris et Versailles. Toutefois, dans sa brochure &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Paix en vingt-quatre heures, dictée par Paris à Versailles. Adresse aux Parisiens&lt;/i&gt;, (20 avril 1871), il prend implicitement parti pour la Commune, forme de démocratie qui se rapproche de la démocratie directe qu'il appelle de ses v&#339;ux, déniant à l'Assemblée de Versailles le droit de contester l'autonomie de Paris, de ruiner cette autonomie par les armes, et la sommant de réorganiser le gouvernement national en s'entendant avec toutes les communes de France.&lt;br /&gt;
Après la Commune, Considerant s'efforce de venir en aide à certains de ses amis poursuivis (Gustave Courbet, Eugène Bestetti). La fin de la vie de Considerant, attristée par la mort de sa femme Julie en 1880 (sa tombe se trouve à Besançon, cimetière des Chaprais : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voir&lt;/strong&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;document 8&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_right' style='float: right; width: 350px;'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc8.jpg' width='350' height='467' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;8. La tombe de Julie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Cliché Jean-Paul Favereaux&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;est consacrée par lui à de nouvelles études. Il suit les cours des Facultés, interroge les professeurs et s'en fait des amis. C'est une célébrité du quartier Latin, que son costume de paysan mexicain définitivement adopté désigne à l'attention et au respect. Avec les étudiants et avec les socialistes de toutes les nuances, ses relations sont cordiales. Après la mort de sa femme, Victor Considerant a été accueilli par son petit-cousin, Auguste Kleine, gendre de Clarisse Coignet, ingénieur des Ponts et Chaussées à Laon puis à Paris, qui l'entoure de&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/strong&gt;soins filiaux et à qui l'on doit la conservation des archives de l'École sociétaire.&lt;br /&gt;
Considerant meurt fin 1893. Jean Jaurès et de nombreux communards suivent son cortège funèbre vers le columbarium du Père-Lachaise. Peu après sa mort, son compatriote salinois le géologue Jules Marcou fait paraître sur lui une notice biographique dans le journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Salinois&lt;/i&gt; des 4, 11 et 18 février 1894. Marcou envoie cette notice au comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, dont il a fait la connaissance aux États-Unis. Ce dernier lui envoie en réponse la lettre suivante : « Vous avez eu raison de croire que cette biographie m'intéresserait. En effet, vous avez peint là un type absolument perdu aujourd'hui, le rêveur qui croit pouvoir refondre la société entière par le seul effet de la parole, de ses raisonnements et par le seul exemple de ses vertus privées, qui est presque indifférent à la forme politique du gouvernement et qui répudie l'emploi de la force pour faire triompher son système ne se rencontre plus aujourd'hui. On ne rencontre plus surtout l'homme parfaitement honnête et désintéressé dans la vie privée qui mourra pauvre après avoir consacré toutes ses forces et toute son intelligence à la réalisation de ses chimères. » Venant d'un adversaire politique il est difficile de trouver plus bel éloge.&lt;br /&gt;
En 1901, une statue est érigée à Salins à la mémoire de Considerant. Une cérémonie est organisée pour marquer l'importance de l'événement (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voir document 9&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc9.jpg' width='350' height='280' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;9. Inauguration du monument Considerant (1901) - menu du banquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Bibliothèque de Salins-les-Bains, fonds Magnin&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le buste est l'&#339;uvre de la sculptrice Syamour (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;voir documents 10 et 11&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_left' style='float: left; width: 200px;'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc10.jpg' width='200' height='267' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;10. Monument Considerant, Salins-les-Bains&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Cliché Jean-Paul Favereaux&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_documents spip_documents_right' style='float: right; width: 200px;'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-VC-Doc11.jpg' width='200' height='267' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;11. Monument Considerant, détail&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Cliché Jean-Paul Favereaux&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'arrière de la colonne qui le soutient, on peut notamment lire cette phrase : « Il a consacré sa vie à la cause du peuple et à la propagation de la doctrine de Fourier. » .&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Actualisation par Michel Cordillot en février 2010&lt;br /&gt;
