<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<rss version="0.91" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">

<channel>
	<title>charlesfourier.fr</title>
	<link>http://www.charlesfourier.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>

	<image>
		<title>charlesfourier.fr</title>
		<url></url>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/</link>
		<description></description>
	</image>

	


	
		
		<item>
		<title>Actualité de septembre : Le centenaire de la Maison du Peuple</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=763</link>
		<date>2010-09-09 08:11:56</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
La Maison du Peuple (La Fraternelle) fête en 2010 ses cent ans d'existence à Saint-Claude, Jura. A l'occasion des Journées du Patrimoine, de nombreuses initiatives sont à signaler les 17-18-19 septembre. Expositions, visites guidées et interventions théâtrales, musique, happening, repas populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour davantage de renseignements :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;www.maisondupeuple.fr ; la.fraternelle@maisondupeuple.fr ; 03-84-45-42-26&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-09-09T06:11:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Actualité de septembre : Le saut du chaos à l'Harmonie, par Elsa Maillot</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=762</link>
		<date>2010-09-09 08:07:23</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Vendredi 10 septembre, fête de l'Humanité (La Courneuve) : vernissage de l'exposition sur les théories de Charles Fourier et les expériences sociales menées par ses disciples.
L'exposition est conçue et réalisée par Elsa Maillot.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Cette exposition est composée de douze panneaux qui dialoguent entre les idées de Fourier et les tentatives de communautés, notamment en Franche-comté. Les thèmes abordés (l'association agricole, le phalanstère, l'éducation, les femmes, les passions, les 4 mouvements...) montrent comment Fourier se place en découvreur d'un nouveau système d'organisation de la société. Classé comme socialiste utopique par Engels, Fourier continue aujourd'hui à nous faire rêver à cette société harmonieuse où les hommes seraient libres et épanouis.&quot; (Elsa Maillot)&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-09-09T06:07:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Du nouveau et de l'inédit sur le site</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=760</link>
		<date>2010-06-21 12:20:23</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.charlesfourier.fr/IMG/arton760.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;150&quot; height=&quot;91&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Deux notices importantes font leur apparition dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dictionnaire biographique du fouriérisme&lt;/i&gt;. L'une, signée par Bernard Desmars, est consacrée à Hubert Bourgin (1874-1955). L'autre résulte de l'association entre Bernard Desmars et Jean-Yves Guengant : elle porte sur Emile Chevé (1804-1864). A découvrir ! L'une comme l'autre apportent beaucoup d'éléments inédits.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et puis la rubrique &quot;Découverte&quot; s'enrichit d'une contribution de Quentin Detourbet, qui a exhumé une ode débridée à Charles Fourier, &quot;Christ industriel&quot; à l'&quot;oeil d'aigle&quot; (1855)&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-06-21T10:20:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>&quot;O sublime Fourier ! ô vieux chercheur de mondes !&quot; Constant Hilbey (1855)</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=759</link>
		<date>2010-06-21 11:21:06</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Comme ta lèvre est mince et ton crâne chenu,&lt;br /&gt;
O sublime Fourier ! ô vieux chercheur de monde !&lt;br /&gt;
O Christ industriel, encore méconnu,&lt;br /&gt;
Où n'as-tu pas porté le scalpel ou la sonde ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ton &#339;il d'aigle a percé les champs de l'inconnu,&lt;br /&gt;
Et surpris d'Oromaz la science profonde ;&lt;br /&gt;
Et le vase penché, jetant le contenu,&lt;br /&gt;
Tu répandis à flots la lumière féconde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et dans le dénûment, de besoins tiraillé, &lt;br /&gt;
Isolé dans Lutèce, incompris et raillé,&lt;br /&gt;
Tu marchas quarante ans seul avec ton génie ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et détournant les yeux de notre amas d'erreurs,&lt;br /&gt;
Tu vécus solitaire au milieu des splendeurs&lt;br /&gt;
Du règne d'harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Poésies, 1855&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notes&lt;br /&gt;
Oromaz : le principe du Bien, selon le prophète perse Zoroastre&lt;br /&gt;
Le poème de Hilbey est reproduit dans Thomas (E.), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Voix d'en bas&lt;/i&gt;. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La poésie ouvrière au XIXe siècle&lt;/i&gt;, Paris, Maspero, 1979.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Detourbet, Quentin</author>
		<dc:date>2010-06-21T09:21:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Detourbet, Quentin</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Bourgin, Hubert</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=758</link>
		<date>2010-06-17 13:52:07</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Hubert Bourgin est issu, du côté maternel, d'une famille d'artisans, et du côté paternel, d'une famille de métayers du Nivernais, qui s'est ensuite orientée vers le négoce. Bourgin, dans ses publications de l'entre-deux-guerres, fait l'éloge de ces « gens de métairie et d'échoppe », de ce milieu familial de petits indépendants, « gens d'ordre et laborieux, ponctuels, attachés à leur bien et à leur profession, à leurs libertés politiques et civiles », fermement républicains et confiants dans les vertus du travail et de l'instruction qui permettent la promotion sociale. Ses parents, devant ses succès scolaires au lycée de Nevers, envisagent pour lui le « noble et sûr métier de professeur [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[1] Cinquante ans d'expérience démocratique, Paris, Nouvelle Librairie (...)&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] ».&lt;br /&gt;
Son grand-père et son père sont associés dans un commerce d'épicerie et de droguerie en gros à Nevers ; puis, ruinée par la Grande dépression, la famille s'installe à Paris où le père est courtier. Bourgin fait de brillantes études au lycée Janson de Sailly et obtient un prix au concours général, en philosophie ; il entre à vingt ans à l'Ecole normale supérieure ; en 1896, avec quatre autres élèves, il publie et présente une édition de la première partie des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tragiques&lt;/i&gt; d'Agrippa d'Aubigné. Il est reçu premier à l'agrégation de lettres en 1898.&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un « socialiste normalien »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peu avant l'agrégation, il a rencontré Lucien Herr, le bibliothécaire de l'ENS, qui exerce une profonde influence sur lui, comme sur beaucoup d'autres normaliens ; Herr, écrit-il plus tard dans un ouvrage très critique envers l'ENS, devient alors son « directeur d'idées, de conscience et de conduite [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[2] De Jaurès à Blum. L'Ecole normale et la politique, Paris, Fayard, (...)&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] ». Grâce à une quatrième année de bourse, Bourgin peut commencer un travail de recherches ; Herr l'oriente et le met en relation avec François Simiand. A partir de là, et malgré sa formation littéraire, Bourgin se consacre principalement, d'une part à l'étude des doctrines socialistes, d'autre part à la sociologie et à l'économie.&lt;br /&gt;
En 1899 et 1900, il fournit à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grande Encyclopédie&lt;/i&gt; (1885-1902) plusieurs articles, sur le paupérisme (cosigné avec Simiand), le phalanstère, Constantin Pecqueur, Proudhon, Saint-Simon et le saint-simonisme, et les syndicats. Grâce à Simiand encore, il rencontre Durkheim et devient l'un des collaborateurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt; à partir de 1901 ; il est l'auteur de très nombreux comptes rendus sur des ouvrages, dont beaucoup en langue étrangère, et en particulier en allemand, concernant la science économique, les systèmes productifs, le développement industriel...&lt;br /&gt;
Il s'engage alors dans la politique, qui est indissociable de son travail intellectuel. Avec Lucien Herr et des élèves de l'Ecole normale supérieure, il participe aux combats dreyfusard et socialiste. Il contribue à la constitution de la Société nouvelle de librairie et d'édition, qui, en août 1899, reprend le fonds de la librairie Georges Bellais, dirigée par Péguy. Bourgin fait partie du conseil d'administration de la nouvelle société (aux côtés de Léon Blum, Lucien Herr, Mario Roques et François Simiand), qui publie des auteurs socialistes, dont Bourgin lui-même. Il fait partie du Groupe de l'Unité socialiste, fondé en 1899, où l'on retrouve de nombreux normaliens (François Simiand, Albert Thomas, Maurice Halbwachs...) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[3] Daniel Lindenberg et Pierre-André Meyer, Lucien Herr, le socialisme et (...)&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]. Il est donc typiquement l'un des représentants du « socialisme normalien » ou « socialisme universitaire » des environs de 1900 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[4] Christophe Prochasson, Les Intellectuels, le socialisme et la guerre, (...)&quot;&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
En 1899, il est nommé au lycée de Beauvais ; il mène alors de front son enseignement, ses recherches scientifiques et une activité militante très fournie, à la fois à Paris et dans l'Oise : il est membre de la Ligue des droits de l'homme, d'associations coopératives, d'organisations socialistes, d'une société de libre-pensée, d'un mouvement d'éducation populaire. Ces engagements lui valent quelques critiques de la part de sa hiérarchie, qui lui reproche sa dispersion dans des activités étrangères à l'enseignement, et peut-être aussi son adhésion au socialisme [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[5] D'après Guy Thuillier, « Un normalien nivernais : Hubert Bourgin (...)&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]. Il affronte les notables radicaux de l'Oise, concurrencés sur le terrain de l'éducation populaire ; avec ses amis socialistes, il entraîne une partie des membres du Cercle laïque, radical, pour fonder le Cercle ouvrier d'émancipation sociale ; il y fait lui-même des conférences, et fait venir à Beauvais Albert Thomas, René Viviani, Marcel Cachin. Il donne aussi des articles à la presse socialiste locale, notamment au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Travailleur de l'Oise [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[6] Jean-Pierre Besse, « Le mouvement ouvrier dans l'Oise, 1890-1914 (...)&quot;&gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/i&gt; Il se marie en 1901 ou 1902 avec Marguerite Darcy [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[7] 1901 d'après Cinquante ans d'expérience démocratique, op. cit., (...)&quot;&gt;7&lt;/a&gt;], une ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de Sèvres, agrégée de physique et enseignante à Beauvais (elle est elle-même l'auteur d'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cours élémentaire de physique&lt;/i&gt; pour les classes secondaires de jeunes filles, et de plusieurs ouvrages de littérature pour enfants).&lt;br /&gt;