Compléments ponctuels et documents par Thomas Bouchet en mars 2010&lt;/p&gt;</description>
		<author>Dubos, Jean-Claude, Cordillot, Michel</author>
		<dc:date>2010-04-05T05:38:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dubos, Jean-Claude, Cordillot, Michel</dc:creator>
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Boutroux (Jacques) Honoré</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=741</link>
		<date>2010-04-02 17:14:15</date>
		<description>Oncle de (Jacques) Antoine Boutroux (voir cette notice), Honoré Boutroux est présenté pas son neveu dans une lettre à Fourier comme « un homme retiré du monde [qui] se trouve possesseur d'un avoir assez honnête, désireux qu'il est du bien, il ne reculera pas devant un sacrifice ». Il offre en effet son concours financier à l'Ecole sociétaire pour participer au projet d'essai que relance opportunément Victor Considerant en 1837, acceptant comme son neveu, une affectation de 8 000 francs à la diligence de Victor Considerant. Il contribue également pour 1 000 francs en actions à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Phalange&lt;/i&gt; et acquiert pour la même somme des ouvrages de Charles Fourier qu'il a rencontré avec son neveu avant 1836. Son aide est également apportée directement à Fourier à qui il remet 1 000 francs pour l'aider à la publication de ses &#339;uvres. Cet attachement se traduit encore lors des funérailles de Charles Fourier auxquelles il souhaite contribuer.</description>
		<author>Sosnowski, Jean-Claude</author>
		<dc:date>2010-04-02T15:14:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sosnowski, Jean-Claude</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Boutroux, (Jacques)-Antoine</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=740</link>
		<date>2010-04-02 16:50:48</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Fils de Jacques Charles Borromée Boutroux, cultivateur à Cerdon et de Marie-Reine Notin, Antoine Boutroux naît dans une famille de notable du Loiret. Son grand-père maternel, Antoine Notin, témoin lors de sa naissance, alors propriétaire à Coullons et notaire impérial du canton de Gien (Loiret) est issu d'une famille de notaires d'Ancien Régime. Jacques Honoré Boutroux (de Grandmaison), grand-père paternel, dont l'épouse Jeanne Victoire Robert (de Montoux) est également témoin de la naissance, est alors propriétaire, cultivateur et maire de Coullons (1800-1815). L'un de ses fils, [Henri] Antoine lui succède à la tête de la municipalité de 1815 à 1817.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si, lorsqu'il se lie avec Charles Fourier et l'Ecole sociétaire et souhaite contribuer à leurs besoins respectifs, Antoine Boutroux ne « jouit encore d'aucuns droits acquis, [il peut] espérer à un avenir assez brillant » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb80&quot; name=&quot;nh80&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[80] Archives nationales, Fonds Fourier 10AS25 Lettre à Charles Fourier du 25 (...)&quot;&gt;80&lt;/a&gt;]. En 1838, son père, alors maire de Cerdon [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb81&quot; name=&quot;nh81&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[81] Charles Boutroux, maire de 1837 à 1843 puis de 1849 à 1851.&quot;&gt;81&lt;/a&gt;] est effectivement parmi les électeurs les plus imposés du canton de Sully-sur-Loire [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb82&quot; name=&quot;nh82&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[82] « Liste électorale », Etrennes orléanaises ou almanach du département du (...)&quot;&gt;82&lt;/a&gt;]. En 1840, sa contribution, comme pour beaucoup d'autres, a largement chuté [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb83&quot; name=&quot;nh83&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[83] « Liste électorale », Etrennes orléanaises ou almanach du département du (...)&quot;&gt;83&lt;/a&gt;], certes temporairement puisqu'elle ne cesse de croître jusqu'en 1848 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb84&quot; name=&quot;nh84&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[84] « Liste électorale », Etrennes orléanaises ou almanach du département du (...)&quot;&gt;84&lt;/a&gt;] et ce malgré la crise qui frappe la France à partir de 1846. Ainsi, en 1860, Antoine Boutroux, jouissant pleinement de son héritage familial met en vente un premier domaine « La Grande Bergerie » situé près d'Argent-sur-Sauldre (Cher) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb85&quot; name=&quot;nh85&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[85] Sa famille est également implantée sur la commune par l'intermédiaire (...)