Il faut aussi signaler, dans l'entourage d'Hubert Bourgin, son frère cadet Georges, qui, s'il suit une autre orientation professionnelle (élève à l'Ecole des Chartes, puis à l'Ecole française de Rome, archiviste aux Archives nationales), partage les mêmes engagements politiques (au sein du mouvement socialiste) et préoccupations intellectuelles (Georges collabore aussi à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt;, s'intéresse à l'histoire économique et à l'étude des courants d'idées). Les deux frères travaillent d'ailleurs ensemble à plusieurs reprises pour la rédaction d'ouvrages sur l'histoire de l'économie et des idées.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les thèses sur Fourier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est vraisemblablement sous l'influence de Herr, de Simiand et de Durkheim que Bourgin se lance dans l'histoire du socialisme, ou plutôt de ses théoriciens : avec d'abord les articles de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Grande Encyclopédie&lt;/i&gt; déjà signalés ; puis un bref ouvrage sur Proudhon en 1901. Et surtout ses travaux sur Fourier et le fouriérisme : la publication de textes de Fourier (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fourier. Le socialisme sociétaire. Extraits des &#339;uvres complètes de Fourier&lt;/i&gt;, 1903) dans un premier temps ; ensuite ses deux thèses sur Fourier (la thèse complémentaire sur les sources de Fourier, la seconde sur Fourier et le fouriérisme, le tout étant réuni dans l'ouvrage &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fourier. Contribution à l'étude du socialisme français&lt;/i&gt;), soutenues le 2 juin 1905, devant Emile Boutroux, Lucien Lévy-Bruhl, Emile Durkheim, Alfred Espinas et Frédéric Rauh pour la thèse principale [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[8] La Revue de métaphysique et de morale publie le rapport de soutenance (...)&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Voir document 1.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Bourgin-Doc.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 24 ko&quot; title=&quot;RTF - 24 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 1. Hubert Bourgin docteur ès lettres (1905)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Revue de métaphysique et de morale, juillet 1905&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis il mène un travail sur Victor Considerant, d'abord publié dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bulletin &lt;/i&gt;de la Société de 1848, avant de paraître en volume en 1909 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[9] Raymond Huard, « Un siècle de publications de la Société d'histoire (...)&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]. Bourgin continue un peu plus tard son travail sur les théoriciens du XIXe siècle avec une série d'articles sur la doctrine de Constantin Pecqueur, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue socialiste&lt;/i&gt; (1907). En 1912, il publie avec son frère Georges un choix de textes très sommairement présentés sur le socialisme français de 1789 à 1848.&lt;br /&gt;
Pourquoi avoir privilégié Fourier parmi les penseurs socialistes du XIXe siècle ? Bourgin ne le dit pas vraiment. « Après de bons et récents travaux sur Saint-Simon et le saint-simonisme, une monographie de Fourier venait, m'a-t-il semblé, à son temps et à sa place dans la série des travaux utiles », écrit-il très sobrement dans son introduction [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[10] Fourier. Contribution à l'étude du socialisme français, Paris, (...)&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]. Il n'indique pas davantage les raisons de ce choix dans les ouvrages postérieurs de l'entre-deux-guerres où il revient sur son itinéraire intellectuel. Du reste, il s'agit bien pour lui d'apporter une « contribution à l'étude du socialisme français », de participer à un travail plus global sur « l'étude des doctrines socialistes », « étude immense qui ne pourra être menée à bien que par le travail organisé et collectif des historiens et des sociologues ». C'est moins à Fourier et au fouriérisme eux-mêmes que s'intéresse Bourgin, qu'au socialisme de la première moitié du siècle en général, aux conditions sociales dans lesquelles il s'est développé et au rôle qu'il a joué dans la formation du mouvement socialiste pendant les décennies suivantes.&lt;br /&gt;
Fourier, en 1905, a déjà fait l'objet de plusieurs travaux universitaires, essentiellement dans le cadre des facultés de droit et de sciences économiques (dont quelques textes de Charles Gide, plusieurs thèses) ; mais leurs auteurs se sont appuyés exclusivement sur les publications imprimées de Fourier et de ses disciples. Bourgin est le premier à exploiter les archives de l'Ecole sociétaire, que Victor Considerant (1808-1893) a laissées à son ami Auguste Kleine [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[11] Pierre Mercklé, « Le testament perdu de Fourier », Cahiers Charles (...)&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]. Il peut y consulter des manuscrits inédits de Fourier et de Considerant, la correspondance entre Fourier et ses disciples, ainsi que des documents sur l'organisation et le fonctionnement de l'Ecole. &lt;br /&gt;
Cette documentation est utilisée selon les règles et les principes développés par l'école méthodique : une approche critique des textes, la mise en contexte, l'usage de la comparaison, de très nombreuses références. Bourgin insiste régulièrement sur la rigueur de sa démarche, sur la prudence de ses conclusions ; il veut faire une étude « objective », « impartiale », « scientifique », termes qui reviennent souvent sous sa plume.&lt;br /&gt;
Mais on retrouve surtout, dans la façon de construire son étude, l'influence de Simiand, qui, dans un article de 1903, avait dénoncé les trois idoles des historiens, « l'idole politique », « l'idole chronologique » et « l'idole individuelle ou l'habitude invétérée de concevoir l'histoire comme une histoire des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;individus&lt;/i&gt; et non comme une étude des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;faits&lt;/i&gt;, habitude qui entraîne encore communément à ordonner les recherches et les travaux autour d'un homme, et non pas autour d'une institution, d'un phénomène social, d'une relation à établir [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[12] François Simiand, « Méthode historique et science sociale. Etude critique (...)&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] ». Ainsi, Bourgin précise dès l'introduction de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fourier&lt;/i&gt; qu'il n'a pas voulu « faire l'histoire d'un homme, la monographie d'un individu », mais étudier « ce qui, sous le nom de Fourier, intéresse l'histoire des idées et de la société au dix-neuvième siècle [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[13] Fourier. Contribution..., op. cit., p. 1.&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] » ; de même, au début de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Victor Considerant&lt;/i&gt;, il déclare : « je n'ai point voulu écrire la biographie de Considerant ; ce qui nous intéresse en lui, ce n'est point sa vie, mais sa pensée et son action [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb14&quot; name=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[14] Victor Considerant, son &#339;uvre, Lyon, Imp. réunies, 1909, p. (...)&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] ». Mais il ne s'agit pas seulement d'exposer les idées de Fourier ou de Considerant, mais de les inscrire dans un cadre social et idéologique, à la fois pour éclairer leur élaboration, pour observer leur correspondance ou leur décalage avec les problèmes de la société où elles naissent, et pour examiner leur propagation et leur éventuelle influence sur leur environnement. Bourgin veut ainsi rompre avec une histoire traditionnelle des idées, qui repose sur « la croyance usuelle à l'activité et à l'efficacité des doctrines sociales » par elles-mêmes :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, la méthode sociologique [...] a démontré qu'il ne réside pas dans les doctrines sociales je ne sais quelle vertu spéciale et miraculeuse qui, du dehors, serait capable de modifier, de transformer, de produire les idées des hommes et leurs institutions. Pour agir dans la société, les doctrines sociales doivent cesser d'être des faits individuels, elles doivent devenir des faits sociaux [...] ; et elles ne peuvent devenirs telles que quand elles sont elles-mêmes en accord avec les conditions et les déterminations de la conscience sociale à un moment donné [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb15&quot; name=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[15] Fourier. Contribution..., op. cit., p. 507-508.&quot;&gt;15&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi, Bourgin refuse de suivre un plan chronologique allant de la naissance de Fourier jusqu'à son décès ou jusqu'au déclin du mouvement sociétaire ; il divise son ouvrage en quatre parties : « les conditions » (la vie de Fourier, ses lectures - c'est la reprise de sa thèse complémentaire, l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Etude sur les sources de Fourier&lt;/i&gt; - et l'environnement idéologique) ; « l'&#339;uvre » (des premières aux dernières publications), « la doctrine » (la plus longue partie), et enfin « l'action », c'est-à-dire la propagation des idées de Fourier, la formation d'un mouvement sociétaire, les rapports entre le fouriérisme et les autres socialismes du XIXe siècle.&lt;br /&gt;
Alors qu'en 1899-1900, dans l'article « Phalanstère » publié dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grande Encyclopédie, &lt;/i&gt;il déclarait que « beaucoup d'utiles et de grandes réformes sortiront encore du phalanstère de Fourier », comme en étaient déjà sorties « différentes formes de municipalisation et de socialisme communal » ainsi que des réformes sur les assurances, Bourgin considère en 1905 que la pensée de Fourier n'a guère eu d'effets sur la société du XIXe siècle, parce qu'elle est restée l'&#339;uvre d'un homme, « un fait individuel » et non « un fait social ». Ni Fourier, ni sa doctrine, ni le mouvement sociétaire, écrit-il, n'ont réussi à modifier les conditions de vie dans les sociétés modernes. Par contre, affirme Bourgin, « sur les théoriciens du socialisme, l'action de Fourier a été grande », d'abord dans la première moitié du XIXe siècle, quand « ont été prédominantes, dans le socialisme, les conceptions idéologiques » ; mais aussi sur « le socialisme scientifique d'aujourd'hui qui [...] tout en rejetant l'autorité doctrinale de Fourier, comme toute autorité analogue, retient de son idéologie ce qui lui paraît confirmé par l'évolution » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb16&quot; name=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[16] Ibid., p. 508.&quot;&gt;16&lt;/a&gt;]. Surtout, termine Bourgin, les doctrines socialistes de la première moitié du XIXe siècle, parmi lesquelles le fouriérisme, aident à comprendre les changements provoqués par l'industrialisation ; elles « doivent être considérées comme des témoignages sociaux à consulter pour la connaissance de la société dans laquelle elles se sont produites [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb17&quot; name=&quot;nh17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[17] Ibid., p. 532.&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] ».&lt;br /&gt;
Plusieurs indices suggèrent que Bourgin n'éprouve qu'une empathie limitée pour son objet : on l'a vu, plutôt que Fourier et le fouriérisme, c'est une doctrine socialiste de la première moitié du siècle qu'il a voulu étudier, et un tout autre penseur aurait tout aussi bien pu convenir. Il ne semble pas avoir établir de relations avec les derniers groupes phalanstériens ; son nom n'est jamais cité dans les manifestations et les périodiques fouriéristes du début XXe siècle, sauf pour signaler la parution de son livre présentant un choix de textes de Fourier en 1903 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb18&quot; name=&quot;nh18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[18] La Rénovation, 31 décembre 1903.&quot;&gt;18&lt;/a&gt;]. Surtout, une fois ses travaux sur Fourier et Considerant terminés, Bourgin n'y revient plus de façon spécifique ; quand il est amené à écrire sur le fouriérisme, c'est dans le cadre de synthèses sur les courants d'idées socialistes. Enfin, dans le seul ouvrage où il apporte quelques informations sur l'élaboration de ses thèses, il ne mentionne que la pénibilité de son travail :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Mes thèses sur Fourier me coûtèrent cinq années de labeur, avec les longues séances à la Nationale, les centaines d'heures de lecture, de réflexion, de composition, de rédaction, les longues veillées, les épreuves d'imprimerie corrigées dans le train, entre Paris et Beauvais, à la lueur d'un quinquet ferroviaire mal renforcée par celle d'un morceau de bougie fiché dans l'encadrement de la vitre [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb19&quot; name=&quot;nh19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[19] Le Socialisme universitaire, Paris, Delamain et Boutelleau, 1942, p. (...)&quot;&gt;19&lt;/a&gt;].&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Recherches, carrière et militantisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout en menant ses travaux sur le fouriérisme, Hubert Bourgin a entrepris des études d'histoire économique. Il rédige pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt; (1903-1905) un long mémoire (118 pages) sur l'industrie de la boucherie à Paris au XIXe siècle. Il reprend le même thème, mais dans le cadre de l'Oise ; il en fait une thèse de doctorat de droit soutenue en 1906 devant un jury présidé par Charles Gide [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb20&quot; name=&quot;nh20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[20] Christophe Charle, « Avant-garde intellectuelle et avant-garde (...)&quot;&gt;20&lt;/a&gt;], et publiée l'année suivante par la Société d'études historiques et scientifiques de l'Oise. Peu après, il étend l'investigation en amont à la période révolutionnaire [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb21&quot; name=&quot;nh21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[21] L'industrie de la boucherie à Paris pendant la Révolution, Paris, E. (...)&quot;&gt;21&lt;/a&gt;], et en aval aux premières années du XXe siècle [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb22&quot; name=&quot;nh22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[22] « Une expérience sociologique. A propos de l'industrie de la (...)&quot;&gt;22&lt;/a&gt;]. Dans ces travaux, nourris de statistiques, où les démonstrations s'appuient sur de nombreux tableaux et graphiques, Bourgin manifeste une constante préoccupation de rigueur méthodologique. Ces recherches historiques sur l'industrie ont pour objectif de répondre à des questions que se pose la science économique, sur les phénomènes de concentration et de spécialisation, sur les mécanismes de localisation, sur le rôle de la consommation dans le développement d'un secteur industriel ; il souligne également l'importance, en économie, « des motifs d'ordre humain, perçus dans des manifestations de psychologie collective », une psychologie qui « n'est pas supposée a priori, ni combinée a posteriori en partant d'éléments individuels observés ou admis », mais « induite d'observations positives faites sur des séries statistiques qui expriment des consciences de groupes sociaux en activité » ; et pour l'industrie de la boucherie, « la représentation de la consommation et celle des prix sont les principales représentations déterminantes des actions du groupe étudié ; il agit en fonction de ces représentations » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb23&quot; name=&quot;nh23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[23] « Une expérience sociologique... », art. cit, p. 530.&quot;&gt;23&lt;/a&gt;]. Dans les années qui précèdent 1914, il commence des études sur l'industrie sidérurgique pendant la Révolution. Et avec son frère Georges, il entame la publication de documents sur « le régime de l'industrie en France de 1814 en 1830 », c'est-à-dire sur les conditions de travail, la législation sociale, les organisations professionnelles... ; le premier volume paraît en 1912, les deux volumes suivants n'étant publiés qu'en 1921 et 1941.&lt;br /&gt;
Il continue à être un collaborateur très actif de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Année sociologique&lt;/i&gt;, pour laquelle il fait de très nombreux comptes rendus et analyses critiques, dans les pages consacrées à la sociologie économique ; il publie aussi quelques articles dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue d'histoire moderne et contemporaine&lt;/i&gt; (« L'histoire économique de la France de 1800 à 1830 », 1904) et dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue de synthèse historique&lt;/i&gt; (une analyse de l'ouvrage de Prudhommeaux, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Icarie et son fondateur Etienne Cabet. Contribution à l'étude du socialisme expérimental&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb24&quot; name=&quot;nh24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[24] Revue de synthèse historique, février 1909, tome XVIII, n°1, p. (...)&quot;&gt;24&lt;/a&gt;] et surtout une longue étude consacrée aux « Publications économiques des universités allemandes [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb25&quot; name=&quot;nh25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[25] Revue de synthèse historique, décembre 1913, tome XXVI, n°3, (...)&quot;&gt;25&lt;/a&gt;] »).&lt;br /&gt;
Ainsi, agrégé de lettres, « philosophe de goûts et de tendances », il a été « nommé docteur es lettres pour une thèse d'histoire des doctrines sociales soumise à un jury de philosophes » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb26&quot; name=&quot;nh26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[26] Cinquante ans..., op. cit., p. 45.&quot;&gt;26&lt;/a&gt;]. Il faut encore ajouter ses travaux en économie et en sociologie. « Je restais donc ‘'entre deux selles'' », écrit-il plus tard en examinant son parcours et les échecs qu'il a essuyés quand il a voulu entrer dans l'enseignement supérieur [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb27&quot; name=&quot;nh27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[27] Cinquante ans..., op. cit., p. 45.&quot;&gt;27&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Et alors que sa femme est nommée au lycée Fénélon à Paris, il doit continuer quelque temps à enseigner au lycée de Beauvais, avant d'obtenir sa mutation à Paris en 1907 au lycée Voltaire ; il rejoint en 1911 le lycée Louis-le-Grand. L'inspection générale, mais aussi les parents de ses élèves, lui adressent quelques critiques sur son travail d'enseignant et en particulier la singularité de ses méthodes pédagogiques [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb28&quot; name=&quot;nh28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[28] Guy Thuillier, article cité. Pierre Billot, dans son « Hommage à Hubert (...)&quot;&gt;28&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Son retour à Paris lui permet d'intensifier ses activités parmi les intellectuels socialistes : ayant adhéré à la SFIO dès sa formation en 1905, il participe au Groupe d'études socialistes, fondé en 1908, qui s'exprime dans les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cahiers du socialiste &lt;/i&gt; ; avec d'autres intellectuels (Charles Andler, Marcel Mauss, Lucien Herr, François Simiand), il collabore à la troisième Ecole socialiste, fondée à l'automne 1909 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb29&quot; name=&quot;nh29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[29] Christophe Prochasson, Les intellectuels..., op. cit., p. 63-64 et p. (...)&quot;&gt;29&lt;/a&gt;] ; il y fait notamment des conférences sur l'histoire des idées socialistes, et, avec Albert Thomas, envisage alors la formation d'un « groupe d'études historiques et sociologiques » parmi les élèves de l'Ecole socialiste [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb30&quot; name=&quot;nh30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[30] Revue socialiste, 1911 (1er semestre), p. 96.&quot;&gt;30&lt;/a&gt;]. Il publie plusieurs textes dans la collection « Documents du socialisme », chez l'éditeur Marcel Rivière : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme et la concentration industrielle&lt;/i&gt; (1911 ; le texte est d'abord paru dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Revue socialiste&lt;/i&gt;), et une traduction, réalisée avec sa femme, d'un texte des socialistes fabiens, Béatrice et Sidney Webb, sur l'assistance publique en Angleterre. Il écrit aussi pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue socialiste&lt;/i&gt;, reprise à partir de 1910 par « le réseau Albert Thomas » dont il est l'un des membres importants, aux côtés de Simiand et de plusieurs autres normaliens [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb31&quot; name=&quot;nh31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[31] Ibid., p. 122-128.&quot;&gt;31&lt;/a&gt;]. Il se situe donc du côté des socialistes réformistes.&lt;br /&gt;