&quot;&gt;85&lt;/a&gt;], « propriété d'avenir » comprenant fermes, bois, prés, pâtures, terres labourables irrigables par le canal de La Sauldre, le tout d'un seul tenant de 127 hectares. Antoine Boutroux réside alors au château des Ners, près d'Argent. En 1873, lors de la vente de son domaine de Cierge et des Ners situé sur les communes de Cerdon (Loiret) et d'Argent (Cher), d'une superficie de 1 162 hectares et comprenant un cheptel évalué à 26 000 francs, il annonce un revenu annuel de 25 000 francs. La vente est annoncée par une mise à prix de 500 000 francs. Antoine Boutroux appartient donc aux riches familles foncières du sud-est de la Sologne, région de transition au caractère proche du Val de la Loire. Cette fortune est confirmée par les curés de Coullons, même si les propos tenus sont partiaux : Antoine Boutroux est « un homme puissant par l'argent, la force de volonté, la loquacité et la popularité » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb86&quot; name=&quot;nh86&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[86] Cité par Augustin Berton , La Paroisse de Coullons depuis la fin de (...)&quot;&gt;86&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1840, Antoine Boutroux est désigné pour conduire la municipalité de Coullons, fonction qu'il occupe jusqu'en 1852 et doit s'opposer, comme son prédécesseur aux agissements des curés successifs de la paroisse, surtout en 1846, lorsqu'il met en place des « ateliers » destinés aux individus sans travail et relance le système dit des « prestations », contributions locales en nature, auxquelles il convoque également le curé Nottin et son vicaire. Ceux-ci refusant de verser un dédommagement pour en être exemptés, sont contraints de participer à l'élargissement d'une voie communale. Le conflit s'envenime, pour se cristalliser lors de la campagne électorale d'avril 1848, Nottin s'affichant avec virulence comme adversaire du socialisme « qui voulait détruire la religion catholique ». Les autorités considèrent effectivement que dans cette paroisse « le socialisme et l'immoralité s'allient... avec la fréquentation des offices » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb87&quot; name=&quot;nh87&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[87] Christiane Marcilhacy, Le Diocèse d'Orléans sous l'épiscopat de (...)&quot;&gt;87&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors de la campagne législative d'avril 1848, le curé apporte la contradiction lors d'une réunion « d'un club phalanstérien » organisée dans la commune par Antoine Boutroux, qui se porte à la candidature. Amalgamant communisme et doctrine phalanstérienne, Nottin, lors de cette réunion, réclame qu'Antoine Boutroux affirme qu'il est bien phalanstérien, ce qu'il ne manque pas de confirmer. La provocation du curé qui quitte alors la salle en déclarant « nous savons ce qu'est le phalanstérianisme », attise l'anticléricalisme de la population. Le dimanche suivant, relate toujours &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Ami de la Religion et du Roi&lt;/i&gt;, reprenant sans doute l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Union orléanaise&lt;/i&gt; légitimiste, « quelques regrettables violences provoquées, on veut bien le croire, par les gens du complot phalanstérien » ont lieu mais en l'absence d'Antoine Boutroux. La tension semble régner encore durant la nuit, le presbytère étant gardé par les fidèles du curé. Le lendemain, par crainte de la menace qui proviendrait de « perturbateurs réunis au cafés » menaçant de « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;couper le cou&lt;/i&gt; au curé », ceux-ci rameutent les campagnes environnantes et forcent deux « parents » d'Antoine Boutroux, Loiseau et l'ancien notaire Seguin à « jurer hautement, devant Dieu et les hommes, qu'ils renoncent au phalanstérianisme, et qu'il n'en sera plus question à l'avenir ». Boutroux revendique son appartenance à l'Ecole sociétaire et est parmi les trois candidats réellement socialistes du département, les deux autres étant Victor Considerant et Eugène Sue. Néanmoins, comme Victor Considerant, il rejette les théories de Fourier sur le mariage [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb88&quot; name=&quot;nh88&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[88] « Lettre de Victor Considerant », Journal du Loiret, 13 avril 1848 et (...)&quot;&gt;88&lt;/a&gt;]. Mais Boutroux n'est pas retenu sur les listes démocratiques, non par suspicion des comités sur son engagement mais du fait d'absence de notoriété.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son étude des « questions phalanstériennes » date de 1833-1834. Elles sont une véritable révélation semble-t-il, « [l']ayant distrait par leur importance des plaisirs du monde ». Ainsi, il exprime une véritable admiration envers Fourier, qu'il a rencontré, en compagnie de son oncle, Honoré Boutroux [voir cette notice], oncle au nom duquel il écrit également. Dans cette lettre adressée à Fourier en décembre 1836 afin d'avoir des éléments sur le projet de constitution d'actions pour le financement de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Phalange&lt;/i&gt; et l'appel à contribution au cautionnement pour une parution bi-hebdomadaire [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb89&quot; name=&quot;nh89&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[89] « Avis à nos abonnés et à nos amis », La Phalange, journal de la science (...)