Du reste, ses travaux scientifiques et son engagement socialiste restent intimement liés, comme le montre un article publié en 1911 dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue de métaphysique et de morale&lt;/i&gt; ; à partir d'une conférence de Jaurès devant les étudiants de l'Ecole socialiste, il s'interroge sur le rôle de l'Etat, qui doit faire l'objet d'« un travail collectif d'enquête. Or cette tâche, proposée aux groupes d'éducation politique mutuelle comme la condition d'une action définie et méthodique, ne peut être conçue que d'une manière : le travail d'enquête sera un travail d'histoire et l'effort d'analyse sera un effort de pensée sociologique [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb32&quot; name=&quot;nh32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[32] Revue de métaphysique et de morale, 1911, p. 131.&quot;&gt;32&lt;/a&gt;] ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La rupture de la Première Guerre mondiale et du début des années 1920&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mobilisé au début de la guerre d'abord à Évreux, puis comme instructeur au prytanée de La Flèche, Bourgin met sa plume au service de l'effort de guerre et de l'Union sacrée ; il est par exemple l'auteur des brochures suivantes : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi la France fait la guerre&lt;/i&gt; (1914), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le militarisme allemand, ce qu'il est, pourquoi il faut le détruire&lt;/i&gt; (1915), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi nous détestons et nous voulons détruire le militarisme allemand&lt;/i&gt; (1916). Il rédige en 1915 pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanité &lt;/i&gt;une série d'articles signés « Le soldat citoyen », où il incite le parti socialiste à manifester plus d'ardeur dans l'effort de guerre. Il se range très nettement au sein des « majoritaires de guerre », qui défendent la participation et s'opposent aux progrès de la minorité pacifiste au sein de la SFIO [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb33&quot; name=&quot;nh33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[33] Vincent Chambarlhac et Romain Ducoulombier (dir.), Les Socialistes et (...)&quot;&gt;33&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
En mai 1915, il rejoint le cabinet d'Albert Thomas, sous-secrétaire d'Etat de l'Artillerie et des Munitions, puis ministre de l'Armement à partir de décembre 1916, où il est chef du service des informations. Au sein du cabinet, il est plus particulièrement chargé des relations avec la Chambre des députés, et notamment avec les parlementaires socialistes. Quand il relate son activité pendant cette période [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb34&quot; name=&quot;nh34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[34] Mémoires pour servir à l'histoire d'une sécession politique (...)&quot;&gt;34&lt;/a&gt;], il décrit un monde politique médiocre, fait de compromissions, d'intrigues, de discussions sans fin, oubliant le sort du pays en guerre pour obtenir quelques avantages... D'autre part, la guerre, pense-t-il, doit amener le socialisme à repenser son rapport à la nation, pour aller vers un « socialisme national » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb35&quot; name=&quot;nh35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[35] Vincent Chambarlhac, « Des étrangers dans la maison socialiste », dans (...)&quot;&gt;35&lt;/a&gt;]. Afin de lutter contre des courants pacifistes ou défaitistes au sein du mouvement socialiste, il crée un Comité de propagande socialiste pour la défense nationale (1916).&lt;br /&gt;
En septembre 1917, une crise ministérielle et le refus de la SFIO de prolonger sa participation gouvernementale provoquent le retrait d'Albert Thomas de son poste. Bourgin devient alors chef du bureau des programmes au sous-secrétariat d'Etat à la Marine marchande et aux Transports maritimes, puis en janvier 1918, chef du service de ravitaillement civil, au sous-secrétariat d'Etat du ravitaillement, où il reste jusqu'en janvier 1919. Parallèlement, il continue à assumer des tâches de correcteur au concours de l'Ecole polytechnique, et de répétiteur au Conservatoire national des Arts et Métiers.&lt;br /&gt;
Au sortir de la guerre, Bourgin rompt avec la SFIO et combat désormais les mouvements socialiste et communiste. Il est devenu un antiparlementaire virulent, le régime parlementaire étant pour lui caractérisé par la bassesse et l'inefficacité. Ses formes d'intervention politique sont également profondément modifiées : alors qu'avant guerre, ses activités militantes se traduisaient surtout par la publication de textes, la formation des militants et la réflexion intellectuelle, il se lance au début des années 1920 dans de nouvelles formes d'action politique, en prenant des responsabilités dans différentes organisations : il est notamment secrétaire général de la Ligue civique, qui milite pour une réforme de l'Etat, et qui adhère en octobre 1919 au Bloc national ; il est élu au bureau de l'Action nationale républicaine [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb36&quot; name=&quot;nh36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[36] Jean Vavasseur-Desperriers, Culture, Structures, Stratégie d'une (...)&quot;&gt;36&lt;/a&gt;] ; il est également l'un des dirigeants de la Ligue des Patriotes. Cependant, il ne se présente à aucune élection : « je n'ai jamais été candidat à une fonction élective », écrit-il quelques années plus tard, en dénonçant la démocratie, qui n'est pour lui que démagogie, distribution des places et des faveurs, manipulation de l'opinion [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb37&quot; name=&quot;nh37&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[37] La Crise de la démocratie. Quant tout le monde est roi, Paris, éd. (...)&quot;&gt;37&lt;/a&gt;]...&lt;br /&gt;
Il abandonne ses travaux scientifiques ; les quelques ouvrages d'histoire des idées ou de l'économie qu'il publie au début des années 1920 sont pour l'essentiel issus de recherches menées avant 1914 : une étude sur l'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution (1920) et le second tome du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Régime de l'industrie&lt;/i&gt; (1921), deux ouvrages réalisés en collaboration avec son frère Georges ; puis un ouvrage plus théorique, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Industrie et le marché. Essai sur les lois du développement industriel&lt;/i&gt; (1924). Il reprend son enseignement à Louis-le-Grand ; ayant remplacé quelque temps Simiand au Conservatoire des Arts et Métiers en 1920, il tente de s'y faire élire en 1923, mais n'y parvient pas.&lt;br /&gt;
Bourgin change alors complètement de registre d'écriture. Tout d'abord, après la mort de sa femme, en 1924, il publie deux volumes de poésie, consacrés au souvenir de la disparue. Il s'essaie aussi à la littérature pour les enfants, avec le récit des aventures de la chienne Toutoune et de petites histoires d'animaux, en hommage encore à son épouse qui avait elle-même pratiqué ce genre. Mais l'essentiel de sa production concerne la politique, avec une forte dimension polémique : soit sous la forme d'essais dénonçant le régime parlementaire, la démocratie (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Crise de la démocratie. Quand tout le monde est roi&lt;/i&gt;, 1930), ainsi que les différents mouvements socialistes ; soit sous la forme d'ouvrages d'histoire reposant en partie sur ses souvenirs de normalien et de militant socialiste : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mémoire pour servir l'histoire d'une sécession politique (1915-1917). Le parti contre la patrie&lt;/i&gt; (1924), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cinquante ans d'expérience démocratique (1874-1924) &lt;/i&gt;(1925), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De Jaurès à Léon Blum. L'Ecole normale et la politique&lt;/i&gt; (1938), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme universitaire&lt;/i&gt; (1942). Il y reproche en particulier à ses anciens amis de l'Ecole normale supérieure d'avoir mêlé science et engagement politique et jette, surtout dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Socialisme universitaire&lt;/i&gt;, un regard plein d'aigreur sur cette période de « labeurs démesurés, accomplis au détriment de la vie professionnelle, familiale, intime [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb38&quot; name=&quot;nh38&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[38] Le Socialisme universitaire, 1942, p.13.&quot;&gt;38&lt;/a&gt;] ».&lt;br /&gt;
En 1922, il rencontre Georges Valois, alors à l'Action française, et l'accompagne pendant plusieurs années ; il s'engage à ses côtés dans le Faisceau, l'organisation fasciste fondée en 1925 ; il écrit dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Nouveau Siècle&lt;/i&gt;, publie plusieurs de ses ouvrages à la librairie fondée par Valois et apporte sa contribution financière au mouvement. Avec Philippe Lamour, dirigeant des « Faisceaux universitaires », il publie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour un enseignement français&lt;/i&gt; (1928) où il appelle à un « changement de régime », à « une Révolution nationale » pour mettre fin à la « démocratie parlementaire, [...] régime des partis et des urnes, de la démagogie égoïste et ruineuse » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb39&quot; name=&quot;nh39&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[39] Hubert Bourgin et Philippe Lamour, Pour un enseignement français, Paris, (...)&quot;&gt;39&lt;/a&gt;]. Après la fin du Faisceau (1928), il reste avec Valois qui fonde le Parti républicain syndicaliste, dont Bourgin est l'un des vice-présidents [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb40&quot; name=&quot;nh40&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[40] Sur cette période, voir Yves Guchet, Georges Valois. L'Action (...)&quot;&gt;40&lt;/a&gt;]. &lt;br /&gt;
Dans les années 1930, il collabore à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Nation,&lt;/i&gt; l'organe de la Fédération républicaine ; sa chronique fait « coexister [...] un anticommunisme virulent avec l'antisémitisme » et la xénophobie ; il s'en prend notamment dans l'été 1936 à Léon Blum (auprès duquel, rappelons-le, il avait siégé vers 1900 au sein du conseil d'administration de la Société nouvelle de librairie et d'édition) dont « toute la pensée [...] est limitée hébraïquement au terrestre, au transitoire, au précaire » (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Nation&lt;/i&gt;, 15 août 1936) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb41&quot; name=&quot;nh41&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[41] Jean Vavasseur-Desperriers, Culture, Structures..., op. cit., p. 504, (...)&quot;&gt;41&lt;/a&gt;]. En 1936 toujours, il veut prévenir ses concitoyens des « dangers représentés par le socialisme, l'anarchisme et le communisme », « maladies dangereuses, mais curables [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb42&quot; name=&quot;nh42&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[42] Socialisme, anarchisme, communisme, Paris, FNSC, 1936, p. 81 et (...)&quot;&gt;42&lt;/a&gt;] » et dénonce le Front populaire comme le règne de « l'Anarchie dictatoriale » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb43&quot; name=&quot;nh43&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[43] De Jaurès à Blum..., op. cit., p. 497.&quot;&gt;43&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Il cesse son enseignement à Louis-le-Grand en 1937 et prend sa retraite. Il écrit dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Ordre national&lt;/i&gt;, un organe d'extrême droite, anticommuniste et antisémite, animé par Loustaunau-Lacau, proche de « la Cagoule » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb44&quot; name=&quot;nh44&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[44] Henry Coston (dir.), Partis, journaux et hommes politiques (...)&quot;&gt;44&lt;/a&gt;]. Pendant la guerre, il renouvelle ses attaques contre le « socialisme universitaire », avec un caractère antisémite beaucoup plus marqué que dans ses publications précédentes ; et dans un ouvrage appelant à la refondation d'une « Ecole nationale », il dénonce le déclin de l'enseignement, notamment imputé aux juifs, aux francs-maçons et aux syndicats d'instituteurs. Il décède en 1955.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Desmars, Bernard</author>
		<dc:date>2010-06-17T11:52:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Desmars, Bernard</dc:creator>
		
			<enclosure url="http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Bourgin-Doc.rtf" length="24630" type="application/rtf" />
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Chevé, Emile</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=757</link>
		<date>2010-06-15 14:49:07</date>
		<description>&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/jpg/DBF-Cheve-Doc1-1845.jpg' width='430' height='260' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Image 1. Nanine et Emile Chevé en 1845&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Bibliothèque nationale de France&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Méthode Chevé. - « Manière de jouer au billard contraire à l'usage : y jouer avec une cuiller, avec les doigts, avec deux queues, etc. » (Argot des bohêmes) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb45&quot; name=&quot;nh45&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[45] Émile Gouget, « L'argot musical : curiosités anecdotiques et (...)&quot;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le chiffre contre la note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Né à Douarnenez, Émile Chevé est de la même génération que Charles Pellarin, qu'il connaît à Brest, lors de ses études de médecine navale [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb46&quot; name=&quot;nh46&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[46] Jean-Yves Guengant, &#8220;Charles Pellarin, l'enfance (...)&quot;&gt;46&lt;/a&gt;]. Il est le dernier enfant d'une nombreuse famille. Son père exerce la profession de receveur des contributions. Sa mère, Marie-Charlotte, est la tante d'Aimé Paris (1798-1866), l'inventeur de la famille [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb47&quot; name=&quot;nh47&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[47] Il perfectionne notamment la méthode sténographique et devient le disciple (...)&quot;&gt;47&lt;/a&gt;]. Enfant doué, Émile est placé chez son frère, chirurgien-major de la marine à Brest. Il fréquente la pension Goez et en 1820, à seize ans, entre à l'école de médecine navale. En mai 1823, il obtient son diplôme de chirurgien de marine. Il est prévôt du médecin-chef de l'école, M. Legris-Duval lorsque Pellarin intègre l'école. Pellarin est tout de suite conquis par cet homme austère et passionné. Il retrouve Émile à Gorée (Sénégal) en janvier 1829 ; après plusieurs campagnes commencées sur la Jeanne d'Arc en 1823, ce dernier y a été nommé en novembre 1828, et sa jeune épouse, Fanny Simon, l'a rejoint. Elle donne naissance en 1830 à leur fils Amand. Émile, « esprit si actif, c&#339;ur si dévoué » (Pellarin) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb48&quot; name=&quot;nh48&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[48] Charles Pellarin, Souvenirs anecdotiques, Librairie des sciences (...)&quot;&gt;48&lt;/a&gt;], est apprécié de son supérieur hiérarchique qui évoque son humanisme et l'estime publique dont il est entouré [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb49&quot; name=&quot;nh49&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[49] Dossier de la carrière d'Émile Chevé, en vue de l'obtention de (...)&quot;&gt;49&lt;/a&gt;]. Il reste en poste au Sénégal jusqu'en 1831, où il acquiert une expérience reconnue dans la lutte antiépidémique. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1836, porte d'ailleurs sur le traitement de la fièvre jaune. Son action lui vaut la légion d'honneur en mars 1831 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb50&quot; name=&quot;nh50&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[50] Ministère de la Culture, base Léonore, dossier LH/524/71.&quot;&gt;50&lt;/a&gt;]. Il n'a pas encore 26 ans.&lt;br /&gt;
Son retour en Bretagne en 1831 marque la fin des campagnes outre-mer. Il poursuit cependant l'exercice de son métier, à Brest, puis à Paris, où il donne des cours d'anatomie et de pathologie à l'école de médecine. Il y suit les cours de musique d'Aimé Paris. En septembre 1837, il perd son épouse Fanny. Sa route croise celle de Nanine Paris, la s&#339;ur d'Aimé, qu'il épouse en 1839. Il consacre désormais son temps à faire admettre la méthode améliorée par son beau-frère. Il publie dès 1833 des travaux de vulgarisation de chimie (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Traité élémentaire de chimie&lt;/i&gt;, 1833). Ses connaissances en ce domaine l'amènent à travailler pour un industriel lyonnais. Il rejoint la ville à l'automne 1840, après avoir tenté faire valider par le ministère de l'Instruction publique la méthode Galin-Paris. Le manuel proposé au Conseil de l'Instruction publique est repoussé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des soldats analphabètes peuvent-ils chanter l'Opéra ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
A Lyon, Émile s'adresse aux militaires afin d'expérimenter sa méthode. Il veut mener à bien une expérience dont l'objet est simple. Il s'agit de prendre un groupe d'individus de bonne volonté, complètement étrangers à l'étude de la musique ; de donner à chacun d'entre eux une dizaine de leçons individuelles, de leur faire ensuite un cours simultané de quatre leçons hebdomadaires, pendant huit à neuf mois ; de leur permettre de consacrer journellement une demi-heure à réviser leur cours. Puis de leur faire passer un examen : lecture aléatoire de morceaux musicaux dans un recueil, écriture sous la dictée un air pris au hasard dans ce recueil, chant de cet air après écriture, lire un air, analyse du morceau musical, connaissance de l'harmonie. Le but est de vulgariser la musique « comme moyen puissant de moralisation pour le pauvre, et même pour les classes moins malheureuses ; la marine surtout, et l'armée, en tireraient un bien immense ». [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb51&quot; name=&quot;nh51&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[51] Émile et Nanine Chevé, Méthode élémentaire de musique, 1846, p. (...)&quot;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les troupes des régiments lyonnais s'inscrivent parfaitement dans ce champ d'expérimentation. Tout comme l'enseignement mutuel, au début des années 1820, l'enseignement musical répond à une demande essentielle d'éducation des militaires du rang : Chevé trouve dans les officiers des régiments des alliés précieux, qui non seulement prêtent le concours de leurs hommes mais adhèrent à la démarche scientifique, voulue par lui. Après un essai au début de 1842 avec des canonniers, qui s'avère concluant (après quarante leçons, ils exécutent un ch&#339;ur d'opéra), cent cinquante soldats participent à l'expérience. Le lieutenant-général de Lascours, un libéral, met à sa disposition deux officiers qui participent pendant une année complète à l'expérience. Émile se plaît à opposer ces officiers généreux à ses détracteurs : « Ils ont su braver les épithètes de fous, que ne manquent jamais de s'attirer les âmes généreuses qui savent se dévouer à l'idée de progrès. » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb52&quot; name=&quot;nh52&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[52] Ibid., p. 25 sq.&quot;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt;