&quot;&gt;89&lt;/a&gt;], il demande son aval afin de participer « au grand mouvement qui se prépare » et a besoin de savoir si « le maître a [...] sanctionné les travaux des adeptes ». Il conclut ainsi : « Un trésaillement [&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sic&lt;/i&gt;] involontaire se fait sentir en tout mon être à cette pensée que je m'adresse au grand homme, rédempteur de l'humanité souffrante... que son nom soit béni !! que ses &#339;uvres soient bénies !! puissé-je sans détacher rien de sa couronne, puissé-je saisir une étincelle de son génie... Oh ! le vouloir brûlant ne manque pas à ma faiblesse ». Le 19 mars 1837, il poursuit avec lyrisme : « Grâces et gloires vous seront enfin rendues pour vos grands et immortels travaux, vous révélateur de la loi divine éternelle de l'attraction, soleil des intelligences, novateur hardi, habile pilote qui avez su, au milieu des orages et des tempêtes et des écueils, conduire au port la barque des destinées » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb90&quot; name=&quot;nh90&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[90] Cité par Hubert Bourgin, Fourier : contribution à l'étude du (...)&quot;&gt;90&lt;/a&gt;]. Un échange épistolaire soutenu avec Fourier a lieu au cours de cet hiver. Celui-ci répond, de manière détaillée à une seconde demande de Boutroux en janvier 1837 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb91&quot; name=&quot;nh91&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[91] Extrait cité in Éric Beaussant et Pierre-Yves Lefèvre, Autographes, livres (...)&quot;&gt;91&lt;/a&gt;] et l'informe des modalités, difficultés rencontrées et des retards du fait des querelles intestines entre disciples : la « Grippe des Chefs, avec fièvre du principal [Victor Considerant] qui a failli périr mais qui est maintenant hors de danger ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 27 juillet 1837, alors que Victor Considerant doit faire face aux attaques des dissidents et attend avec impatience, et semble-t-il, agacement et ranc&#339;ur une réponse de Boutroux et de son oncle depuis le 15 mai, afin de réaffecter « aux actions du journal », les fonds qu'ils ont versés pour « l'essai » de réalisation, Antoine Boutroux lui réaffirme son amitié et sa fraternité, alors que des propos emplis de « fiel » ont été proférés. Ce silence d'Antoine Boutroux, relatif d'ailleurs, puisque lui-même et son oncle ont renouvelé entre temps leur offre à Charles Fourier, n'est alors dû qu'à la nécessité d'un entretien direct avec Victor Considerant étant donné sa demande. Antoine Boutroux affirme même qu'il a conscience que Victor Considerant porte « seul le fardeau du labeur et [reçoit] les premiers coups de l'attaque, les premiers feux de l'ennemi... Grâce à dieu, [poursuit-il], je ne suis pas descendu si bas ; tant de fiel n'entre point dans l'âme du vrai croyant, et je le suis [...] ». Leur offre est d'ailleurs confirmée dans un courrier à Charles Fourier même. Antoine Boutroux regrette de ne pouvoir contribuer à la hauteur de son oncle, devant « courber sous la nécessité de sa position, [...], [son] père et [sa] mère ne participent point à ces idées et ne veulent nullement s'y prêter », écrit-il. Il contribue néanmoins « pour mille francs pour l'essai, mille francs pour actions du journal et mille francs pour ouvrages de Mr Fourier », laissant néanmoins à Victor Considerant le soin de l'affectation totale ou partielle des fonds nécessaires aux travaux du projet d'essai.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Antoine Boutroux, comme sans doute son oncle, assiste donc à la séance du 20 août 1837, convoquée par Victor Considerant, qui a pour objet de présenter les plans et travaux d'architecture sociétaire exécutés pendant les trois dernières années par l'architecte Maurize dans le cadre d'un projet général de phalanstère. Cette séance fait donc suite à l'appel lancé dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Phalange&lt;/i&gt; n° 30 et dans la circulaire du 31 juillet qui relance, opportunément, l'appel à la réalisation. La souscription lancée « pour la formation d'un crédit de dix mille francs » est alors destinée à l'étude de la réalisation « d'une fondation en échelle réduite d'un phalanstère de 400 enfants ». Il y rencontre à nouveau Charles Fourier à qui il remet 1 000 francs pour contribuer à ses publications. Ce lien entretenu avec Charles Fourier se traduit également lors de son décès. Antoine et son oncle s'inquiètent de ne savoir comment et à quelle hauteur contribuer aux frais des funérailles. Mais la douleur engendrée par la mort du maître « se reconnaîtra aux actes ultérieurs... et nous sommes dévoués » déclare-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Antoine Boutroux ne se contente pas seulement d'un rôle de financier. Il mène également une action de propagande et de diffusion afin de populariser la pensée phalanstérienne. En décembre 1837, il réclame « cent exemplaires d'almanachs », sans doute « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le Mathieu-Laensberg pour l'industrie »&lt;/i&gt;. Pour cette édition, les rédacteurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Phalange&lt;/i&gt; déclarent avoir fourni « une partie de sa rédaction » ; ils la considèrent comme « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;essai d'un almanach phalanstérien&lt;/i&gt; » bien que n'en prenant pas la responsabilité : ils regrettent, écrivent-ils, « d'y voir figurer quelques morceaux que nous aurions été loin de choisir » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb92&quot; name=&quot;nh92&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[92] « Le Mathieu-Laensberg de l'industrie pour 1838 », La Phalange, (...)