Outre les remerciements adressés aux militaires lyonnais, Chevé salue son ami Eugène Béléguic, lieutenant de vaisseau, et affirme : « Lui aussi est un fou, il y a bien longtemps qu'il a osé proclamer la vérité » (8 mars 1844) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb53&quot; name=&quot;nh53&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[53] Préface à Méthode élémentaire de musique (op. cit.), avec de nombreuses (...)&quot;&gt;53&lt;/a&gt;]. Douarneniste comme lui, Béléguic est lieutenant de vaisseau en 1843, et bientôt phalanstérien convaincu [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb54&quot; name=&quot;nh54&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[54] « Eugène (-Corentin) Béléguic [parfois orthographié Belleguic] », (...)&quot;&gt;54&lt;/a&gt;]. Un autre phalanstérien suit attentivement l'expérience : Charles Pellarin, qui travaille à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Impartial&lt;/i&gt; de Besançon. Il est le premier à rendre compte de l'expérience, dans son journal, puis à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, qui relate en avril 1842 les premiers cours. Chevé est un lecteur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, et il écrit fin avril à la rédaction pour lui expliquer sa méthode [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb55&quot; name=&quot;nh55&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[55] La Phalange, n°56, 11e année, 11 mai 1842. Un second article parait dans (...)&quot;&gt;55&lt;/a&gt;]. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 2)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc2.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 31.4 ko&quot; title=&quot;RTF - 31.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 2. Enseignement de la musique à des masses&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;La Phalange, 20 janvier 1844&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En octobre, trois régiments sont engagés dans l'expérience : les hommes sont réticents, voire hostiles. La plupart d'entre eux ne savent pas lire, et encore moins chanter. L'expérience se poursuit malgré les difficultés et les mouvements de troupes. En juillet 1843, vingt-huit élèves restent sur les cent cinquante de départ. Pourtant en avril 1843, selon le protocole mis en place, les chanteurs peuvent interpréter un spectacle, reprenant tous les points préalablement décrits.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'école Galin-Paris-Chevé donne de la voix contre les conservatismes&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est une expérience sans lendemain. Émile revient à Paris et reprend son métier de médecin pour vivre. Il doit inventer des méthodes d'imprimerie pour noter ses airs et les rassembler dans un recueil, qui paraît en 1844. Son retour fracassant dans le monde musical se fait par un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Appel au bon sens de toutes les nations sur l'enseignement musical&lt;/i&gt;, en 1844, et par un manifeste, dont la première question est un brûlot : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Pourquoi la musique est-elle si peu répandue en France ? Pourquoi si peu de personnes sont-elles musiciennes, c'est-à-dire sont-elles en état de lire et d'écrire correctement la musique, comme elles lisent et écrivent le français ?&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
Il introduit alors son combat en citant Fourier, dont il affirme, dès l'écriture de sa théorie, être le disciple :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Un inventeur est obligé de contredire les erreurs dominantes ; un charlatan pour faire des dupes flagorne tous les sophistes ; lequel des deux est digne de confiance ? (Fourier, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Nouveau Monde industriel et sociétaire&lt;/i&gt;, 32)&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
Si &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt; appuie son ouvrage, de nombreuses critiques mettent en cause le bien-fondé de la méthode chiffrée. Très rapidement, c'est l'échec de la diffusion de la méthode, rejetée par le ministère et par la ville de Paris, et le début d'une polémique qui ne fait qu'enfler avec le temps. Chevé ne fait rien pour apaiser le conflit, publiant pamphlets et protestations ; il oppose la routine et le bon sens, routine des conservatoires et bons sens des écoles Galin-Paris-Chevé. &lt;br /&gt;
Désormais, il faut imposer la méthode, en s'appuyant sur la popularité de celle-ci, contre le supposé conservatisme des élites. Nanine avait ouvert un cours dès 1840, Émile ouvre son école en 1846. Un cours de musique vocale et d'harmonie ouvert aux ouvriers et gratuit, se tient à partir de 1849, trois fois par semaine, à 9 heures du soir, afin de permettre à chacun d'y participer. [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb56&quot; name=&quot;nh56&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[56] Le Ménestrel, journal hebdomadaire, 25 novembre 1849.&quot;&gt;56&lt;/a&gt;] L'exemple parisien est bientôt suivi dans plusieurs villes de province. L'aspect populaire et révolutionnaire du procédé classe le couple Chevé parmi les musiciens « humanitaires », pour ne pas employer le terme de révolutionnaires, ou de socialistes. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt; (31 octobre 1852) en parle ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;La musique humanitaire affecte des mélopées larges, solennelles, mais le rythme marche à la diable, et le dessin mélodique est tout aussi vague que les théories qu'elle est destinée à symboliser. Quand la musique humanitaire est d'humeur paisible, elle chante les b&#339;ufs, elle glorifie les vaches, les paysans, la vigne, la charrue, l'agriculture, le labourage, le travail et la pauvreté ; mais elle les chante avec colère et en grinçant des dents. Ces magnifiques hymnes au travail ont fait la joie de cent mille prolétaires, qui ne quittaient pas les cabarets. Infortuné travail !&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son combat ne souffre aucun compromis ; sa femme Nanine vient sans cesse l'épauler, mais elle sait en permanence s'effacer derrière lui. Cette posture radicale et mystique, ne quitte plus Chevé. Ses condisciples de l'école de médecine navale, l'avaient surnommé avec malice Caton, tant l'intransigeance était un trait dominant de son caractère. Adulé des uns (l'article que lui consacre Larousse dans son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grand dictionnaire universel du XIXe siècle&lt;/i&gt; (tome 4), est tout entier à la glorification de son &#339;uvre), détesté par la plupart des musiciens et critiques musicaux, il ne laisse personne indifférent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1853, Chevé organise un concours sous la présidence d'honneur de Berlioz entre les sociétés de chorale. « M. Emile Chevé poursuit avec une infatigable persistance sa lutte contre l'ancien système musical. Il vient de proposer un nouveau concours entre les diverses sociétés chorales de France et de l'étranger. Ce concours public aura lieu à Paris, le 12 juin prochain. » (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt;, 6 mars 1853). Fiasco complet ; ni chorales, ni président ne se présentent le jour du concours. Seule l'école Galin-Paris-Chevé participe. Ce boycott aurait pu marquer la fin de l'épopée ; pourtant l'obstiné professeur s'acharne et trouve la parade. Il constitue un comité de parrainage, composé des plus éminentes autorités politiques de l'Empire. Et il rencontre à ce moment la volonté impériale de se rapprocher du monde ouvrier, malmené jusqu'alors. L'éducation musicale devient enjeu de société. Ainsi sa chorale clôture-t-elle les concerts donnés à l'occasion de l'Exposition universelle de 1855. Sa nouvelle position lui permet de développer plus aisément ses thèses dans son journal, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Réforme musicale.&lt;/i&gt; Les critiques se font moins nombreuses et plus mesurées. Elles n'en persistent pas moins, et les opposants s'organisent, traitant ses thèses d'extravagantes. Le soutien du duc de Morny, deuxième personnage de l'État et président de son comité de parrainage en 1859, ne suffit pas à protéger Émile Chevé. Peu à peu, la musique humanitaire perd son statut original, et devient l'otage d'un combat plus politique qu'artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le phalanstérien discret mais engagé&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;La conversion phalanstérienne de Chevé est sans doute due à ses amis militaires : Béléguic et Pellarin assurément, mais aussi les officiers qui l'ont soutenu dans ses expérimentations lyonnaises. Peu de temps après ces expériences, il a pris contact avec la rédaction de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Phalange&lt;/i&gt;, puis de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt;. Son retour à Paris et sa collaboration régulière à &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique&lt;/i&gt; ont facilité les rencontres. On peut retenir dans cette perspective son engagement en faveur de l'Union agricole d'Afrique ; il est l'un des premiers actionnaires de la société [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb57&quot; name=&quot;nh57&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[57] L'Union agricole d'Afrique. Nouveau système de colonisation (...)&quot;&gt;57&lt;/a&gt;] et il en est quelques temps le « correspondant » dans la capitale, chargé de renseigner les éventuels souscripteurs et d'encaisser leurs premiers versements [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb58&quot; name=&quot;nh58&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[58] « Liste des correspondants » publiée dans le Rapport sur l'état (...)&quot;&gt;58&lt;/a&gt;]. Il accomplit également quelques démarches administratives auprès du ministère de la Guerre au profit de l'Union [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb59&quot; name=&quot;nh59&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[59] Centre d'Archives d'Outre-Mer (Aix-en-Provence), 3 M 468, (...)&quot;&gt;59&lt;/a&gt;]. Il se trouve en relation avec un certain nombre de fouriéristes (Charles Pellarin, Charles Sauvestre, et Allyre Bureau, lui-même musicien, qui dès 1844 s'intéresse à la méthode et l'expérimente en 1849 [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb60&quot; name=&quot;nh60&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[60] D'après Coup de grâce à la routine musicale, Paris, chez (...)&quot;&gt;60&lt;/a&gt;]) ; ils soutiennent ses initiatives de vulgarisation. Les colonnes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Démocratie pacifique &lt;/i&gt;accueillent les longs réquisitoires de Chevé contre les institutions musicales et reproduisent les lettres qu'il adresse aux autorités. Les rédacteurs de l'organe fouriériste soutiennent sa « lutte pénible et courageuse », dans laquelle ils voient l'une des formes du combat qu'ils mènent contre le « vieux monde » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb61&quot; name=&quot;nh61&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[61] « Quelques pourquoi », La Démocratie pacifique, n°98, 23 octobre (...)&quot;&gt;61&lt;/a&gt;]. Lui-même inscrit la méthode Galin-Paris-Chevé parmi les &#339;uvres des génies méconnus et des « novateurs » en butte à l'hostilité de leur contemporains, comme Christophe Colomb, Galilée ou encore Fourier [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb62&quot; name=&quot;nh62&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[62] Les Onze dernières lettres d'Émile Chevé, complément de La Routine et (...)&quot;&gt;62&lt;/a&gt;] !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chevé accueille avec satisfaction la chute de la monarchie en février 1848 ; il veut d'abord participer aux combats politiques et annonce sa candidature à l'Assemblée constituante en avril 1848 &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(Voir document 3)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc3.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 6.6 ko&quot; title=&quot;RTF - 6.6 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 3. Profession de foi d'Emile Chevé pour les élections à l'Assemblée constituante d'avril 1848&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;La Démocratie pacifique, 12 avril 1848&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non élu - il n'est d'ailleurs pas certain qu'il ait maintenu sa candidature - Chevé voit dans le changement de régime « la victoire complète remportée par la vérité et la loyauté sur l‘erreur et la mauvaise foi des hommes qui avaient la haute main sur l'enseignement musical dans les écoles et les collèges de Paris » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb63&quot; name=&quot;nh63&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[63] La Démocratie pacifique, 24 mars 1848.&quot;&gt;63&lt;/a&gt;] ; l'avènement de la République, pense-t-il, lui assure enfin la reconnaissance à laquelle il aspirait depuis près d'une dizaine d'années. Mais, contrairement à ses espérances, il ne parvient pas à imposer sa méthode, et l'évolution conservatrice du régime ne facilite pas sa tâche : la salle où il donne avec succès un cours public et gratuit lui est retirée par les autorités ; il peut cependant reprendre son enseignement dans des locaux qui lui sont fournis par le doyen de la Faculté de la médecine, grâce aux relations qu'il a conservées avec l'institution universitaire dans laquelle il avait lui-même enseigné au cours des années 1830.&lt;br /&gt;
Sous le Second Empire, les membres de l'École sociétaire continuent à le soutenir en publiant des articles sur sa méthode (son ami Sauvestre, dans la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue moderne&lt;/i&gt;, puis dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Opinion nationale &lt;/i&gt;du député A. Guéroult [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb64&quot; name=&quot;nh64&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[64] Adolphe Guéroult (1810-1872), rédacteur en chef de L'Opinion (...)&quot;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/i&gt; ; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bulletin du mouvement sociétaire&lt;/i&gt;), en assistant à ses cours ou en adoptant ses méthodes d'enseignement : c'est le cas à Vienne (Isère), où la Société de Beauregard dirigée par le fouriériste Henri Couturier fonde dans les années 1850 « un enseignement choral (méthode Galin-Paris-Chevé) [qui] a eu un très remarquable succès » ; cet enseignement « nous avait donné une excellente collection de choristes, hommes et femmes, qui pendant près de quatre ans a répandu un grand charme dans les dîners de famille de la Société alimentaire et dans les fêtes de Beauregard » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb65&quot; name=&quot;nh65&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[65] Bibliothèque de la Part-Dieu (Lyon), Fonds Rude, Carton 195, notes de (...)&quot;&gt;65&lt;/a&gt;]. A Réunion (Texas), un menuisier et peintre en bâtiment, ancien élève de Chevé, ouvre un cours de musique vocale [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb66&quot; name=&quot;nh66&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[66] Auguste Savardan, Un Naufrage au Texas. Observations et impressions (...)&quot;&gt;66&lt;/a&gt;]. Et quelques années plus tard, la Maison rurale de Ry (Seine-Maritime), dirigée par le docteur Jouanne, utilise également la méthode Galin-Paris-Chevé pour l'enseignement musical [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb67&quot; name=&quot;nh67&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[67] « La Maison rurale d'enfants de Ry », La Science sociale, 1er (...)&quot;&gt;67&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La reconnaissance officielle&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au début des années 1860 le soutien officiel permet d'implanter la méthode dans les écoles militaires (Saint-Cyr, le Prytanée de La Flèche), puis à l'Ecole normale supérieure. En 1863, Émile devient professeur de musique vocale des écoles impériales, et dirige plusieurs cours, notamment au lycée Louis-Le-Grand. Au printemps 1864 se déroule une grande soirée musicale qui met à l'honneur la méthode Galin-Paris-Chevé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;1er mai 1864. Le samedi 14 mai 1864, à huit heures et demie, soirée musicale et dramatique donnée par le comité du patronage de la Méthode Galin-Paris-Chevé. Comité de patronage : Son Exce. M. le duc de Morny, président. MM. Rossini, le prince Poniatowski, vice-présidents ; MM. Le comte Olympe Aguado, le comte Onésime Aguado, Arlès-Dufour, le général de Courtigis, Gevaert, Félicien David, le baron Dubois, Lefébure Wély, Magin-Marrens, Edmond Membrée, le comte Joachim Murat, Offenbach, Ravaisson, Ernest Lépine, secrétaire du comité. Première représentation de : Les Finesses du mari, comédie en un acte, jouée par Mme Victoria Lafontaine et Ponsin, MM. Delaunay et Coquelin, du Théâtre-Français, précédée d'un Concert dans lequel se feront entendre Mme Carvalho, (du Théâtre-Lyrique), MM. Delle-Sedie (du Théâtre-Italien), M. Vizentini, et les ch&#339;urs de la Société Galin-Paris-Chevé, sous la direction de M. Chevé. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt;)&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chevé publie en 1864 une édition complétée de la méthode musicale, cosignée avec son épouse Nanine, lorsqu'il décède au retour d'un voyage thermal, le 25 août 1864. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Almanach du magasin pittoresque&lt;/i&gt; dit de lui qu'il était, « en même temps qu'un excellent professeur, un homme bon, dévoué, éminemment sympathique ». Son épouse Nanine est pensionnée sur la liste civile de l'Empereur, mais la pension reste modeste, signe d'un soutien qui faute de l'appui de Morny s'amenuise vite.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les attaques et la mort de Nanine&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La déroute intervient après la mort d'Émile, en 1864. Au concours de chorale, de l'exposition de 1867, seules la société chorale de Brest, fondée en 1859 par M. Gouzien et celle de l'école militaire de gymnastique de Joinville passent le cap du concours. Amand Chevé - le fils d'Emile - trébuche, et les quelques chorales « galinistes » échouent. Un vif incident oppose la chorale de l'école Galin-Paris-Chevé au jury :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;La dernière Société inscrite est l'école Galin-Paris-Chevé, directeur M. Calvès. M. Calvès est averti qu'un chiffre est mal barré ; il signale cette erreur ses sociétaires. L'attaque est vigoureuse, mais ne se soutient pas. Avant la mesure 8, l'exécution était perdue. - M. Calvès arrête sa Société et vient se plaindre au bureau. Ce ne sont plus les observations parfaitement convenables de M. A. Chevé, mais une allocution de mauvais goût, dont les premiers mots sont pour le jury et le reste pour le public. Cette façon inqualifiable de se conduire soulève dans la salle des réprobations nombreuses. Une partie des sociétaires suivent leur directeur dans cette voie déplorable, plusieurs déchirent les partitions qu'ils ont encore dans les mains et les jettent aux pieds des commissaires chargés de les recevoir. M. Laurent de Rillé, indigné, intervient alors, et, dans une improvisation énergique, remet les choses en leur vraie place. Il est impossible d'entendre ce que vient de dire. [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb68&quot; name=&quot;nh68&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[68] Oscar Comettant, La musique, les musiciens et les instruments de (...)&quot;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;L'&#339;uvre de Chevé est poursuivie par son fils Amand, à la tête de l'école et par les chorales, au premier rang desquelles les chorales militaires. Le fouriériste Antoine Bourdon fait dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Tribune ouvrière &lt;/i&gt;un compte rendu élogieux du cours et conclut que la « séance [...] a été très variée, et par conséquent, très attrayante » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb69&quot; name=&quot;nh69&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[69] La Tribune ouvrière, n°2, 11 juin 1865. Eugène Varlin, autre dirigeant du (...)&quot;&gt;69&lt;/a&gt;]. L'année 1865 fête le musicien ; un buste est inauguré. Le surintendant des beaux-arts, le comte de Nieuwerkerke, prend la tête du comité ; son premier acte est une adresse aux lycées et écoles normales, pour qu'ils adoptent la méthode chiffrée : le comité se propose non seulement de renseigner les écoles, mais encore de mettre à leur disposition des professeurs éprouvés, ou d'initier gratuitement aux procédés de la méthode les professeurs de ces écoles. Il est honoré par une solennité musicale en mars 1865 &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 4)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc4.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 72.9 ko&quot; title=&quot;RTF - 72.9 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 4. Première solennité musicale (...), le 19 mars 1865&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Renaud Heussler, Première solennité musicale [...], Paris, imprimerie de V. Goupy, 1865&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'année suivante, le comité lance une souscription pour élever un monument à la gloire d'un défenseur de « la grande cause de la diffusion de la science parmi les masses populaires » (24 juin 1866). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(voir document 5)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc5.rtf'&gt;&lt;img src='http://www.charlesfourier.fr/IMG/icones/rtf-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;RTF - 107.5 ko&quot; title=&quot;RTF - 107.5 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Document 5. Elever un monument à la mémoire de Chevé&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Le Ménestrel, 24 juin 1866&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt; La mort d'Aimé Paris, en décembre, transforme le monument en mausolée [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb70&quot; name=&quot;nh70&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[70] Le mausolée se trouve au cimetière du Père-Lachaise (Paris).&quot;&gt;70&lt;/a&gt;]. La popularité de Chevé dans les milieux populaires, surtout à Paris, est à son sommet. Plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers ont pu profiter de sa méthode. Les concerts Chevé sont suivis par des milliers de spectateurs [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb71&quot; name=&quot;nh71&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[71] En décembre 1868, par exemple, plus de 1500 personnes assistent à la séance (...)&quot;&gt;71&lt;/a&gt;]. &lt;br /&gt;