&quot;&gt;92&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Antoine Boutroux prolonge son engagement en devenant membre de la « Société [du 15 juin 1840] pour la propagation et la réalisation de la doctrine de Fourier ». Il affirme encore sa solidarité envers Victor Considerant et exprime, dans une déclaration du 11 novembre 1861 annexée au procès-verbal du 10 novembre 1860 actant la dissolution de la Société, « le v&#339;u formel que le portrait de Fourier et ses manuscrits, restent bien la propriété exclusive [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb93&quot; name=&quot;nh93&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[93] Souligné dans le texte.&quot;&gt;93&lt;/a&gt;] de Madame Vigoureux et de Mr. et Mme. Considérant [&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sic&lt;/i&gt;], ainsi qu'il en a exprimé la volonté, à son lit de mort ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la fin du Second Empire, Boutroux adresse à plusieurs reprises des pétitions au Sénat. Le 13 mars 1866, il réclame un retour à la loi de 1831 qui garantissait à la Nation, la nomination des maires parmi les membres des conseils municipaux et réclame la fixation définitive des élections municipales à la date du 1er mai, propositions toutes deux rejetées. Le 18 juillet 1867, il demande l'institution d'un « congrès universel et permanent, tribunal international de justice et de paix, siégeant chaque année, à tour de rôle, dans toutes les capitales du monde, et jugeant sans recours tous les différents internationaux ». Il propose la « mise en quarantaine générale » du peuple qui « n'accepterait pas le jugement ». L'initiative revenant à la France, celle-ci victime d'un « grain de vanité », doit faire amende honorable en supprimant tous les signes « offensants pour les autres peuples ». Boutroux préconise « la démolition de la colonne Vendôme, dont le bronze serait transformé en outils de travail, la restitution des drapeaux des Invalides aux Nations auxquelles ils ont appartenu ». Sa proposition scandalise les sénateurs qui refusent alors de délibérer lors de la séance du 3 mars 1868. Malgré cet échec et le sarcasme dont il est victime, il approfondit sa réflexion et publie un ouvrage sur le sujet, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Salut de la France, sa rénovation et sa glorification&lt;/i&gt; qu'il soumet, en résumé, à nouveau sous forme de pétition aux Assemblées. Il y réitère sa demande de « Paix universelle et [d'] Emancipation des communes ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors de son décès en 1897, Antoine Boutroux vit de ses rentes. Son épouse, Nelcy Gastin est décédée auparavant à Cerdon.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sosnowski, Jean-Claude</author>
		<dc:date>2010-04-02T14:50:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sosnowski, Jean-Claude</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Bonnans, Firmin</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=739</link>
		<date>2010-04-02 15:54:41</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Professeur de langue et de littérature française résidant au 20 rue de Seine à Paris, il est signalé parmi les « principaux artistes et travailleurs appartenant à l'Ecole sociétaire » dans l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Almanach social pour l'année 1840. &lt;/i&gt;Il est probablement issu du groupe des saint-simoniens ayant rejoint les rangs de l'Ecole sociétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En juillet 1848, il devient rédacteur en chef du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Journal de l'Eure&lt;/i&gt;, créé le 16 mars 1848 et dont le dernier numéro paraît le 8 février 1849. En mai 1852, qualifié à nouveau de professeur de langues, résidant à Passy, il épouse une demoiselle Courtiol domiciliée 63 avenue Montaigne à Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Professeur de français au lycée Lazar de Bucarest, il publie, en 1868, un recueil de fables imitées de La Fontaine. Son &#339;uvre, ainsi que celle de Lachambeaudie, inspirent largement celles de Gheorghe Sion et Ion Heliade Ra&#774;dulescu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De retour en France, il collabore à l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Avenir de l'Ariège&lt;/i&gt;, où après avoir « effleuré la politique », il se consacre à de simples chroniques et articles de fantaisies. Son &#339;uvre poétique est alors marquée de l'amour pour son pays natal et par ses souvenirs de jeunesse.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Sosnowski, Jean-Claude</author>
		<dc:date>2010-04-02T13:54:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sosnowski, Jean-Claude</dc:creator>
		

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