En juillet 1868, Nanine meurt à son tour. Charles Pellarin, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Science sociale&lt;/i&gt; du 16 août 1868, signe sa nécrologie :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Nous joignons le pieux hommage de notre vénération particulière et de nos vifs regrets à tous ceux qui ont été si justement décernés à cette admirable femme. Par la mort d'Émile Chevé et de sa digne compagne, l'école sociétaire a perdu deux hautes intelligences qui lui appartenaient, deux nobles c&#339;urs qui lui étaient dévoués.&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les attaques contre la méthode se multiplient après la disparition des Chevé. Tout juste lui reconnaît-on une utilité dans les études élémentaires de musique, et confine-t-on la méthode aux chorales et aux fanfares.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;Soumettez donc au vote universel un plébiscite pour ou contre la notation usitée en tous pays et vous verrez ce qui vous sera répondu. Mais n'en demandons pas tant : bornons-nous à requérir, contre les rares musiciens qui ont, par trop complaisamment déserté la cause de la notation usuelle, la peine, suffisamment rigoureuse, du chiffre à perpétuité. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ménestrel&lt;/i&gt;, 26 août 1870).&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Amand poursuit l'&#339;uvre familiale, mais loin des polémiques. Galant homme aux dires des chroniqueurs musicaux, lui-même proche des milieux phalanstériens selon Charles Limousin, (un autre auditeur des cours Galin-Paris-Chevé) [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb72&quot; name=&quot;nh72&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[72] Revue du mouvement social, juillet 1883, p. 252.&quot;&gt;72&lt;/a&gt;], il obtient du ministère de l'Instruction publique qu'il autorise en 1883 l'utilisation de la méthode nouvelle dans les écoles primaires, puis qu'il l'inscrive, à titre obligatoire, dans le programme des écoles normales. Il décède en 1907, à l'âge de 77 ans. Le système Galin-Paris-Chevé est alors déjà entré en déclin, abandonné ou méprisé par les artistes et musiciens, mais aussi marginalisé progressivement. Il devient peu à peu synonyme d'une méthode pour cliques et harmonies municipales, et son caractère populaire est peu apprécié. L'institut Chevé continue de former des musiciens, organise des cours d'espéranto et de langue française, poursuivant inlassablement un rêve universel d'éducation populaire. La méthode est également enseignée dans plusieurs écoles normales d'instituteurs et soutenue par les mouvements d'éducation. C'est le cas de l'orphelinat Prévost, de Cempuis (Oise) dirigé par le libertaire Paul Robin (1837-1912) entre 1880 et 1894. Puis vient l'oubli. Les programmes officiels de 1922 et les instructions ministérielles qui suivent n'y font plus allusion [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb73&quot; name=&quot;nh73&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[73] Maurice Chevais, « L'enseignement musical à l'école. Méthode de (...)&quot;&gt;73&lt;/a&gt;]. Rarement homme ne fut plus apprécié ni décriée qu'Émile Chevé. Son nom est resté associé à celui d'un combat, celui de la notation chiffrée de la musique et d'une idée : apprendre à lire la musique et à l'interpréter, avec un minimum d'enseignement. Et de rêver à l'aboutissement de sa doctrine : « conduire sûrement et rapidement la population du monde entier à lire et à écrire la musique » [&lt;a href=&quot;http://www.charlesfourier.fr/#nb74&quot; name=&quot;nh74&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[74] La Réforme musicale, 24 février 1856.&quot;&gt;74&lt;/a&gt;]. Combat rude, auquel Chevé consacre son existence - combat perdu, l'effacement de ses puissants soutiens entraîne celui de son école. Lors de la parution de sa &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Méthode élémentaire de musique&lt;/i&gt; (1846), il déclarait la guerre aux partisans de la note, conscient que toute son énergie y serait consacrée : &lt;blockquote&gt;Plein de confiance en notre cause, nous ne pouvons que répéter, en finissant, ces admirables paroles du divin martyr ; - Si j'ai mal parlé, montrez-moi en quoi j'ai erré ; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous ?&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les références à l'école sociétaire et aux relations d'Émile avec le mouvement phalanstérien ont été approfondies par B. Desmars, l'itinéraire musical et les expérimentations d'Émile par J.-Y. Guengant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Desmars, Bernard, Guengant, Jean-Yves</author>
		<dc:date>2010-06-15T12:49:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Desmars, Bernard, Guengant, Jean-Yves</dc:creator>
		
			<enclosure url="http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc2.rtf" length="32220" type="application/rtf" />
		
			<enclosure url="http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc3.rtf" length="6853" type="application/rtf" />
		
			<enclosure url="http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc4.rtf" length="74656" type="application/rtf" />
		
			<enclosure url="http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-Cheve-Doc5.rtf" length="110163" type="application/rtf" />
		
			<enclosure url="http://www.charlesfourier.fr/IMG/rtf/DBF-CheveComplement.rtf" length="24913" type="application/rtf" />
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>La BVPS fête ses deux ans !</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=756</link>
		<date>2010-06-05 07:22:48</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.charlesfourier.fr/IMG/arton756.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;150&quot; height=&quot;81&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Il y a deux ans, le SCD de l'Université de Poitiers mettait en ligne sa Bibliothèque Virtuelle sur les Premiers Socialismes. Cette bibliothèque électronique donne accès à des documents sur les socialistes « utopiques » provenant du fonds légué à l'Université par Auguste Dubois et conservé au service du Fonds ancien de la Bibliothèque Universitaire. Les documents en texte intégral sont accompagnés de présentations les contextualisant, d'indications bibliographiques et d'outils permettant des recherches à l'intérieur du site.
Deux ans après sa création, la BVPS est riche de 140 documents, dont la majeure partie traite du fouriérisme. Une nouvelle rubrique portant sur Cabet et les communautés icariennes aux Etats-Unis vient d'être ouverte. La BVPS s'est également enrichie d'un index en anglais et d'une page de liens. Cette bibliothèque électronique est évolutive, et encore bien d'autres documents accompagnés de leur présentation seront mis en ligne régulièrement, à commencer par un ensemble portant sur Pierre Leroux, avec la mise en ligne de la « Revue Sociale ». Bonne lecture !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adresse : http://premierssocialismes.edel.univ-poitiers.fr/index.php&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-06-05T05:22:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Expérimentations sociales de l'utopie, la suite</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=755</link>
		<date>2010-05-31 21:20:37</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.charlesfourier.fr/IMG/arton755.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;350&quot; height=&quot;507&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Vendredi 4 juin à 19 heures au café Le Comptoir (place Marulaz, Besançon), c'est la poursuite des soirées sur l'expérimentation sociale de l'utopie. Conviviales et « informelles », ces soirées se veulent avant tout un espace de discussion sur l'utopie ; dans l'objectif de déterminer sa pertinence sur l'action sociale aujourd'hui. Marie-Ange Cossette-Trudel proposera un « regard critique sur les actions utopistes ». L'objectif de cette rencontre sera avant tout de définir les contours de la notion même d'utopie -ce travail de conceptualisation est d'ailleurs le coeur de sa thèse de doctorat de philosophie, en cours à l'université de Franche-Comté. Si la météo le permet, la rencontre aura lieu en terrasse. Sinon, il y a une petite salle fort sympathique au sous-sol du bar.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soirée de début mai, avec Michel Antony, a dû être annulée. Elle est reportée à l'automne.&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-05-31T19:20:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Les études de La Brèche</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=754</link>
		<date>2010-05-25 07:44:55</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Références des textes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Numéro 4, Février 1963&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adrien Dax, &quot;A propos d'un talisman de Charles Fourier&quot;, p. 18&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Emile Lehouck, &quot;Un divertissement linguistique de Fourier&quot;, p. 24&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Numéro 7, Décembre 1964&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jonathan Beecher, &quot;L'Archibras de Fourier&quot;, p. 66&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Charles Fourier, &quot;L'Archibras&quot;, p. 69&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Numéro 8, novembre 1965&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Philippe Audoin, &quot;Le talisman de Charles Fourier&quot;, p. 70&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adresse :
http://melusine.univ-paris3.fr/index.html
(entrer dans la &quot;Bibliothèque numérique surréaliste&quot;).&lt;/p&gt;</description>
		<author>Beecher, Jonathan, Audoin, Philippe, Dax, Adrien, Lehouck, Emile</author>
		<dc:date>2010-05-25T05:44:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beecher, Jonathan, Audoin, Philippe, Dax, Adrien, Lehouck, Emile</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Une lettre inédite de Victor Considerant au soir de sa vie</title>
		<link>http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=753</link>
		<date>2010-05-13 15:26:11</date>
		<description>&quot;Mais mon cher ami il y a bien longtemps que je ne suis plus un homme du jour&quot;, explique Victor Considerant à Wladimir Gagneur dans une lettre inédite datée de 1882. Elle offre un saisissant contraste avec la longue lettre écrite un demi-siècle plus tôt à Charles Magnin (en ligne elle aussi sur notre site). Elle nous permet d'esquisser le portrait sensible d'un Considerant qui s'est placé en retrait des combats de son temps. C'est à Eric B. Coulaud qu'on doit l'arrivée sur le site et le commentaire pénétrant de ce beau document d'archive. A découvrir en &quot;Ressources&quot;, puis &quot;Textes&quot;.</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-05-13T13:26:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
	

</channel>

</rss>
